Wanli Wu

Parc national Wapusk

Wanli Wu est un écologiste principal employé par Parcs Canada. Il est chargé du soutien à la surveillance et l’évaluation écologiques, de l’examen des rapports sur l’état des parcs et de la prestation de conseils sur les études d’impact sur l’environnement dans les parcs nationaux canadiens. Certaines de ses premières publications portaient sur la mesure de la concentration de la glace de mer et sur la cartographie du pergélisol dans le parc national Wapusk. De nos jours, c’est un lieu qui a une grande signification pour lui.

Qu’est-ce qui rend Wapusk spécial?

« Wapusk a été créé dans le but de protéger les aires de mise bas des ours polaires. Nous surveillons l’intégrité écologique, c’est-à-dire que nous mesurons les conditions écologiques, les contraintes et l’impact sur les écosystèmes de nos parcs nationaux et de nos réserves. Des programmes de surveillance écologique comme celui-ci existent pour tous les parcs. Les résultats sont évalués tous les cinq à dix ans pour connaître l’état et les tendances des indicateurs écologiques que nous avons suivis.

Une vue aérienne du parc national Wapusk.
Une vue aérienne du parc national Wapusk.

Avant que Wapusk ne devienne un parc national, de nombreuses recherches y étaient menées sur les oies des neiges et les ours polaires. Le parc a été créé en tant qu’aire protégée sur la base de cette recherche existante.

On retrouve deux écosystèmes dominants dans le parc national Wapusk : celui des milieux humides et celui de la toundra. Les changements climatiques ont un impact sur les conditions du pergélisol dans l’écosystème de la toundra. Les changements du pergélisol sont liés aux conditions du sol et à la teneur en eau du sol, qui à leur tour affectent le changement de végétation dans l’écosystème de la toundra. Des conditions plus humides signifient la perte de certaines espèces végétales, tandis que d’autres se développent dans l’eau, de sorte que la couverture végétale passe d’un type à un autre.

Nous surveillons et étudions les changements dans les conditions de la glace de mer et du pergélisol, et comment ces changements peuvent affecter la faune et l’écosystème. Les ours polaires dépendent de la glace de mer pour chasser les phoques en hiver, car ils peuvent les attraper lorsqu’ils sortent de l’eau. Si la glace de mer devait changer de manière significative, cela affecterait la durée pendant laquelle les ours polaires peuvent marcher sur la glace et attraper leur nourriture. Par conséquent, cela influencerait l’état de santé des ours polaires.

Le mandat du parc national Wapusk est de protéger les aires de mise bas des ours polaires, qui sont situées sur les plateaux tourbeux relativement plus élevés à l’intérieur du parc. Les ours creusent leur tanière dans la couche de tourbe, qui fait de deux à quatre mètres d’épaisseur. La raison pour laquelle ils peuvent creuser la forme particulière de leur tanière est due à la matière tourbeuse gelée. Si le pergélisol fond, la tourbe ne tiendra pas et la tanière s’effondrera. Les conditions de pergélisol dans la couche de tourbe sont donc essentielles pour les tanières des ours. Tout comme les humains construisent des maisons, si les ours n’ont pas de solides fondations en tourbe pour construire leurs tanières, celles-ci s’effondreront.

Wapusk est aussi un endroit difficile pour faire du travail sur le terrain. Comme il n’y a pas de route à l’intérieur du parc, nous ne pouvons nous y rendre que pendant la saison des travaux sur le terrain, et il peut être difficile de trouver un endroit solide pour faire atterrir un hélicoptère dans les milieux humides pendant l’été. Dans certains cas, nous devons utiliser des images satellitaires et des photos prises précédemment pour analyser les schémas de changement de la couverture terrestre et trouver les endroits où le sol est relativement plus élevé et sec pour atterrir en toute sécurité.

Si vous regardez une carte Google, vous pouvez trouver où se trouvent les crêtes des plages côtières, qui présentent de très beaux motifs de couverture terrestre dans les images, telle une peinture. Ces crêtes sont relativement hautes et sèches.

Une image Google Earth de la baie d’Hudson.
Une image Google Earth de la baie d’Hudson. Source : Google Earth

Parfois, lorsque j’étais assis à l’intérieur d’un hélicoptère et que je regardais par le hublot, les terres vastes et plates du parc ressemblaient à une sculpture colorée, surtout en mai ou en juin, lorsque la neige couverte de toundra est presque fondue. On peut voir des zones blanches aux endroits où la neige se transforme en eau, et dans ces zones humides peu profondes se trouvent des groupes d’algues de couleur verte, jaune, rose et violette.

Je travaille toujours pour Parcs Canada, mais pas spécifiquement au parc national Wapusk. J’ai vu beaucoup de changements dans nos parcs au fil du temps. Cependant, les changements les plus notables sont les nouveaux jeunes membres de nos équipes qui continuent à renforcer notre travail de surveillance et de gestion écologiques. C’est ce que j’ai pu constater avec joie au cours des 15 dernières années. »

Sur l’expérience d’être à Wapusk

« Wapusk est si vaste qu’on ne peut pas aller n’importe où à pied. Quand on est sur la terre ferme, on réalise à quel point Wapusk est plat! Il n’y a pas de montagnes ou de collines là-bas, le terrain est extrêmement plat, surtout le long des zones de la côte ouest de la baie d’Hudson.

Entre le printemps et l’été, lorsque l’océan et la glace de mer fondent et que le temps se réchauffe, c’est souvent à ce moment-là que le brouillard se produit. Quand il y a du brouillard, les hélicoptères ne peuvent pas voler. Au sol, on ne peut rien voir au loin. C’est comme si on s’imprégnait de cet océan de brouillard.

Nous nous préparons à ces conditions avant de partir sur le terrain : nous emportons de la nourriture, des sacs de couchage, des tentes et des clôtures électriques, juste au cas où nous devrions y passer la nuit. Bien sûr, tout cela doit être emballé de manière compacte afin de cela puisse entrer dans l’hélicoptère.

Après avoir travaillé à Wapusk à plusieurs reprises, chaque fois que j’entends le bruit d’un hélicoptère, je deviens surexcité. Ce bruit a une signification particulière pour moi. Lorsque l’on travaille sur le terrain, c’est un signe de vie, un signe d’espoir. »

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