Événement historique national des Tricoteuses-salish-de-la-côte-et-le-chandail-Cowichan

© Richard Harrington, Bibliothèque et Archives Canada, fonds du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, e011307931
Les tricoteuses salish de la côte et le chandail Cowichan ont été désignés événement historique national en 2011.
Importance historique : depuis la fin du XIXe siècle, les Cowichans combinent des techniques ancestrales du travail de la laine et des techniques de tricot pour fabriquer le chandail Cowichan, un vêtement résistant, imperméable et au style distinctif.
Plaque commémorative : parc Charles Hoey, 130, Canada Avenue, Duncan, Colombie-BritanniqueFootnote 1
Le chandail Cowichan
Depuis des générations, les Salish raffinent la préparation, le filage et le tissage de la laine de chèvre de montagne, de poils de chien et de fibres végétales. À la fin du XIXe siècle, les Cowichan allient ce savoir-faire au tricot et créent le chandail cowichan au design unique et à l’épreuve des intempéries. La transmission familiale des techniques et des motifs perpétue une belle et utile tradition textile à travers une éthique de travail assidue. Ces pratiques réjouissantes sont une source de revenus et une expression continuelle de la résilience des communautés face au colonialisme. Ce chandail est un symbole cowichan et canadien reconnu mondialement.
Quwutsun Swetu
Tu nuts’a syaay’us tu Quw’utsun Mustimuhw, ‘u kw’un’a wulh hith, nilh tu p-p’ulqun ‘i’ squxu. Ni’ thuy’tus, ni’ hwu-sthuthi’ ‘i’ ni’ sul’ut-s, so’ wutth’emutth’tus, ni hwu-swuqw’a’lh. ‘U kwus wulh tetsul tu tun takw mustimuhw ni hwu-nets’ tu sht’es kws heli-thuts tu Hwulmuhw. ‘I’ ni’ thulh ‘o’ hakwushsus tuni’ statulshuhws ‘u tu mutoulqun, to’ ne’ulh. Ni hwu ‘uy’uy’mut, tl’ehwum, lhumhwulwut swetu. Mukw’ ‘untsu ‘i ‘o’ spiputs-tum tu S-Quw’utsun’a’lh Swetu. Nilh ni’ hw-xuts-ten ‘i ‘u tun’a Thimaat Tumuhw ‘i tuna Kanat’a.

Le chandail cowichan
Au fil des générations, les peuples salish perfectionnent la manière de préparer, de filer et de tisser la laine de chèvre de montage, le poil de chien et les fibres végétales. Depuis la fin du XIXe siècle, les Cowichan allient ce savoir-faire aux techniques de tricot pour produire le chandail cowichan. La confection de ce vêtement durable, au style distinctif et offrant une bonne protection contre les intempéries contribue à la continuité culturelle et à l’identité de cette Première Nation. Le tricot constitue ainsi une source de revenus pour les familles confrontées aux épreuves causées par le colonialisme, comme la perte des ressources traditionnelles et l’incertitude de l’économie de marché postcoloniale. Travaillant toute l’année et transmettant les compétences et les motifs au sein de leur famille et d’une génération à l’autre, les tricoteuses et tricoteurs perpétuent une belle et utile tradition textile, où la joie se conjugue à une éthique de travail assidue. Le chandail cowichan est aujourd’hui un symbole de cette Première Nation et du Canada reconnu à l’échelle mondiale.

© Gracieuseté de Museum of Anthropology at UBC, Vancouver, Canada, photo par Derek Tan, numéro d'objet 927/1

© Gracieuseté de Museum of Anthropology at UBC, Vancouver, Canada, photo par Kyla Bailey, numéro d'objet Nbz839

© Gracieuseté de Museum of Anthropology at UBC, Vancouver, Canada, photo par Kyla Bailey, numéro d'objet 1247/1
Les Salish, dont les terres ancestrales se trouvent dans l’actuelle Colombie-Britannique et dans le Nord-Ouest Pacifique américain, possèdent une longue tradition de préparation et de tissage des fibres. Avant la colonisation par les Européens, les textiles tissés à partir de poils de chèvre de montagne, de poils de chien laineux et de fibres végétales occupent une place essentielle dans la vie quotidienne des Salish. Leurs couvertures, tout particulièrement, sont au cœur des rituels et des cérémonies, font l’objet de nombreux échanges avec d’autres Premières Nations et sont utilisées lors des potlatchs. À la fin du XIXe siècle, dans le sud de l’île de Vancouver en Colombie-Britannique, les Cowichan allient savoir-faire traditionnels de préparation et de filage des fibres et tricot pour créer le chandail cowichan en laine de mouton. Ces chandails au design unique prennent forme au sein des foyers, et il n’est pas rare que tous les membres de la famille participent, dans une certaine mesure, à leur confection. Les femmes et les hommes apprennent à tricoter dès un jeune âge. Bien des hommes prennent part à la préparation de la laine, tandis que le filage et la conception des motifs relèvent plus souvent du savoir-faire des femmes.
Le chandail cowichan devient une source de revenus et une expression de la résilience de la communauté face au colonialisme. Tout au long des décennies de confection des chandails, les Cowichan qui en assurent la réalisation ne reçoivent pas de rémunération proportionnelle à la popularité du vêtement ni à son prix de vente. Toutefois, les recettes tirées de la vente de ces chandails aident les familles à survivre à la perte de leurs terres et aux longues périodes d’incertitude dans une économie axée sur le salariat. Chaud, à l’épreuve des intempéries, durable et utilitaire, le chandail cowichan connaît, dès le début du XXe siècle et jusqu’à aujourd’hui, un important succès commercial au‑delà de la société salish. La manière dont il est confectionné et son style le rendent unique. En effet, sa confection exige une préparation spéciale de la laine et une conception particulière du tricot. Traditionnellement, aucun chandail n’est identique à un autre. Toujours tricoté en laine épaisse à simple brin et toujours à la main, puisque les machines ne peuvent pas reproduire ce textile ferme, il est reconnu comme l’un des types de chandails les plus distinctifs au monde.
« Le chandail Cowichan est distinctement Quw’utsun. Tricoté en une seule pièce, à la main, il représente des générations de continuité culturelle à la maison tout en mettant en valeur un savoir-faire expert à l’étranger. Pour plusieurs de nos familles, le tricot a été une bouée de sauvetage financière et un exemple puissant de l’entrepreneuriat Quw’utsun. Cette reconnaissance honore non seulement le chandail lui-même, mais aussi les tricoteuses et les familles qui ont perpétué cette tradition, même s’ils ont dû défendre leur travail contre l’appropriation et l’imitation illégales. Cet événement célèbre la force, l’habileté et la résilience tissées dans chaque maille. »
« Le chandail Cowichan reflète la créativité et les traditions culturelles vivantes des peuples Quw’utsun. Avec des racines profondes à travers le territoire Quw’utsun, elle est tissée dans l’histoire de ce lieu et demeure une expression puissante d’identité, de compétence et de lien avec le lieu. Nous sommes honorés que le parc Charles Hoey ait été choisi comme lieu pour célébrer le chandail Cowichan. Il approfondira l’apprentissage pour les résidents et les visiteurs sur la culture Quw’utsun et la compréhension de la façon dont le colonialisme a façonné et bouleversé les traditions à la fin du XIXe siècle. »
La présente fiche d’information a été rédigée au moment du dévoilement de plaque en 2026.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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