Archives

Inuksuk sur l’île de Baffin

Quelques-uns des nombreux inuksuit à Inuksugalait (pointe Enukso). © Ansgar Walk / Juillet 2002
Pour la semaine du lundi 23 octobre 2023

Le 23 octobre 1969, le gouvernement du Canada désigne Inuksuk à Inuksugalait (Inuksugasalik ou pointe Enukso) comme lieu historique national. Le site à Inuksugalait compte de nombreux Inuksuit (ou inukshuk; singulier inuksuk). Il s’agit de cairns soigneusement érigés, de tailles et de formes variables, qui racontent les histoires de la culture inuite. Ils jouent divers rôles, notamment celui de repères servant à orienter, à indiquer une présence spirituelle, à diriger le déplacement des animaux ou à commémorer un événement important.

Inuksugalait se trouve à quelque 88,5 kilomètres de Kinngait (Cape Dorset) au Nunavut sur la péninsule Foxe de l’île de Baffin. Les structures en pierres font partie intégrante des cultures arctiques depuis bien avant l’arrivée des néo-Inuit, les ancêtres des Inuit contemporains qui, partis de l’Arctique de l’Ouest, ont migré vers l’est vers la fin du XIIe siècle. À Inuksugalait, dans ce paysage rocheux dépourvu d’arbres, on peut apercevoir près d’une centaine de cairns dont l’âge, le style et la taille varient grandement (certains mesurant jusqu’à deux mètres de haut).

Les inuksuit ont plusieurs fonctions, parfois pratiques et parfois spirituelles, qui changent au fil du temps. Ils représentent les connaissances ancestrales du territoire. Les inuksuit sont des points de repère essentiels à la vie des Inuit, et sont habituellement érigés à proximité de sites favorables à la pêche ou à la chasse au phoque et au caribou. En plus d’indiquer des sources de nourriture, les inuksuit sont construits par les chasseurs pour avertir les futurs voyageurs de possibles dangers. Ils constituent des structures importantes pour la culture inuite et ne sont jamais démolis.

Pour ériger un inuksuk, il faut choisir soigneusement les pierres une à une, puis les assembler comme un casse-tête en trois dimensions de façon à former une sculpture rocheuse. Les variations sont nombreuses. Souvent, il y a une ouverture, comme une fenêtre, qui dirige le regard vers un bon endroit où chasser. Les sakamaktat sont de hauts cairns que les ancêtres inuit utilisaient pour conserver la viande hors de portée des chiens de chasse. Les tikkuuti sont faits de longues pierres horizontales pointant dans une direction pour aider les voyageurs à trouver leur chemin. Les inunnguaq ont une forme humaine et sont utilisés pour témoigner d’un drame. D’autres servent à des fins spirituelles, marquant un endroit ayant une valeur cérémonielle. Tous les inuksuit sont des objets de vénération et nombre d’Inuit et d’endroits leur doivent leur nom. Les inuksuit que l’on voit aujourd’hui servent à rappeler le lien ancestral des Inuit au territoire.

Depuis quelques années, des inunnguaq sont souvent utilisés par des non-Inuit comme un symbole du Nord du Canada, mais, contrairement aux inuksuit traditionnels, ils ne représentent pas la continuité de la culture inuite qui a traversé les millénaires.
Exemple d’un inunnguat à Kinngait, que l’on peut distinguer des autres inuksuit par les deux pierres verticales à la base qui ressemblent à des jambes. © Charles Gimpel / Bibliothèque et Archives Canada / mai 1968 / R10187-1261-7-E
Inuksuk est désigné lieu historique national en 1969. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC) conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration de lieux historiques nationaux qui peuvent inclure une variété de sites historiques tels que des jardins, des ensembles de bâtiments et des paysages culturels.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens et des Canadiennes pour identifier des lieux, des personnes et des événements d’importance historique nationale. Tout membre du public peut proposer un sujet à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Voyez comment participer à ce processus.

Apprenez-en plus au sujet de l’approche de Parcs Canada sur l’histoire publique en consultant Le cadre pour l’histoire et la commémoration (2019) sur notre site web.
Date de modification :