Reconstituer une harde : dix caribous à la tête du rétablissement d’une espèce

Parc national Jasper

D'où viennent les caribous fondateurs

Les décisions concernant les hardes à partir desquelles les caribous sont déplacés reposent sur les meilleures données scientifiques disponibles, notamment les caractéristiques génétiques et comportementales recherchées, ainsi que les impacts potentiels du déplacement sur chaque harde.

L’équipe de rétablissement du caribou a décidé d'entamer le programme d’élevage avec un petit nombre de caribous pour deux raisons principales :

  1. Veiller à ce que les caribous s’adaptent à leur nouvel environnement et à ce que le personnel apprenne et s’adapte en fonction des besoins.
  2. Donner aux plantes du Centre d’élevage de conservation le temps de se régénérer après le feu de forêt de Jasper de 2024.

Au cours de la première année, des caribous ont été capturés dans le parc national Jasper afin d'empêcher la disparition de leur génétique et de leurs comportements uniques. Les caribous provenaient de trois hardes différentes : Brazeau, Tonquin et À la Pêche.

Aires de répartition du caribou des montagnes du Sud, parc national Jasper.

Sauver le caribou au bord de l'extinction : la harde de la Brazeau

Les seuls caribous restants de la harde de la Brazeau ont tous été transférés au Centre d’élevage de conservation. Sans intervention, ces 3 caribous – avec leur génétique et leurs comportements uniques – auraient bientôt disparu.

Cette harde, qui parcourait les secteurs les plus méridionaux du parc national Jasper dans l’aire de répartition de la Brazeau, était très petite et en déclin depuis le début des années 2000. Comptant moins de dix femelles reproductrices depuis 2005, elle est considérée comme fonctionnellement éteinte depuis près de vingt ans.

Les localiser et les protéger, afin que le caribou de la Brazeau puisse un jour de nouveau habiter le parc national Jasper, constitue une réalisation majeure de la première année du programme.

Créer une base solide : la harde de la vallée Tonquin

Les caribous nés et élevés au Centre d’élevage de conservation seront éventuellement relâchés dans la vallée Tonquin. Bien que la harde de la Tonquin soit petite et vulnérable, ses effectifs sont stables et augmentent lentement depuis 2015.

En 2025, l'équipe de Parcs Canada a transféré trois caribous de la vallée Tonquin au Centre d’élevage de conservation. Cette démarche permet de préserver leur génétique unique et de renforcer le lien avec la harde sauvage dans laquelle les jeunes caribous seront éventuellement relâchés.

Apporter de la variété : la harde de l’À la Pêche

Les caribous de la harde de l’À la Pêche sillonnent les contreforts de l'Alberta et les parties nord du parc national Jasper, notamment dans les secteurs des monts Stornoway et The Ranee et de Blue Creek. Ils sont génétiquement semblables aux autres caribous de Jasper, et la harde est suffisamment grande pour contribuer au programme d’élevage de conservation. L’apport d’animaux issus de différentes hardes est essentiel pour maintenir la diversité génétique au sein du programme de reproduction.

Comme l’impact prévu sur la harde de l’À la Pêche est minime, Parcs Canada a transféré quatre caribous d’un groupe vivant toute l’année dans le parc national vers le Centre d’élevage de conservation. La modélisation suggère que plusieurs hardes, y compris celle de l’À la Pêche, pourraient perdre jusqu’à douze femelles et revenir à leur effectif initial en deux à quatre ans, dans les conditions actuelles (Turner et al. 2024).

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