Personnage historique national de Mary Two-Axe Earley (1911-1996)

Portrait de côté d'une femme dans les années 1970 qui sourit
Mary Two Axe Early reçoit le prix du Gouverneur général pour l'affaire « personne », Ottawa, Ontario, 1979
© Condition féminine Canada / Archives nationales / Gouvernement du Canada

Mary Two-Axe Earley a été désignée personnage historique national en 2025.

Importance historique : leader avant-gardiste, figure marquante de la défense de l’égalité des femmes des Premières Nations à l’échelle provinciale, nationale et internationale, une source d’inspiration et de mobilisation pour les nouvelles générations.

Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1

Mary Two-Axe Earley (1911-1996)

Cette Kanien’kehá:ka (Mohawk) est une figure marquante de la défense de l’égalité des femmes des Premières Nations et une leader avant-gardiste qui œuvre pour mettre la question des femmes des Premières Nations au premier plan du mouvement des femmes. Mary Two-Axe Earley sensibilise le pays à la discrimination fondée sur le sexe en vertu de l’alinéa 12(1)b de la Loi sur les Indiens et mène avec succès une campagne en faveur de sa modification pour que d’autres femmes puissent conserver et transmettre le statut d’« Indien inscrit » à leurs enfants si elles épousent des hommes non inscrits. Elle est la première personne à recouvrer son statut après la modification de la Loi sur les Indiens en 1985.

Mary Two-Axe Earley est née à Kahnawà:ke (anciennement Caughnawaga), en bordure du fleuve Saint-Laurent, au sud de Montréal, au Québec. Elle passe la majeure partie de son enfance à Kahnawà:ke, vit pendant un temps à Fort Totten, dans le Dakota du Nord, puis revient à Kahnawà:ke après le décès de sa mère. À 18 ans, Two-Axe déménage dans le quartier de Brooklyn à New York pour trouver un emploi. En 1938, Mary Two-Axe épouse à Kahnawà:ke Edward Earley, un ingénieur irlando-américain. Ils élèvent leurs deux enfants à Brooklyn et retournent à Kahnawà:ke pendant l’été, à l’instar de nombreuses autres familles de sa communauté.

En 1966, Two-Axe Earley entame une campagne épistolaire et discursive pour sensibiliser la population au fait que les femmes des Premières Nations, en vertu de la Loi sur les Indiens, perdent leurs droits lorsqu’elles épousent un homme qui n’a pas le statut d’Indien inscrit. Elle est fermement convaincue que le stress lié à la privation des droits de propriété a contribué à la mort de son amie Florence et a constaté que des injustices similaires touchaient de nombreuses autres femmes des Premières Nations dans tout le pays. Après le décès de son mari en 1969, Two-Axe Earley tente d’emménager dans la maison héritée de ses grands-parents à Kahnawà:ke. Cependant, conformément à l’alinéa 12(1)b de la Loi sur les Indiens, elle a perdu son statut d’Indienne inscrite après avoir épousé un homme non inscrit, et ne peut donc pas posséder de biens dans une réserve. Two-Axe Earley est obligée de transférer la propriété de la maison à sa fille qui, ayant épousé un homme kanien’kehá:ka, a recouvré son statut d’Indienne inscrite et son droit de propriété.

Pendant plus de 20 ans, Two-Axe Earley œuvre pour mettre les questions touchant les femmes des Premières Nations au premier plan du mouvement des femmes à l’échelle provinciale, nationale et internationale. En 1967, Two-Axe Earley fonde l’organisation Equal Rights for Indian Women et cofonde l’Indian Rights for Indian Women. Elle témoigne à la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada en 1968, exprimant les préoccupations des femmes des Premières Nations. Elle participe maintes fois aux rencontres du Comité canadien d’action sur le statut de la femme à partir de 1972. En 1974, elle aide à mettre sur pied l’Association des femmes autochtones du Québec. Elle compte parmi les déléguées à la Conférence mondiale de l’Année internationale de la femme en 1975 à Mexico. Ses efforts inlassables pour représenter les femmes autochtones et favoriser leur organisation malgré une opposition considérable au Canada ancrée dans le colonialisme systémique et le patriarcat ont une incidence directe sur de nombreuses vies et sont une source d’inspiration et de mobilisation pour les nouvelles générations, qui continuent de réclamer l’égalité des sexes pour les femmes des Premières Nations et leurs enfants ainsi que le rétablissement de leur statut d’Indien inscrit.

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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