Personnage historique national de Charlotte Edith Anderson Monture (1890–1996)

© Six Nations Public Library / Donald D. Lynch Collection / SNPL000308v00i
Charlotte Edith Anderson Monture a été désignée personnage historique national en 2025.
Importance historique : infirmière et ancienne combattante kanien’kehá:ka ((Mohawk) de Six Nations de la rivière Grand qui fait figure de précurseure grâce à sa résilience et à sa détermination.
Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1
Charlotte Edith Anderson Monture (1890–1996)
Édith Monture est une infirmière et ancienne combattante kanien’kehá:ka qui fait figure de précurseure. Elle surmonte d’importants obstacles pour faire des études en soins infirmiers et, grâce à sa résilience et à sa détermination, elle est parmi les diplômées de la première génération canadienne d’infirmières professionnelles membres des Premières Nations formées en milieu hospitalier. Après avoir servi pendant la Première Guerre mondiale comme infirmière au sein du Corps expéditionnaire américain, elle est parmi les anciennes combattantes à qui le Canada accorde le droit de vote en 1917. En 1919, elle retourne dans la communauté de Six Nations de la rivière Grand, où elle est infirmière et sage-femme et devient une figure importante de la communauté.
Charlotte Edith Anderson naît et grandit à Ohsweken dans le territoire des Six Nations de la rivière Grand, où elle fréquente un externat. Pendant ses études au Brantford Collegiate Institute, elle remplace à l’occasion son frère, Sam Anderson, qui est enseignant à l’école no 10 dans la communauté de Six Nations. S’étant vu refuser l’admission dans plusieurs écoles de soins infirmiers en Ontario qui n’acceptent presque exclusivement que des étudiantes blanches, elle fait ses études à l’hôpital de New Rochelle dans le comté de Westchester, à l’extérieur de la ville de New York. Une fois ses études terminées en 1914, elle travaille comme infirmière dans une école privée de New Rochelle.

De gauche à droite : Allie Bombery, Edith Anderson (Monture), Lucy Keye (Mme George Hill), Flossie Miller (plus tard marriée à Herb Jamieson)
© Six Nations Public Library / Donald D. Lynch Collection / SNPL000132v00i
Après l’entrée en guerre des États-Unis dans la Première Guerre mondiale en 1917, Anderson se joint au Service des soins infirmiers de la Croix-Rouge américaine et devient membre de l’unité B du comté de Westchester du Corps expéditionnaire américain. Pendant plus d’un an, elle soigne des soldats malades et blessés, principalement à l’hôpital militaire no 23 de Vittel, dans la région de la Lorraine, dans le Nord-Est de la France. Elle note ses expériences dans son journal intime, y décrivant son travail, ses loisirs, son entraînement et le chagrin ressenti à la suite de la mort d’un jeune patient. En raison de son service en temps de guerre, Anderson obtient le droit de voter aux élections fédérales canadiennes. La Loi des électeurs militaires de 1917 étend le droit de vote à tous les sujets britanniques qui ont servi dans les armées du Canada, de la Grande-Bretagne ou d’un pays allié et qui, autrement, ne répondent pas aux critères existants pour être électeurs, ce qui est le cas des femmes des Premières Nations comme Anderson. Ce n’est qu’en 1960 que la plupart des autres femmes des Premières Nations ont le droit de voter aux élections fédérales, à moins d’être émancipées selon les dispositions de la Loi sur les Indiens, c’est-à-dire qu’elles ont renoncé à leur statut d’« Indienne » pour celui de citoyenne canadienne avec tous les droits et privilèges y étant associés.
Anderson retourne à Six Nations de la rivière Grand en 1919. Elle y épouse Claybran Monture et élève quatre enfants. À une époque où les infirmières des Premières Nations doivent souvent quitter leur communauté pour trouver un emploi, Anderson travaille à Six Nations comme sage-femme et est infirmière à l’hôpital Lady Willingdon, lequel ouvre ses portes à Ohsweken en 1927. Une figure importante et active dans la communauté, elle est élue présidente honoraire de la section d’Ohsweken de la Croix-Rouge canadienne en 1939.

De gauche à droite : Samuel Anderson; Ida Anderson; Edith Anderson; Mary Anderson; Susan Anderson; Art Anderson
© Six Nations Public Library / Donald D. Lynch Collection / SNPL000312v00i
Au cours de sa carrière, Monture aide à ouvrir la voie à la prochaine génération de professionnels de la santé autochtones, notamment sa fille, Helen Monture Moses, qui devient infirmière et membre fondatrice des Infirmières autorisées d’ascendance indienne canadienne (aujourd’hui l’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada). Edith Monture meurt à Six Nations de la rivière Grand le 3 avril 1996, à l’âge de 105 ans.
« Ma grand-mère, Edith Anderson Monture, est une pionnière dans le domaine des soins de santé pour les Autochtones et du droit de vote des Autochtones dans ce pays. Même si c’est la Loi sur les Indiens du Canada de son époque qui l’a obligée à aller aux États-Unis pour suivre sa formation, elle a repris sa vocation quand elle est revenue au pays après la Grande Guerre. Au fil des ans, son histoire a été une source d’inspiration pour beaucoup de professionnels de la santé autochtones. »
« Le travail de Charlotte Edith Anderson Monture en tant qu’infirmière et sage-femme incarne la contribution importante des femmes autochtones aux soins de santé du XXe siècle au Canada, tant dans les communautés autochtones que non autochtones. Son exclusion des programmes canadiens de formation des infirmières met toutefois en évidence le racisme et les politiques coloniales qui ont souvent empêché les étudiants des Premières Nations d’avoir accès à l’enseignement supérieur. Pendant de nombreuses années, Monture a milité pour que les membres des Premières Nations soient reconnus à la fois comme « Indiens » au sens de la Loi sur les Indiens et comme Canadiens, deux catégories que le gouvernement canadien jugeait incompatibles avant d’accorder aux Indiens inscrits, en 1960, le droit de voter aux élections fédérales. La vie et l’œuvre de Monture sont, à juste titre, considérées comme extraordinaires et exceptionnelles par sa communauté, par les historiens et, désormais, par tous les Canadiens. »
La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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