Personnage historique national de William Kennedy (1814-1890)

Portrait d'un homme en noir et blanc
William Kennedy, date inconnue
© Archives du Manitoba, Kennedy, William 1, Personalités, P1273

William Kennedy a été désigné personnage historique national en 2022.

Importance historique : chef d'expédition autochtone qui participa a la recherche de Franklin et l'exploration de l'Arctique, contribua à la politique de la région avant et après la création de la province du Manitoba.

Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1

William Kennedy (1814-1890)

Éminent membre de la communauté métisse, William Kennedy contribue à l’exploration de l’Arctique et à la cartographie du Nord ainsi qu’au développement de la nouvelle province du Manitoba. En 1851-1852, il dirige un groupe à la recherche de l’expédition perdue de sir John Franklin dans l’Arctique et démontre la valeur des outils et du savoir autochtones. Puis, dans les décennies qui précèdent 1870, Kennedy contribue à jeter les bases de l’indépendance de la colonie de la Rivière-Rouge par rapport à la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) avant que ne soit constituée la province du Manitoba. Kennedy plaide pour que le Canada étende sa compétence au Nord-Ouest et que la colonie de la Rivière-Rouge se joigne à l’Amérique du Nord britannique, puis au Dominion du Canada, en tant que province à part entière, et ce, tout en respectant les droits des habitants autochtones. Une fois le Manitoba entré dans la Confédération en 1870, Kennedy étant un chef de file de sa communauté, il apporte de précieuses contributions à son développement en faisant valoir la construction d’un chemin de fer provincial jusqu’à la baie d’Hudson afin de concurrencer le monopole ferroviaire de l’Ouest par le Canadien Pacifique.

William Kennedy est né en 1814 à Cumberland House, un poste de traite des fourrures en bordure de la rivière Saskatchewan, d’une femme mushkegowuk et d’un facteur en chef écossais de la CBH. Dès le début de sa vie, il parcourt de grandes distances pour se rendre à des postes de traite un peu partout sur le continent en canot, en convoi et en faisant du portage. Après ses études aux îles Orcades, en Écosse, il devient en 1833 apprenti commis à la CBH, mais en raison des barrières raciales auxquelles se heurtent les employés d’ascendance mixte de la compagnie, Kennedy ne dépasse jamais ce niveau. Il travaille dans des postes du nord du Québec et du Labrador, se familiarisant avec le territoire et les modes de vie nordiques des Nehiyawak, des Innus et des Inuit. En 1846, insatisfait et critique de la CBH, Kennedy quitte la compagnie et se joint à son neveu Alexander Kennedy Isbister pour contester le monopole de la CBH dans la région. En rédigeant des articles de journaux et des lettres ouvertes, en prononçant des discours et en faisant circuler des pétitions, Kennedy appelle les Britanniques à agir pour empêcher les Américains d’empiéter sur l’Ouest ainsi que la colonie de la Rivière-Rouge à joindre politiquement l’Amérique du Nord britannique.

L’expertise de Kennedy dans le Nord est portée à l’attention de lady Franklin, qui cherche des personnes pour retrouver son mari et son équipage, jamais revenus d’une expédition dans l’Arctique en 1845. Kennedy accepte le travail proposé et, au cours de son expédition de 1851-1852, fait usage de tout un éventail de technologies autochtones, y compris des kayaks, des raquettes, des vêtements doublés de fourrure, des traîneaux tirés par des chiens, du pemmican et des habitations de neige de style inuit. Bien qu’il ne parvienne pas à trouver Franklin, Kennedy revient de cette dangereuse mission sans une seule perte de vie et enrichi d’une connaissance géographique avancée de l’Arctique.

À partir de 1862, Kenndy vit avec sa famille élargie dans la paroisse St. Andrew’s, colonie de la Rivière-Rouge. Il contribue à jeter les bases de la transition du territoire de la Terre de Rupert de l’administration de la CBH au gouvernement canadien, ce qui donne un élan aux dirigeants des Métis des années ultérieures pour qu’ils unissent leur peuple et demandent que leurs droits soient respectés pendant ce processus. Dénonçant la CBH pour son mauvais traitement des Peuples Autochtones, il se fait également le défenseur des droits des Autochtones et prodigue des conseils et exerce son leadership pendant les premières années tumultueuses de la Confédération et au-delà.

« Dans la municipalité rurale de St. Andrews, il existe une route du capitaine Kennedy près de son ancienne maison et de son lieu de sépulture, mais il est probable que très peu de résidents actuels connaissent l’homme qui a tant fait pour l’exploration, le Canada et la colonie de la rivière Rouge. L’obtention de cette désignation au moment même où sa maison s’apprête à être rouverte au public après des travaux de réparation est une nouvelle particulièrement bienvenue. »

Gayle DeGagne
Au nom du comité consultatif du patrimoine municipal de St. Andrews, auteure de la proposition de désignation

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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