Personnage historique national de Geraldine Moodie (1854-1945)

Autoportrait de Geraldine Moodie, photographe professionnelle, vers 1895-1896
Autoportrait de photographe Geraldine Moodie, Battleford, Saskatchewan, vers 1895-1896
© Permission des archives Glenbow

Geraldine Moodie a été désignée personnage historique national en 2024.

Importance historique : photographe et entrepreneure dont l’héritage complexe des photographies constitue un témoignage historique précieux des modes de vie des Premières Nations et des Inuit dans le Nord-Ouest et le nord du Canada au tournant du XXe siècle.

Plaque commemorative : pas de plaque installéeFootnote 1

Geraldine Moodie (1854–1945)

Entrepreneure exerçant une profession dominée par les hommes, Geraldine Moodie possède et exploite au moins trois studios de photographie professionnelle. Étant l’épouse d’un officier de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCNO), elle a un accès privilégié et sans précédent à des communautés autochtones au tournant du XXe siècle, accès qu’aucune photographe blanche n’a encore eu à cette époque. Bien que Moodie cherche à tisser des liens avec certains de ses sujets et à représenter leur humanité commune, ses photographies soigneusement mises en scène de membres des Premières Nations dans les actuelles provinces de la Saskatchewan et de l’Alberta, des Inuit à Qatiktalik (au Nunavut) ainsi que des Inuit et de membres des Premières Nations à Churchill (au Manitoba) renforcent les stéréotypes sur les Peuples Autochtones, que l’on dit exotiques et pacifiques. Ses photographies constituent toutefois un témoignage historique précieux des modes de vie des Premières Nations et des Inuit dans le Nord-Ouest et le Nord du Canada au tournant du XXe siècle.

Née Geraldine Fitzgibbon à Toronto le 31 octobre 1854, elle est la fille d’Agnes Dunbar Moodie, une illustratrice dans le domaine de la botanique, et de Charles Fitzgibbon, un avocat et greffier à la Cour des successions de Toronto. Sa grand-mère maternelle est Susanna Moodie, autrice de Roughing it in the Bush (1852), et sa grand-tante est la naturaliste et autrice Catharine Parr Traill. Elle fait la connaissance d’un cousin éloigné, John Douglas Moodie, qu’elle épouse en Angleterre en 1878. Le couple exploite un homestead au nord de Brandon, au Manitoba, lorsque Douglas reçoit une commission d’inspecteur au sein de la PCNO en 1885. Pendant les 32 années qui suivent, la mobilité associée aux affectations de son époux à divers postes de la PCNO dans les Territoires du Nord‑Ouest, au Yukon et dans l’Arctique de l’Est donne à Geraldine Moodie un accès à des lieux et à des personnes autochtones et non autochtones partout au Canada ainsi que l’occasion de les photographier.

Photo prise par Geraldine Moodie d'une femme Inuk, Kootucktuck, 1905
Photo prise par Geraldine Moodie d'une femme Inuk, Kootucktuck, dans son attigi perlée, Qatiktalik (Fullerton Harbour), Nunavut, février 1905
© Permission des archives Glenbow
Photo prise par Geraldine Moodie de Sakamatayenew (Poundmaker), vers 1896
Photo prise par Geraldine Moodie de Sakamatayenew (écrit Suc-a-ma-ta-mia par Moodie), fils du chef pīhtokahānapiwiyin (Poundmaker), Battleford, Saskatchewan, 1896
© Geraldine Moodie / Bibliothèque et Archives Canada / PA-028853
Photo prise par Geraldine Moodie d'une femme, Kookooleshook, et d'un enfant d'Ivalik, 1904
Photo prise par Geraldine Moodie d'une femme, Kookooleshook, et d'un enfant d'Ivalik (Aivilik), Qatiktalik (Fullerton Harbour) Nunavut, 1904
© Geraldine Moodie / Bibliothèque et Archives Canada / C-001814

Moodie est une mémorialiste visuelle du Nord et de l’Ouest du Canada, des années 1890 aux années 1930, en tant qu’illustratrice dans le domaine de la botanique et photographe prolifique. Elle fait preuve d’une détermination peu commune chez les autres femmes photographes canadiennes de l’époque afin de protéger ses photos par le droit d’auteur. De plus, elle publie ses photos en guise de source de revenus et s’assure qu’elles seront largement diffusées dans les rapports gouvernementaux et sous forme de cartes postales, de reproductions et de collages photographiques. Elle tire un revenu d’images qui renforcent la perception stéréotypée qu’ont les colons des rôles des Premières Nations et des Inuit au Canada à l’époque coloniale.

Néanmoins, ses photographies immortalisent également les modes de vie traditionnels, les vêtements, les tatouages et les liens de parenté des membres des Premières Nations et des Inuit de cette époque et ont, de nos jours, une grande valeur pour les descendants des personnes représentées dans les photographies et pour leurs communautés. Les images sont des documents historiques importants qui offrent aux gens la possibilité d’élargir leurs liens familiaux et de se familiariser avec la culture matérielle de leurs ancêtres, ainsi qu’avec leurs techniques de couture et de perlage. La valeur des images pour ces communautés donne aux photographies une signification contemporaine qui s’ajoute aux intentions de Moodie à titre de photographe en milieu colonial.

« La désignation de Geraldine Fitzgibbon Moodie en tant que personne d’importance historique nationale est passionnante et permet aux Canadiens de découvrir une personnalité relativement nouvelle et extraordinaire qui a laissé un héritage photographique inégalé à son époque. Tout au long de sa vie, Moodie sort des murs de son studio et s’écarte des mœurs sociales pour prendre des photos des premiers peuples autochtones des Prairies et de l’Arctique de l’Est, des derniers ranchs de la frontière et de la vie des premiers membres de la Police à cheval du Nord-Ouest, et pour préparer des études sur une flore unique. Elle a apporté à son œuvre une compréhension et un éclairage différents de ceux de ses homologues masculins, et les Canadiens en sont les bénéficiaires. »

Donny White
Auteur, historien et conservateur à la retraite

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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