Événement historique national des unités de milice noires dans le Haut-Canada entre 1812 et 1850
Les unités de milice noires dans le Haut-Canada entre 1812 et 1850 ont été désignées événement historique national en 2014.
Importance historique : un jalon vers l’acceptation des Noirs comme sujets britanniques partageant les mêmes droits et devoirs.
Plaque commémorative : 14184, promenade Niagara, Lieu historique national des Hauteurs-de-Queenston, Queenston, OntarioFootnote 1
Les unités de milice noires dans le Haut-Canada, 1812 et 1850
En servant dans la milice, les Afro-descendants du Haut-Canada veulent exercer les droits et devoirs des sujets britanniques. Lors de la guerre de 1812, ils joignent des unités régulières ou bien le Colored Corps, unité ségréguée qui travaille aux fortifications et combat sur les hauteurs de Queenston et ailleurs durant les campagnes du Niagara. Ils servent aussi lors de la rébellion du Haut-Canada et certains sont maintenus en service jusqu’en 1850. Par rapport à leur proportion de la population, les Noirs servent en grand nombre, affirmant leur conviction que ce pays fut jadis un refuge pour ceux qui avaient été soumis à l’esclavage.

Le matériel de The Kids Book of Black Canadian History écrit par Rosemary Sadlier et illustré par Wang Qijun est utilisé avec la permission de Kids Can Press Ltd., Toronto. Illustrations
© Wang Qijun, 2003
Les unités de milice noires dans le Haut-Canada, 1812-1850
Pendant la première moitié du XIXe siècle, les Afro-descendants du Haut-Canada ont servi dans la milice du Haut-Canada, montrant leur détermination à exercer les droits et les devoirs des sujets britanniques. Lors de la guerre de 1812, nombre d’entre eux faisaient partie des unités régulières, tandis que d’autres se sont joints au Colored Corps, travaillant à ériger des fortifications et combattant lors des campagnes du Niagara, y compris la bataille des hauteurs de Queenston. Beaucoup ont aussi servi durant la rébellion du Haut-Canada en 18371838, et une unité ségréguée a été maintenue à l’effectif jusqu’en 1850. Affirmant leur conviction que ce pays fut jadis un refuge pour ceux qui avaient été soumis à l’esclavage, les hommes noirs étaient nombreux à se porter volontaire et s’enrôler compte tenu de leur proportion relative au sein de la population.

© Bibliothèque et Archives Canada / no d'acc R13133-309

© Parcs Canada
Au déclenchement de la guerre de 1812, de nombreux miliciens d’ascendance africaine se joignent à des unités intégrées. En août 1812, une compagnie ségréguée (atteignant 38 hommes à un certain moment) est formée à titre d’unité du 1er Régiment de la Lincoln Militia sous l’autorité d’un officier blanc, Robert Runchey, et participe à l’assaut final lors de la bataille des hauteurs de Queenston. Au début de 1813, la compagnie se fait connaître sous différents noms, y compris le Colored Corps, et est intégrée à la milice du Haut-Canada. Les membres du Colored Corps servent dans l’infanterie dans diverses batailles et travaillent comme ouvriers pour construire des fortifications. En mai 1813, le Corps participe à la défense contre les forces américaines débarquées au fort George. Après le retrait des Américains du fort George en décembre, le Colored Corps est rattaché au Corps royal du génie et employé comme unité ouvrière pour aider à la construction du fort Mississauga, avant d’être dissout en mars 1815. Ses membres subiront ensuite des difficultés et des retards dans l’obtention des primes et concessions foncières offertes aux autres unités de milices.

© Parcs Canada

© Parcs Canada
Les miliciens noirs servent également lors de la rébellion du Haut-Canada en 1837-1838. Pendant toute la rébellion, la population noire du Haut-Canada appuie très largement le gouvernement. La loi antiesclavagiste adoptée en 1793, qui limite l’esclavage dans le HautCanada, ainsi que la loi abolissant l’esclavage dans tout l’Empire britannique, promulguée en 1834, font du Haut-Canada un refuge relativement sécuritaire pour ceux qui fuient l’esclavage dans le sud des États-Unis. Après la rébellion, les miliciens noirs sont maintenus à l’effectif jusqu’en 1850. Aux prises avec des engagements croissants ailleurs dans le monde, le gouvernement britannique continue de réduire sa présence militaire au Canada et, le 30 avril 1850, ces unités sont dissoutes.
Ensemble, les unités de milices noires de 1812-1815 et de 1837-1850 représentent une longue et solide tradition de service militaire au sein des collectivités afro-canadiennes. Concrètement, cette tradition a fait partie d’une stratégie visant à maintenir le statut du Haut-Canada comme refuge pour ceux qui avaient été soumis à l’esclavage. Symboliquement, elle a démontré l’attachement de ces communautés au Haut-Canada.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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