Résumé climatique

Parc national Wapusk

À propos du parc national Wapusk

Le parc national Wapusk est situé sur la rive de la baie d’Hudson dans le Nord-Est du Manitoba. Il se trouve sur le territoire visé par le Traité no 5, des terres traditionnellement utilisées par les Cris, les Dénés, les Inuit et les Métis de la rivière Rouge. Le parc représente la région des basses terres de la baie d’Hudson et de la baie James; un paysage de transition écologique entre la forêt boréale et la toundra arctique et entre l’eau douce et l’eau de mer. Les vastes tourbières du parc jouent un rôle important dans le piégeage du carbone et sont parsemées de mares de toundra peu profondes qui contribuent à la grande diversité des habitats. Le parc national Wapusk protège l’une des plus grandes aires de mise bas des ourses polaires au monde et l’aire de mise bas du troupeau de caribous du cap Churchill. Le site est également une halte migratoire majeure pour plus de 200 espèces d’oiseaux.

 

Plage d’altitude : 0 à 86 m
Superficie : 11,475 km2
Latitude : 58.7° N
Longitude : 93.2° O

Changements de température

Comme ailleurs au Canada, le parc national Wapusk, se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter au rythme actuel, la température annuelle moyenne du parc devrait augmenter d’environ 4 à 6 degrés par rapport au passé récent d’ici 2051-2080. Les effets du réchauffement climatique comprennent des températures moyennes plus chaudes, plus de jours de chaleur extrême, et moins de jours en dessous de zéro par an. Bien que la hausse des températures contribue à l’élévation du niveau de la mer, les répercussions dans le parc national Wapusk devraient être minimes, car les terres continuent de s’élever en raison du relèvement isostatique. Selon un scénario à émissions élevées, le niveau relatif de la mer ne devrait augmenter que d’environ 8 cm d’ici 2070. En plus d’influencer les taux d’élévation du niveau de la mer à l’échelle régionale, un climat plus chaud intensifiera sans doute certaines conditions météorologiques extrêmes, ce qui augmentera la gravité des vagues de chaleur, des sécheresses et des feux de forêt dus à l’augmentation des températures estivales sans augmentation correspondante des précipitations estivales. De plus, les températures plus élevées réduiront la durée et l’étendue de la couverture de glace marine et d’eau douce.

Changements dans les précipitations et la disponibilité en eau

Selon les projections, les précipitations annuelles totales devraient augmenter dans le parc national Wapusk. Toutefois, les changements dans les précipitations ne sont pas constants d’une saison à l’autre, la plus grande augmentation se produisant dans les mois d’hiver et les précipitations estivales demeurant pratiquement inchangées. Les modèles prévoient également une augmentation du nombre de précipitations extrêmes (p. ex. des épisodes de fortes précipitations) au cours de la même période. Par exemple, on s’attend à ce que la quantité maximale de pluie tombée sur une période de 5 jours augmente de 18 % dans le cadre d’un scénario à émissions élevées, par rapport à la quantité du passé récent. Les changements saisonniers de température et de précipitation (voir le « Diagramme climatique ») se combineront probablement pour affecter la profondeur et la durée du manteau neigeux, le dégel du pergélisol, le débit des cours d’eau, le niveau d’eau des milieux humides et des lacs. Par exemple, la hausse des températures hivernales peut entraîner une augmentation des précipitations sous forme de pluie plutôt que sous forme de neige et modifier le moment, la durée, et l’ampleur des débits de pointe des cours d’eau au printemps.

Lumière sur les impacts : Changements climatiques et ours polaires

Ours polaire femelle et ourson, PN Wapusk
Ours polaire femelle et ourson, PN Wapusk
Photo : © Thorston Milse. Tous droits réservés.

Les changements climatiques réduisent l’habitat de la glace de mer, ce qui pose un sérieux problème aux ours polaires. Dans l’ouest de la baie d’Hudson, la saison sans glace s’est allongée de près d’un mois depuis les années 1980, ce qui laisse moins de temps aux ours polaires pour chasser les phoques qui se reproduisent sur la glace et constituer les réserves de graisse dont ils ont besoin pour survivre et élever leurs petits. Les femelles gestantes du parc national Wapusk sont particulièrement touchées, car elles dépendent de ces réserves pendant les huit mois qu’elles passent dans leur tanière. Cependant, la collecte continue de connaissances nous aide à mieux comprendre comment les ours polaires s’adaptent.

Valeurs climatiques projetées pour le parc national Wapusk

Variable

Passé Récent1

1961 à 1990

Avenir À Emissions Modérées2

2051 à 2080

Avenir À Emissions Élevées2

2051 à 2080

Température annuelle moyenne

-5,8 oC

(-6,1 – -5,6)

-1,5 oC

(-2,3 – 0,9)

0,3 oC

(-0,9 – 2,7)

Jours au-dessus de 25oC

7

(5 – 8)

20

(15 – 33)

27

(20 – 46)

Jours de glace3

183

(181 – 185)

161

(149 – 167)

152

(136 – 162)

Précipitations totales

522 mm

(511 – 530)

594 mm

(552 – 631)

606 mm

(586 – 676)

Jours de précipitations > 1mm4

140

(137 – 143)

155

(146 – 171)

160

(149 – 181)

Degrés-jours de croissance (5oC)5

705

(665 – 732)

1145

(1003 – 1448)

1370

(1156 – 1670)

Saison sans gel (jours)

87

(83 – 90)

119

(104 – 136)

130

(113 – 152)

Cycles de gel-dégel

47

(45 – 48)

43

(39 – 52)

43

(38 – 52)


 

Les valeurs en gros caractères représentent la médiane d’un ensemble de 26 modèles climatiques; les valeurs entre parenthèses représentent les valeurs du 10e et du 90e centile.

1 Des simulations de modèles historiques ont servi au calcul des valeurs du passé récent.

2 L’« avenir à émissions modérées » correspond au profil SSP2-4.5 et l’« avenir à émissions élevées » au profil SSP5-8.5. Le profil SSP1-2.6 décrit le réchauffement dans un contexte d’émissions beaucoup plus faibles.

3 Le nombre de jours où la température quotidienne maximale n'excède pas 0 °C.

4 Le nombre de jours avec des précipitations quotidiennes totales supérieures à 10 mm.

5 Les degrés-jours de croissance (DJC) fournissent un indice de la quantité de chaleur disponible pour la croissance des plantes et des insectes. Les DJC s'accumulent à chaque fois que la température quotidienne moyenne est supérieure à 5 °C.

Le diagramme climatique montre les valeurs des températures et des précipitations mensuelles pour le passé (1961 à 1990) et pour le scénario d’un avenir à émissions élevées (SSP5-8.5 ; de 2051 à 2080). Les valeurs représentent la moyenne d’un ensemble de 26 modèles climatiques calculée pour le parc national Wapusk. Remarque : Ce graphique ne montre que la valeur moyenne de l’ensemble et ne présente pas la gamme des projections des modèles individuels.

Description de l'image

Le diagramme climatique montre que la température augmente pendant les mois d’été, atteignant son maximum en août, et qu’elle diminue pendant les mois d’hiver, atteignant son minimum en février. Les précipitations varient de 85 à 194 mm tout au long de l’année. Par rapport à la période de 1961 à 1990, les températures varient de 3 à 4 degrés de plus au cours de la période de 2051 à 2080, la plus grande différence étant observée en juillet, ce qui indique que le réchauffement le plus important a lieu en été. Par rapport à la période de 1961 à 1990, les niveaux de précipitations sont également jusqu’à 26 mm plus élevés pour la période de 2051 à 2080.

Regard vers l’avenir

L’ampleur du réchauffement futur dépend de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Afin de prendre en compte l’incertitude des émissions futures, les modèles climatiques utilisent différents scénarios, appelés « trajectoires communes d’évolution socio-économiques (SSPs, de l’anglais Shared Socio-economic Pathway) ». Le profil SSP1-2.6 est un scénario à faibles émissions, caractérisé par des réductions rapides des émissions et une politique axée sur le développement durable. Dans ce scénario, les émissions atteignent leur maximum vers 2020 et diminuent jusqu’à zéro vers le milieu du siècle. Dans le scénario modéré SSP2 4.5, le développement socioéconomique se poursuit selon les schémas actuels et les émissions atteignent leur maximum vers 2050 avant de diminuer. Le scénario SSP5-8.5 représente un scénario à émissions très élevées caractérisé par la poursuite d’un développement économique fondé sur les combustibles fossiles. Dans ce scénario, les émissions augmentent tout au long du siècle.

Au sujet des données

Conformément à la pratique courante, les données présentées ici proviennent d’un ensemble de 26 modèles climatiques mondiaux du projet CMIP6, mis à l’échelle de 6 km par 10 km suivant la méthode MBCn. Les valeurs représentent les moyennes spatiales calculées pour le parc et les moyennes temporelles sur deux périodes de 30 ans (de 1961 à 1990 et de 2051 à 2080). Le tableau récapitulatif au verso présente les valeurs médianes, les 10e et 90e centiles pour l’ensemble des modèles climatiques, ce qui permet de mettre en évidence la gamme des projections des modèles. Pour obtenir une description complète des données et de la méthode de modélisation, ou pour télécharger des données supplémentaires, consultez le site DonneesClimatiques.ca.

Basées sur les données de Ressources naturelles Canada; les projections concernant le changement relatif du niveau de la mer sont présentées par décennie (2010-2100) par rapport aux conditions de 1986-2005.

Impacts éventuels des changements climatiques et mesures d’adaptation possibles

Les changements climatiques auront un effet sur tous les programmes relevant du mandat de Parcs Canada. Il existe de nombreux impacts éventuels liés aux conditions climatiques prévues pour le parc national Wapusk dans l’avenir. Le tableau ci-dessous présente quelques exemples des conditions et des impacts qui sont prévus, ainsi que des mesures d’adaptation possibles. Parcs Canada collabore avec des partenaires autochtones pour élaborer et mettre en œuvre des mesures d’adaptation aux changements climatiques. Parcs Canada utilise ces informations, ainsi que le savoir autochtone, pour mieux gérer les opérations dans les lieux historiques nationaux, les parcs nationaux et les aires marines nationales de conservation, ainsi que les services offerts aux visiteurs.

Au parc national Wapusk, cette collaboration est guidée par le Conseil de gestion du parc national Wapusk, qui aide à intégrer respectueusement le savoir autochtone dans la prise de décision dans les domaines de programme décrits dans le tableau.

 

Programme de Parcs Canada

Condition climatique future

Exemple d’impact éventuel

Exemple de mesure d’adaptation possible

Patrimoine naturel

Augmentation des températures

Déplacements de l’aire de répartition des espèces

Cartographier les changements dans la répartition et l’abondance des espèces afin d’éclairer la planification de la conservation

Patrimoine culturel

Dégel et dégradation du pergélisol

Les ressources culturelles sont endommagées ou perdues en raison de l’évolution des conditions du pergélisol

Continuer à documenter les ressources culturelles à risquent d’être endommagées ou perdues afin de préserver les connaissances sur le patrimoine culturel

Expérience du visiteur

Évolution des saisons

Les changements saisonniers compliquent davantage l’accès à ce parc déjà isolé

Proposer d’autres activités au centre d’accueil des visiteurs de Churchill afin de mobiliser et d’éduquer les visiteurs sur les répercussions des changements climatiques

Santé, sécurité et mieux-être

Augmentation des températures (perte de glace de mer)

Augmentation des conflits entre les humains et la faune

Veiller à ce que les visiteurs et le personnel soient conscients des risques et renforcer la capacité à intervenir en cas de conflits entre les humains et la faune

Biens bâtis

Augmentation de la gravité des tempêtes

Dommages accrus aux installations et aux infrastructures de recherche

Prendre en compte les effets des changements climatiques lors de l’élaboration des plans de gestion des biens

 

Remerciements

Nous remercions DonneesClimatiques.ca et PAVICS pour avoir fourni les données climatiques utilisées dans ce document. Pour plus de détails sur les projections climatiques, veuillez consulter le site DonneesClimatiques.ca.

Pour obtenir des renseignements sur ce Résumé climatique, veuillez communiquer avec nous à l’adresse suivante : changementclimatique-climatechange@pc.gc.ca


Avis de non-responsabilité : Sa Majesté le Roi du Canada, représenté par le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et le ministre responsable des Langues officielles, ne garantit ni l’exactitude ni l’exhaustivité des renseignements (« les données ») contenus dans le présent document, et n’assume aucune responsabilité à l’égard de tout dommage ou de toute perte découlant de l’utilisation ou de l’interprétation de ces données.

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