Personnage historique national de Jeanne Sauvé (1922-1993)

© Collection des Résidences officielles / Commission de la capitale nationale (CCN)
Jeanne Sauvé a été désignée personnage historique national en 2025.
Importance historique : journaliste et animatrice bien connue, élue à la Chambre des communes, ministre, première femme nommée gouverneur générale du Canada, une figure féminine et canadienne-française pionnière dans plusieurs domaines.
Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1
Jeanne Sauvé (1922-1993)
Jeanne Sauvé est une figure fransaskoise précurseur pour les femmes en journalisme et en politique. Journaliste bien connue de 1952 à 1972, elle s’illustre par la qualité de ses interventions à la radio et la télévision dans des émissions comme Fémina, Les idées en marche ou encore Opinions, où elle s’adresse à la jeunesse et parle de leur réalité. Durant les années 1960, elle est l’une des rares femmes journalistes à commenter la politique, donnant une crédibilité aux Canadiennes dans l’espace politique. Élue à la Chambre des communes en 1972, elle est immédiatement propulsée dans des rôles de leadership, d’abord en tant que ministre de différents ministères puis en tant que président de la Chambre des communes. En tant que première femme à ce poste et en tant que ministre, elle fait tomber les barrières pour les Canadiennes dans le monde de la politique et du leadership politique dans les années 1970 et 1980, contribuant ainsi à définir de nouvelles attentes en matière d’inclusion. Elle brise un autre plafond de verre en devenant la première femme nommée gouverneur général du Canada (1984-1990).
Jeanne Mathilde Benoît naît en Saskatchewan, dans le village de Prud’homme, en 1922. Elle n’a que trois ans lorsque ses parents Franco-Ontariens déménagent la famille à Ottawa. Elle poursuit des études au couvent des Sœurs Grises de Notre-Dame-du-Rosaire puis des études à l’Université d’Ottawa. Mêlée aux activités du mouvement Jeunesse étudiante catholique (JEC) depuis ses dernières années au couvent, elle décroche un mandat de cinq ans à la présidence de la section féminine de l’organisme national à Montréal. En 1948, elle épouse le montréalais Maurice Sauvé (1923-1992). Il obtient une bourse d’études à la London School of Economics et le jeune couple Sauvé s’établit à Londres, où Jeanne devient enseignante, puis à Paris, où elle travaille à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

© Bibliothèque et archives nationales du Québec / Fonds Champlain Marcil

© Bibliothèque et archives nationales du Québec / Fonds Champlain Marcil
En 1952, Jeanne Sauvé se lance dans le journalisme lorsque le couple revient au Québec. Sa notoriété s’établit autour de l’émission de télévision Opinions à Radio-Canada destinée à un auditoire adolescent où sont abordés les thèmes qui les touchent et qu’elle anime de 1956 à 1963. Elle participe à d’autres émissions sur les réseaux français et anglais de Radio-Canada, ainsi que sur des réseaux étatsuniens. Elle est notamment panéliste à l’émission Les idées en marche de Gérard Pelletier où elle laisse libre cours à ses idées politiques de gauche. En 1972, Jeanne Sauvé est élue dans la circonscription d’Ahuntsic au Québec sous la bannière libérale fédérale. Elle est nommée ministre de la Science et de la Technologie (1972-1974) et devient ainsi la première femme francophone à diriger un ministère. Réélue en 1974, le portefeuille de ministre de l’Environnement lui est confié. En 1975, on lui offre le ministère des Communications, poste qu’elle conserve jusqu’en 1979, lorsque le parti progressiste-conservateur remporte les élections. De 1980 à 1984, elle devient président de la Chambre des communes et dirige la mise en œuvre de vastes réformes administratives et financières recommandées par le vérificateur général ainsi que la création d’une garderie sur la colline du Parlement en 1982. En tant que gouverneur général (1984-1990), elle parcourt le pays et met de l’avant les thèmes de l’unité nationale, de la paix et du souci de la jeunesse.
Note : Jeanne Sauvé s’est refusée à la féminisation des titres « président de la Chambre des communes » et « gouverneur général ».
« Il est tout à fait approprié de reconnaître Mme Sauvé pour sa contribution exceptionnelle au Canada. Elle est un excellent exemple d’une personne née dans une région rurale de la Saskatchewan qui est devenue une voix forte en faveur de l’unité nationale et de la paix au Canada, tout en traçant la voie à suivre pour les femmes dans la politique et le journalisme. »
La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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