edu2
Lieu historique national du Fort-St. James
Lieu historique national du Canada du Fort-St. James
Nos racines, notre avenir
Nos racines, notre avenir : à la découverte des lieux historiques nationaux du Canada dans votre classe se veut un complément à votre enseignement de l'histoire. Les activités, suivant toutes la même disposition et évaluées par des professeurs d'histoire en poste, aident les élèves à comprendre comment les endroits, les personnes et les événements importants se conjuguent pour tisser le passé du Canada.
Les Porteurs
© Parcs Canada
Membres du groupe linguistique des Athapascans, les Carriers, autrefois appelés Porteurs, vivent dans le Centre-Nord de la Colombie-Britannique, sur les berges des lacs et des cours d'eau tributaires du cours supérieur de la Skeena et du Fraser. Ils se nomment Dakelh-ne ou Yinka Dene et s'identifient parfois en ajoutant le suffixe t'en ou whut'en (peuple de) au nom de la collectivité dont ils sont issus. Il existe trois dialectes carriers : le dialecte du Centre, parlé par les Carriers vivant autour des lacs Stuart et Trembleur, le dialecte Babine, commun aux Carriers qui vivent sur les bords de la rivière Bulkley et du lac Babine, et, enfin, le dialecte du Sud, que parlent les Carriers des environs de Quesnel et d'Anahim Lake.
De nombreuses familles de Porteurs devinrent les partenaires commerciaux des nouveaux venus qui construisirent des postes de traite dans la région au début du XIXe siècle. Parmi les commerçants porteurs les mieux connus du XIXe siècle et du début du XXe siècle, mentionnons Qua (appelé chef Kwah) et son fils Siméon Le Prince, Grosse Tête, Dayah et Joseph Prince. Pour marquer les alliances conclues avec les commerçants de fourrures, les Porteurs organisaient des cérémonies spéciales, remettaient des présents et célébraient parfois des mariages entre femmes autochtones et commerçants blancs. Si, dans l'esprit des Porteurs, cette relation reposait sur la loyauté mutuelle et l'obligation réciproque, elle représentait pour les commerçants de fourrures l'espoir de créer un réseau commercial pratique qui permettrait à la Compagnie de réaliser des profits.
© Parcs Canada
Cependant, l'économie traditionnelle des Porteurs était axée davantage sur la pêche que sur le piégeage. Les compagnies de traite s'efforcèrent de convaincre les Porteurs de changer leurs migrations saisonnières, leurs outils et leurs activités pour établir un réseau de troc, mais ils accumulèrent davantage de frustrations que de profits. Un obstacle majeur les empêchait de réussir : tout comme pour le saumon, le territoire du castor était la chasse gardée de groupes précis, et l'accès en était régi par un système cérémoniel de potlatches, de clans et de titres hérités. Cette réalité sociale était sans doute aussi agaçante qu'incompréhensible pour les commerçants de fourrures, qui firent des pieds et des mains pour surmonter ces difficultés et pour rallier à leur service une main?d'œuvre de trappeurs « utiles ».
Aujourd'hui, même si l'économie monétaire est bien ancrée dans la région de Fort St. James, il est intéressant de noter que les familles et les clans carriers gèrent encore leurs ressources selon leurs anciens systèmes de répartition. En fait, les changements radicaux qui sont survenus dans le siècle dernier n'ont d'égales que la persévérance et la faculté d'adaptation de la culture traditionnelle des Porteurs de la région de Fort St. James.
- Date de modification :