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Da.a xiigang (Charles Edenshaw) (vers 1839-1920)

Charles Edenshaw avec quelques-unes de ses œuvres à Massett, Colombie-Britannique, vers 1890. © Musée canadien de l’histoire, Fonds Marius Barbeau, article no 88926. Reproduit avec la permission du Musée Haida Gwaii à Kay Llnagaay.

Publié initialement le 27 mai 2024.

Le 27 mai 1971, le gouvernement du Canada désigne Da.a xiigang (Charles Edenshaw) personnage historique national. Il est un artiste prolifique de l’archipel de Haida Gwaii, dans la région Nord-Ouest du Pacifique, dont les œuvres contribuent à la préservation de la culture haïda à une époque où elle est très menacée.

Il voit le jour à HlGaagilda (Skidegate) vers 1839. Le premier des nombreux noms qu’il reçoit au cours de sa vie est Da.a xiigang, qui signifie « bruit dans la fosse de maison » en Xaayda kil (le dialecte de Skidegate). Il est connu plus tard sous le nom de Nang qwi.igee tlaa.ahls (« ils ont fait dix potlatchs pour lui ») en raison des festins que ses parents organisent pour l’honorer et rehausser son statut au sein de la société haïda. Son père est Tl’aajaang quuna, un habile sculpteur et constructeur de canots du clan du Corbeau de Skidegate, et sa mère est Q’àaw quunaa, du clan de l’Aigle Saangga.ahl Sta'stas du village Kiusta.

La société haïda est matrilinéaire, ce qui signifie que les enfants appartiennent au même lignage que leur mère. Ils naissent donc dans le clan de leur mère et y sont élevés et éduqués. En conséquence, l’artiste passe une grande partie de son enfance sous la garde du frère de sa mère. Gwaaygu 7anhlan (Albert Edward Edenshaw) est un chef de clan Sta’stas et un chef important dans de nombreux villages du nord, portant le titre héréditaire de chef 7idansuu. Il contribue au développement artistique de Da.a xiigang en lui enseignant la culture et l’histoire haïdas ainsi qu’en lui transmettant possiblement des techniques de sculpture, de gravure et de forgeage des métaux aux côtés de John Robson. Da.a xiigang et Gwaaygu 7anhlan survivent à des épidémies dévastatrices dans les années 1860 et quittent K’iusta et Kang peu après, s’installant finalement à Gaaw (Old Masset). En 1883, Da.a xiigang (Charles) et sa femme, Qwii.aang (Isabella), se convertissent au christianisme et se marient le même jour qu’Albert Edward Edenshaw et sa femme. Dans la société matrilinéaire haïda, les titres héréditaires sont transmis du chef au premier fils de sa sœur aînée. Ainsi, à la mort d’Albert Edward Edenshaw, Charles Edenshaw hérite de son poste de chef 7idansuu en 1894. Il n’organise pas de potlatch et ne dresse pas de poteau commémoratif, car ces cérémonies sont interdites à l’époque.

L’art de Charles Edenshaw évoque les racines profondes des Haïdas sur Haida Gwaii ainsi que leur relation étroite avec leurs terres et leurs eaux. Ses œuvres représentent des emblèmes haïdas et des éléments de l’histoire des clans ou de K’ayga - des récits qui couvrent l’histoire entière des Haïdas depuis l’époque des êtres surnaturels. Il aide donc à préserver la culture haïda à une époque où elle est très menacée. L’introduction de maladies infectieuses au contact des Européens a des conséquences dévastatrices pour les Haïdas. Leur population passe d’environ 20 000 personnes à la fin du XVIIIe siècle à moins de 600 à la fin du XIXe siècle. En même temps, le Canada s’efforce de réprimer les cultures autochtones. Des modifications apportées à la Loi sur les Indiens en 1885 interdisent les potlatchs et autorisent la confiscation d’objets cérémoniels. Charles Edenshaw ne peut donc pas produire d’objets cérémoniels pour les Haïdas, mais peut les vendre à des collectionneurs non autochtones.

Le style de Charles Edenshaw se caractérise par des lignes fluides, des formes interconnectées, un jeu avec l’espace négatif et la création de différentes textures à l’aide de techniques telles que les hachures croisées, les lignes simples et le rainurage. Il utilise une grande variété de supports, y compris le bois, le métal, l’argilite, l’ivoire, la pierre et la peau d’animal, et fait appel à diverses techniques comme le dessin, la peinture, la sculpture, la gravure et d’autres formes d’art. À de nombreuses reprises, il collabore avec sa femme Qwii.aang en peignant des motifs sur des paniers, des chapeaux et d’autres objets finement tressés qu’elle créés à partir de racines d’épicéa. Plusieurs de leurs descendants suivent leurs traces et deviennent des artistes renommés, notamment leur fille Florence Edenshaw Davidson, leur arrière-arrière-petit-neveu Bill Reid et leurs arrière-petits-fils Robert Davidson et James Hart. Ce dernier a hérité de la chefferie des Sta’stas, devenant le chef 7idansuu en 1999.

Petit objet cérémoniel confectionné par Charles Edenshaw vers 1899. Les matériaux utilisés comprennent de l’aulne, du cèdre, de la coquille d’ormeau, des plumes de pic, de la fibre végétale, de la racine d’épicéa et du métal. © Musée canadien de l’histoire, numéro d’artefact VII-B-690. Reproduit avec la permission du Musée Haida Gwaii à Kay Llnagaay.
Charles Edenshaw est désigné personnage historique national en 1971. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration des personnages d’importance historique nationale – des personnes qui ont contribué de manière exceptionnelle et durable à l’histoire du Canada.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Voyez comment participer à ce processus.

Apprenez-en plus au sujet de l’approche de Parcs Canada sur l’histoire publique en consultant Le cadre pour l’histoire et la commémoration (2019) sur notre site web.
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