Échantillonnage de contaminants après la démolition à Jasper
Parc national Jasper
L’intensité de l’incendie de forêt à Jasper a entraîné la combustion des structures et des propriétés environnantes, ce qui pourrait avoir libéré un large éventail de contaminants provenant à la fois de matériaux de construction et du contenu de résidences/de garages. Les contaminants peuvent être présents dans les cendres et les débris, et ils peuvent potentiellement s’écouler dans les eaux de surface, les eaux souterraines et les sols sous-jacents. Veiller à ce que les contaminants présents dans l’air et le sol soient à des concentrations sécuritaires est une priorité pour assurer la santé et la sécurité à long terme de la communauté et rassurer les résidents pendant la reconstruction.
Retrait des débris
Étant donné que de nombreux propriétaires de Jasper arrivent à la fin de la phase d’enlèvement des débris, cette page Web fournit plus de détails sur l’importance des tests post-démolition pour détecter toute contamination résiduelle.
À la suite du Feu de forêt de Jasper 2024, les étapes du rétablissement sont les suivantes :
- tests avant la démolition pour détecter la présence de contaminants (« caractérisation des déchets ») dans les débris et les cendres;
- enlèvement et élimination des débris;
- tests après la démolition pour détecter la présence de contaminants (« échantillonnage de confirmation ») et mesures d’assainissement de suivi, au besoin;
- reconstruction.
Ces étapes sont la pratique courante dans toutes les administrations au Canada pour garantir la sécurité avant, pendant et après la démolition.
Deux types d’analyse des contaminants doivent être réalisés après un incendie résidentiel structurel dans le cadre du processus d’enlèvement des débris :
- I. caractérisation des déchets : prélèvement d’échantillons des cendres et des débris qui seront envoyés au site d’enfouissement, afin de répondre aux exigences de celui-ci;
- II. échantillonnage de confirmation : prélèvement d’échantillons du sol après l’enlèvement des débris et le nettoyage du sol de surface. Ces étapes visent à analyser les sols environnants et plus profonds pour s’assurer qu’il n’y a aucun risque pour la santé humaine ou l’environnement en raison d’une contamination résiduelle.
À la suite du Feu de forêt de Jasper, Parcs Canada et la Municipalité de Jasper ont publié les Mesures d’atténuation supplémentaires pour la démolition après les incendies qui décrivent les exigences que les entrepreneurs doivent respecter dans le cadre de leurs permis de démolition. Les mesures d’atténuation supplémentaires ont été définies par Parcs Canada en s’appuyant sur les pratiques exemplaires mises en œuvre lors d’incendies de forêt similaires en zones urbaines, y compris à Fort McMurray et en Californie. Ce document fournit également des renseignements sur la manière de prélever des échantillons, les contaminants devant faire l’objet de tests et les lignes directrices appropriées pour évaluer les contaminants.
Comme chaque propriété est différente, des professionnels qualifiés de l’environnement (PQE) peuvent proposer d’autres plans d’échantillonnage s’ils peuvent faire la preuve que les conditions particulières d’un site justifient une stratégie d’échantillonnage différente de celle présentée dans les mesures supplémentaires. Parcs Canada examinera ces plans d’échantillonnage et devra les approuver avant que l’échantillonnage ne soit effectué.
Les contaminants suivants sont potentiellement préoccupants et ont été trouvés dans des échantillons de sol après les incendies de Fort McMurray (veuillez noter que les données sur les concentrations auxquelles ces contaminants ont été observés ne sont pas accessibles au public) :
- hydrocarbures pétroliers (HCP);
- composés inorganiques et chimie générale (y compris le pH);
- métaux lourds;
- hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP);
- biphényles polychlorés (BPC);
- dioxines et furannes.
Pour Jasper, les mesures d’atténuation supplémentaires recommandent un type d’analyse des contaminants semblable à celui de Fort McMurray, avec les différences suivantes :
- l’amiante a été inclus en raison de l’âge des bâtiments;
- les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPFA) et d’autres ignifugeants ont été inclus. Les SPFA forment un groupe émergent de contaminants utilisés dans les produits ignifuges à usage domestique. Les nouveaux types de SPFA sont de plus en plus fréquents dans les articles résidentiels comme les matériaux de construction, les tapis, les meubles, les vêtements, les produits électroniques, les nettoyants, les peintures, les adhésifs, les plastiques, les produits pharmaceutiques et les produits de soins personnels.
- Les biphényles polychlorés (BPC) n’ont pas été inclus, car ils sont généralement préoccupants dans les milieux industriels.
Le groupe de contaminants « dioxines et furannes » et les SPFA ont fait l’objet d’une plus grande attention. Ces composés sont très toxiques à de faibles quantités et sont difficiles à détecter. Il faut plus de temps pour tester ces produits chimiques que les autres, car ils sont difficiles à analyser. Peu de laboratoires disposent de l’équipement spécialisé nécessaire pour les tester.
Les mesures d’atténuation supplémentaires recommandent que les contaminants ne dépassent pas les lignes directrices du Conseil canadien des ministres de l’Environnement (CCME) pour la qualité des sols résidentiels et des parcs, qui comprennent des concentrations sécuritaires pour la santé humaine et l’environnement. Si ces recommandations ne sont pas respectées, il faut procéder à une étude plus approfondie du sol pour déterminer le degré de contamination et prendre des mesures pour garantir que le site est sécuritaire pour l’utilisation qu’il est prévu d’en faire. Le CCME n’a pas encore défini de recommandations pour tous les contaminants. En l’absence de recommandations du CCME, les recommandations définies par d’autres autorités environnementales peuvent être utilisées pour déterminer les concentrations acceptables de contaminants.
Foire aux questions
Pourquoi dois-je faire des tests pour détecter d’autres contaminants que l’amiante?
Les tests de détection d’amiante sont une étape importante, mais l’amiante n’est qu’un des nombreux groupes de contaminants qui peuvent être libérés lors d’incendies de structures. Les autres contaminants énumérés dans les mesures d’atténuation supplémentaires comprennent les métaux lourds, les hydrocarbures pétroliers, les dioxines et les furannes. La quantité totale de contaminants potentiels dans le sol doit être inférieure aux recommandations pour la qualité des sols résidentiels avant que des certificats de fermeture et de reconstruction ne puissent être délivrés.
Pourquoi dois-je effectuer des tests de contamination avant et après l’enlèvement des débris?
Le site d’enfouissement vers lequel seront envoyés les débris brûlés, les gravats et les cendres peuvent exiger des tests de contamination. C’est ce que l’on appelle l’échantillonnage de caractérisation des déchets et certains sites d’enfouissement l’exigent.
Une fois que les débris et les sols de surface ont été enlevés, un échantillonnage de confirmation du sol doit être effectué pour s’assurer qu’il n’y a pas de contamination résiduelle sur le site. Il est important de s’assurer que chaque lot n’est pas contaminé pour garantir la santé à long terme de la communauté.
Combien d’échantillons sont nécessaires?
Les mesures d’atténuation supplémentaires de Parcs Canada suggèrent le prélèvement d’un échantillon par palier de 5 mètres pour chaque mur et plancher du trou. Un professionnel qualifié de l’environnement (PQE) peut soumettre un plan d’échantillonnage différent à Parcs Canada pour approbation en fonction des conditions propres au site.
Mon échantillonnage de caractérisation des déchets n’a révélé aucune contamination. Pourquoi dois-je procéder à un échantillonnage de confirmation du sol?
Les déchets sont testés pour que le site d’enfouissement puisse décider quoi accepter. Bien que la quantité de contaminants à ce stade puisse être un indicateur des contaminants pouvant être présents dans les sols plus profonds, la contamination dans les cendres et les débris peut se comporter très différemment que la même contamination présente dans les sols. L’analyse des déchets ne révèle pas toujours les contaminants qui se sont infiltrés plus profondément dans le sol. Un échantillon de confirmation du sol est nécessaire pour s’assurer que le site est sécuritaire pour la santé à long terme des futurs résidents.
Que se passe-t-il si une contamination est détectée dans les échantillons de confirmation?
Après l’enlèvement des débris, si des échantillons de sol renferment des contaminants dans une concentration qui dépassent les recommandations du CCME pour la qualité des sols résidentiels, les mesures suivantes seront prises :
- Lorsque des poches isolées de contamination sont détectées, il faut poursuivre l’enlèvement du sol contaminé et procéder à un autre échantillonnage de confirmation.
- Si les contaminants sont répandus dans un lot, il peut être nécessaire de procéder à un nettoyage et à un enlèvement plus détaillés ou d’évaluer les risques. Parcs Canada travaillera avec les détenteurs de baux pour trouver des solutions à ces circonstances.
À ce jour, la majorité des contaminants détectés dans les échantillons de confirmation provenaient de petites zones isolées et ont été facilement enlevés et éliminés.
Pourquoi mon entrepreneur ne s’occupe-t-il pas de l’échantillonnage du sol?
De nombreux entrepreneurs en démolition gèrent l’échantillonnage de la contamination dans le cadre du processus de démolition. Si votre entrepreneur en démolition n’a pas prévu un échantillonnage de confirmation du sol dans la portée de ses travaux, vous pourriez être chargé de trouver vous-même un expert-conseil en environnement. Consultez votre entrepreneur en démolition ou votre compagnie d’assurance pour savoir ce qui est inclus dans votre contrat de démolition.
Pourquoi l’analyse des échantillons prend-elle autant de temps? Existe-t-il un moyen de réduire le coût de l’échantillonnage de la contamination?
L’échantillonnage du sol aux fins de confirmation est nécessaire pour s’assurer que des contaminants ne se trouvent pas dans la communauté à des concentrations qui pourraient nuire à la santé des résidents de Jasper à l’avenir. Les tests pour certains contaminants (p. ex. les SPFA, les dioxines et furannes) sont plus coûteux et prennent plus de temps étant donné que les contaminants sont toxiques à de faibles quantités et que moins de laboratoires disposent de la technologie nécessaire pour effectuer les tests.
Dans les cas où les résidents ne sont pas assurés ou insuffisamment assurés, la Croix-Rouge canadienne peut être en mesure de contribuer au financement de l’échantillonnage de la contamination. Pour prendre rendez-vous avec la Croix-Rouge canadienne, veuillez composer le 1-800-863-6582 ou envoyer un courriel à ABfires2024@redcross.ca.
Puis-je cultiver des légumes dans ma cour?
Le risque de contamination du sol varie en fonction de la proximité des structures brûlées et de l’ampleur globale des dommages causés par les feux de forêt dans la collectivité. En général, les jardins adjacents aux structures brûlées auront été enlevés lors des travaux réalisés après la démolition et devront être réaménagés. Les jardins plus éloignés des zones touchées par les feux de forêt peuvent avoir été exposés à des cendres et à de fines particules transportées dans l’air.
Plusieurs ressources provenant de sources canadiennes et américaines reconnues sont disponibles pour aider les passionné·es de jardinage à déterminer les mesures à prendre afin de s'assurer que leurs fruits et légumes locaux sont propres à la consommation.
- Environmental monitoring in Fort McMurray | Alberta.ca (en anglais)
- Returning to Your Home After a Wildfire (en anglais)
- Produce Safety After a Fire (en anglais)
- Checking Homegrown Produce After a Fire (en anglais)
- Reusing Potentially Contaminated Landscapes: Growing Gardens in Urban Soils (en anglais)
Plusieurs ressources provenant de sources canadiennes et américaines reconnues sont disponibles pour aider les passionné·es de jardinage à déterminer les mesures à prendre afin de s'assurer que leurs fruits et légumes locaux sont propres à la consommation.
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