Faites pousser des plantes pour les pollinisateurs
Imaginez si vous deviez traverser le lac Érié sur toute sa largeur n’utilisant que votre propre force! Ce voyage nous semble un obstacle quasi infranchissable, et pourtant le minuscule monarque, lui, arrive à faire un tel trajet.
En fait, il ne traverse pas seulement les Grands Lacs, mais un pays entier durant sa migration! Le voyage devient cependant de plus en plus difficile chaque année pour cette espèce en péril.
À l'automne, les papillons monarques s’échappent au froid grâce à la migration. Une génération de papillons monarques voyage du sud du Canada jusqu'au Mexique où ils passent l'hiver.
Au printemps, une nouvelle génération de papillons parcourt des milliers de kilomètres depuis le Mexique. Ils traversent les États-Unis, les champs, les montagnes et même les Grands Lacs, pour revenir au Canada et recommencer le cycle des papillons monarques qui quittent le Mexique à la recherche de nourriture et d'un habitat de reproduction. Ce sont parfois ces mêmes papillons, mais généralement leurs arrière-petits-enfants, qui parviennent jusqu'au Canada. Leur migration peut atteindre plus de 4 500 kilomètres dans une direction, soit la plus longue de tous les insectes. C'est un voyage difficile, surtout quand on pèse moins d'un gramme!
Qu’est-ce qui arriverait si les papillons arrivaient au Canada et ne trouvaient pas d'asclépiades et ne trouvaient que de l'asphalte ? Ils n'auraient pas de nourriture et n'auraient nulle part où se reposer, se rétablir et se reproduire.
L'asclépiade est la seule source de nourriture de la chenille du monarque et une source de nectar nourrissant pour les monarques adultes.
Parcs Canada met la main à la pâte pour éviter que cela se produise, mais nous avons besoin de votre aide!
Incidence des paysages sur la migration
On estime qu'au cours des 30 dernières années, les populations de monarques d'Amérique du Nord ont diminué de plus de 80 %. En fait, en 2021, on a signalé qu'il y avait plus de cafés Starbucks que de monarques qui passaient l'hiver en Californie (PDF, en anglais seulement)!
Heureusement, lorsqu’ils arrivent des États-Unis en traversant le lac Érié, beaucoup de monarques aboutissent au parc national de la Pointe-Pelée, extrémité la plus au sud du Canada continental et parc national présentant la plus grande diversité écologique au pays. Là, ils trouvent de la nourriture et des abris en abondance nécessaire à la croissance de leur population, et profitent d’un repos bien mérité après un long périple.
Certains papillons s’envolent ensuite vers le nord ou l’est. Ils gagnent parfois des refuges estivaux dans d’autres lieux gérés par Parcs Canada en Ontario, comme le parc national de la Péninsule-Bruce, le parc urbain national de la Rouge, le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne, etc.
Mais il ne s’agit toujours que d’étapes durant leur migration. Alors qu’ils poursuivent leur chemin au-delà des parcs nationaux, ils subissent les conséquences de la fragmentation du paysage. En effet, des parcelles d’habitat ou les liens qui unissaient celles-ci ont été détruits par l’aménagement urbain, les routes, l’agriculture industrielle et d’autres facteurs. Comme ils ont à se déplacer de plus en plus loin avant de trouver un habitat, les monarques ont encore plus de mal à arriver au bout de leur dur voyage.
Travaux menés par Parcs Canada pour aider le monarque
Pour aider cette espèce en péril et de nombreuses autres, l’Agence remet en état des écosystèmes, créant ainsi des parcelles d’habitat qui servent de points de passage. Ces haltes permettent aux animaux de se déplacer plus facilement dans leur milieu naturel. En plantant des arbres, des herbes et des fleurs sauvages indigènes dans les aires protégées, Parcs Canada crée un habitat où les oiseaux et les papillons migrateurs peuvent se reposer et s’alimenter avant de poursuivre leur périple.
En collaboration avec des collectivités autochtones, des partenaires et des bénévoles, Parcs Canada a remis en état, dans les parcs nationaux de l’Ontario, plus de 40 hectares d’habitat de prés, de dunes côtières et de savane. Ces endroits jouent tous un rôle essentiel pour les pollinisateurs. Dans les cinq dernières années, nous avons aussi planté ensemble plus de 145 000 arbustes et arbres indigènes, et près de 18 000 herbes et fleurs sauvages indigènes.
Les lieux de Parcs Canada servent également de laboratoires vivants. Dans ces laboratoires, le personnel étudie les monarques et les méthodes permettant d'améliorer la qualité de l'habitat. Les monarques sont également surveillés afin de fournir des données pour des projets tels que le programme Mission Monarque Expert. Ces recherches soutiennent la collaboration internationale en matière de conservation et aident à combler les lacunes dans les connaissances sur les monarques.
Plus d'informations sur les monarques, et des histoires de Parcs Canada :
- Lieu historique national du Fort-St-Joseph
- Parc national de la Pointe-Pelée
- Parc urbain national de la Rouge
- Lieu historique national du Canal-de-Sault Ste. Marie
Comment contribuer à la protection des pollinisateurs (au-delà des papillons)
Les monarques génèrent de l’intérêt pour la conservation des pollinisateurs. Heureusement, la protection et la création d'habitats qui aident les monarques peuvent également profiter à d'autres pollinisateurs!
Les travaux effectués par Parcs Canada pour conserver et remettre en état des écosystèmes sains qui fournissent un habitat important ne sont qu'un élément parmi de nombreux autres. Vous pouvez nous aider à lutter contre la perte d'habitat en fournissant vous aussi des points de passage!
Imaginez si, après avoir quitté un parc national, un monarque trouvait dans votre cour, dans votre jardin en bac ou sur votre balcon une multitude de plantes indigènes. Il pourrait s'y poser pour se reposer et se ravitailler avant de poursuivre son chemin jusqu'à une autre aire protégée. Si chaque personne plantait ne serait-ce que quelques plantes ou fleurs sauvages indigènes, le périple de ce papillon en serait randement facilité!
Pas besoin d'avoir une grande cour pour l'aider. Un petit jardin ou quelques plantes indigènes sur votre balcon peuvent s'avérer fort utiles, surtout en zone urbaine. Si vous n'avez pas de place à la maison, vous pouvez vérifier s'il y a un jardin communautaire dans votre quartier et y demander un lot.
Pour aider les pollinisateurs, nous recommandons de faire pousser une variété de plantes et de fleurs sauvages indigènes. L'asclépiade est tout particulièrement profitable aux monarques, car c'est la seule plante dont peut se nourrir sa chenille. Consultez les guides de plantation éco-régionaux de Pollinator Partnership Canada, ou encore l'outil Find Your Roots de l'organisme (en anglais seulement), pour obtenir des recommandations de plantes indigènes convenant à votre région. Vous pouvez également consulter la Liste de fournisseurs de plantes indigènes du Canada de la Fédération canadienne de la faune pour trouver des entreprises locales pouvant vous vendre des plantes et des semences.
Et si vous avez été piqué par le virus de la science citoyenne, surveillez aussi les autres pollinisateurs. Vous pouvez recueillir des données dans votre propre quartier ou lorsque vous visitez un site de Parcs Canada!
Voici quelques ressources de science citoyenne pour vous inspirer :
- Mission Monarch
- Voyage au nord (et au sud) (en anglais seulement)
- Projet de surveillance des larves de monarques (en anglais seulement)
- eButterfly
- Surveillance des bourdons
- iNaturalist (en anglais seulement)
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