L’envers du décor
Aire marine nationale de conservation du Lac-Supérieur
Par Lisa Sonnenburg
Avez-vous déjà eu envie de découvrir le fond du lac Supérieur? C’est exactement ce que l’équipe d’archéologie subaquatique de Parcs Canada a fait au mois d’août dernier. Elle a pour mission de répertorier les ressources culturelles subaquatiques de l’aire marine nationale de conservation du lac Supérieur et d’assurer leur protection pour les générations futures.
Je suis tombé amoureux de la rive nord du lac Supérieur il y a plus de vingt ans, mais sans jamais vraiment penser à ce qui pouvait se trouver sous les eaux de ce grand lac. Plus tard, alors que j’étudiais l’anthropologie à l’Université Lakehead, je me suis passionné pour le monde sous-marin du lac Supérieur. Je ne me suis pas seulement intéressé aux épaves, qui étaient bien connues, mais surtout au potentiel des paysages immergés. Au cours des 10 000 dernières années, le niveau de la surface du lac Supérieur a fluctué de plusieurs dizaines de mètres. Les paysages émergeant ou disparaissant sous l’eau au fil du temps. Ces paysages sont visibles sur terre sous la forme de grandes crêtes littorales situées à des kilomètres à l’intérieur des terres autour du lac actuel ainsi que sous la forme d’anciens rivages aujourd’hui immergés. Imaginez ces personnes qui vivaient, voyageaient et chassaient le long de paysages désormais immergés sous 2 à 30 mètres d’eau!
Dans les meilleures conditions, la localisation et la documentation des sites archéologiques sous-marins peut s’avérer un défi. Avec une surface de 10 000 kilomètres carrés d’eau à gérer, des conditions météorologiques imprévisibles et des hivers qui peuvent être longs et rigoureux, la gestion des ressources culturelles de l’aire marine nationale de conservation du lac Supérieur se révèle être une tâche ardue.
Une des méthodes de protection de ces extraordinaires ressources consiste à faire appel aux experts! Parcs Canada a la chance de disposer d’une équipe nationale d’archéologie subaquatique. Elle est basée à Ottawa. Cet été, malgré les difficultés engendrées par la COVID-19, quatre spécialistes des mondes sous-marins, guidés par Charles Dagneau, ont, tout le mois d’août, passé au peigne fin les eaux du lac Supérieur. À bord du navire océanographique Investigator, ils ont documenté les épaves et les quais. Ils ont également recueilli des données cartographiques de haute résolution du fond du lac qui constituaient un besoin important pour le lac Supérieur. Pendant plus de quatre semaines, l’équipe a pu travailler dans toute l’aire marine nationale de conservation, y compris à Silver Islet, Rossport, dans les baies Jackfish et Nipigon. Les spécialistes ont pu obtenir des coordonnées de localisation plus précises ainsi que des numérisations 3D haute résolution d’épaves bien connues, comme celles du Gunilda et du Mary E. McLachlan. Ils ont également obtenu de nouvelles images de zones qui n’avaient pas été documentées jusqu’à présent, le quai à charbon aujourd’hui submergé sur le site de la ville fantôme de Jackfish par exemple.
Ils consacreront les prochains mois à l’analyse des données recueillies et à la découverte de ce qui pourrait se trouver sous les vagues du lac Supérieur. L’équipe reviendra en 2022 pour poursuivre et compléter son inventaire des ressources culturelles. Cet inventaire permettra de mieux protéger les étonnants éléments culturels sous-marins de l’aire marine nationale de conservation du lac Supérieur.
Quels mystères pourraient se cacher sous les eaux du lac Supérieur? Si vous connaissez des ressources culturelles subaquatiques dans le lac Supérieur, veuillez communiquer avec Lisa Sonnenburg, conseillère en gestion des ressources culturelles à l’aire marine nationale de conservation du lac Supérieur. Vous contribuerez ainsi à la protection du patrimoine subaquatique de la région.
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