Lieu historique national Tse'K'wa

© Parcs Canada / M. Stopp
Tse’K’wa a été désigné lieu historique national en 2019.
Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1
Tse'K'wa, Fort St. John, Colombie-Britannique
Situé au nord-est de la Colombie-Britannique, Tse’K’wa est un site archéologique exceptionnel qui a contribué à la compréhension des changements environnementaux et de l’occupation humaine depuis la fin de la dernière glaciation, il y a 12 500 ans, jusqu’à il y a 1 000 ans. Aussi connue sous le nom de grotte du lac Charlie, Tse’K’wa présente une succession de couches de sol datées au radiocarbone et assez peu perturbées, un phénomène rare en Amérique du Nord. Le site est important en raison de ce qu’il a révélé sur les premiers humains, leurs déplacements au fil du temps, leur mode de vie, les cultures qui ont suivi et les changements environnementaux postglaciaires.
Tse’K’wa se trouve dans le terrain vallonné du district de la rivière de la Paix, à l’est des Rocheuses, à neuf kilomètres au nord-ouest de Fort St. John. Le site fait partie du territoire traditionnel des Premières Nations Dane-zaa, et pour ces groupes des Premières Nations, qui assurent l’intendance du site, Tse’K’wa est un lieu spirituel et emblématique de leur longue occupation de la région de la rivière de la Paix, du lac Charlie et du site lui-même. Le site est devenu un élément intégral de l’identité des Dane-zaa et des traditions perpétuées par des histoires, des chansons et des récits.
À Tse’K’wa, les couches de sol les plus profondes contiennent une combinaison d’éléments intacts qui témoignent de la présence des premiers habitants du Canada, connus des archéologues sous le nom de peuples paléo-indiens. Ces éléments comptent des outils en pierre et des os d’animaux de la dernière glaciation. L’analyse des restes d’ossements de bisons anciens a révélé que ces animaux étaient chassés, et le nombre élevé d’os de pattes par rapport aux autres parties de squelette suggère que les viandes préférées apportées dans ce camp provenaient d’ailleurs. De plus, l’analyse génétique des ossements de bison a contribué à la compréhension de la spéciation du bison et a permis de mieux comprendre les schémas de migration du bison et de l’humain à la fin de la période glaciaire. Deux squelettes pratiquement complets de corbeaux ont également été trouvés dans les couches de sol plus profondes. Il peut s’agir d’enterrements délibérés liés à des systèmes de croyances anciens et possiblement les plus anciens éléments de ce genre au pays.
Les couches de sol supérieures contiennent des artefacts et des os d’animaux des cultures qui ont suivi, illustrant une présence humaine presque continue après la période paléo-indienne jusqu’à il y a 1 000 ans. Ce matériel a fourni des données comparatives clés pour l’étude du changement culturel dans l’Ouest du Canada.
La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2019.
Description du lieu patrimonial
Le lieu historique national du Canada de Tse’K’wa est un site archéologique situé juste au nord de la collectivité de Fort St. John dans le district régional de la rivière de la Paix en Colombie-Britannique. Le site se trouve dans le territoire traditionnel des Premières Nations Dane-zaa. Il comprend une zone boisée de type boréale ainsi qu’une grotte devant laquelle se trouve un rocher de grès (appelé « parapet ») qui repose sur un escarpement rocheux. La propriété surplombe le ruisseau Stoddart et le lac Charlie. Les limites du lieu historique national de Tse’K’wa sont désignées comme les limites officielles du terrain, qui couvre une superficie de 20,564 mètres carrés.
Valeur patrimoniale
Tse’K’wa a été désigné lieu historique national du Canada en 2019. Ce lieu est reconnu pour les raisons suivantes :
- sa succession de couches de sol datées et assez peu perturbées est rare en Amérique du Nord et elle contribue à la compréhension de l’occupation humaine et des changements environnementaux depuis la fin de la dernière glaciation, il y a 12,500, jusqu’à il y a 1,000 ans;
- les couches de sol les plus profondes contiennent une combinaison d’éléments qui ne se trouve nulle part ailleurs au Canada, dont des outils en pierre paléo-indiens, des os d’animaux de la dernière glaciation, des évidences de chasse au bison et deux squelettes pratiquement complet de corbeaux qui pourraient témoigner des systèmes de croyances très anciens. Les couches de sol supérieures illustrent une présence humaine presque continue après la période paléo-indienne et fournissent des données comparatives clés pour l’étude des occupations humaines anciennes de l’Ouest canadien;
- l’analyse génétique des restes de bisons a permis d’acquérir de nouvelles connaissances sur les espèces de bison et sur les migrations humaines et animales de la fin de la période glaciaire. L’emplacement septentrional du site suggère qu’il se trouvait le long de l’une des premières routes de migration vers le nord;
- pour les Premières Nations Dane-zaa, intendants du lieu, il s’agit d’un site spirituel et il est emblématique de leur longue occupation de la région de la rivière de la Paix.
Tse’K’wa, aussi connu sous le nom de la grotte du lac Charlie, est un site archéologique exceptionnel et un rare exemple canadien d’un site paléo-indien doté d’un profil stratigraphique exceptionnellement bien conservé et comprenant des vestiges archéologiques qui, d’après la datation par le carbone 14, remontent à environ 12,500 à 1,000 ans dans le passé. Ces vestiges permettent d’établir la chronologie des changements environnementaux postglaciaires qui ont eu lieu dans la région il y a de ça plus de 10,000 ans, comme la transformation d’un environnement typique des prairies en un environnement forestier, et témoignent de l’occupation humaine continue de ce secteur. Les analyses d’ADN d’os de bison trouvés dans les couches de sol les plus profondes montrent que des populations génétiquement distinctes situées au nord et au sud des inlandsis au cours de la période de glaciation ont ensuite partagé le même territoire. La présence d’une pointe de projectile cannelée semblable à celles trouvées plus au sud suggère que des humains ont migré du sud plutôt que du nord pour s’installer dans la région. En outre, la découverte de deux squelettes de corbeaux relativement intacts suggère qu’ils pourraient avoir été enterrés délibérément et donc possiblement être liés à des pratiques précoces fondées sur des croyances. Cette trouvaille particulière renforce l’importance de ce site pour les Premières Nations de la région, puisque le corbeau est un personnage important qui transmet des leçons de vie dans de nombreux récits autochtones.
Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbal, juin 2019.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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