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Elizabeth Muriel Gregory « Elsie » MacGill (1905-1980)

Elsie MacGill en 1946. © Ashley & Crippen / Bibliothèque et Archives Canada / PA-148464

Pour la semaine du 24 mars 2025.

Le 27 mars 1905, Elizabeth Muriel Gregory (Elsie) MacGill voit le jour à Vancouver, en Colombie-Britannique. Ses contributions au domaine de l’ingénierie aéronautique ainsi qu’à la reconnaissance et à la promotion de l’égalité des femmes au Canada sont considérables.

MacGill est la fille d’Helen Gregory MacGill, la première femme juge en Colombie-Britannique, et de James Henry MacGill, un avocat bien connu. En 1927, Elsie MacGill devient la première femme à obtenir un diplôme en génie électrique au Canada, décerné par l’Université de Toronto. Elle est également la première femme en Amérique du Nord à obtenir une maîtrise en génie aéronautique, décernée en 1929 par l’Université du Michigan, et ce, après avoir attrapé la poliomyélite. Une fois rétablie, elle poursuit ses études au Massachusetts Institute of Technology.

En 1934, MacGill commence à travailler comme ingénieure adjointe en aéronautique chez Fairchild Aircraft Limited à Longueuil, au Québec. Puis, en 1938, elle est embauchée comme ingénieure aéronautique en chef à la Canadian Car & Foundry (Can-Car) à Fort William, en Ontario (aujourd’hui Thunder Bay). Elle y devient la première femme à concevoir un aéronef, le Maple Leaf Trainer II.

Chez Can-Car pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), MacGill supervise la production de plus de 1 400 Hawker Hurricane, l’un des plus importants avions de chasse des Alliés. MacGill instaure des techniques de production de masse, lesquelles entraînent une augmentation considérable du nombre d’avions construits. De plus, elle apporte des modifications novatrices à la conception de l’aéronef qui permettent de l’utiliser pour la première fois dans des conditions hivernales; ces innovations lui valent alors le surnom de « Queen of the Hurricanes » (reine des Hurricane). En 1941, elle remporte la Médaille Gzowski de l’Institut canadien des ingénieurs pour sa publication intitulée « Factors Affecting the Mass Production of Aeroplanes ». Elle quitte Can-Car en 1943. Peu de temps après, elle épouse Bill Soulsby, ancien directeur de l’usine, qui a quitté l’entreprise au même moment qu’elle. 

MacGill travaille comme consultante privée à Toronto pendant des dizaines d’années, devenant une figure de proue de l’industrie aéronautique. En 1946, elle devient la première femme à occuper un poste de conseiller technique auprès de l’Organisation de l’aviation civile internationale. Tout au long de sa carrière, elle contribue à des projets comme la rédaction de règlements internationaux sur la navigabilité aérienne pour les aéronefs commerciaux et participe à des comités en aéronautique du Conseil national de recherches; elle est par ailleurs la première femme membre de plusieurs organisations d’ingénierie.

MacGill milite pour l’avancement des femmes. Elle œuvre au sein de plusieurs organisations, notamment comme présidente provinciale et nationale de la Fédération canadienne des Clubs des femmes de carrières commerciales et professionnelles. De 1967 à 1970, elle est l’une des commissaires de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada. À ce titre, elle revendique l’égalité sur le lieu de travail, l’accès aux méthodes de planification des naissances, la décriminalisation de l’avortement et une indépendance financière accrue pour les femmes.

Dans les années qui suivent, MacGill continue de s’impliquer au sein de plusieurs organisations de femmes et fait pression pour que soient adoptées les recommandations de la Commission royale. En 1971, elle reçoit l’Ordre du Canada. Elle reçoit également des doctorats honorifiques de l’Université de Toronto, de l’Université de Windsor, de l’Université Queen’s et de l’Université York. Tout au long de sa vie, Elsie MacGill ne cesse d’apporter de remarquables contributions au domaine de l’ingénierie aéronautique et de faire progresser l’égalité des femmes; elle meurt à Cambridge, au Massachusetts, le 4 novembre 1980.

Elizabeth Muriel Gregory « Elsie » MacGill et Helen Gregory MacGill sont désignées personnages historiques nationaux en 2007 et en 1998, respectivement. La Canadian Car & Foundry est désignée lieu historique national en 2010. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration de personnages historiques nationales – des individus qui ont apporté des contributions uniques et durables à l’histoire du Canada, et d’événements historiques nationaux qui évoquent des moments, épisodes, mouvements ou expériences significatifs dans l’histoire du Canada. 

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens et des Canadiennes pour identifier des lieux, des personnes et des événements d’importance historique nationale. Tout membre du public peut proposer un sujet à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Voyez comment participer à ce processus.

 

 

Apprenez-en plus au sujet de l’approche de Parcs Canada sur l’histoire publique en consultant Le cadre pour l’histoire et la commémoration (2019) sur notre site web.
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