Exploration 2024

Lieu historique national des Épaves-du-HMS Erebus-et-du-HMS Terror

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HMS Erebus

Le 30 août 2024, l’Équipe d’archéologie subaquatique de Parcs Canada (EAS) a quitté Gjoa Haven (Uqsuqtuuq), Nunavut, à bord du NR David Thompson pour reprendre les travaux archéologiques sur l’épave du HMS Erebus. L’équipe a réalisé 50 plongées à partir de la barge de support à la plongée et à la fouille de Parcs Canada Qiniqtiryuaq. Sur une période de 13 jours, entre le 31 août et le 13 septembre, l’équipe a continué l’étude et la fouille archéologique du Erebus, et recueilli minutieusement des artefacts.

Dans le cadre des célébrations du 10e anniversaire de la localisation du HMS Erebus, des aînés, des représentants de la Société du patrimoine du Nattilik, des Gardiens des épaves, de la communauté de Gjoa Haven (Uqsuqtuuq) et de Parcs Canada ont visité le site de l’Erebus à partir de la barge de support à la plongée et à la fouille Qiniqtiryuaq. Ces partenaires et membres de la communité ont pu faire une visite guidée de l’épave par l’entremise d’une vidéo transmise par un archéologue subaquatique.

Les archéologues de l’EAS ont continué la fouille d’un coffre de marin dans le quartier d’équipage sur le pont inférieur, et ainsi découvert de nombreux artefacts, incluant un fer à souder, des pièces de vêtements comme des gants et des bas, une bouteille médicinale, deux pistolets (parmi plus de 20 observés dans le coffre), et des rouleaux de rasoirs à lame droite. Dans la zone interprétée comme le réduit du valet du capitaine sur le pont inférieur, d’autres objets liés à la vie à bord des officiers ont été découverts, comme un pichet, un porte-savon et des verres à pied. Les fouilles ont également continué dans un petit tiroir de meuble associé à la cabine du troisième lieutenant James Fairholme, sur le pont inférieur. Les découvertes les plus significatives incluent un horizon artificiel, une petite fiole à pharmacie et un cadre de fenêtre avec son verre intact, provenant d’une claire-voie ou d’un meuble. Il convient de mentionner quelques découvertes isolées d’importance, comme un long imperméable plié en cuir, retrouvé au fond, près de l’étambot, ainsi qu’un sextant presque complet découvert dans la zone des cabines des officiers de rang inférieur. Comme à l’habitude, les objets récupérés – propriété conjointe de Parcs Canada et de la Fiducie du patrimoine inuit – seront étudiés et feront l’objet de traitement de conservation à Ottawa, avant que certains d’entre eux puissent être exposés au Centre du patrimoine Nattilik de Gjoa Haven (Uqsuqtuuq).

L’équipe a aussi réalisé des plongées d’inspection avec un véhicule sous-marin téléguidé (VTG) plus profondément dans l’épave, jusqu’à l’entrepont, sous les cabines du pont inférieur. Cet espace était utilisé pour l’entreposage d’équipements et pour le système de propulsion à vapeur installé en 1845. L’EAS a pu recueillir des images du système de chauffage Sylvester, de la salle des machines et des soutes à charbon situées le long de chaque flanc du navire. Le moteur, qui est largement enfoui sous les sédiments et débris, est situé dans la salle des machines derrière le grand mât. Un cordage épais, probablement utilisé pour le gréement, est lové nettement près du moteur. Des recherches pour l’identification du moteur et de ses éléments sont en cours. Les deux soutes à charbon qui se trouvent le long des côtés du navire ont été explorées avec un VTG. Ces deux espaces ne contiennent aucun charbon qui était utilisé pour la propulsion, le chauffage et la cuisine; ils sont vides autant qu’il est possible de sonder les profondeurs de la cale. L’absence de charbon dans ces soutes n’est pas surprenante, compte-tenu de la prolongation du voyage du navire et de son emprisonnement dans les glaces avant son abandon par l’équipage. Fait intéressant, les charpentiers ou des membres de l’équipage ont pratiqué une ouverture dans la paroi étanche transversale qui sépare la salle des machines de la cale principale, probablement pour faciliter le transfert du charbon, des soutes vers le moteur.

Les archéologues ont également réalisé une couverture de la zone de fouille par photogrammétrie, ainsi qu’un nouveau levé du site au sondeur multifaisceaux afin de mieux comprendre les changements aux structures de l’épave et au champ de débris environnant tels que l’affouillement et le dépôt de sédiments


HMS Terror

Les archéologues ont continué les travaux sur l’épave du HMS Terror les 14 et 15 septembre. Il s’agissait de la première visite sur ce site depuis 2019. Ils ont réalisé une évaluation en plongée, incluant une couverture photographique complète du pont supérieur (réalisant des centaines de photos hautes-définitions) de manière à compléter un plan de site détaillé et aussi produire une modélisation 3D de l’épave. L’EAS a récupéré un profileur de courant acoustique Doppler (ADCP) du fond marin à proximité du site, un instrument utilisé pour mesurer la direction et la force des courants. Un appareil similaire avait été déployé auparavant sur le site du HMS Erebus. Les données récoltées par ces appareils aideront à définir les conditions environnementales et les facteurs affectant la préservation à long terme des épaves.

Le NR David Thompson est retourné à Gjoa Haven (Uqsuqtuuq) le 16 septembre pour un changement d’équipage et le transfert d’équipements, avec la barge Qiniqtiryuaq en remorque. Les membres de l’EAS ont ensuite voyagé par avion jusqu’à Ottawa, alors que le navire a navigué via le détroit de Fury et Hecla, vers le sud et son port d’attache à Prescott, Ontario.


Gestion du site

Parcs Canada et les Inuit travaillent en partenariat pour gérer et protéger les épaves du HMS Erebus et du HMS Terror. Le lieu historique national des Épaves-du-HMS Erebus-et-du-HMS Terror est géré en collaboration par Parcs Canada et les Inuit, incluant la Fiducie du patrimoine inuit et la Société du patrimoine du Nattilik, avec l’appui de l’Association inuit du Kitikmeot. La Société du patrimoine du Nattilik administre également le programme des gardiens des épaves et le projet d’agrandissement du centre culturel du Nattilik, qui abrite une nouvelle exposition inaugurée en 2025.


Prochaines étapes

Après plus d’une décennie d’exploration des épaves du HMS Erebus et du HMS Terror sur le terrain, Parcs Canada va passer en 2025 de la recherche archéologique active vers un programme de surveillance approprié, développé conjointement avec les Inuit, tout en supportant l’élaboration d’une nouvelle stratégie de recherche. Ce programme permettra d’assurer la conservation et l’intégrité commémorative du lieu historique national des Épaves-du-HMS Erebus-et-du-HMS Terror.

La communauté de Gjoa Haven (Uqsuqtuuq), l’Association inuit du Kitikmeot et la Fiducie du patrimoine inuit seront impliqués dans la recherche et la surveillance future des sites. La Société du patrimoine du Nattilik et son programme des gardiens des épaves soutiendra la surveillance future des sites, au bénéfice à la communité.


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