Biodiversité des insectes
Parc national Forillon
Petites créatures, grands indicateurs
La présence et la diversité des insectes sont d'excellents indicateurs de la santé des écosystèmes. Pourtant, leurs populations sont en déclin un peu partout dans le monde. Qu'en est-il dans l'est du pays?
Dix parcs nationaux du Québec et des Maritimes participent à une étude sur la biodiversité des insectes dans l’est du Canada de 2023 à 2025. Initiée par le parc national Forillon, cette étude réunit des équipes de recherche du Service canadien des forêts, du Centre for Biodiversity Genomics de l’Université de Guelph en Ontario et de Parcs Canada.
Pour en apprendre davantage, voyez la vidéo de l'Équipe climat de Parcs Canada.
Étude sur les insectes | Équipe climat
Transcription
On a parfois l'impression que la planète
change plus vite que nous ne pouvons réagir.
Mais il y a des gens qui font du bon travail.
Il y a l'équipe du climat.
Les insectes représentent 90% des êtres
vivants dans le monde animal, donc ils sont super importants
au niveau de la diversité des écosystèmes,
des interrelations entre les écosystèmes de
la chaîne alimentaire.
Mon nom est Daniel Sigouin.
Je suis écologiste au parc national Forillon.
Forillon est l'un des dix parcs nationaux de la côte
est du Canada qui participent à une étude de trois ans sur la
biodiversité des insectes.
Les pièges sont installés en mai et restent en
place jusqu'en octobre.
Les bouteilles sont changées une fois par semaine et les
échantillons sont envoyés à l’Université de Guelph pour
des tests d’ADN.
De là, les insectes collectés sont envoyés au Service
canadien des forêts pour être identifiés
visuellement et catalogués.
Puis quelque chose qui est tout le temps vraiment
impressionnant avec les pièges malaise comme ça, c'est la
quantité de diversité qu'ils sont capables de ramasser.
Juste là-dedans,
comme ça, on voit qu'il y a des charançons, il y a toutes
sortes de papillons, il y a de l'arpenteuse de la pruche,
il y a des gros tipules, il y a des braconidés donc
c'est vraiment impressionnant.
J'ai vraiment hâte de revoir ces échantillons-là puis
essayer de mettre un nom là-dessus en dessous
du microscope.
C'est vraiment un piège extrêmement efficace pour ce
genre d'environnement ici.
Donc les insectes qui volent vont éventuellement venir ici,
ils vont se frapper sur le tissus, puis ils vont avoir
une tendance naturelle à monter vers le haut,
puis éventuellement vont être récoltés dans le petit pot
collecteur en haut ici.
Le site est vraiment intéressant pour nous
autres aussi parce qu'il y a dix ans, on a fait exactement
la même expérimentation ici.
Donc ça va nous permettre de comparer les changements dans
la biodiversité et ça va nous donner vraiment une bonne idée
de ce qu'on a.
Mais en plus, avec les changements climatiques,
on s'attend à ce que ça puisse nous permet de détecter les
insectes qui partent du sud et qui vont migrer vers le nord,
mais aussi les espèces invasives qui vont se trouver
dans le secteur.
En plus de l'étude principale avec
les pièges Malaise, l'Équipe du climat décide de faire un peu
de capture au filet.
Les filets leur permettent de capturer des insectes et
d'obtenir un aperçu des espèces présentes dans les différents
écosystèmes du parc.
Donc, en faisant le fauchage comme on vient
de faire, on a ramassé toutes sortes d'espèces.
On a des mouches ici, on a des petities chenilles, des sortes de
petites guêpes, des espèces de fourmis.
Ce qui est particulier avec un environnement comme ça,
en fait, c'est qu'on va retrouver des espèces
complètement différentes que si on avait fait le même exercice
mais en forêt.
C'est vraiment une particularité des insectes.
C'est sûr que c'est tellement important de faire
des suivis et la surveillance écologique dans chacun
des types d'habitats.
Un des éléments importants, c'est que l'environnement va
être beaucoup plus résilient, résistant
aux changements climatiques.
quand il y a une diversité d'habitats et une diversité
d'espèces qu'il y a à l'intérieur.
Oui, effectivement. Surtout que c'est pas tous les
habitats qui vont réagir de la même façon.
Donc c'est important de vraiment s'assurer un bon suivi
dans chacun pour être sûr de savoir quelle direction ils
prennent puis comment on peut s'assurer leur pérennité
dans le temps.
C'est un projet qui est fait en collaboration avec le
Service canadien des forêts.
Donc, nous, à Parcs, on a la capacité de collecter les
données sur des habitats très variés, puis eux ont
l'expertise par la suite pour identifier les insectes puis
évaluer la biodiversité des insectes.
Donc, j'ai vraiment eu un voyage intéressant à
Forillon la semaine passée.
Est ce que tu as trouvé.
quelque chose de spécial?
Oui, en fait, on est allés visiter un marais salé,
puis on a trouvé justement la cercope des marais salés qui est
vraiment typique et qu'on retrouve juste dans ce
genre d'écosystème-là.
Peut-être que Christian ce serait.
une bonne idée d'échantillonner dans
les marais salés.
Oui, c'est le genre d'espèce qui serait intéressant
à considérer dans un programme de surveillance à long terme.
Parce que même si on échantillonne, au on est
intéressé par ce qui se passe en forêt,
si on va à l'extérieur du parc, ce type d'écosystème-là
pourrait subir des impacts par une foresterie trop
intensive par exemple, parce qu'avec la biodiversité,
tout inter relié.
Il peut y avoir des effets en cascade.
Donc ce qui se passe dans un habitat peut avoir des impacts
dans l'habitat voisin.
Il faut de nombreux partenaires pour comprendre
comment évolue la biodiversité des insectes dans les parcs.
L'université de Guelph recueille tous les insectes et
les identifie par séquençage de l'ADN.
Ces données sont partagées avec Parcs Canada et le Service
canadien des forêts en vue d'une
analyse plus approfondie.
Bon matin tout le monde !
On arrive à la fin de la période de collecte de
données. Jusqu'à maintenant
on observe beaucoup de captures.
Il semble y avoir une bonne biodiversité.
C'est parfait.
Nous sommes en train de finir avec les échantillons de 2023.
Maintenant, nous espérons les résultats des
séquences barcodes bientôt.
Les gens de Guelph.
sont des gens qui ont des expertises uniques et
qui ont déjà travaillé sur la biodiversité, mais en
utilisant le code barre qui est une approche vraiment innovante
et une approche du futur pour aborder la surveillance de la
biodiversité dans nos milieux.
Donc toutes les espèces, toutes les insectes qui sont
montés sont étiquetés et sont intégrés dans la collection.
Ce sont les unités pour les coléoptères, l'unité pour
les lépidoptères, donc les papillons et l'unité pour les
mouches et guêpes.
C'est pour ça que ça en fait des modèles fantastiques pour
étudier l'évolution de la biodiversité sous
les changements climatiques.
C'est important qu'on puisse continuer de faire ce
monitoring parce que c'est la seule façon qu'on a d'évaluer
l'effet du changement climatique.
Et on voit déjà des manifestations,
des changements chez les espèces d'insectes
et d'autres organismes.
En fait, on est en train d'étudier l'évolution
en temps réel.
La biodiversité des habitats et la biodiversité
d'organismes comme les insectes est absolument nécessaire pour
permettre à la nature d'être résiliente face
aux changement climatiques.
Chacun permet de protéger les insectes et leur biodiversité.
C'est important de réaliser que la biodiversité est aussi
importante dans notre cours à la maison que dans
les parcs nationaux.
On collecte les insectes avec un piège Malaise.
Quand on a la piqûre!
Afin d'avoir un portrait de cette biodiversité, il faut récolter des spécimens sur le terrain. Pour ce faire, les équipes de Parcs Canada utilisent des pièges Malaise. Ces pièges semblables à une tente en filet capturent des insectes volants, mais aussi d’autres groupes d’espèces comme des fourmis, des coléoptères et des araignées. L'échantillonnage se fait à partir du mois de mai. Chaque semaine, pendant vingt semaines, des employés collectent les échantillons qui sont ensuite transmis aux chercheurs pour analyse.
En 2013 le Projet BIObus, une initiative de l’Université de Guelph en Ontario, a permis d’effectuer un inventaire global de la biodiversité des insectes à travers le Canada. Les résultats du projet BIObus nous ont permis d’enrichir grandement nos connaissances sur les insectes présents à Forillon. Parmi les 28 parcs nationaux étudiés au Canada, c’est au parc national Forillon que les chercheurs ont observé la plus grande diversité au pays.
Mesurer l'évolution en temps réel
Récolter des échantillons d’insectes sur trois années consécutives nous permettra d’observer les variations d’une année à l’autre. Nous pourrons par exemple détecter l’arrivée de nouvelles espèces, le déclin d’autres espèces ou encore la présence d’espèces envahissantes.
Il est important de mesurer de façon récurrente l’évolution de la biodiversité et de l’état de nos écosystèmes pour pouvoir adapter nos actions de conservation dans les parcs et partager nos apprentissages avec les intervenants ailleurs au Canada.
Coliade.
Sympétrum intime.
Bourdon terricole.
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