Lower Fort Garry, symbole d’un Canada fort

Lieu historique national de Lower Fort Garry

Le laissez-passer « Un Canada fort » encourage les Canadiens et les voyageurs à découvrir les lieux précieux qui contribuent à notre identité nationale. Chaque parc national et lieu historique national illustre la force du Canada, qu’il s’agisse de l’héritage de la résilience, de la puissance de la communauté, des forces de la nature, de la robustesse de l’architecture ou encore des exploits physiques. Parcs Canada vous invite à célébrer l’importance de ces lieux en partageant des récits de force, en respectant la beauté sauvage de la nature et en tirant pleinement parti du laissez-passer « Un Canada fort ».

L’élan qui animait la traite des fourrures est une force, et Parcs Canada est fier d’affirmer que le lieu historique national de Lower Fort Garry est un symbole d’un Canada fort.

Un employé de Parcs Canada en vêtements historiques utilise une machine avec un rebord pour presser des peaux de fourrure.
Utiliser la presse à fourrures pour créer un ballot de fourrures.

Lower Fort Garry était un important centre d’activités industrielles et commerciales à l’époque de la traite des fourrures. En raison de son emplacement privilégié au bord de la rivière Rouge, le fort est devenu un centre de distribution pour les fourrures et d’autres marchandises. On croisait souvent ici ceux qui faisaient vivre la traite des fourrures : les tripsmen, appelés « voyageurs » en français. Ils étaient les hommes qui transportaient les fourrures, les marchandises et les provisions à l’échelle des vastes territoires canadiens, en échange d’une rémunération et du goût de l’aventure.

Quand on imagine un voyageur, on pense volontiers au bonnet rouge, à la ceinture fléchée, voire au chaud manteau. Toutefois, sous ces épaisseurs de laine se trouvaient les muscles qui animaient la traite des fourrures. C’étaient les bras qui actionnaient la presse à fourrures, exerçant une pression de plusieurs centaines de livres pour presser les peaux en cubes de 45 kg enveloppés de jute.

C’étaient les dos qui supportaient deux balles à la fois, les voyageurs utilisant leur ceinture fléchée ou des courroies de cuir pour répartir le poids sur leur front. Pierre Bonga, considéré comme le plus célèbre commerçant noir, est entré dans la légende lorsqu’il a transporté 200 kg de marchandises sur un kilomètre et demi, dans le cadre d’un portage. Un tel exploit de force constituait un moyen courant d’accroître son prestige au sein du groupe, chacun cherchant à démontrer qu’il pouvait porter davantage de balles, plus vite ou plus loin que les autres.

C’étaient les épaules qui ramaient à bord des barges d’York de 11 mètres, remontant la rivière Rouge de Lower Fort Garry jusqu’à York Factory, avec une cargaison dont le poids pouvait atteindre six tonnes, sur plus de 1 000 km. Pendant un maximum de seize heures par jour, ces hommes pagayaient; et si l’effort physique était considérable, l’épreuve pouvait aussi être psychologique. L’ennui, la fatigue et l’exposition aux intempéries pouvaient facilement éprouver les commerçants.

Un gros plan d’une main inclinant un biscuit carré épais vers la caméra.
Biscuit dur comme celui que les voyageurs mangeaient autrefois.

La vie et le travail dans un tel environnement exigeaient une grande force psychologique ainsi que l’appui des personnes qui les entouraient. Le chant était un moyen de maintenir le moral et de garantir une parfaite synchronisation du coup de pagaie. Sur l’eau, ils chantaient l’amour, les peines et les récits populaires, tandis que la cadence rythmée les faisait avancer. Une fois la journée de navigation à la pagaie achevée, la camaraderie entretenait leur moral jusqu’à leur retour de ces longues expéditions.

Même certains des aliments qu’ils consommaient exigeaient un estomac très robuste. Le biscuit de mer, un pain dense et sans saveur, était conçu pour résister aux longs voyages. Ce qui lui manquait en goût et en texture, il le compensait par une remarquable capacité de conservation, un atout essentiel pour les voyageurs. Briser ce pain dur comme la pierre et le faire tremper dans l’eau pouvait en améliorer la texture, mais le goût, ou son absence, demeurait inchangé.

À Lower Fort Garry, on ressent la force des voyageurs encore aujourd’hui, non seulement par l’histoire du lieu, mais également dans les visiteurs qui choisissent, le temps d’une journée, de remonter le fil du temps. Qu’ils découvrent la presse à fourrures dans l’entrepôt de fourrures, qu’ils écoutent un refrain de la rivière Rouge dans le fort ou qu’ils s’émerveillent devant la taille de la barge d’York.

Venez à Lower Fort Garry pour découvrir par vous-même ce qui fait de ce lieu un symbole d’un Canada fort.

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