Évaluation de l’Initiative des gardiens autochtones : Étude narrative
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Renseignements sur la publication
Bureau de l’audit interne et de l’évaluation
Parcs Canada30, rue Victoria
Gatineau (Québec) J8X 0B3
© Son Majesté le Roi du chef du Canada, représentée par le Directeur général de l’Agence Parcs Canada, 2026
CAT. NO R62-611/2-2026F-PDF
ISBN 978-0-662-03968-6
This document is available in English.
Sigles et des abréviations
- JRI
- Johnston Research Inc.
- WLC
- W̱SÁNEĆ Leadership Council
Introduction
Contexte
Les programmes des gardiens autochtones sont des programmes dirigés par les communautés qui expriment localement les responsabilités des Premières Nations, des Métis et des Inuits à l’égard de leurs territoires traditionnels, des terres visées par des traités et de leurs terres ancestrales. Ils sont gérés localement et leur financement est assuré en grande partie par des contrats et des accords de contribution. En 2021, Parcs Canada s’est vu octroyer environ 60 millions de dollars sur cinq ans pour l’élaboration d’une nouvelle initiative de co-développement de programmes nouveaux ou améliorés dans les lieux administrés par l’organisme. D’ici à 2025-2026, cette initiative permettra la création d’au moins 30 programmes distincts qui proposeront une gamme d’activités d’intendance à la mesure des besoins du lieu en question.
L’évaluation de cette initiative a été lancée en 2022, lorsqu’il est apparu qu’une évaluation en deux parties était nécessaire. La deuxième étape de l’évaluation, menée de mars à juin 2025, portait sur l’étude des répercussions des programmes des gardiens autochtones menés dans les lieux administrés par Parcs Canada sur les gardiens et leurs communautés, ainsi que sur l’évaluation des mesures de soutien offertes par Parcs Canada aux gardiens autochtones (dans un rapport distinct).
Bien que le présent rapport fasse principalement référence aux programmes en tant que « gardiens autochtones », ce rôle important est désigné de diverses façons par les communautés autochtones du Canada : gardiens, surveillants, gardiens de la Terre, gardiens de plage, moniteurs, et les autres. Les programmes sont nombreux et variés : leur nom témoigne des cultures, des approches et des activités locales. Ils seront donc décrits au moyen de la terminologie locale et identifiés par leur nom, au besoin.
Objectifs du projet
Le projet avait pour but l’étude des répercussions des programmes des gardiens autochtones, notamment des effets transformateurs à long terme d’un programme, notamment en ce qui concerne le mieux-être des populations, les droits de la personne et l’environnement. La portée, les objectifs et les questions de recherche de l’étude ont été définis en collaboration avec les partenaires autochtones désireux de participer au projet (une liste complète des partenaires autochtones participants figure à l’annexe A).
L’évaluation cherchait à déterminer en quoi et dans quelle mesure les gardiens autochtones ont influencé le bien-être des populations, les droits de la personne et l’environnement à long terme. Elle visait également à saisir et à mettre en évidence les réussites, les enjeux et les obstacles à l’exécution des programmes des gardiens autochtones en vue d’élargir et de renforcer les programmes actuels et/ou d’élaborer de nouvelles initiatives.
Méthodologie
Johnston Research Inc. a fait équipe avec les gardiens autochtones pour recueillir les enseignements généraux tirés du projet et rédiger/examiner les rapports d’études de cas. Pour y parvenir, nous avons employé une démarche en plusieurs étapes.
Johnston Research Inc. a réalisé une évaluation analytique autochtone dans tout le pays, d’un océan à l’autre, afin de clarifier la nature exacte de chacune des initiatives des gardiens et leur véritable signification pour les communautés. Cette tâche n’a pas été facile, loin de là; la création d’un climat de confiance et le report des échéances ont été des facteurs décisifs de la réussite de cette démarche. Les entretiens en personne nous ont aidés à bien saisir les relations de collaboration entre les gardiens de la côte ouest, de la réserve de parc national Pacific Rim au sentier de la Côte-Ouest. C’est toutefois en faisant preuve d’ouverture de cœur et d’esprit envers toutes les communautés que le JRI a pu recevoir l’enseignement des experts en la matière et transmettre leur point de vue au fil des pages qui suivront. La valeur du programme est inestimable pour les écosystèmes protégés et surveillés, les communautés qui continuent d’apprendre et de mettre en pratique la sagesse et les façons de faire traditionnelles, et les personnes qui acquièrent des compétences précieuses et indispensables à leur croissance et à leur développement. Nous espérons que le travail et l’héritage des gardiens, des intendants et des gardiens des lieux autochtones continueront à préserver les façons de faire et les modes d’apprentissage traditionnels tout comme la santé environnementale au profit des générations de demain.
Recherche primaire
Un processus d’apprentissage et de collaboration qui prévoyait des entretiens en ligne et en personne avec les gardiens et les partenaires autochtones afin de bien saisir les répercussions du programme ainsi que la participation à un processus collaboratif de validation des étapes d’établissement des rapports et d’analyse.
Les coordonnées de chaque programme Guardians ont été fournies par Parcs Canada, avec le nom de la personne à contacter, son lieu de travail, le programme et son adresse électronique/numéro de téléphone. Johnston Research Inc. a tenu un registre indiquant la fréquence des contacts (courriels et appels téléphoniques) entre JRI et chaque personne à contacter du programme, ainsi que la date convenue pour l'entretien. En moyenne, JRI a contacté les gardiens environ cinq fois avant de prendre rendez-vous; le nombre maximal de tentatives de contact (courriels et appels téléphoniques) a été de dix au cours d'une période de trois mois. Malheureusement, en raison du calendrier et de la disponibilité saisonnière, JRI n'a pas pu obtenir d'entrevues avec les programmes des gardiens dans le nord et l'Atlantique du Canada.
Des courriels d’introduction ont été envoyés aux personnes-ressources du programme des gardiens pour leur fournir des renseignements sur Johnston Research Inc. et la méthodologie d’évaluation et pour aviser chaque participant et participante que l’évaluation sera menée dans le respect des spécificités culturelles et des modes d’apprentissage et des façons de faire de chacun des programmes et chacune des Nations, y compris la souveraineté des données (c’est-à-dire la façon dont les données/rapports sont traités, sauvegardés et diffusés).
Les présentations ont été facilitées par l'équipe de l'Initiative des gardiens autochtones de Parcs Canada, composée d'un coordonnateur national et de six coordonnateurs régionaux Note en bas de page 1, en collaboration avec le personnel de Parcs Canada affecté à divers parcs nationaux, réserves de parc national et lieux historiques nationaux qui entretiennent des relations avec les communautés autochtones locales et qui, dans la plupart des cas, ont contribué à l'élaboration de nouveaux programmes de gardiens autochtones.
Grâce à ces personnes chargées des relations, des lettres de présentation ont été envoyées aux programmes de gardiens autochtones nouveaux et établis de longue date dans toutes les régions du Canada. Au final, onze (11) nations partenaires Note en bas de page 2 ont manifesté leur intérêt et ont choisi de contribuer à l'évaluation.
- De mars à mai 2025, des représentants de trois (3) programmes ont participé à des entretiens virtuels par le biais de l’application Zoom. La convocation aux entretiens envoyée par courriel était assortie des questions afin que les personnes consultées puissent s’y préparer.
- Trois (3) programmes ont transmis leurs réponses aux questions d’entretien ainsi que des documents justificatifs (des photos et des rapports antérieurs) par courriel.
- Du 16 au 18 juin 2025, des représentants de quatre (4) programmes ont participé à des entrevues en personne en Colombie-Britannique.
Rédaction de la version définitive du rapport intégral des entretiens, organisés par région, et des huit études de cas finales.
Recherche secondaire
Les travaux de recherche secondaire comprenaient l’examen des documents et des photos fournis par les programmes de gardiens, ainsi que des renseignements supplémentaires sur le site Web de Parcs Canada.
Le présent rapport fait état des conclusions qui se dégagent des diverses sources de renseignements.
Coup d’œil sur les programmes
Les programmes des gardiens autochtones expriment localement les responsabilités des Premières Nations, des Métis et des Inuit à l’égard de leurs territoires traditionnels, des terres visées par des traités et de leurs terres ancestrales, tout en offrant aux communautés autochtones de partout au pays l’occasion d’exercer leurs responsabilités liées à l’intendance de leurs terres traditionnelles, des eaux et des glaces. Depuis leur lancement en 2021, Parcs Canada a financé plus de 40 programmes de gardiens autochtones d’un océan à l’autre. Note en bas de page 3
Dix programmes de gardiens ont pris part à cette étude, soit six en Colombie-Britannique, un en Alberta et au Québec respectivement, et deux en Ontario. La carte et le tableau ci-dessous présentent les coordonnées et l’emplacement de chacune des Premières Nations administrant son propre programme.
Figure 1 : Carte des programmes des gardiens de partout au pays qui ont pris part à cette étude — Version textuelle
Une carte du Canada indiquant l'emplacement de chacun des Nations ayant un programme de gardiens. De l’ouest à l’est, il s’agit de : Première Nation Huu-Ay-Aht, Première Nation Ditidaht, Première Nation des Tseshaht, Première Nation de Pauquachin, Tribus des Cowichan, Première Nation W̱sáneć, Conseil tribal de la Confédération des Pieds-Noirs, Première Nation de Biigtigong, Première Nation des Chippewas de Rama, Première Nation innue d’Ekuanitshit. La carte représente également l’emplacement la Réserve de parc national des Îles-Gulf qui abrite le Programme de rétablissement des épaulards résidents du Sud. Ces programmes sont aussi énumérés dans le tableau 1.
Conclusions détaillées
Pour les besoins du présent rapport, les programmes des gardiens de la Colombie-Britannique ont été regroupés en trois catégories : réserve de parc national Pacific Rim, qui comprend le programme des gardiens de plage des Tseshaht; sentier de la Côte-Ouest, qui comprend les programmes des gardiens de la Première Nation Huu-ay-aht et de la Première Nation des Ditidaht; réserve de parc national des Îles-Gulf, qui comprend le programme de rétablissement des épaulards résidents du Sud, la Première Nation de Pauquachin dans les détroits du Nord et le programme des gardiens marins de la Nation W̱sáneć (Qentol, Yen).
Réserve de parc national Pacific Rim
La réserve de parc national Pacific Rim s’étend sur près de 105 kilomètres le long de la côte ouest de l’île de Vancouver, depuis la vallée Alberni jusqu’à l’archipel Broken Group. Elle compte trois secteurs : Le secteur de la plage Long, le secteur de l’archipel Broken Group et le secteur du sentier de la Côte-Ouest. On y trouve des plages, des promontoires rocheux et une forêt pluviale dense (plage Long) de même que des rivages rocheux, des anses cachées et des chenaux marins sur une centaine d’îles et d’îlots de la baie Barkley qui ne sont accessibles qu’en bateau ou en kayak (archipel Broken Group).
Cette terre est le lieu de résidence de 14 Nations qui parlent divers dialectes du nuu-chah-nulth, dont la Nation Tseshaht, la Première Nation Huu-ay-aht et la Première nation des Ditidaht qui seront présentées plus loin. Ces peuples sont installés sur la côte ouest de l’île de Vancouver depuis des temps immémoriaux et entretiennent des liens spirituels, économiques et naturels étroits avec la terre et la mer.
Le rôle des gardiens de plage
La réserve de parc national Pacific Rim, créée en 1970, était gérée en externe par ordonnance de Parcs Canada. La communauté des Tseshaht a estimé qu’il était important que les peuples Tseshaht aient la possibilité de créer des emplois pour la communauté et de soutenir le site patrimonial du village. Pour ce faire, les Tseshaht ont conclu un contrat avec Parcs Canada en 2013 afin de mettre en œuvre un programme de gardiens de plage sur leur terre natale, l’archipel Broken Group. Depuis lors, les gardiens de plage travaillent avec diligence pour améliorer les liens entre la communauté, la terre et les quelque 2 000 visiteurs, en transmettant les connaissances sur les noms de lieux, l’histoire des sites du village, l’archéologie et les histoires traditionnelles sur l’archipel.
Nous voulons que les gens puissent découvrir leur patrie. Certains des endroits clés pour leur famille, pour leur village.
Les gardiens de plage :
- fournissent des services d’orientation aux visiteurs, y compris des renseignements sur les règles du parc, les aspects logistiques et la sécurité;
- animent des programmes éducatifs sur la culture des Tseshaht, l’histoire, l’archéologie et le monde naturel en collaboration avec le personnel du parc afin de transmettre aux visiteurs le savoir et les récits traditionnels;
- proposent des excursions guidées en kayak;
- assurent l’entretien du parc en collaboration avec Parcs Canada (par exemple, entretien des emplacements de camping, vérification des permis);
- offrent des services de transport à la communauté par bateau, permettant aux membres de la communauté d’aller du parc à leur territoire et d’en revenir;
- surveillent les populations de baleines;
- appuient la pêche commerciale du dimanche au mercredi et organisent une pêche communautaire les fins de semaine qui permet de distribuer des milliers de poissons dans la communauté;
- amènent chaque année des centaines de visiteurs et de membres de la communauté à l’archipel Broken Group pour célébrer des événements tels que la Journée des peuples autochtones.
Répercussions du travail des gardiens de plage
Le programme des gardiens de plage a une portée considérable : des avantages communautaires, comme la possibilité d’emmener les membres des Tseshaht dans l’archipel Broken Group chaque été pour des excursions d’une journée afin de voir directement ce que font les gardiens de plage au quotidien, et les événements culturels, tels que la célébration de la Journée des peuples autochtones. à l’entretien du parc et à communication de renseignements aux visiteurs.
Le programme des gardiens de plage des Tseshaht offre également aux membres de la communauté des possibilités d’emploi et d’acquisition de compétences intéressantes. Ils sont très fiers de maintenir leurs connaissances à jour et de se former pendant la saison et hors saison pour faire connaître cette histoire aux visiteurs et aux futures générations de gardiens de plage.
Dans l’ensemble, les dirigeants des Tseshaht se sont dits satisfaits de ce que les gardiens de plage sont en mesure d’accomplir dans le cadre de leur mandat dans l’archipel Broken Group, et espèrent qu’un jour leur travail pourra être étendu en tant que gardiens à l’intérieur des terres, le long du port et jusqu’à l’inlet Alberni.
Les gardiens sont le visage de notre Nation, ils nous représentent, ils accueillent les gens [et] ils protègent et surveillent [notre territoire]. Ils veillent également à ce que nous soyons présents sur le territoire à tout moment pendant l’été.
Participation de Parcs Canada et obstacles au programme
La réserve de parc national Pacific Rim et l’archipel Broken Group recèlent des trésors de ressources et sont riches d’une histoire humaine, naturelle et culturelle. Parcs Canada, en étroite collaboration avec la Première Nation des Tseshaht et les autres Nations présentes sur le territoire, se consacre à la conservation à long terme, à l’utilisation durable des ressources, aux soins de la terre et à la sensibilisation des visiteurs à l’importance de cette dernière Note en bas de page 4. Cependant, le manque de communication entre Parcs Canada et les gardiens de plage en cas d’urgence et la surveillance des espèces suscitent des inquiétudes; Parcs Canada assure la surveillance de certaines espèces sans en informer les gardiens de plage. Les gardiens de plage aimeraient voir une collaboration et une communication accrue entre le personnel et les dirigeants des gardiens de plage, et Parcs Canada dans l’avenir.
Les communications pourraient être améliorées en cas d’urgence. Lorsqu’un bateau s’échoue, on appelle généralement la Première Nation ou on la prévient tout de suite. De temps à autre, la communication laisse à désirer. Prenons par exemple la fois où des conteneurs d’expédition flottaient le long de la côte et que nous ne savions pas ce qu’ils contenaient. Dans ce genre de situation inquiétante, il reste du chemin à faire en matière de communication.
L’avenir des gardiens dans la réserve de parc national Pacific Rim
Les gardiens et les gardiens de plage sont d’avis que des fonds supplémentaires sont indispensables pour assurer l’avenir du programme dans la réserve de parc national Pacific Rim. Les gardiens de plage des Tseshaht veulent bâtir davantage d’infrastructures et diversifier leur travail en y intégrant davantage de projets de recherche et de collecte de données sur les ressources naturelles du parc, comme la reconstitution de la forêt de varech, la récolte de palourdes et la gestion des populations de saumons. Toutefois, sans financement supplémentaire, rien de tel n’est possible.
S’il n’en tenait qu’à nous, nous quadruplerions probablement notre budget rien que pour atteindre nos objectifs et avoir des gardiens dans tous les aspects de notre territoire.
Sentier de la Côte-Ouest
Comme il a été mentionné, le sentier de la Côte-Ouest est l’un des trois secteurs de la réserve de parc national Pacific Rim. Le sentier de la Côte-Ouest longe un littoral accidenté et s’enfonce dans des forêts pluviales sur une distance de 75 km. Ce parcours de plusieurs jours mène les randonneurs de l’arrière-pays dans un paysage de falaises abruptes, de ruisseaux et de cascades grâce à un système complexe d’échelles, de trottoirs de bois et de ponts suspendus. La Première Nation Huu-ay-aht et la Première Nation des Ditidaht entretiennent les sentiers, protègent les terres et font découvrir aux randonneurs de passage la langue, la cuisine traditionnelle et l’histoire culturelle de la région.
Le rôle des gardiens
Au départ, le programme des gardiens du sentier de la Côte-Ouest se limitait à l’entretien des sentiers et aux travaux de débroussaillage. Au fil des trente dernières années, il est devenu un puissant programme de développement économique pour la communauté. Beau temps, mauvais temps, les gardiens du sentier de la Côte-Ouest assurent l’entretien du sentier - ils le débroussaillent, en retire les arbres tombés et entretiennent les structures comme la promenade de bois et les cabanes.
Ces programmes sont uniques en leur genre, dans la mesure où ils font le lien entre le travail, la culture, la sécurité et la communauté. Les gardiens :
- protègent et entretiennent les sentiers et les promenades de bois afin de préserver l’environnement écologique;
- conçoivent des expériences pour les visiteurs qui sont sûres, respectueuses de la culture et durables par lesquelles ils leur communiquent des renseignements et des récits;
- mettent l’accent sur la préservation de l’environnement et de la culture par le biais du centre des sciences de la mer et des pêcheries;
- favorisent le perfectionnement des compétences et les possibilités d’emploi au sein de la communauté : emplois en usine et contribution à l’aménagement et à la réalisation des principales infrastructures de sentiers, comme les promenades de bois.
Répercussions du travail des gardiens
Grâce aux programmes des gardiens, le personnel et les visiteurs peuvent prendre contact avec l’environnement naturel, la langue Nuu-chah-nulth et les cultures traditionnelles des Nations, et en apprendre davantage à leur sujet. Les membres du personnel peuvent ainsi acquérir les compétences dont ils ont besoin pour devenir des gardiens efficaces et cheminer dans leur carrière. En effet, nombreux sont les membres du personnel qui, après avoir suivi le programme des gardiens de la Première Nation Huu-ay-aht, ont accédé à des postes de cadre supérieur et de direction grâce aux compétences et aux attestations acquises (par exemple, certificat de compétence des conducteurs de petits bâtiments) dans le cadre du programme.
À l’instar du programme des gardiens de la Première Nation Huu-ay-aht, celui des gardiens de la Première Nation des Ditidaht procure à la communauté d’excellentes possibilités de développement économique grâce à des emplois rémunérateurs et valorisants. Au fil des ans, le nombre d’employés du programme est passé de deux à quatre, dont un poste de supervision, procurant ainsi des emplois vitaux aux membres de la communauté.
Dans l’ensemble, les programmes des gardiens du sentier de la Côte-Ouest sont des initiatives réciproques au service de la terre, des animaux et des personnes qui suscitent un sentiment de fierté, encouragent les dirigeants de demain et favorisent le transfert des connaissances aux générations futures.
Participation de Parcs Canada et obstacles au programme
Parcs Canada a joué un rôle de premier plan au sein du programme des gardiens de la Première Nation Huu-ay-aht en lui apportant un soutien considérable. Le personnel reconnaît que sans la contribution financière de Parcs Canada, le programme des gardiens de la Première Nation Huu-ay-aht n’existerait pas, et il lui en est très reconnaissant. Cependant, bien que les gardiens de la Première Nation des Ditidaht attribuent eux aussi la réussite du programme au soutien financier, le financement de base a connu des retards et a parfois été versé à la fin de la saison au cours de laquelle il devait être utilisé.. De l’avis du personnel, le financement de base doit permettre aux Premières Nations et au personnel de la réserve de parc national Pacific Rim d’exécuter leurs tâches de manière efficace et au rythme des saisons du parc, et non en fonction de l’exercice financier.
En outre, les gardiens de la Première Nation des Ditidaht souhaitent un dialogue encore plus ouvert avec Parcs Canada afin qu’ils puissent maximiser le tourisme dans la région et disposer d’une certaine souplesse quant à la prestation du programme à l’avenir. Ils désirent participer à l’élaboration d’un plan pour accroître la fréquentation du parc, notamment par des produits de communication et des messages sur les expériences mémorables et les récits de la région. En d’autres mots, les gardiens veulent collaborer de plus près avec Parcs Canada et ainsi améliorer le programme.
L’avenir des gardiens du sentier de la Côte-Ouest
En ce qui concerne l’avenir des programmes des gardiens du sentier de la Côte-Ouest, ceux-ci soulignent la nécessité d’obtenir du financement au-delà de 2026. En particulier pour les communautés isolées le long du sentier dont les revenus dépendent largement du tourisme. Sans le financement nécessaire au maintien des programmes et de l’infrastructure, l’efficacité de leurs initiatives ne pourra pas être maintenue, et celles-ci pourrait même être interrompues.
À mon avis, le financement actuel est suffisant, mais une ombre continue de planer sur l’exercice 2026-2027. Si nous ne recevons pas un financement adéquat, nous devrons rajuster le tir.
Détroits du Nord et région sud des Îles Gulf
La réserve de parc National des Îles-Gulf est située sur les territoires traditionnels de plusieurs Premières Nations des Salish de la côte, dont la Première Nation de Pauquachin. Le rôle des gardiens marins est de surveiller les territoires traditionnels terrestres et maritimes de la Nation le long de la péninsule de Saanich et de la région sud des îles Gulf. Les programmes combinent la science occidentale et la technologie moderne avec les connaissances traditionnelles pour la recherche marine et la conservation.
Le rôle des gardiens
Les programmes d’intendance/des gardiens marins de Pauquachin et de la Nation W̱sáneć (Qentol, Yen) ont des origines culturelles communes, leurs territoires se chevauchent et ils poursuivent des objectifs similaires. Ces deux programmes protègent et observent les écosystèmes marins de la réserve du parc national des Îles-Gulf et des territoires avoisinants en conjuguant le savoir autochtone traditionnel et les approches scientifiques occidentales et mobilisation les jeunes et les membres de la communauté.
Le W̱SÁNEĆ Leadership Council (WLC) est un organe directeur qui comprend deux Premières Nations W̱SÁNEĆ : La Première Nation de Tsartlip et la Première Nations de Tseycum. Le WLC contribue à deux initiatives dans les îles Gulf : le programme d’intendance des gardiens marins de la Nation W̱SÁNEĆ et le programme de surveillance des épaulards résidents du Sud. Œuvrant parallèlement au programme des gardiens, le programme de surveillance des épaulards résidents du Sud vise à rétablir « l’équilibre entre les W̱SÁNEĆ et les kelłolemećen (épaulards)/orques, à inciter le peuple W̱SÁNEĆ à passer du temps sur l’eau et à veiller au respect des responsabilités sacrées des W̱SÁNEĆ. » Note en bas de page 5
Les gardiens marins de la Nation W̱sáneć (Qentol, Yen) et le programme de surveillance des épaulards résidents du Sud :
- combinent les connaissances traditionnelles w̱sáneć sur les kelłolemećen (épaulards) avec la technologie moderne pour suivre leurs déplacements sur l’ensemble du territoire w̱sáneć;
- ont pour objectif de sensibiliser à la relation entre les peuples w̱sáneć et le kelłolemećen (épaulard;
- surveillent l’habitat du saumon et récoltent des échantillons d’eau;
- surveillent le nombre de mammifères dans l’habitat des épaulards résidents du Sud et les relations entre les espèces (c.-à-d. les épaulards et les lions de mer);
- veillent à la conformité (sur terre et sur l’eau), y compris la conformité des petits navires à la réglementation sur la distance des mammifères marins, la vitesse des cargos, et les autres;
- transmets des renseignements aux Nations voisines qui mènent des activités similaires.
Notre programme des gardiens marins a constamment fait des progrès importants dans la collecte et l’organisation d’un ensemble complet de données sur la surveillance de base, l’habitat et la surveillance de la conformité dans les îles du sud du Golfe, en particulier en ce qui concerne les épaulards résidents du sud, une espèce menacée d’extinction, sur notre territoire traditionnel.
Les gardiens marins de la Nation W̱sáneć (Qentol, Yen) :
- soutiennent les jeunes w̱sáneć dans la revitalisation de la pratique traditionnelle de la pêche au filet de haut fond, une activité qui les aide à se rapprocher de leur communauté et de leur culture;
- surveillent l’habitat et s’occupent d’une écloserie de saumons, source de nourriture importante pour les kelłolemećen.
Les tribus des Cowichan participent elles aussi au cadre de cogestion de la réserve de parc national des Îles-Gulf, et possèdent leur propre programme - le programme S-hwuhwa’us Thi’lut Kw’atl’kwa (Protection de l’océan par l’oiseau-tonnerre). Le programme vise à accroître la présence de ce peuple sur son territoire et à promouvoir le bien-être de l’ensemble des êtres vivants et des écosystèmes qui s’y trouvent, tout particulièrement dans les environs du passage Sansum, un corridor marin d’importance près de leur territoire traditionnel.
Il maintient les responsabilités, les droits et les titres des tribus des Cowichan relativement à leur territoire marin grâce à des activités de surveillance, de recherche scientifique et d’intendance réalisées sur l’eau et le littoral.
Parmi les activités du programme, mentionnons ce qui suit :
- des activités de consultation et de mobilisation concernant les initiatives et les activités qui ont une incidence sur le territoire marin;
- des activités éducatives et culturelles ainsi que d’autres formes de participation au sein de la communauté;
- le suivi des impacts des activités et des comportements humains sur l’environnement (par exemple, la pollution marine, les débris, les produits chimiques et les infrastructures illégales) et sur d’autres êtres vivants (par exemple, le trafic maritime à proximité des baleines), et l’adoption de mesures en conséquence;
- la surveillance acoustique du bruit sous-marin dans le passage Sansum;
- le suivi de la fraie des poissons-proies, du pinnipède, du crabe vert européen, de la zostère, du hareng et la réalisation d’études sur les oiseaux aquatiques côtiers;
- la préservation de l’habitat essentiel des saumons juvéniles et des crustacés, de leurs aliments traditionnels, ainsi que des plantes médicinales.
Notre programme représente un moyen pour la tribu des Cowichan d’assurer une présence périodique sur les plages et les plans d’eau et de s’acquitter de la responsabilité des Quw’utsun Mustimuhw à l’égard de la protection de son Tumuhw (terre, air et eau) et des espèces autres qu’humaines.
Les gardiens marins de la Première Nation de Pauquachin répartissent leur temps en trois volets : le soutien au travail de surveillance de la science occidentale, le maintien de la pêche communautaire et les opérations générales, telles que la comptabilité et la rédaction de demandes de subventions, ainsi que l’entretien de l’équipement (bateaux, enlèvement des plantes, équipement de sécurité, et les autres).
Je pense que nous faisons beaucoup de bon travail et que nous changeons les choses pour l’environnement et pour notre communauté. Les gens sont fiers de ce que nous faisons, surtout les Aînés, nous les voyons ici et tous les mardis ils viennent, et ils nous le disent. Ils nous disent qu’ils sont fiers. Même les Nations avoisinantes le remarquent et nous recevons des compliments.
Les gardiens marins ont aussi les responsabilités suivantes :
- surveiller la qualité de l’eau;
- diriger les travaux de restauration sur le terrain, notamment le labourage des plages, la construction de parcs à myes (parois rocheuses) et la plantation de végétaux sur le littoral;
- exploiter des navires et des équipements scientifiques occidentaux pour surveiller la santé du milieu marin sur l’ensemble du territoire;
- mobiliser les jeunes pour participer à la plantation d’espèces indigènes telles que la ronce remarquable;
- revitaliser les connaissances traditionnelles, les cérémonies culturelles et la langue (des cours sont organisés chaque semaine), en renforçant la transmission des connaissances entre les générations;
- renforcer la souveraineté alimentaire de la communauté en récoltant des crabes et des crevettes et en livrant cette source alimentaire vitale aux Aînés et à l’ensemble de la communauté;
- établir et renforcer l’engagement et les relations avec la communauté et les Aînés.
Nous serons l’une des Premières Nations de la côte, la première de la région sud de l’île Gulf, à construire l’une de ces [parois rocheuses] à partir de zéro sur la plage. Nous construisons tout cela à la main en réunissant 450 personnes en août, un rassemblement intertribal de plusieurs jours pour construire un nouveau mur de jardin marin sur notre plage.
La plage [la récolte de coquillages à Coles Bay] a été fermée pendant 30 ans et toutes les générations qui se sont succédé depuis en ont souffert. C’est pourquoi nous nous la réapproprions et nous créons un autre type de salle de classe sur les connaissances traditionnelles. C’est très important pour nous, très important pour nos Aînés.
Répercussions du travail des gardiens marins
Les répercussions du travail des gardiens marins, tant dans la réserve de parc national des Îles Gulf qu’à proximité de celle-ci, a permis de réaliser des avancées écologiques, économiques et culturelles incroyablement importantes depuis le début des programmes.
Le programme des gardiens marins de la Nation W̱sáneć (Qentol, Yen) et le programme de surveillance des épaulards résidents du sud ont considérablement accru les efforts de conservation marine liés à la surveillance et à la protection des kelłolemećen (épaulards) et ceux liés à la compréhension de la santé des saumons en mettant sur pied leurs propres activités de surveillance par bateau afin de receuillir des données visuelles et audio clés pour le projet de surveillance des épaulards résidents du sud. De plus, le programme a permis de revitaliser les pratiques traditionnelles de gestion des W̱SÁNEĆ et de renforcer les liens culturels avec l’ensemble de la communauté et les jeunes afin qu’ils puissent poursuivre le travail avec les générations de demain. Les gardiens marins de la Nation W̱sáneć (Qentol, Yen) sont une référence en matière de leadership environnemental autochtone, et ils souhaitent ardemment transmettre leurs connaissances et leurs réalisations à l’ensemble du Canada.
Par ailleurs, les gardiens marins de la Première Nation de Pauquachin ont une influence considérable sur les écosystèmes marins de l’inlet Saanich, de Coles Bay et des environs en rétablissant la présence de leur Nation sur l’eau et en renforçant le transfert intergénérationnel des connaissances, la revitalisation de la langue et la résilience de la communauté. Le programme des gardiens marins de la Première Nation de Pauquachin a joué un rôle considérable dans la souveraineté alimentaire de cette nation en rétablissant l’accès des populations à des systèmes alimentaires perdus pour toute une génération.
Cette plage, c’est un lieu d’apprentissage et d’échanges culturels, et une épicerie, c’est une source de nourriture. [...] il est particulièrement important pour ce travail de donner la priorité à la souveraineté alimentaire et de rétablir l’accès aux systèmes alimentaires qui ont été perdus pour toute une génération. Je pense qu’il est très significatif d’avoir toutes ces composantes dans ce travail, et je me sens honoré et inspiré de pouvoir en faire partie.
Le programme S-hwuhwa’us Thi’lut Kw’atl’kwa (Protection de l’océan par l’oiseau-tonnerre) maintient également une forte composante de souveraineté alimentaire est lui aussi un important facteur de souveraineté alimentaire des communautés, grâce au rétablissement de l’estuaire de la rivière Cowichan au cours des 50 dernières années. En outre, il offre aux jeunes de la communauté la possibilité de se familiariser avec le territoire marin des tribus des Cowichan et de contribuer à sa protection par le biais d’emplois et de stages d’été.
Notre équipe est composée de gens qui se passionnent pour la protection des milieux marins et des espèces autres qu’humaines qui y vivent. Nous sommes tous résolus à devenir des porteurs du savoir concernant nos plages et nos eaux et à transmettre ce savoir à la communauté de quelque manière que ce soit, que ce soit en communiquant les changements observés, en intervenant en cas de crise ou en veillant au rétablissement de l’habitat.
Participation de Parcs Canada et obstacles au programme
Le personnel du programme de surveillance des épaulards résidents du sud se dit particulièrement satisfait du soutien qu’il reçoit sur le terrain dans le cadre de ses activités quotidiennes et de ses efforts de surveillance marine. Il affirme que le personnel de Parcs Canada respecte ses méthodes, ses traditions et ses protocoles, et qu’il est agréable de travailler avec lui. Cependant, il a mentionné la présence d’un décalage entre la direction nationale de Parcs Canada et les autres services qui ne participent pas aux activités quotidiennes. On estime que la haute direction se préoccupent trop de la science occidentale et des données du programme. Les gardiens désirent que la direction et les responsables de Parcs Canada se familiarisent davantage avec leurs méthodes traditionnelles et s’ouvrent à d’autres perspectives. On pourrait ainsi améliorer la communication et la compréhension entre le personnel chargé des activités quotidiennes dans les lieux administrés par Parcs Canada et les gardiens, selon une approche descendante.
En outre, le personnel du programme des gardiens marins de la Nation W̱sáneć (Qentol, Yen), en particulier, note que depuis le lancement du programme en 2021, il n’a reçu aucune communication de la part du personnel du parc pour étudier comment les deux programmes peuvent collaborer et travailler ensemble de manière efficace. Dans l’ensemble, les gardiens marins soulignent la nécessité de favoriser une collaboration et une mise en commun des connaissances plus régulières et plus uniformes entre les gardiens et Parcs Canada.
Je pense que nous avons de très bonnes données provenant des sciences occidentales que nous avons été obligés de recueillir. Nous avons d’excellentes compétences dans ce domaine. Mais ces données ne valent rien du tout sans le savoir traditionnel autochtone. Je pense qu’il est temps de faire appel au savoir traditionnel.
L’avenir des programmes de gardiens
Les gardiens marins de la réserve de parc national des Îles-Gulf et des environs aimeraient collaborer davantage avec le personnel de Parcs Canada afin de déterminer comment ils peuvent appuyer davantage les gardiens autochtones, en particulier en ce qui concerne la diffusion des connaissances traditionnelles et le renforcement des capacités, en élaborant des objectifs spécifiques allant au-delà de la surveillance écologique. De nombreux programmes des gardiens dans les îles Gulf et aux alentours ont des aspirations semblables : accroître la participation des jeunes, des Aînés et des membres de la communauté, encourager l’évaluation continue des programmes et la rétroaction de la communauté, et favoriser l’établissement de liens plus étroits avec les membres des Premières Nations voisines en ce qui concerne leur travail et leurs objectifs communs.
Le mandat de Parcs Canada requiert beaucoup de données à des fins de surveillance écologique; bien souvent, je ne sais pas si la collecte de certaines données a des objectifs spécifiques. Mais je pense que ce serait vraiment génial si l’alimentation et les médicaments faisaient partie des facteurs de motivation.
Aujourd’hui, il y a des frontières partout, et tout a un prix. Nous avons été placés dans des réserves que j’appelle des frontières - elles nous empêchent d’aller vers le reste du monde, et il y a tout un monde au-delà de ces frontières. C’est l’une des choses qui nous empêche d’avancer. Nous nous battons les uns contre les autres, et non les uns avec les autres. Il faut éliminer ces limites et ces frontières. Nous joindrons nos efforts et nous travaillerons ensemble.
Comme beaucoup d’autres programmes des gardiens, les programmes marins du secteur des détroits du Nord et des îles Gulf défendent et expriment un besoin crucial de financement supplémentaire. Certains mentionnent le fait qu’ils doivent conclure des partenariats de financement supplémentaires pour combler d’importants manques à gagner en vue de la réalisation de leurs objectifs de collecte de ressources fiables et d’outils pour mener à bien leur travail. Le personnel du programme souhaite embaucher des éducateurs marins, ce qui offrirait des possibilités de développement économique à la communauté et des possibilités éducatives en s’engageant auprès des écoles locales et en diffusant le travail entrepris par les gardiens marins. Il souhaite également accroître les échanges d’information entre les réserves et les Nations afin qu’elles puissent tirer des enseignements des expériences des autres. Toutefois, sans financement supplémentaire, rien de tel n’est possible Comme l’évolutions des programmes marins se poursuivra au fil du temps, il sera nécessaire d’obtenir des fonds supplémentaires pour financer les efforts du programme.
En plus des fonds nécessaires pour payer les salaires et les avantages sociaux de nos six employés, nous avons besoin de fonds supplémentaires pour soutenir nos activités de programme. Ces coûts comprennent : la formation du personnel; les déplacements; l’espace de bureau; la gestion et l’analyse des données; la gestion et l’utilisation de trois navires, de véhicules de soutien, d’équipement et de logiciels; les dépenses liées aux communications et aux réunions; et le soutien administratif.
Nous aimerions participer à de futures activités de formation ainsi qu’à de futurs rassemblements locaux ou régionaux des programmes des Premières Nations dans le domaine marin afin de tisser des liens avec nos collègues, de collaborer avec eux et d’apprendre d’eux. . . Nous souhaitons renforcer la collaboration et la communication entre la tribu des Cowichan et Parcs Canada afin d’approfondir la collaboration dans la gestion de la réserve de parc national des Îles-Gulf et de conclure des ententes de co-gouvernance et de financement à long terme.
Programmes récemment mis en œuvre
Les programmes des gardiens de l’intérieur du Canada, depuis les Rocheuses jusqu’au fleuve Saint-Laurent, sont variés et uniques en leur genre. Les programmes intègrent le savoir traditionnel à la science occidentale afin de répondre aux défis environnementaux urgents, comme la perte de biodiversité et les changements climatiques, d’assurer la surveillance des systèmes écologiques, et de faire découvrir aux visiteurs le savoir et les récits traditionnels.
En finançant les Premières Nations, ces programmes contribuent au développement et au maintien de la santé socio-économique en créant des emplois accessibles et gratifiants pour les membres de la communauté.
Le rôle des gardiens
Le programme des gardiens de Biigtigong dans le parc national Pukaskwa est fortement axé sur la promotion et le maintien des liens avec la terre et la communauté en proposant des activités culturelles, comme des camps pour la récolte, le tannage et les festins tout au long de l’année, des excursions d’une journée et des rassemblements hebdomadaires des Aînés.
La Guilde d’intendance des terres de la Première Nation des Chippewas de Rama est également axée sur le lien avec la terre. Le programme offre des enseignements anishinaabe et des compétences de brousse par le biais d’une formation sur le territoire, y compris la récolte, la cueillette et la transformation des aliments, l’apprentissage des écosystèmes naturels et des espèces indigènes.
Le programme de gardiens des Pieds-Noirs des versants est des Rocheuses est le premier programme de ce type en Alberta. Il est basé à Calgary, mais les gardiens des Pieds-Noirs sont sur le terrain à plus de 270 kilomètres de Calgary, à Waterton et dans le sud des versants est, pour surveiller, protéger et préserver les terres et les eaux sacrées des des versants est aux côtés de Parcs Canada. Les gardiens patrouillent dans les bassins versants, les sentiers et les abords de route afin de recueillir des données sur la santé environnementale de la terre et de transmettre des histoires et des connaissances culturelles aux visiteurs du parc. Le programme d’intendance des Pieds-Noirs a également créé le réseau environnemental d’intendance des Pieds-Noirs pour améliorer la coordination, la communication et l’intégration des questions de gestion des terres et des ressources naturelles parmi les communautés de Pieds-Noirs par l’organisation de réunions et de conférences communautaires.
Notre projet est unique parce que nous opérerons en dehors de la réserve et qu’il nous permettra de revenir véritablement sur les terres dont nous avons été éloignés au cours des 150 dernières années environ. Il crée également des emplois dont les membres de notre communauté ont grand besoin.
Les gardiens de Nitassinan de la Première Nation innue d’Ekuanitshit, au Québec, protègent et surveillent les systèmes écologiques dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent par le développement d’efforts et d’activités de surveillance comprenant :
- surveillance de la population de homards, de la zostère et des oiseaux marins côtiers;
- surveillance des croisiéristes et des plaisanciers à Baie Ste-Marguerite pour protéger les bélugas;
- préparer et animer des ateliers scolaires pour promouvoir la récolte responsable auprès des jeunes.
Répercussions du travail des gardiens
Les programmes des gardiens de l’intérieur, comme leurs homologues de la côte ouest, ont eu un impact considérable sur leurs communautés respectives, en soutenant l’engagement des jeunes et des communautés, en rétablissant la présence de leur nation sur le territoire, en revitalisant les événements/camps linguistiques et culturels, en offrant des possibilités de perfectionnement des compétences et de cheminement de carrière, ainsi qu’en communiquant les connaissances et les histoires traditionnelles aux visiteurs des parcs.
Les programmes sont extrêmement importants pour les gardiens, les partenaires et les membres de la communauté, car ils leur donnent l’occasion d’être sur la terre et de la gérer d’une manière réciproque qui profite à tous - communautés des Premières Nations, membres de la communauté non autochtone, faune et ressources naturelles.
Participation de Parcs Canada et obstacles au programme
En général, les programmes des gardiens de l’intérieur soutiennent que Parcs Canada a été un partenaire favorable à leur programme, citant que Parcs Canada est accommodant, fait preuve de souplesse et qu’il est facile de travailler avec lui.
Les gardiens de Pukaskwa ont fait part de leurs inquiétudes quant à la mauvaise communication concernant ce que les membres de la communauté sont ou ne sont pas autorisés à faire sur leur territoire traditionnel au sein du parc. Cela montre la nécessité d’une politique plus claire et d’une éducation de la communauté pour atténuer les craintes actuelles liées à l’utilisation du parc. Cependant, pour améliorer les efforts d’éducation communautaire, il faudrait plus de personnel de gardiens ou un soutien direct du conseil de bande, car le programme ne compte actuellement qu’un seul gardien et n’a pas de budget supplémentaire pour embaucher du personnel additionnel sans nuire à la programmation. De même, les gardiens du Nitassinan ont fait part de leurs inquiétudes quant au financement et à la longévité du programme sans un financement continu de Parcs Canada.
Les Blackfoot Guardians ont également dû faire face à des obstacles uniques pour lancer leur programme à une si grande distance. À savoir que les espaces à partir desquels les Gardiens travaillent dans le parc national des Lacs-Waterton manquaient de logements et d’espaces de stockage. Ils insistent sur le fait que, si les projets Guardians doivent se dérouler hors des réserves ou dans les zones de Parcs Canada, comme c’est le cas actuellement, Parcs Canada doit réserver un espace suffisant pour la programmation afin d’éviter les complications lors de la mise en œuvre du projet.
L’avenir des programmes de gardiens
En envisageant l’avenir des programmes des Gardiens dans le centre du Canada, ces programmes aspirent à améliorer l’engagement communautaire, à participer au partage des connaissances culturelles avec les visiteurs et les membres de la communauté, à soutenir les événements communautaires et à renforcer la communication avec Parcs Canada. Ils espèrent obtenir un financement à long terme, au-delà de 2026, pour poursuivre leurs efforts de gestion, établir des relations avec d’autres programmes fédéraux, les membres de la communauté et les entités tribales et soutenir la diffusion des enseignements, langues et connaissances traditionnels.
Considérations et conclusions
Les divers programmes de gardiens mis en œuvre un peu partout au Canada partagent un ensemble d’objectifs communs, notamment celui de combiner les approches occidentales et autochtones afin de mettre en place et de soutenir un modèle de gestion des terres qui contribue à améliorer le bien-être des communautés.
Ces programmes offrent :
- des développements économiques, de formation et d’avancement de carrière pour les membres des communautés et le personnel des programmes;
- certains programmes fournissent des services de transport indispensables à la communauté par bateau, permettant aux membres de la communauté de se rendre au parc et de revenir sur leur territoire, ce qui favorise l’emploi et les revenus des membres de la communauté;
- de nombreux programmes soutiennent le développement des compétences et les opportunités d'emploi pour la communauté, comme l'apprentissage de la construction d'infrastructures de sentiers importants et l'obtention de permis de navigation;
- plusieurs programmes gèrent des pêcheries qui soutiennent le développement économique grâce à la pêche commerciale;
- des occasions de créer des liens significatifs avec la terre et la mer grâce à la mise en oeuvre de programmes culturels, à la revitalisation des langues et à la souveraineté alimentaire;
- plusieurs programmes soutiennent les efforts en faveur de la souveraineté alimentaire en gérant des pêcheries communautaires et en distribuant des milliers de poissons dans la communauté;
- les gardiens facilitent le transport de centaines de visiteurs et de membres de la communauté pour célébrer des événements tels que la Journée des peuples autochtones;
- de nombreux programmes visent à sensibiliser le public à la vie marine et aux écosystèmes du parc afin de garantir leur préservation pour les générations futures;
- les gardiens qui partagent le même territoire et les mêmes intérêts échangent des informations avec les nations voisines qui mènent des activités similaires;
- la capacité de faire connaître les récits, les célébrations et les enseignements traditionnels aux visiteurs des parcs, aux Aînés et aux jeunes; et la capacité de préserver les façons de faire et les modes d’apprentissage traditionnels pour les générations à venir.
- les gardiens partagent avec le parc des informations archéologiques et sur le monde naturel, fournissant ainsi de précieux services d'orientation aux visiteurs, notamment en leur communiquant des informations sur les règles du parc, la logistique et la sécurité. Ils partagent également des connaissances traditionnelles, des récits et proposent des visites guidées;
- de nombreux programmes visent à sensibiliser le public à la vie marine et aux écosystèmes du parc afin de garantir leur préservation pour les générations futures.
En outre, les obstacles auxquels se heurtent les programmes de gardiens sont à peu près les mêmes partout au Canada, les deux préoccupations principales étant les communications et le financement. Le personnel des programmes de gardiens a fait part des difficultés auxquelles il fait face relativement aux communications avec Parcs Canada, que ce soit avec le personnel sur le terrain dans chacun des lieux ou avec la direction nationale. Il se dit préoccupé du fait que le personnel des parcs ne communique pas de façon régulière les renseignements relatifs à ses activités de surveillance aux gardiens, ce qui entraîne un chevauchement des efforts et un manque d’efficacité. Cette approche incohérente et cloisonnée en matière de surveillance des écosystèmes ne rend pas non plus service au personnel des parcs, qui pourrait aussi tirer des enseignements des gardiens, notamment pour la compréhension des approches traditionnelles et d’autres points de vue autochtones liés à la protection des terres, des eaux et des habitants non humains. Dans l’ensemble, les gardiens soulignent la nécessité de renforcer les liens entre le personnel responsable des activités quotidiennes de Parcs Canada et les gardiens, et de favoriser une collaboration et un partage des connaissances plus réguliers et plus uniformes entre les deux parties.
Néanmoins, le principal obstacle au succès des programmes de gardiens est le manque de financement durable à long terme. Les responsables dans tous les programmes ont fait part de diverses limites et préoccupations liées aux ententes de financement. Bon nombre d’entre eux ont déclaré qu’ils aimeraient étendre leurs activités à l’ensemble de leur territoire, mais qu’ils n’étaient pas en mesure de le faire avec le capital dont ils disposent, compte tenu de la hausse continue de l’inflation, et de l’augmentation du coût du carburant, des coûts de construction des infrastructures et du coût de la vie. Pour certains, les ententes à court terme et la répartition du financement de base ont également constitué des obstacles, en particulier lorsque le versement des fonds est retardé ou lorsque ceux-ci sont reçus après la fin de la saison.
Les gardiens plaident vigoureusement en faveur d’un financement plus stable à long terme qui permettrait d’améliorer le programme, d’embaucher plus de personnel et de construire l’infrastructure nécessaire pour soutenir les programmes aujourd’hui et dans l’avenir.
De manière générale, tous les gardiens, d’un océan à l’autre, croient fermement au programme et à ses effets positifs profonds. Ils espèrent que les programmes pourront continuer à produire des répercussions collectives, à diffuser le savoir et à protéger les terres pour les générations de demain.
Ce qui est bien avec le programme des gardiens et la Politique sur l’intendance autochtone, c’est que les Premières Nations peuvent exercer une influence, notamment sur la façon dont ces outils seront mis en œuvre.
Je crois que l’importance des gardiens réside dans la combinaison des connaissances diffusées. Il y a le savoir autochtone, qui a permis de créer de l’abondance dans le passé et qui pourrait possiblement créer de l’abondance dans l’avenir. Puis, il y a la science [occidentale]. Si nous parvenons à allier ces deux éléments, le résultat sera bénéfique pour tout le monde. D’après moi, c’est ce qui est important en ce qui concerne les gardiens.
Considérations liées à l’avenir des programmes de gardiens
En ce qui concerne l’avenir du programme des gardiens autochtones, il est recommandé de mettre l’accent sur les éléments ci-dessous.Prévoir un financement à long terme qui soutient l’expansion des programmes et leur viabilité. Même s’il est grandement apprécié, le financement actuellement offert aux programmes de gardiens n’est pas suffisant pour répondre aux besoins des communautés. Le financement limité offert par Parcs Canada oblige souvent les gardiens à rechercher d’autres partenariats de financement pour combler des lacunes importantes, ce qui enlève des ressources aux activités des programmes. Dans d’autres cas, en raison du financement limité reçu, un programme peut être géré par seulement un ou deux gardiens et ceux-ci n’ont pas la capacité d’embaucher le personnel supplémentaire nécessaire pour élargir les activités du programme ou pour atténuer le risque d’épuisement. Un financement stable à long terme permettrait aux gardiens partout au Canada de construire d’autres infrastructures, d’acheter du matériel et d’embaucher davantage de personnel afin de soutenir les initiatives d’intendance importantes, d’améliorer les programmes culturels, d’offrir davantage de possibilités d’emplois et de stages, d’accroître les travaux de recherche, de collecte de données et de surveillance, et de diffuser des connaissances aux générations futures.
Soutenir la mise en commun du savoir entre les programmes de gardiens grâce à l’organisation d’un événement annuel réunissant tous les programmes de gardiens du pays. La tenue d’un événement comparable au Rassemblement national des gardiens, qui est organisé par l’Initiative de leadership autochtone et le Réseau national des gardiens, constituerait une occasion supplémentaire de favoriser les liens entre les programmes de gardiens, ce qui pourrait inciter le personnel à en apprendre davantage sur les divers lieux de Parcs Canada et le travail des autres programmes. Nous espérons que le point de vue régional présenté dans le présent rapport pourra soutenir la planification de tels rassemblements nationaux, qui peuvent comprendre des tables rondes, des exposés et des séances de réseautage.
Améliorer la collaboration entre les gardiens et Parcs Canada pour faire en sorte que les communications entre les gardiens et le personnel et la direction de Parcs Canada soient claires et uniformes. Bon nombre de gardiens aimeraient élaborer des plans en collaboration avec Parcs Canada afin de s’assurer que les gardiens sont en mesure d’accroître au maximum le tourisme dans leur territoire dans le but d’augmenter les revenus de la communauté, de faire connaître leurs récits, et de protéger les terres, les eaux et leurs habitants. Ils suggèrent que Parcs Canada mette en place une structure de soutien améliorée pour l’élaboration de politiques de gestion coopérative des terres et la prise de décisions conjointe qui prendrait la forme d’un document évolutif mis à jour régulièrement. De plus, les gardiens aimeraient voir s’améliorer la collaboration et la communication entre les gardiens et le personnel et les gardes de Parcs Canada en ce qui concerne les activités quotidiennes de surveillance afin d’assurer l’efficacité et l’efficience des efforts de surveillance.
Annexe A : Partenaires participants
Facebook : Rama Land Stewardship Guild (en anglais seulement)
Instagram : QENTOL, YEN / W̱SÁNEĆ Marine Guardians (en anglais seulement)
Facebook : QENTOL, YEN / W̱SÁNEĆ Marine Guardians (en anglais seulement)
Facebook : Tseshaht BeachKeepers (en anglais seulement)
W̱SÁNEĆ Leadership Council launches Southern Resident Killer Whale Monitoring Program (en anglais seulement)
Annexe B : Partenaires participants
Questions d’entrevue pour les gardiens
- En quoi votre programme de gardiens autochtones (ou de gardiens de la Terre, et les autres.) est-il important?
- Qu’est-ce qui vous a incité à collaborer avec le programme de gardiens autochtones (ou de gardiens de la Terre, et les autres.)?
- Comment savez-vous si le programme de gardiens autochtones (ou de gardiens de la Terre, et les autres.) répond aux besoins des membres de la communauté? Pourquoi croyez-vous qu’il a une incidence positive ou, dans le cas contraire, quelles sont vos préoccupations?
- Le personnel du programme a-t-il accès aux ressources et aux outils nécessaires à sa réussite? Quels sont-ils ou quels devraient-ils être?
- Le personnel de Parcs Canada fournit-il un soutien ou des ressources utiles aux programmes de gardiens? Quels sont-ils ou quels devraient-ils être?
- Y a-t-il autre chose dont vous aimeriez nous faire part pour soutenir l’évaluation? Vos idées nous sont précieuses.
Annexe C : Lettre de présentation
Lettre de présentation : Évaluation des programmes de gardiens autochtones
Évaluation des gardiens autochtones de 2025
Demande : On demande aux gardiens, aux gardiens de plage et autres de répondre aux questions envoyées, à donner leur avis sur la manière dont s’est déroulé le programme de gardiens et à faire part de leurs commentaires et de leurs suggestions.
Confidentialité : Sauf si des participants demandent que leurs contributions leur soient attribuées dans le rapport, tout ce qui est communiqué à Johnston Research demeure confidentiel. Parcs Canada ne recevra donc pas de copies des notes d’entrevue ou de tout autre document communiqué à l’expert-conseil. Les renseignements communiqués directement à Parcs Canada, par exemple les commentaires envoyés directement à un coordonnateur par courriel, seront également traités de manière confidentielle dans le rapport.
Échéancier : Le contrat avec Johnston Research a été prolongé jusqu’en juin, et la collecte des données doit s’achever à la fin du mois de juin.
Questions et formats : L’évaluation est dirigée par notre experte-conseil en évaluation autochtone, Andrea Johnston, qui produira un rapport en se basant sur tous les renseignements communiqués. Les questions suivantes, élaborées par Andrea avec l’aide du personnel de l’initiative des gardiens autochtones, sont considérées comme un point de départ. Les partenaires peuvent choisir de répondre à certaines questions, à toutes les questions ou à aucune d’entre elles. Nous serons reconnaissants de recevoir tout commentaire qu’ils souhaitent communiquer, dans le format qui leur convient le mieux. Il peut s’agir de réponses écrites ou d’une entrevue, mais aussi d’un récit, de photos ou d’une chanson. Si les partenaires souhaitent participer à des entrevues, nous communiquerons leurs coordonnées à Andrea, qui prendra contact avec eux.
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