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Parc national des Lacs-Waterton

On peut généralement diviser le paysage de Waterton en quatre écorégions :

Forêt-parc des contreforts

écorégion montagnarde

écorégion subalpine

écorégion alpine


C'est par la végétation que l'on classe les écorégions. Celles-ci ne sont pas définies par une seule espèce de plante, mais plutôt par des communautés végétales.

Par exemple, le tremble ne caractérise pas en soi l'écorégion de la forêt-parc des contreforts (il pousse aussi à plus haute altitude), mais il la caractérise en association avec la fétuque scabre, le lupin, l'amélanchier et le cerisier de Virginie. Les écorégions reflètent en outre des régimes climatiques et des types de sol.

Les limites entre les écorégions varient selon l'altitude et l'orientation nord-sud-est-ouest. Par exemple, elles se trouvent à plus haute altitude sur les versants méridionaux et occidentaux plus chauds et plus secs que sur les versants septentrionaux et orientaux plus frais et plus humides.

L'écorégion de la forêt-parc des contreforts et l'écorégion montagnarde sont principalement riches en oiseaux, et les écorégions montagnarde et subalpine sont des zones productives pour les petits mammifères.

C'est également là que l'on retrouve la plus forte concentration de développement et d'usage humain. Les écorégions subalpine supérieure et alpine sont les moins productives, mais abritent plusieurs espèces principalement limitées à ces régions (p. ex. campagnol de Richardson, lagopède à queue blanche, tamia mineur, roselin brun et pipit d'Amérique).

De plus, l'écorégion de la forêt-parc des contreforts et l'écorégion montagnarde ont généralement des vallées fluviales très productives comportant d'importantes zones humides et des forêts riveraines. Les zones humides contiennent la plus grande diversité d'espèces et la plus forte densité de faune dans tout le parc national des Lacs-Waterton et sont particulièrement importantes pour les amphibiens et les oiseaux aquatiques. Elles sont également très sensibles aux perturbations.

Les zones humides importantes de Waterton comprennent celles de la Maskinonge, de la rivière Crooked supérieure et celles situées le long de la rivière Blakiston inférieure. L'activité des castors maintient et rehausse un grand nombre de ces zones humides et des habitats avoisinants. En effet, les étangs de castors assurent des zones humides aux eaux profondes et créent des habitats diversifiés au bord de l'eau en déboisant les forêts-parcs adjacentes et en favorisant la croissance des arbustes aux alentours.

Écorégion de la forêt-parc des contreforts

Waterton est le seul parc national canadien où la forêt-parc des contreforts est représentée.

À l'échelle régionale, la forêt-parc des contreforts existe dans une aire géographique limitée et occupe une bande étroite le long du côté est des contreforts, de Calgary jusqu'à Waterton au sud, et dans certaines parties du parc national Glacier et de la réserve indienne des Pieds-Noirs.

Dans Waterton, l'écorégion de la forêt-parc des contreforts est située du côté est du parc et représente jusqu'à 10 % de sa superficie.

Les prairies de fétuque scabre (Festuca scabrella) et les tremblaies (Populus tremuloides) caractérisent cette écorégion.

Le sol des prairies manque généralement modérément d'eau (en raison de faibles précipitations et (ou) de vents forts et asséchants), tandis que le sol des habitats des forêts en a amplement. Cette écorégion est située à une altitude allant de 1 280 m à 1 500 m.

La forêt-parc des contreforts est beaucoup plus qu'une combinaison d'herbe, de trembles, de vent, de soleil et de peu d'humidité. C'est une toile complexe et distincte de vie et de processus naturels. Regardez de près et découvrez les différentes formes et nuances de vert, la mosaïque de couleurs des fleurs de la prairie et la lumière douce et diffuse des tremblaies. Cette écorégion abrite coyotes, blaireaux, buses à queue rousse, cerfs, wapitis, busards Saint-Martin, rouge-gorges des montagnes et spermophiles du Columbia, pour ne nommer que quelques habitants.

Contrairement aux graminées cultivées, les fétuques indigènes conservent une grande partie de leur valeur nutritive pendant l'hiver, ce qui est crucial pour les grandes hardes de wapitis qui passent l'hiver dans le parc, ainsi que pour les bisons qui y habitent. Les vents chinook fréquents sont également bénéfiques pour les ongulés car ils " déneigent " l'herbe. Les vents causent également des amoncellements de neige sur les collines, du côté à l'abri du vent, et dans les ravins abrités. Les bocages d'arbres et d'arbustes qui abritent les oiseaux et d'autres animaux poussent dans cet endroit plus humide.

Le couvert forestier ouvert des tremblaies laisse filtrer la lumière jusqu'au tapis forestier, ce qui permet une croissance importante. Parmi les plantes typiques, notons la prêle, la berce laineuse, la grande ortie, le cerisier de Virginie, l'amélanchier et le pigamon occidental. Les animaux dépendent de ces forêts pour leur abri et leur nourriture.

Les Autochtones connaissaient Waterton comme l'endroit où la prairie rejoignait et dépassait les montagnes. Ils étaient intimement liés à cette écorégion et s'appelaient souvent eux-mêmes le peuple des herbes.

Écorégion montagnarde

Cette écorégion se trouve à plus haute altitude que celle de la forêt-parc des contreforts, entre 1 280 m et 1 680 m. Elle est constituée d'un mélange de prairie sèche et de forêt mixtes de peupliers et de conifères relativement ouvertes. Le douglas taxifolié et le pin souple sont des arbres caractéristiques de cette écorégion.

L'agropyre à épi est une espèce dominante de la prairie que l'on retrouve sur les versants exposés et plus secs. Les forêts de pin tordu sont également présentes, mais s'étendent jusque dans la région subalpine et ne sont donc pas un bon bio-indicateur.

Les arbustes associés à la région montagnarde sont le nerprun cascara et le genévrier rouge. Des plantes telles que la linnée boréale, le framboisier noir et l'arnica à feuilles cordées poussent sur le tapis forestier. Le cerf-mulet, l'écureuil roux, le mouflon d'Amérique, l'ours noir, le tangara à tête rouge et le viréon font partie de la faune.

À l'échelle régionale, l'écorégion montagnarde existe en zones le long des contreforts, du nord du Montana aux vallées de la Bow et la North Saskatchewan dans le parc national Banff. L'extrémité nord est située le long de la rivière Athabasca, dans le parc national Jasper.

Écorégion subalpine

L'écorégion subalpine est la plus grande écorégion de Waterton. Elle représente en effet environ 35 % de sa superficie totale.

Souvent désignée sous le nom de " forêt de neige " l'écorégion subalpine est située au-dessus de l'écorégion montagnarde et sous l'écorégion alpine sans arbres. Elle est divisée en région subalpine inférieure (1 650 à 1 950 m) et région subalpine supérieure (1 950 à 2 250 m).

La région subalpine inférieure est humide et fraîche. Les forêts sont dominées par l'épinette d'Engelmann et le sapin subalpin. Les lichens corticoles, les hypnums, la menziézie ferrugineuse, la gaylussacsia à fruits bacciformes, le chèvrefeuille et la gaulthérie couchée y assurent amplement d'ombre. Cette écorégion abrite le cassenoix d'Amérique, le geai de Steller, le geai du Canada, la grive à collier, le grizzli, le carcajou et le lièvre d'Amérique.

La forêt est plus ouverte et les arbres sont plus petits dans la région subalpine supérieure. C'est ici que le Le Pin à écorce blanche et le mélèze subalpin font leur apparition. Les plus vieux arbres du parc sont les mélèzes subalpins (Larix lyallii). L'un d'entre eux, au lac Rowe Supérieur, a plus de 700 ans - c'est le plus vieil arbre connu des Rocheuses canadiennes! À cette altitude, le stress du vent et de l'humidité se traduit par des arbres rabougris et tordus de forme bien distincte.

Écorégion alpine

Cette écorégion sans arbres représente presque 25 % du parc national des Lacs-Waterton. Elle est située au-dessus de l'écorégion subalpine, de 2 250 m à plus de 2 650 m d'altitude.

Une grande partie de cette écorégion n'est pas très végétalisée par rapport aux zones alpines plus au nord, dans les Rocheuses canadiennes. La végétation alpine ressemble à une fine mosaïque. De petits changements dans les facteurs comme l'aspect, l'exposition au vent, le moment de la fonte des neiges, l'humidité du sol et la profondeur de la neige modifient le type et l'abondance des plantes. On retrouve dans cette écorégion des plantes telles que le saule réticulé, le potentille grêle, le silène acaule, la dryade à feuilles entières, le polémoine viscide et des lichens.

L'écorégion alpine ressemble à la toundra de l'Arctique. Le mot toundra vient du finlandais tunturi, qui veut dire plaine sans arbres. Caractérisée par de basses températures et de grands vents, cette écorégion a une saison de croissance courte (rarement plus de 60 jours). La plupart des plantes sont vivaces et se reproduisent par des rhizomes et des bulbes plutôt que par des graines.

On peut y admirer de magnifiques fleurs sauvages pendant la période concentrée de floraison. L'air y est de plus faible densité et les rayons ultraviolets y sont plus intenses. Certains botanistes croient que c'est pour cela que les fleurs alpines sont si colorées - afin de se protéger contre les forts rayons ultraviolets.

Les plantes alpines sont adaptées aux conditions sèches et venteuses car les pentes raides entraînent un ruissellement rapide, les grands vents accroissent le taux d'évaporation et l'air de plus faible densité contient moins de vapeur d'eau. Le vent et le gel engendrent également un sol mince et instable, sauf sans certaines petites aires protégées. Compte tenu de tous ces facteurs, les plantes ont tendance à être basses et tapissantes, ce qui les aide à éviter les grands vents et à vivre dans l'air plus chaud et plus humide qu'elles emprisonnent dans leur " tapis " au niveau du sol.

La marmotte des Rocheuses, le pica et le lagopède à queue blanche arrivent à subsister dans cette écorégion pas très accueillante.

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