Pour la semaine du 8 juin 2026.
Le 8 juin 2007, le programme du satellite Alouette 1 est désigné événement historique national par le gouvernement du Canada. En 1962, le Canada devient le troisième pays au monde à concevoir et à fabriquer son propre satellite, derrière les États-Unis et l’Union soviétique. Alouette 1 est le résultat d’une conception innovante et fait progresser la compréhension scientifique de l’atmosphère terrestre.
En 1958, aux tout premiers débuts de l’exploration spatiale par les humains, l’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace des États-Unis (NASA) envisage une coopération internationale. Le Conseil des recherches pour la défense du Canada propose donc de construire un satellite scientifique à Ottawa. En 1959, la NASA accepte de le transporter pour le placer en orbite une fois qu’il est complété. Le physicien John H. Chapman supervise la conception et la construction de ce satellite, que le Conseil de recherches appellera Alouette 1.
Le satellite Alouette 1 est conçu pour faciliter l’exploration scientifique de l’ionosphère. Cette couche de l’atmosphère est située à une distance d’environ 50 à 1 000 kilomètres de la surface de la Terre. Elle est composée d’atomes chargés d’énergie provenant du Soleil et de rayons cosmiques. Ces atomes chargés reflètent les ondes radioélectriques vers la Terre et permettent ainsi la radiocommunication à longue distance. De plus, ils protègent la vie sur Terre en absorbant les rayons nocifs du Soleil.
À l’époque, les scientifiques en sont encore à chercher les technologies les mieux adaptées à l’exploration spatiale. Le satellite Alouette 1 propose des technologies innovantes. Il est presque entièrement recouvert de photopiles pour une alimentation constante. Ces photopiles sont faites d’un verre spécial qui filtre les rayons infrarouges susceptibles de faire surchauffer le satellite. Le satellite est par ailleurs équipé d’un nouveau type d’antenne extensible très durable qui est déployée en orbite. Son efficacité est telle que ce type d’antenne est installé sur presque tous les satellites canadiens et américains pendant 20 ans, en plus d’être intégré à la conception des capsules Mercury, Gemini et Apollo. Tous les composants d’Alouette 1 font l’objet d’essais approfondis à de nombreuses installations pour confirmer que le satellite peut supporter les violentes secousses lors du lancement ainsi que les températures extrêmes et le rayonnement dans l’espace.
Après 3 ans et demi de planification et de préparation, Alouette 1 est prêt dans les délais prescrits et son coût s’élève à près de 3 millions de dollars. À la fin de l’été 1962, le satellite est transféré à la base aérienne de Vandenberg, en Californie, où il fait l’objet d’inspections finales. Enfin, le 29 septembre, la NASA propulse Alouette 1 dans l’espace à bord de la fusée américaine Thor-Agena B.
Le parcours d’Alouette 1 surpasse toutes les attentes. À l’origine, le satellite doit entreprendre une mission de 3 mois et sa durée de vie est estimée à un an. Toutefois, il continue de fonctionner et de recueillir des données précieuses jusqu’à sa mise hors service en 1972. Lors de sa décennie dans l’espace, Alouette 1 contribue à enrichir les connaissances scientifiques sur l’ionosphère, notamment l’influence qu’elle exerce sur la Terre et les processus qui ont mené à sa formation. Les données fournies par le satellite ont mené à la publication de plus de 1 200 articles et rapports scientifiques dans le monde entier.
Le succès d’Alouette 1 fait du Canada un chef de file dans l’exploration spatiale. Le Conseil des recherches pour la défense du Canada et la NASA poursuivent leur collaboration et envoient 3 autres satellites dans l’espace au cours de la décennie suivante : Alouette 2 (1965), ISIS 1 (1969) et ISIS 2 (1971). Grâce à l’expérience acquise lors de la conception d’Alouette 1, le Canada a pu concevoir des satellites commerciaux de télécommunications.