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Onondeyoh (Frederick Ogilvie Loft) (1861-1934)

Onondeyoh (Frederick Ogilvie Loft). © Bibliothèque et Archives Canada / Canada. Ministère de la Défense nationale / MIKAN 3629837.

Pour la semaine du 3 février 2025.

REMARQUE : Le système des pensionnats autochtones est un sujet pouvant causer des traumatismes évoqués par des souvenirs d’abus passés. Le gouvernement du Canada reconnaît la nécessité d’établir des mesures de sécurité afin de minimiser le risque de déclencher une réaction à l'évocation de violences passées. Une ligne d’écoute téléphonique des pensionnats autochtones a été établie au niveau national pour apporter du soutien aux anciens élèves des pensionnats. Vous pouvez obtenir de l’information sur le site Web ou accéder en tout temps à des services de soutien affectif et d’aiguillage en situation de crise en composant le : 1-866-925-4419.

Le 3 février 1861 naît Onondeyoh (Frederick Ogilvie Loft), fils de George Rokwaho Loft et d’Ellen Smith, membres de la Première Nation Six Nations of Grand River, dans le Sud-Ouest de l’Ontario. Il sert dans le Corps expéditionnaire canadien au cours de la Première Guerre mondiale (1914-1918), puis joue un rôle important dans la défense des droits des Autochtones dans les années qui suivent. 

En 1873, Onondeyoh (qui signifie « belle montagne ») fréquente le Mohawk Institute, un pensionnat autochtone situé à Brantford, en Ontario. Ce pensionnat, comme tous les autres, vise à assimiler les enfants autochtones et à étouffer leur culture. Les conditions de vie y sont déplorables.Onondeyoh évoquera ultérieurement l’un des nombreux problèmes qui ont marqué son passage à cet endroit : « En hiver, les chambres et les lits étaient tellement froids qu’il me fallait la moitié de la nuit avant d’avoir assez chaud pour réussir à m’endormir. » Au bout d’un an, il est transféré dans une école publique de Caledonia, la ville voisine. Élève brillant, il obtient une bourse pour fréquenter l’Ontario Business College de Belleville en 1885. Dès les années 1890, il demande au surintendant général des affaires indiennes d’abolir les pensionnats et d’améliorer l’éducation dispensée aux enfants des Premières Nations. 

Pendant la Première Guerre mondiale, Onondeyoh encourage les hommes autochtones à s’enrôler dans le Corps expéditionnaire canadien, comme il le fait lui-même en 1917, bien qu’il soit trop âgé pour le service militaire. Il est d’abord affecté au 256e Bataillon d’infanterie, puis devient lieutenant dans le Corps forestier canadien. Environ 4 000 hommes des Premières Nations (soit 35 %) enfilent l’uniforme pour défendre un pays qui ne leur accorde pas tous les droits et libertés de la citoyenneté. En 1917, la Confédération des Six Nations accorde à Onondeyoh l’honneur de « chef de l’Arbre de la paix » pour son rôle de leader, faisant ainsi de lui un représentant officiel du conseil. Son nouveau statut lui permet d’obtenir une audience auprès du roi George V au palais de Buckingham en 1918 au cours de laquelle il évoque la question de l’autonomie des Premières Nations.

De retour au Canada en 1918, Onondeyoh dirige la formation de la League of Indians of Canada, la première organisation politique nationale destinée à représenter tous les peuples des Premières Nations. Cette même année, l’organisation tient une réunion régionale à Ohsweken, en Ontario, et les discussions s’articulent autour du non-respect des droits issus des traités et de l’expropriation des terres de réserve. Cette réunion est suivie de la première réunion nationale, qui a lieu à Ketegaunseebee (Première Nation de Garden River) en 1919. La League of Indians of Canada est réprimée par le ministère des Affaires indiennes, qui applique les limites strictes établies dans la Loi sur les Indiens. Cette loi restreint la façon dont l’organisation peut dépenser ses fonds et interdit d’engager des dépenses pour recourir à des avocats ou à d’autres moyens juridiques. Parallèlement, le ministère des Affaires indiennes tente en vain d’émanciper Onondeyoh, ce qui lui ferait perdre son « statut d’Indien » au sens de la Loi.

Onondeyoh quitte le Canada en 1926 pour aller s’occuper de sa femme, malade, aux États-Unis. Lorsqu’il revient à Toronto au début des années 1930, il reprend son militantisme et poursuit ses activités jusqu’à sa mort en 1934. La League of Indians of Canada ne dure que quelques années, mais elle renaît des années plus tard sous le nom de National Indian Brotherhood, qui devient l’Assemblée des Premières Nations en 1982.

Onondeyoh (Fred Loft) est désigné personnage historique national en 2019. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration de personnages historiques nationales – des individus qui ont apporté des contributions uniques et durables à l’histoire du Canada.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens et des Canadiennes pour identifier des lieux, des personnes et des événements d’importance historique nationale. Tout membre du public peut proposer un sujet à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Voyez comment participer à ce processus.

Apprenez-en plus au sujet de l’approche de Parcs Canada sur l’histoire publique en consultant Le cadre pour l’histoire et la commémoration (2019) sur notre site web.
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