Événement historique national de l'Administration du rétablissement agricole des Prairies

Colons qui quittent les fermes du sud de la Saskatchewan pendant les sécheresses, 1930
Des colons quittent les fermes des zones de la « ceinture sèche » du sud de la Saskatchewan, se déplaçant le long de la route n° 4 au nord de Battleford vers le district de Meadow Lake-Loon Lake, 1930
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-044575 / Droits d'auteur : expirés

L’Administration du rétablissement agricole des Prairies a été désigné événement historique national en 2025.

Importance historique : programme fédéral visant à atténuer les répercussions des graves sécheresses et de l’érosion des sols dont sont victimes de nombreuses familles d’agriculteurs et d’éleveurs des provinces des prairies pendant la Grande Dépression des années 1930.

Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1

L’Administration du rétablissement agricole des Prairies

Créé en 1935, l’Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP) est un programme fédéral qui vise à atténuer les répercussions des graves sécheresses et de l’érosion des sols dont sont victimes de nombreuses familles d’agriculteurs et d’éleveurs du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta pendant la Grande Dépression. Son succès, notamment par la mise en œuvre d’initiatives d’élevage et la présentation aux citoyens de techniques agricoles de pointe, repose sur une entreprise complexe et en grande partie coopérative entre tous les ordres de gouvernement et les citoyens. Conçu comme une mesure temporaire et établi parallèlement à plusieurs initiatives fédérales, ce programme est une fonction permanente du gouvernement pendant plus de 70 ans et joue un rôle dans d’importants projets d’irrigation et d’aménagement hydrique dans les provinces des Prairies. En 1945, l’initiative élimine les effets dévastateurs de l’érosion des sols et façonne la viabilité des terres des Prairies. Si, au fil du temps, le programme a des effets positifs durables sur la conservation de l’environnement et de l’eau dans la région, certaines initiatives de l’ARAP ont eu des effets négatifs sur les communautés autochtones.

 

Tempête de poussière à l'aéroport Pearce, en Alberta, 1942
Tempête de poussière à l'aéroport Pearce, en Alberta, 1942
© Permission de Glenbow Library and Archives Collection / Fond Will Fairfield / Library and Cultural Resources Digital Collections / University of Calgary / CU1102491 / Domaine public

 

Adoptée au Parlement le 17 avril 1935, la Loi sur le rétablissement agricole des Prairies est conçue pour coordonner une réponse efficace et aider les agriculteurs touchés par de graves conditions de sécheresse pendant la Grande Dépression des années 1930. L’ARAP, mise en place par la loi de 1935, joue un rôle déterminant dans les efforts déployés pour contrer efficacement l’exode rural puisqu’en 1936, environ 13 900 fermes sont abandonnées, ce qui représente quelque 3 millions d’acres (environ 1.2 millions d’hectares) de terres agricoles laissés à l’abandon. Par la réalisation d’études scientifiques, le recours à des connaissances environnementales et la promotion de pratiques agricoles ciblées, l’ARAP met en place un programme global afin de résoudre les problèmes d’érosion des sols, de pénurie d’eau et de préservation des sols. L’ensemencement de graminées pour développer des pâturages communautaires, la promotion de l’agriculture en bandes pour lutter contre l’érosion éolienne des sols, l’aménagement de mares-réservoirs et la plantation de brise-vent autour des fermes comptent parmi les programmes importants de l’ARAP. Même s’il faut un certain temps pour surmonter les difficultés logistiques, dans l’ensemble, les décisions politiques de l’ARAP et sa promotion de pratiques agricoles ciblées contribuent à résoudre la crise environnementale. Après les années 1940, l’ARAP participe à plusieurs grands projets d’aménagement hydraulique, dont la création de systèmes d’irrigation reliés aux rivières St. Mary, Bow et Saskatchewan Sud.

 

Bâtiments agricoles abandonnés pendant une période de sécheresse, dans le sud-est de l'Alberta, 1937
Bâtiments agricoles abandonnés pendant une période de sécheresse dans le sud-est de l'Alberta, 1937
© Permission de Glenbow Library and Archives Collection / Library and Cultural Resources Digital Collections / University of Calgary / CU194444 / Domaine public
Deserted farm buildings during droughts in southeastern Alberta, 1937
Bâtiments agricoles abandonnés pendant une période de sécheresse dans le sud-est de l'Alberta, 1937
© Permission de Glenbow Library and Archives Collection / Library and Cultural Resources Digital Collections / University of Calgary / CU194527 / Domaine public

 

Si la plupart des travaux de l’ARAP sont bien perçus, ils ont des conséquences fâcheuses pour certains Peuples Autochtones. À la fin des années 1930, les résidents de la communauté Métis de Ste. Madeleine, au Manitoba, se sont vus dépossédés de leurs terres en vue de l’aménagement de pâturages communautaires. De plus, pour faciliter la réalisation du projet du barrage Gardiner dirigé par l’ARAP sur la rivière Saskatchewan Sud, « Mistasiniy », un bloc erratique d’origine glacière millénaire ayant une importance sacrée pour différents Peuples Autochtones des Plaines est détruit malgré les appels lancés en faveur de son déplacement. L’inondation de terres de réserve dans le cadre de plusieurs autres projets de barrages en Saskatchewan se traduit également par la disparition de ressources particulièrement précieuses qui soutenaient les pratiques économiques et culturelles traditionnelles des Premières Nations.

L’ARAP est dissoute en 2009 et ses activités sont confiées à d’autres organismes fédéraux et provinciaux. Les pâturages communautaires sont soit vendus à des particuliers par les gouvernements provinciaux, intégrés dans des programmes de pâturages communautaires provinciaux ou rétrocédés au gouvernement fédéral à des fins de conservation de la faune et de la flore.

« La reconnaissance de l’Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP) en tant qu’événement d’importance historique nationale illustre l’importance du courage et de la ténacité, de la recherche scientifique et de l’adaptation de la communauté dans la conception de techniques agricoles viables qui s’inscrivent dans les possibilités du paysage et de la culture et les élargissent. Il est essentiel de reconnaître également l’impact négatif des initiatives de l’ARAP et du développement agricole en général sur les communautés autochtones. À mesure que les agricultures autochtone et occidentale se renforcent, les enseignements tirés de l’ARAP continueront de fournir des indications essentielles sur la voie à suivre. »

Merle Massie, Ph. D.
Directrice administrative de la Fondation Do More Agriculture et auteure de la proposition de désignation

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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