Personnage historique national d'Adrien-Gabriel Morice (1859-1938), o. m. i

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Adrien-Gabriel Morice a été désigné personnage historique national en 1948.
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a revu cette désignation en 2024.
Motifs de la désignation
Missionnaire oblat chez les Dakelh (Carrier), les Tsek’ehne (Sekani), la Nation du lac Babine et les Witsuwit’en (Wet’suwet’en), dans le Nord de la Colombie-Britannique, de 1885 à 1903, il use de sa position pour exploiter la main-d’œuvre et le savoir-faire des Premières Nations et assouvir ses propres ambitions en tant qu’homme de lettres, pour créer un système d’écriture syllabique et rédiger l’histoire de la région. En s’appuyant sur les connaissances de guides autochtones, il dessine une carte détaillée du Nord de la Colombie-Britannique et renomme les caractéristiques du paysage en son honneur et en celui d’autres personnes, contribuant ainsi à un effacement culturel systémique. Connu pour sa nature autocratique, il est transféré hors de la région en 1903 en raison de différends avec son ordre et de la perception que ses écrits savants le détournent de son travail de missionnaire. Il rédigera ultérieurement de nombreux ouvrages sur l’ethnographie et le catholicisme dans le Nord-Ouest du Canada.
Morice soutient le colonialisme en Colombie-Britannique en réprimant les pratiques culturelles et la spiritualité des Premières Nations lorsqu’ils adoptent le catholicisme. Comme d’autres missionnaires oblats en Colombie-Britannique, il tente de contrôler et de convertir les Premières Nations par l’autosurveillance et en infligeant des punitions aux personnes qui transgressent les règles, notamment en les fouettant et en les humiliant publiquement (une pratique connue sous le nom de système Durieu). Pour réprimer les potlatchs, interdits en 1884 par le gouvernement fédéral, Morice prône la destruction par le feu des tenues cérémonielles des Premières Nations. Il confisque également ces tenues dans les communautés pour les confier à des musées.
Revue de la désignation
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada procède à un examen des personnes, des événements et des lieux historiques nationaux désignés pour déterminer leur lien avec l'histoire et l'héritage du système des pensionnats autochtones. Cet examen fait suite à l'appel à l’action 79 de la Commission de vérité et réconciliation, qui demande au gouvernement fédéral de commémorer l'histoire et l'héritage des pensionnats autochtones.
Des revues sont entreprises de façon continue pour veiller à ce que les désignations tiennent compte des études actuelles, des changements survenus dans la compréhension de l’histoire, ainsi que d’un éventail de voix, de points de vue et d’expériences de la société canadienne.
En 2024, cette désignation a fait l’objet d’une revue à cause de l’héritage colonial et de l’absence d’un aspect de l’histoire dans la désignation. La désignation originale soulignait l’œuvre de Morice en tant que missionnaire oblat et ses travaux d’érudition sur l’ethnologie et l’histoire de la région. Elle ne mentionnait pas le fait qu’il avait usé de son statut pour exploiter la main-d’œuvre et l’expertise des Premières Nations afin de nourrir ses ambitions d’érudit, substituant notamment ses propres noms aux noms de lieux autochtones. De plus, la désigngation ne mentionnait pas que Morice réprimait activement les pratiques culturelles et la spiritualité des Premières Nations.
De nouveaux motifs de désignation ont été définis qui mentionnent le rôle de Morice dans la suppression des connaissances et de la culture autochtones. Une nouvelle plaque ne sera pas préparée, puisque la longueur limitée du texte d’une plaque ne permet pas de transmettre adéquatement la complexité de cette histoire.
Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbal, décembre 2023.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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