La valeur du caribou

Parc national Wapusk

Le caribou et les savoirs autochtones

Dix caribous se tiennent sur l’herbe près d’un plan d’eau, tandis que deux oiseaux volent près d’eux.
Les femelles et leurs faons.

Les populations autochtones (telles que les Inuits, les Cris, les Dénés et les Métis) de Churchill et d’autres régions dépendent du caribou. Le caribou est utilisé pour l’alimentation, les vêtements, les cérémonies et bien d’autres choses encore.

Les membres de ces communautés ont transmis, de génération en génération, des renseignements qu’on appelle « connaissances écologiques traditionnelles ». Voici quelques exemples des connaissances qui ont été transmises.

Valeur économique

L’exploitation du caribou crée des débouchés économiques pour les peuples autochtones. Comme vous le verrez ci-dessous, le caribou tout entier est utilisé comme nourriture ou comme outil. Le caribou contribue à créer des possibilités d’échange et de vente de pièces et de nourriture.

Valeur des outils et des vêtements

Trois caribous marchent dans l’herbe.
Des femelles.

Comme nous l’avons mentionné, le caribou ne sert pas seulement à l’alimentation. Des parties du caribou sont utilisées pour créer d’étonnants outils, vêtements et abris.

En utilisant le caribou tout entier au moment de sa récolte, les peuples autochtones peuvent fabriquer des biens et compter sur des matériaux durables. Nombreux sont ceux qui perpétuent les traditions grâce aux connaissances traditionnelles qui leur ont été communiquées par les aînés et les gardiens du savoir.

Valeur nutritionnelle

Manger du caribou fraîchement récolté, chassé de manière respectueuse, est beaucoup plus nourrissant que de manger des aliments importés. Les peuples autochtones qui chassent le caribou veillent à ce que leur viande soit congelée correctement, de sorte qu’elle ne se détériore jamais et que son goût reste frais!

Valeur culturelle

Le caribou occupe une place centrale dans la vie de nombreux peuples autochtones. Les enfants peuvent découvrir le caribou par l’intermédiaire des traditions orales, où le caribou occupe une place centrale dans les contes, les chansons, les prières et bien d’autres choses encore.

De plus, les enfants apprennent à reconnaître l’importance de cet animal par l’intermédiaire de traditions physiques, telle la chasse, qui sont souvent transmises par leurs aînés. Les aînés les initieront à chasser le caribou – à le chasser oui, mais à le faire avec respect.

Par ailleurs, le caribou et sa migration sont au cœur du savoir autochtone. Les schémas de migration nous renseignent sur l’état des terres et sur la manière dont cet état peut influer sur la récolte, ainsi que sur les schémas des autres animaux de la région.

La chasse au caribou rassemble les communautés, car les chasseurs partagent leur récolte. Elle donne aux communautés la possibilité d’explorer les terres et ce qu’elles offrent.

 

Bois de caribou sur le sol et lever de soleil à l’horizon.
Un caribou adulte mâle est bien visible au premier plan; derrière lui, le troupeau.

 

Pour assurer la protection du parc et des animaux qu’il abrite, nous devons également travailler en partenariat avec les communautés autochtones qui vivent dans les alentours du parc national Wapusk.

Parcs Canada a organisé une série d’ateliers réunissant des partenaires autochtones (Cris, Dénés, Inuits et Métis), des universitaires et des représentants du gouvernement pour discuter des moyens de travailler ensemble à la protection du caribou.

Voici quelques éléments clés à retenir :

  • Sensibiliser les Autochtones et les Non-Autochtones à l’importance du respect du caribou.
  • Apprendre aux jeunes à chasser avec respect et à ne pas gaspiller la récolte.
  • Respecter le caribou en attendant le passage du premier troupeau, puis chasser des individus des autres groupes.
  • Supprimer les effets néfastes de l’industrie (hydroélectricité, mines, routes et oléoducs).
  • Inviter les aînés à raconter leurs histoires et à transmettre leurs enseignements, comme les origines du caribou.
  • Répondre au besoin d’augmenter la superficie totale des habitats et des zones protégés.
  • Continuer à cerner et à combler les lacunes en matière de connaissances, tant sur le plan scientifique que sur celui des savoirs autochtones.

Parties du caribou

Voyons ce que l’on peut faire avec les parties du caribou!

Nourriture

Quatre caribous se tiennent debout dans l’herbe.
Les femelles et leurs faons.
  • Les organes internes sont nettoyés et utilisés comme viande, bouillie ou rôtie.
  • La plus grande partie de la chair est coupée en lanières et séchée. De cette manière, la viande est légère, compacte et nutritive, et elle ne s’abîme pas (idéale pour les aliments de randonnée).
  • La moelle osseuse (située à l’intérieur des os) est bouillie pour en extraire la graisse. Elle est délicieuse dans les bouillons et les soupes.
  • Les sabots sont bouillis pour faire de la gelée.
  • La seule partie du caribou qui n’est généralement pas consommée est les poumons, qui sont utilisés comme résidus, mêlés à d’autres aliments pour nourrir les chiens.

Vêtements

Gros plan sur le perlage de la fourrure de caribou.
Art réalisé avec de la fourrure de caribou.
  • Les vêtements sont fabriqués à partir de peau de caribou, de babiche (cordon ou laçage en peau de caribou) et de tendon (fibres musculaires).
  • Les poils rigides, ondulés et creux offrent une excellente protection contre le vent et une bonne isolation.
  • La peau de caribou peut être transformée en parkas, en chemises, en pantalons, en bottes, en mitaines et en robes, souvent décorés de piquants de porc-épic et de perles.
  • Les tendons sont encore plus résistants que la babiche. Les tendons peuvent servir à fabriquer des cordes d’arc, des harnais pour chiens et de la corde.

Abri

  • Les abris d’hiver sont fabriqués à partir de peaux de caribou (tannées avec la fourrure). Un abri typique utilise de 10 à 15 peaux.
  • Les peaux séchées avec la fourrure sont utilisées comme matelas de couchage, tapis de sol et robes.
  • De plus, les poils de caribou peuvent être utilisés dans les matelas et les oreillers.

 

 

 

 

Rendez-vous avec les caribous!

Les meilleures peaux de caribou sont récoltées à l’automne, car elles ne sont pas trouées par les mouches.

 

 

Illustration de la mascotte de Parcs Canada, Parka, qui montre un livre ouvert.

 

Outils

  • Les os nettoyés peuvent être transformés en de nombreux outils tels que des couteaux, des lames et des lances.
  • Les os peuvent également être sculptés pour fabriquer des aiguilles et des hameçons.
  • Le cuir brut est utilisé pour fabriquer des housses de tambour, des étuis à couteaux et des seaux.
  • Les bois sont utilisés pour fabriquer des cuillères, des flèches, des coupes, des manches de couteau et des boutons.

Récipients de stockage

  • L’estomac et la vessie des caribous sont lavés et utilisés comme récipient de stockage pour la nourriture et l’eau.
  • Les récipients fabriqués à partir de l’estomac peuvent être remplis d’eau pour être chauffés sur des pierres de cuisson chaudes.
  • La babiche peut être tissée pour fabriquer des sacs en filet.

Entrevue avec Heather Spence-Botelho

Une employée de Parcs Canada en uniforme.

Heather Spence-Botelho est une tisseuse aux connaissances traditionnelles. Sa famille et ses ancêtres chassaient le caribou dans la région de Churchill à l’automne et en hiver. Elle utilise toutes les parties du caribou, de la viande qu’elle partage avec ses aînés et sa famille, au tannage traditionnel des peaux et à la fabrication d’outils à partir de pattes de caribou. Heather utilise les bois du caribou pour fabriquer des boucles d’oreilles et d’autres objets d’art. Elle attache une grande importance au respect des récoltes et enseigne aux jeunes avec lesquels elle travaille à faire de même. Voici ce qu’elle avait à dire sur le caribou :

Te souviens-tu de la première fois que tu as vu un caribou?

Lorsque j’étais enfant à Churchill, les caribous s’approchaient très près de la communauté. Quand j’étais petite, je me souviens avoir vu un caribou traverser la route, littéralement! J’ai vu des aînés et des chasseurs ramener leur récolte de caribous à la maison, et j’ai observé comment ils préparaient la viande pour la partager et la cuisiner.

Pourriez-vous donner des exemples de ce que vous avez fait avec du caribou?

Je prépare un délicieux sauté de caribou; mes recettes préférées sont celles de ma tante, qui a les meilleures recettes rapides.

Qui vous a appris à récolter le caribou et à l’utiliser pour fabriquer ces choses?

Mon frère, mon oncle et mes collègues chasseurs m’ont appris à chasser le caribou. Je vais chasser avec eux, ce qui me permet d’abattre mon propre caribou; ensuite, ils me guident pour ce qui est des techniques de dépeçage sur le terrain.

Qu’est-ce que vous préférez à propos du caribou?

Ce que je préfère, c’est observer les caribous de loin. Tous les caribous que je vois ne sont pas destinés à la chasse. L’observation d’un seul caribou ou de tout un troupeau est incroyable, et me permet de voir comment ils migrent et travaillent en groupe.

Pourquoi le caribou est-il important à vos yeux?

Le caribou, c’est le maintien d’une vie traditionnelle dans un monde en perpétuelle évolution. J’aime les méthodes naturelles de récolte du caribou qui permettent d’obtenir une viande saine et maigre, ainsi que tous les autres beaux cadeaux qu’offre le caribou : la peau pour la couture ainsi que les bois et les os pour les bijoux et les cadeaux pour mes amis et ma famille.

Que pouvons-nous faire pour protéger le caribou?

Enseigner la chasse respectueuse! Ne prenez que ce dont vous avez besoin, écoutez vos aînés et utilisez chaque partie de votre récolte de caribou. Ne chassez les mâles que lorsque c’est possible!

 

Gros plan sur deux boucles d’oreilles perlées en forme de larme.
Gros plan sur deux boucles d’oreilles perlées de forme ovale.

 

Activité : Nommer les outils

Graphique illustré montrant un caribou au centre et des flèches pointant vers des graphiques représentant, dans le sens des aiguilles d’une montre et en partant du haut, un kayak, le visage tatoué d’un Autochtone, une ancre pour traîneau, un arc et une flèche, un seau d’eau, un tambour à main, une personne dormant dans un sac de couchage sur une couverture, un chien tirant un traîneau, une mitaine, un étui à fusil, un sac de chasse, une tente, un manteau chaud avec un capuchon doublé de fourrure, une paire de pantalons et une botte.
Reprise de la publication The Beaver par D.B. Marsh, 1942.

 

 

 

On peut faire beaucoup de choses avec un caribou!

Pouvez-vous identifier chaque outil sur cette page?

 

Solution

 

Pantalons : Des pantalons douillets comportant de la fourrure de caribou à l’intérieur ou à l’extérieur.

 

Illustration d'une paire de pantalons.
Illustration d'un manteau chaud avec un capuchon doublé de fourrure.

 

Artiggi : Il s’agit d’un parka d’hiver très chaud. Les poils courts sont utilisés à l’intérieur du parka, et les poils plus longs sont utilisés sur la couche extérieure.

 

 

Chaussettes : On fabrique des chaussettes avec de la fourrure de caribou à l’intérieur pour qu’elles soient douillettes et chaudes.

 

Illustration d'une botte.
Illustration d'une tente.

 

Tente : On construit des tentes en plaçant plusieurs peaux de caribou sur des branches qui sont utilisées comme poteaux afin de créer la structure de la tente.

 

 

Étui à fusil : Les étuis sont fabriqués en peau de caribou pour protéger les armes des intempéries.

 

Illustration d’un fusil enveloppé dans une peau de caribou en guise d’étui.
Illustration d'un sac de chasse.

 

Sac de chasse : Ce sac en peau de caribou est souvent rempli d’animaux, d’outils et de nourriture.

 

 

Mitaine : Les pattes de caribou sont séchées, raclées et cousues en mitaines. Des poils peuvent aussi être cousus autour de l’ouverture de la mitaine.

 

Illustration d'une mitaine.
Illustration d'un arc et une flèche.

 

Arc et flèches : Les arcs et les flèches sont très importants pour la chasse. Les arcs sont fabriqués à partir de bois de cervidés, et les flèches, de bois de cervidés, d’os et de tendons.

 

 

Harnais : Les harnais sont faits de peaux de caribou cousues serrées les unes aux autres. On peut également fabriquer des toboggans avec des peaux et des bois de caribou. Pour se nourrir, les chiens mangent souvent du caribou, du phoque, du poisson et de la baleine.

 

Illustration d'un chien tirant un traîneau.
Illustration d'un kayak.

 

Kayak : Bien que les kayaks sont faits de branches, ils sont recouverts de peau de caribou pour garder le passager au chaud.

 

 

Ancres à traîneaux : Des ancres à traîneaux sont utilisées pour ancrer les traîneaux dans la glace en cas de vents violents. Elles sont fabriquées avec des bois de caribou. Les bois sont aussi utilisés pour fabriquer des arcs et des flèches.

 

Illustration d’un bois de caribou dont l’une des extrémités a la forme d’une griffe à deux branches, utilisé comme ancre pour traîneau.
Illustration d’un seau rempli d’eau.

 

Seau à eau : Fabriqué en peau de caribou.

 

 

Tambours : Les tambours sont fabriqués avec de la peau de faon, c’est-à-dire de la peau de jeune caribou. La peau ne doit pas présenter de trous et doit être bien tendue.

 

Illustration d'un tambour à main.
Illustration d'une personne dormant dans un sac de couchage sur une couverture.

 

 

Sac de couchage : Les peaux de caribous femelles sont utilisées pour fabriquer des couvertures et des sacs de couchage, car le cuir est doux.

 

 

Tatouages : Les muscles longs et épais situés à l’arrière des pattes du caribou sont transformés en tendons et en fils. Ce fil est trempé dans de l’huile de phoque et de la suie, enfilé dans une aiguille en os de caribou et utilisé pour réaliser des tatouages symboliques sur les visages et les mains, qui présentent différentes significations.

 

Illustration d'un visage tatoué d’un Autochtone.

 

Collecte respectueuse et hommage au caribou

La récolte du caribou est respectueuse, car les chasseurs utilisent les connaissances traditionnelles, souvent transmises par les aînés, qui expliquent comment chasser et récolter le caribou de manière respectueuse.

La récolte respectueuse consiste à :

  • Respecter la terre – savoir où la chasse est autorisée et ne pas laisser de traces.
  • Faire la distinction entre les mâles et les femelles – les mâles devraient être récoltés plutôt que les femelles afin que la population de caribous soit en bonne santé.
  • Ne pas faire de ventes commerciales – cela pourrait conduire à une chasse excessive. Ne prendre que ce dont on a besoin!
  • Ne laisser aucune trace de sa récolte – entre autres, récupérer les animaux morts ou blessés et laisser la terre et les eaux propres.
  • Utiliser les connaissances écologiques traditionnelles – pour mieux comprendre la terre et adopter des pratiques de récolte respectueuses.
  • Récolter la viande de caribou avec soin – s’assurer que chaque partie est utilisée.
  • Utiliser toutes les parties – rien ne reste inutilisé. Chaque partie du caribou peut être utilisée, que ce soit pour manger, se tenir au chaud ou s’abriter, ou encore comme outil.

Existe-t-il d’autres moyens de pratiquer une récolte respectueuse?


Merci de votre participation et de vous être renseignés sur le troupeau du cap Churchill et le parc national Wapusk.

Il s’agit d’un travail qui n’est jamais terminé. Continuez à vous informer pour aider à protéger cet animal extraordinaire!

Pour obtenir plus de renseignements sur les caribous qui vivent dans le parc national Wapusk et sur les travaux en cours pour protéger leur habitat, veuillez consulter notre site Web.


Cette trousse éducative est le fruit d’efforts collaboratifs pour informer et éduquer sur les caribous dans le grand écosystème du parc national Wapusk, un objectif établi lors des ateliers sur les caribous. Cela a été rendu possible grâce à la recherche collaborative et à l’échange de connaissances entre Parcs Canada, le gouvernement du Canada, le gouvernement du Manitoba, l’Université de la Saskatchewan, la Première Nation York Factory, la Nation crie de Fox Lake et la Fédération métisse du Manitoba.

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