Feu de forêt du secteur du ruisseau Verdant

Parc national Banff

Feu de forêt dans le parc national Kootenay

Le 15 juillet 2017, un incendie déclenché par la foudre a été découvert dans une forêt d’épinettes et de sapins de 300 ans dans le secteur éloigné du ruisseau Verdant, dans le parc national Kootenay. Malgré une intervention immédiate et des efforts soutenus des services d’incendie pour lutter contre le feu, les flammes se sont propagées sur 18 017 hectares au cours des deux mois suivants.

Bien que le feu joue un rôle important dans les écosystèmes du parc, la sécurité de la population, des installations et des terres environnantes est toujours notre priorité lorsqu’il faut gérer des feux échappés. Les pratiques de gestion du feu de Parcs Canada sont fondées sur la sécurité et s’appuient sur des décennies d’expérience et de recherche sur la lutte contre les incendies.

Une saison des feux jamais vue auparavant

En Colombie-Britannique, la saison des feux de forêt 2017 a établi un nouveau record : 1 216 000 hectares de territoire incendié. Ce nombre surpasse le record de 855 000 hectares établi en 1958.

Les conditions chaudes et sèches enregistrées en Colombie-Britannique durant l’été 2017 ont asséché à l’extrême les forêts de nombreuses régions. Une fois allumés, beaucoup de feux de forêt un peu partout dans la province sont devenus hors de contrôle, malgré tous les efforts déployés par les pompiers pour les contenir. L’incendie du secteur du ruisseau Verdant n’y a pas fait exception.

En bref

Endroit : Parc national Kootenay et parc provincial du Mont Assiniboine
Découvert : Le 15 juillet 2017 grâce à un système de détection par satellite en direct
Cause : Foudre
Superficie : 18 017 hectares
Pour plus d’information : Agent d’information sur le feu courriel : llyk.fire-feu@pc.gc.ca


Comme beaucoup de feux de forêt durant l’été 2017, l’incendie du secteur du ruisseau Verdant était d’une extrême intensité en raison des conditions chaudes et sèches.

Durant l’été, le parc national Kootenay a été l’objet du danger de feu le plus élevé depuis 2003, année du dernier grand incendie du parc. Avec une température estivale moyenne de 27 °C, des vents atteignant 70 km/h et seulement 26 mm de pluie en juillet et en août, la météo était idéale pour créer des conditions d’incendie extrême.

En conséquence, lorsque la foudre a frappé le secteur du ruisseau Verdant, l’incendie s’est propagé rapidement dans toutes les directions. Il s’est étendu vers l’est en direction de la ligne de partage des eaux, vers le sud dans le parc provincial du Mont Assiniboine et vers l’ouest en direction de la route 93S. 

Progression de l’incendie du secteur du ruisseau Verdant et lignes de confinement définitives dans le parc national Kootenay de juillet à septembre 2017. 

Les pompiers sont intervenus immédiatement

Lorsque le feu a été détecté le 15 juillet 2017, Parcs Canada a immédiatement envoyé des hélicoptères pour l’asperger d’eau. À 9 h, l’incendie couvrait dix hectares, soit la taille de dix terrains de football. Vers 14 h, il avait atteint dix fois cette taille. L’incendie du secteur du ruisseau Verdant venait de détruire l’équivalent de cent pâtés de maisons en seulement cinq heures.

Les conditions excessivement sèches des forêts dans le secteur du ruisseau Verdant ont produit du combustible forestier apte à s’enflammer rapidement et à se consumer intensément, ce qui a entraîné une propagation particulièrement rapide.

La sécurité est notre priorité absolue

En raison du comportement extrême du feu de forêt durant les premiers jours, il n’était pas sécuritaire d’envoyer des équipes sur le terrain. Des hélicoptères ont plutôt été déployés pour déverser de l’eau sur le feu aux endroits stratégiques jusqu’à ce que les conditions s’améliorent.

Le personnel du parc a immédiatement fermé les sentiers et les zones de l’arrière pays situés à proximité de l’incendie et a aidé les randonneurs à quitter les lieux en toute sécurité. Le personnel a également avisé les résidents susceptibles d’être incommodés par la fumée et les fournisseurs de soins de santé des collectivités voisines, en cas de problèmes de santé causés par la fumée.

Des réseaux de pompes, de tuyaux d’arrosage et de gicleurs ont également été installés pour protéger les structures se trouvant sur la trajectoire de l’incendie.

Parcs Canada a réussi à limiter la propagation de l’incendie du secteur du ruisseau Verdant dans les zones prioritaires à l’aide de méthodes telles que le déversement de réservoirs d’eau héliportés, tandis que des équipes mettaient en place des dispositifs de protection des structures avoisinantes et procédaient à la fermeture de zones de l’arrière pays.

Tout a été mis en œuvre

Les spécialistes de la gestion du feu de Parcs Canada ont eu tôt fait de réaliser qu’il fallait plus d’aide. Ils ont appelé en renfort d’autres employés pour soutenir les efforts déployés et pour assurer la sécurité du public, de nos équipes, des infrastructures du parc et des terres avoisinantes.

Des ressources de partout au Canada ont été envoyées, dont des équipes de pompiers, de l’équipement et des employés responsables de la gestion du feu à Parcs Canada ainsi que d’autres provenant de trois organismes provinciaux différents. À l’apogée des opérations, plus de 140 personnes travaillaient à l’extinction de l’incendie et jusqu’à 10 hélicoptères étaient mis à contribution.

Tout a été mis en œuvre pour maîtriser le feu de forêt et en réduire l’incidence sur les visiteurs, les entreprises et les collectivités locales. Malgré tous les efforts déployés pour éteindre le feu, le temps est demeuré chaud et sec, et l’incendie a continué de gagner en intensité.

À l’apogée des opérations, plus de 140 personnes travaillaient à l’extinction de l’incendie du secteur du ruisseau Verdant et jusqu’à 10 hélicoptères étaient mis à contribution.

Les équipes de gestion du feu ont travaillé dur, en terrain escarpé, pour aménager des lignes de confinement afin de stopper la propagation du feu de forêt aux endroits stratégiques.

Les équipes ont éteint les points névralgiques de l’incendie et les nouveaux foyers d’incendie allumés à l’extérieur du périmètre par des étincelles et des tisons.

Pour confiner l’incendie, des équipes ont éliminé des arbres et des arbustes à l’aide de machinerie lourde afin de rétablir un coupe feu dans le col Vermillion. En 2003, cette ligne de confinement a permis d’empêcher la propagation de l’incendie de Tokumm–Verendrye dans la vallée de la Bow, un secteur très fréquenté du parc national Banff.

Les équipes de gestion du feu ont eu recours à des dispositifs d’allumage aérien pour procéder à des « brûlages à contrevent » afin d’éliminer le combustible en aval de l’incendie. Les balles colorées contiennent une substance chimique qui s’enflamme une fois combinée à du glycol, lequel est injecté dans les balles lorsqu’elles sont larguées de l’hélicoptère. Ce système permet aux responsables de la gestion du feu d’allumer des feux de façon sécuritaire en terrain escarpé.

Les équipes de gestion du feu ont installé des réseaux de pompes, de tuyaux d’arrosage et de gicleurs pour protéger les structures se trouvant dans la trajectoire du feu. Ces dispositifs ont été installés à la cabane du garde de parc du secteur du ruisseau Verdant et à celle du secteur du ruisseau Surprise (dans le parc provincial du Mont Assiniboine) ainsi qu’à d’autres structures comme le pont de la rivière Simpson. Des dispositifs plus imposants ont été placés aux installations du complexe Kootenay Park Lodge et de la station de ski Sunshine Village.

Le personnel responsable des routes à Parcs Canada a assuré la fluidité de la circulation et géré les fermetures temporaires de la route 93S lorsque la sécurité des automobilistes était compromise. Ces fermetures temporaires se sont avérées nécessaires, par intermittence, durant une période de six jours au début du mois d’août, lorsqu’une épaisse fumée couvrait le secteur et que l’incendie faisait rage à proximité de la route.

Le ruisseau Verdant n’était pas le seul secteur en feu

Durant tout l’été, les équipes d’attaque initiale de Parcs Canada sont demeurées sur un pied d’alerte, prêtes à intervenir en cas de nouveaux feux échappés. Leur intervention rapide a permis d’enrayer 40 nouveaux incendies causés par la foudre ou l’activité humaine dans les parcs nationaux Banff, Kootenay et Yoho.

Le public a offert un appui extraordinaire aux efforts de Parcs Canada pour lutter contre l’incendie, ce que les équipes ont grandement apprécié.

Quelles sont les prochaines étapes?

Pendant des milliers d’années, le feu a fait partie intégrante du paysage canadien. Ici, dans les montagnes Rocheuses, il contribue grandement à déterminer le type d’espèces de plantes et d’animaux qui évoluent dans le parc. 

Avec le temps, le feu crée une mosaïque de parcelles de végétation brûlées et non brûlées. Le mélange d’habitats ainsi formé soutient un éventail élargi d’espèces fauniques et préserve la santé des écosystèmes.

Le feu recycle les éléments nutritifs stockés dans les végétaux vivants et morts en les transformant en cendres riches en minéraux. Après un incendie, les cônes du pin tordu latifolié se sont ouverts sous la chaleur, ce qui libère leurs graines. Au printemps, de nouvelles pousses germeront des racines d’arbustes incendiés. Des fleurs se mettront à éclore et des graminées commenceront à pousser. Les animaux viendront à nouveau se nourrir dans la nouvelle végétation luxuriante.

Après un incendie, de nouvelles pousses émergent des arbustes et des arbres se mettent à pousser.

Une occasion d’aider un arbre spécial

Le feu échappé du secteur du ruisseau Verdant est l’occasion d’aider à rétablir une essence d’arbre en voie de disparition qui dépend naturellement du feu. Le pin à écorce blanche (Pinus albicaulis) est une espèce clé des écosystèmes de haute altitude de l’Ouest de l’Amérique du Nord. Récemment inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition de la Loi sur les espèces en péril (LEP), cette essence connaît un grave déclin dans la majeure partie de son aire de répartition en raison d’un certain nombre de facteurs, dont la fréquence réduite des feux de forêt. 

L’incendie du secteur du ruisseau Verdant offre l’occasion de rétablir le pin à écorce blanche, une espèce en voie de disparition.

Le pin à écorce blanche est l’une des trois premières essences d’arbres à s’établir après un feu. À mesure que la forêt se régénère, d’autres arbres finissent par faire de l’ombre à cette essence de lumière, et les perturbations naturelles peuvent ramener la succession au premier stade de manière à favoriser le pin écorce blanche. Le feu crée des ouvertures dans la canopée et des lits de germination riches en éléments nutritifs. Ces conditions procurent au pin à écorce blanche un avantage concurrentiel sur les autres conifères de la zone subalpine.

Depuis toujours, les forêts subalpines subissent un incendie tous les 90 à 300 ans. La plupart des feux sont épars et de faible intensité, et couvrent une petite superficie. Ils créent des milieux ouverts propices à la croissance du pin à écorce blanche. Les anciennes pratiques d’extinction des incendies ont réduit le nombre de ces importants milieux ouverts, entravé la croissance des nouvelles pousses de pin à écorce blanche et permis aux peuplements équiennes plus âgés de pin tordu latifolié de se développer à basse altitude. En l’absence de feu, ces peuplements sont sujets aux infestations de dendroctones du pin ponderosa, et comme ces infestations se sont intensifiées sous l’effet de l’activité humaine, elles se propagent aux peuplements de pin à écorce blanche à plus haute altitude.

Pendant nombre d’années, les spécialistes de la végétation à Parcs Canada ont étudié et cartographié ces arbres et leur habitat, recueilli des cônes aux fins de préservation des graines et fait germer ces arbres en pépinière en vue de les replanter. L’incendie du secteur du ruisseau Verdant a donné à ces arbres la possibilité de lutter pour leur survie en leur offrant un habitat de plantation exceptionnel. Seulement quelques jours après l’incendie, le personnel et les fournisseurs de Parcs Canada ont commencé à planter des pins à écorce blanche dans les zones brûlées. Ces arbres seront surveillés au fil du temps et, si les conditions adéquates persistent, ils deviendront des individus sains et produisant de nombreux cônes, ce qui contribuera au rétablissement de la population en voie de disparition.

Pour en savoir plus sur le pin à écorce blanche, visitez : Sciences et conservation

Un employé de Parcs Canada plante des semis de pin à écorce blanche dans les zones brûlées par l’incendie du secteur du ruisseau Verdant, dans le cadre d’un projet de restauration du pin à écorce blanche.

Réduire le risque de feu de forêt

Parcs Canada utilise différentes techniques pour réduire le risque d’incendie autour des collectivités et des installations, notamment par la gestion du combustible et les brûlages dirigés.

Les projets de réduction du combustible forestier proposés dans le manuel Prévenir… Un gage d’avenir prévoient l’enlèvement de combustible forestier en procédant à l’émondage et à l’éclaircissage des arbres à proximité des bâtiments et des autres installations. 

Les brûlages dirigés hautement contrôlés réduisent le danger d’incendie pour le public, l’infrastructure et les terres avoisinantes. Ils permettent également la libération d’éléments nutritifs dans les milieux naturels et la création d’une mosaïque d’écosystèmes qui abritent divers végétaux et animaux sauvages.

Pour obtenir plus d’information sur les initiatives du programme Prévenir… Un gage d’avenir et les brûlages dirigés, visitez : Intelli-feu

Les équipes enlèvent arbres et arbustes autour des installations afin de réduire les risques causés par les feux de forêt.

Pour votre protection

Certaines fermetures de zones découlant de l’incendie du secteur du ruisseau Verdant demeureront en vigueur dans les parcs nationaux Kootenay et Banff jusqu’à ce que l’état des sentiers, des panneaux et des ponts soit entièrement évalué et ceux ci reconstruits. Les visiteurs sont invités à vérifier ici la liste à jour des fermetures. 

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