Archéologie
Lieu historique national York Factory
Le secret de l'entrepot de York Factory
L'octogone du pergélisol
On procède actuellement à des travaux archéologiques importants à l'immeuble le plus imposant de lieu historique national York Factory, sur la côte de la Baie d'Hudson. L'entrepôt actuel contruit entre 1831 et 1838 de la Baie d'Hudson est le plus vieux et le plus grand bâtiment de bois au Canada érigé sur un sol gelé en permanence ou pergélisol. Le bâtiment est d'une importance historique nationale. Les artefacts et les vestiges du bâtiment racontent l'histoire des employés de la Compagnie de la Baie d'Hudson qui vivaient et travaillaient à York Factory à la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle. La stratégie de gestion et de conservation à long terme de l'entrepôt élaborée par Parcs Canada, prévoit des travaux de stabilisation et de réparation. On a entrepris des fouilles archéologiques en 1991 pour inventorier les vestiges du bâtiment enterrés dans le pergélisol et pour sauver des artefacts qui pourraient être endommagés au cours des travaux de réparation.
L'octogone mis au jour
Bien sûr, tous les objets ensevelis ont été soulevés en même temps que le pergélisol. En 1991, les archéologues du Parcs Canada qui oeuvraient entre les solives du plancher à l'intérieur de l'entrepôt ont découvert des vestiges bien préservés du «vieil octogone» construit entre 1788 et 1795 au même endroit où se trouve l'entrepôt. En 1992, on a découvert d'autres vestiges de l'octogone dans les tranchées d'isolation et de drainage creusées à l'extérieur de l'entrepôt.
L'octogone avait la forme d'un fort (figure 2). À chaque coin, il y avait une structure à cinq côtés appelée flanquement. Entre chacun de ces flanquements, il y avait des remises rectangulaires qui servaient de courtines. On pouvait défendre les fortifications de ce genre en tirant à partir des flanquements, le long des murs extérieurs des courtines. On ne pouvait entrer dans l'octogone que par l'entrée principale, et pour se rendre aux flanquements et aux courtines, il fallait passer la cour.
En 1831, après n'avoir servi que 35 ans, l'octogone devait être remplacé. Sa fragilité était attribuable à sa maçonnerie et à sa fondation de briques rigides ainsi qu'à ses solides murs de briques et de bois. Ce type de bâtiment convenait bien au climat britannique, mais n'avait pas la souplesse nécessaire pour résister aux gonflements et aux pressions du pergélisol du nord canadien. Ainsi, la fondation et la structure se sont rapidement détériorées et le bâtiment était devenu inutilisable.
Les artefacts découverts
Les artefacts de l'octogone sont intéressants en raison de l'endroit où on les a découverts et de leur nature même. Les artefacts ont été trouvés sous une couche organique noire exposée dans les tranchées d'isolation à l'extérieur de l'entrepôt et sous le plancher. La couche organique est constituée de déchets qu'on jetait à l'époque avec désinvolture, probablement par les fenêtres, au pied des murs de l'octogone.
Vestiges de l'octogone
Les archéologues ont été surpris de découvrir des vestiges bien conservés de l'octogone, étant donné que le bâtiment a été démoli vers 1831 et que les vestiges ont été perturbés par les réparations et la construction de l'entrepôt ainsi que par les soulèvements continuels dus au gel. Parmi les vestiges, on compte: des caves qui se trouvaient sous chacun des quatre flanquements (seuls trois caves figuraient sur le plan de 1786), des semelles de fondation des édifices de flanquement destiné aux officiers et aux hommes, une fondation de foyer ou de cheminée, des fondations des courtines, des semelles de fondation et ce qui pourrait être un four de la cuisine datant de 1810, et une profonde décharge de déchets entourant l'octogone.
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