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Peter Pitseolak (vers 1902-1973)

Peter Pitseolak dans l’atelier de textile. © Charles Gimpel / Bibliothèque et Archives Canada / e004922708

Pour la semaine du lundi 13 novembre 2023.

Le 13 novembre 1981, le gouvernement du Canada désigne Peter Pitseolak personnage historique national. Pitseolak (« guillemot » en inuktitut) est un artiste, photographe et historien des environs de Kinngait, dans la partie sud de l’île de Baffin, aussi appelé Sikusilaq et Cape Dorset. Il joue un rôle important dans la consignation des expériences vécues et des pratiques culturelles des Inuit de l’Est à une période de grande transformation.

Peter Pitseolak est né sur Tujjaat (île Nottingham), située dans le détroit d’Hudson vers 1902 . Jeune homme, il travaille pour la Compagnie de la Baie d’Hudson. En 1946, il quitte son emploi pour fonder un foyer avec son épouse Aggeok à Kiattuuq, au nord de Kinngait. En hiver, les Inuit vivent dans des igluit (« maison » au pluriel en inuktitut) ( et chassent le phoque et le morse. En été, ils se déplacent vers l’intérieur des terres où ils montent des tentes faites de peaux, pêchent, pratiquent le piégeage, chassent le caribou et sèchent leurs prises afin d’assurer leur subsistance pendant les mois où la nourriture est moins abondante .

Dans les années 1950 et 1960, les Inuit de la région commencent à se regrouper à Kinngait dans le cadre d’une campagne de relocalisation menée par le gouvernement fédéral. De nombreux parents déménagent parce qu’on leur dit que leurs enfants doivent aller à l’école et qu’ils ne veulent pas être séparés d’eux. D’autres personnes déménagent à Kinngait à cette période pour participer à ce qui est maintenant la Kinngait Co-operative, récemment fondée, qui permet aux Inuit d’organiser et d’enseigner la production commerciale d’œuvres d’art et de lancer d’autres entreprises. La centralisation n’est toutefois pas sans conséquences, puisque le gouvernement impose une réglementation dans la région. Sans avoir consulté les Inuit, les autorités adoptent de nouvelles lois sur le gibier qui restreignent la capacité des Inuit de chasser librement sur les terres de leur patrie et sans avoir un traité. De plus, les Inuit qui s’installent à Kinngait doivent s’adapter à une économie salariale instable qui ne peut subvenir aux besoins de tout le monde toute l’année, ce qui pousse nombre d’entre eux à recourir à l’aide gouvernementale pour survivre .

Pitseolak prend sa retraite en 1961 et demeure à Kinngait afin de pouvoir se donner à son art . Depuis des années, il sculpte la pierre et incise l’ivoire de manière à façonner des humains, des animaux et des êtres surnaturels . Traditionnellement, les Inuit sculptent la pierre à savon, l’ivoire et d’autres matières pour fabriquer des outils, des amulettes, des pièces de jeux ou des jouets. Pitseolak commence à s’adonner à la gravure en 1939, après avoir été initié à cette forme d’art par John Buchan, le fils du gouverneur général du Canada, qui vit sur l’île de Baffin en 1938 et en 1939 . Pitseolak crée un éventail de dessins. Certains donnent vie aux récits traditionnels inuits grâce à un mélange d’images et de textes en inuktitut, et d’autres racontent la transformation de la vie dans le Nord au milieu du XXe siècle, vu la présence accrue d’Euro-Canadiens et de leurs technologies .

L’une de ces technologies est la photographie, qu’utilise Pitseolak pour consigner la vie des Inuit sur l’île. Dans les années 1930 , il commence à se prendre en photo et à photographier sa famille portant des vêtements traditionnels inuit. Il crée des méthodes novatrices afin de développer les photographies à l’intérieur d’un iglu(« maison » au singulier en inuktitut), utilisant des lampes à l’huile de phoque munies d’un filtre qu’il a conçu à partir de lunettes de soleil . Il est à l’origine d’un autre document montrant les coutumes et les croyances des Inuit, intitulé People From Our Side, qui est en partie mémoire et en partie histoire de la région de Kinngait. Le livre est publié deux ans après son décès en 1973, avec l’aide de Dorothy Eber, écrivaine du domaine des arts et spécialiste de l’histoire orale, originaire de Montréal.

Au début des années 1980, Pitseolak est bien connu dans le Sud du Canada pour ses œuvres d’art et ses photographies. Son travail fait l’objet d’une reconnaissance importante en 1980 lors d’une exposition itinérante majeure présentée par le Musée McCord de Montréal intitulée « Peter Pitseolak (1902-1973), chroniqueur inuit de Seekooseelak », laquelle reçoit des critiques élogieuses. De nos jours, Peter Pitseolak est encore tenu en grand honneur à Kinngait, où l’école secondaire porte son nom.

 


« Les périls de la mer » par Peter Pitseolak. © Bibliothèque et Archives Canada/Fonds de l’Office national du film/e011177406

Peter Pitseolak est désigné personnage historique national en 1994. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration des personnages d’importance historique nationale – des personnes qui ont contribué de manière exceptionnelle et durable à l’histoire du Canada.

Le Programme national de commémoration historique compte sur la participation de la population pour la mise en candidature de lieux, d’événements et de personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent soumettre un sujet à l’examen de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Voyez comment participer à ce processus.

Apprenez-en plus au sujet de l’approche de Parcs Canada sur l’histoire publique en consultant Le cadre pour l’histoire et la commémoration (2019) sur notre site web.
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