Cette semaine en histoire

Participation des Forces canadiennes au raid de Dieppe en 1942

Péniche de débarquement se dirigeant vers Dieppe durant l’Opération Jubilee, le 19 août 1942. © Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA 171080-u

Pour la semaine du 17 août 2026.

Le 19 août 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), les Forces canadiennes participent à une importante attaque amphibie sur le port de Dieppe, en France, alors occupé par les Allemands. Dans le cadre de ce raid, qui porte le nom de code d’« Opération Jubilee », les Alliés veulent attaquer les positions allemandes en faisant débarquer des troupes et des chars venus par la mer, puis battre rapidement en retraite une fois leurs objectifs atteints. Le pénible raid va plutôt durer neuf heures et se solder par un désastre : les Alliés n’arrivent pas à surmonter les défenses allemandes, et moins de la moitié des troupes rentre en Angleterre.

Le plan conçu au Quartier général des opérations combinées britannique prévoit la prise, par des commandos britanniques, du port de Dieppe ainsi que de Puys et de Pourville, dans le nord de la France. On souhaite ainsi établir un périmètre défensif, détruire des installations militaires de même qu’obtenir des renseignements sur les défenses allemandes et la technologie des radars. Les Britanniques comptent également voler tout ce qu’ils pourront trouver sur la nouvelle machine Enigma afin de faciliter le travail des cryptographes : pièces, livres de codage, tableaux de chiffrement, feuilles de clés et machines proprement dites. Après avoir atteint ces objectifs, les forces alliées comptent se replier vers l’Angleterre. À l’été 1942, l’Armée canadienne n’a pas encore combattu en Europe, et les troupes, tout comme certains Canadiens au pays, commencent à s’impatienter. Influencé par des pressions politiques, le lieutenant-général Harry Crerar offre donc que la 2e Division d’infanterie canadienne participe au raid de Dieppe.

Tôt le matin du 19 août, 179 péniches de débarquement alliées traversent la Manche accompagnées de 58 navires de la Marine royale britannique, dont huit destroyers. Environ 83 % (ou 5 000) des militaires qui prennent place à bord sont membres de la 2e Division d’infanterie canadienne. Les Canadiens s’occupent de six des huit sites de débarquement du raid. Aux deux sites de Dieppe, 29 chars du Calgary Regiment sont chargés de couvrir l’infanterie sur la plage dégagée. La force de débarquement bénéficie également du soutien de 74 escadrons de la Royal Air Force et de l’Aviation royale canadienne.

Lorsqu’elles atteignent les plages, les forces alliées doivent cependant composer avec le feu nourri des artilleurs allemands. Ils reçoivent des tirs de mortier et sont décimés par des mitrailleurs abrités par des bunkers de béton sur de hautes falaises. De nombreux Canadiens sont touchés avant même de débarquer. Ceux qui réussissent à gagner la plage n’ont aucune protection, et beaucoup doivent donc battre en retraite. Des digues bien défendues de trois mètres de hauteur entravent également la progression des soldats. Ceux qui transportent le matériel devant servir à franchir ces digues sont tués ou blessés avant d’atteindre leur but, et les survivants ont du mal à trouver le matériel sous le feu roulant de l’ennemi. Arrivés avec dix minutes de retard, les chars réussissent à s’avancer au-delà de la plage de Dieppe, mais le matériel d’infanterie qui aurait dû servir à ouvrir une brèche dans les barricades bloquant les rues n’a pas suivi, et ils sont donc pris au piège sur la promenade. Après des heures de combat, à court de munitions, ils se replient sur la plage pour couvrir l’infanterie.

Seuls quelques Canadiens parviennent à entrer dans la ville de Dieppe. Le débarquement à Pourville est plus fructueux, mais les Canadiens subissent des pertes importantes lors de la prise de la ville. En fin d’avant-midi, il est évident que les soldats restants ne pourront pas capturer ou détruire tous leurs objectifs, et le commandement allié leur ordonne de battre en retraite. En neuf heures, 907 Canadiens ont été tués et 2 460 autres ont été blessés, portés disparus ou faits prisonniers de guerre.

Soldats canadiens rentrant en Angleterre après le raid de Dieppe. © Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-210153

Le raid canadien sur Dieppe a été désigné événement historique national en 2000. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration d’événements historiques nationaux qui évoquent des moments, épisodes, mouvements ou expériences significatifs dans l’histoire du Canada.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Obtenir plus d’informations sur la façon de participer à ce processus

 

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