Événement historique national de la grève des houilleurs et le mardi noir de 1931 à Estevan

Une femme s'adresse à une foule rassemblée autour d'elle, vers 1931
Annie Buller s'adressant aux mineurs à Estevan, 27 septembre 1931
© The Provincial Archives of Saskatchewan, R-A32584

La grève des houilleurs et le mardi noir de 1931 à Estevan ont été désignés événement historique national en 2026.

Importance historique : grève de 30 jours représentative du profond fossé qui sépare les travailleurs et les propriétaires d’entreprises au pays dans les années 1930, et des obstacles à la syndicalisation; émeute dans le contexte polarisé de la Dépression, un legs tragique de cette décennie.

Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1

La grève des houilleurs et le mardi noir de 1931 à Estevan

En septembre 1931, les houilleurs (mineurs de charbon) de Bienfait, en Saskatchewan, déclenchent une grève lorsque les exploitants des mines refusent de reconnaître le syndicat chargé de les représenter dans leur lutte contre de maigres salaires et des conditions de travail difficiles, lesquelles sont exacerbées par les graves bouleversements économiques de la Grande Dépression. Cette grève qui dure 30 jours est représentative du profond fossé qui sépare les travailleurs et les propriétaires d’entreprises au Canada dans les années 1930, ainsi que des obstacles à la syndicalisation. Un convoi motorisé organisé par les grévistes et leurs partisans pour attirer l’attention sur leur lutte tourne au drame à Estevan lorsque des agents de police abattent trois mineurs et en blessent vingt-trois autres. Connue sous le nom de mardi noir, cette émeute met en évidence le sentiment de désespoir que vivent les travailleurs et leurs familles ainsi que le risque d’affrontement physique et de violence policière dans le contexte polarisé de la Dépression, et demeure un legs tragique de cette décennie.

Depuis des années, bien avant la crise économique de la Grande Dépression, les houilleurs qui travaillent dans la vallée de la rivière Souris doivent composer avec des salaires et des conditions de travail médiocres et injustes. En 1931, cette situation amène les mineurs de Bienfait, en Saskatchewan, à demander directement aux sociétés minières qui exploitent les gisements de charbon dans le secteur de la rivière Souris qu’elles améliorent les salaires, les conditions de travail et les logements. Comme leurs revendications restent sans réponse, ils se tournent vers l’organisation syndicale Mine Workers Union of Canada pour mener des négociations collectives avec leurs employeurs. Les exploitants des mines refusent de reconnaître le syndicat ou de participer à des négociations et, à la suite de l’échec des pourparlers, les houilleurs cessent de travailler le 8 septembre 1931 et déclarent officiellement la grève.

Une scène de rue pendant l'émeute d'Estevan du 29 septembre 1931
Une autre scène de rue pendant l'émeute d'Estevan, 29 septembre 1931
© The Provincial Archives of Saskatchewan, R-B14216 (1)-(5)

Le 29 septembre 1931, les mineurs et leurs familles organisent un convoi de voitures et de camions dans l’intention de traverser la ville d’Estevan et d’attirer l’attention du public sur leurs doléances. À l’entrée d’Estevan, un barrage policier bloque l’itinéraire prévu du convoi et force l’arrêt des véhicules. S’ensuit un affrontement de plus en plus chaotique entre les manifestants et la police locale au cours duquel le chef de police de la ville d’Estevan, A. E. McCutcheon, tire un coup de feu qui atteint et tue le mineur Nick Nargan. Alors que la violence s’intensifie, des agents de la Gendarmerie royale du Canada ouvrent le feu à leur tour. En l’espace d’environ 15 minutes, deux autres mineurs, Peter Markunas et Julian Gryshko, sont atteints mortellement et 23 autres personnes sont blessées au cours de ce qui est ultérieurement appelé le mardi noir.

Les jours qui suivent le mardi noir sont marqués par un deuil profond et une lutte acharnée pour la justice. Les funérailles des mineurs tués deviennent des témoignages solennels de solidarité, accentuant à la fois le deuil collectif et les tensions liées à la responsabilité des actes de violence. Parallèlement, plus de 30 personnes font l’objet d’accusations criminelles en lien avec l’incident survenu à Estevan, et les procès révèlent un conflit encore plus vaste entre la classe ouvrière et l’État au sujet du syndicalisme dans les gisements de charbon de la Saskatchewan. Une commission royale provinciale est mise sur pied. Elle permet aux mineurs de présenter leurs doléances, mais n’apporte que des résolutions limitées et temporaires. Même si elle prend fin en octobre 1931, après la conclusion d’une entente temporaire, cette grève de 30 jours et les répercussions qui en découlent continuent de marquer la mémoire collective et laissent un legs durable dans l’histoire des relations de travail durant la Grande Dépression.

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2026.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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