Personnage historique national de Paul-Émile Borduas (1905-1960)

Paul Émile Borduas, un pionnier de l'art abstrait au Canada
Paul-Émile Borduas, 1946
© Bibliothèque et Archives Canada / Ronny Jaques / Droit d'auteur : expiré

Paul-Émile Borduas a été désigné comme un personnage historique national en 2024.

Importance historique : artiste canadien de renommée internationale, pionnier de l’art abstrait et l’un des chefs de file du mouvement d’avant-garde au Canada, auteur principal du Refus global du groupe les Automatistes.

Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1

Paul-Émile Borduas (1905-1960)

Paul-Émile Borduas est un pionnier de l’art abstrait au Canada. Son legs artistique, au pays et à l’international, est exceptionnel. Créateur de l’automatisme, mouvement artistique d’avant-garde, il développe une conception innovante de l’art pictural, aux prémices de l’abstraction gestuelle au Québec durant les années 1940. Il est un acteur de l’histoire du Québec du XXe siècle, notamment pour avoir été l’auteur principal du Refus global publié en 1948 et cosigné par d’autres artistes. Il a su rassembler ces artistes de divers horizons au sein d’un collectif multidisciplinaire qui a créé une vision du Québec aux idées émancipatrices, progressistes et modernes. Borduas a rayonné dans la scène artistique internationale grâce à sa participation à de nombreuses expositions dans des musées et des galeries. Il fut également un représentant du Canada dans plusieurs expositions internationales. En 1960, on lui attribue à titre posthume le prix Guggenheim pour sa peinture L’étoile noire (1957), laquelle est considérée comme l’un de ses chefs-d’œuvre.

Paul-Émile Borduas naît en 1905 à Saint-Hilaire (aujourd’hui Mont-Saint-Hilaire), au Québec. Jeune apprenti du peintre Ozias Leduc, il étudie à l’École des beaux-arts de Montréal, puis poursuit sa formation à Paris au cours des années 1920. Au début des années 1940, sous l’influence de mouvements d’avant-garde européens, notamment le surréalisme et les écrits d’André Breton, il délaisse son style figuratif pour se tourner vers la peinture abstraite au sein de ce qu’on appelle plus tard le mouvement automatiste. D’ailleurs, il forme peu après le groupe des Automatistes, en compagnie d’autres jeunes artistes. En 1948, sa critique des valeurs et des normes politiques, culturelles et sociales du Québec est publiée dans un essai intitulé Refus global. Ce manifeste radical, rédigé par Borduas à Saint-Hilaire, et cosigné par les quinze autres artistes du groupe des Automatistes, déclenche de fortes réactions au Québec. Dans ce document phare, Borduas remet en question les valeurs traditionnelles québécoises et fait appel à une société plus libre et ouverte sur le monde. Les opinions contestataires de Borduas lui valent la perte de son emploi de professeur à l’École du meuble de Montréal.

Paul-Émile Borduas assis devant une œuvre d'art, 1946
Paul-Émile Borduas, date inconnue
© Bibliothèque et Archives nationales du Québec

En 1953, en raison des conditions de vie difficiles, Borduas quitte Montréal pour s’installer à New York où il espère se positionner sur la scène internationale. Il y découvre l’expressionnisme abstrait qui donne un nouvel élan à sa peinture. En 1955, il part pour Paris. Durant cette période, il réduit considérablement sa palette chromatique, pour enfin réaliser des tableaux essentiellement en noir et blanc. Sa peinture devient aussi de plus en plus austère et dépouillée. Dans les années précédant sa mort, il expose à Londres (1957 et 1958), à Düsseldorf (1958) et à Paris (1959). Il représente le Canada à la Biennale de São Paulo (1955) et à l’Exposition universelle de Bruxelles (1958). Il meurt à Paris le 22 février 1960 d’un arrêt cardiaque à l’âge de 55 ans.

Paul-Émile Borduas laisse derrière lui une œuvre considérable particulièrement bien représentée dans les musées canadiens. Malgré son décès prématuré, il demeure l’un des peintres canadiens les plus influents du XXe siècle, ainsi qu’un intellectuel dont le manifeste Refus Global est interprété comme l’un des nombreux événements présageant la Révolution tranquille au Québec.

« La désignation par le gouvernement du Canada de Paul-Émile Borduas (1905-1960) comme personnage historique nationale, valorise son importance dans l’histoire de l’art canadien et plus largement, pour l’histoire du Québec et du Canada moderne. Le rôle de meneur et l’engagement de Borduas pour la recherche de nouvelles pratiques artistiques, ont mené à la fondation du mouvement automatiste, qui continue d’inspirer nombre d’artistes contemporains. Cette désignation est l’occasion pour les Canadiennes et Canadiens de s’intéresser de plus près à une période charnière de leur histoire et d’en apprendre davantage sur le legs de Paul-Émile Borduas. »

Geneviève Létourneau
Directrice générale, Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2024.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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