Événement historique national de L’incendie de Miramichi de 1825

© Archives provinciales du Nouveau-Brunswick / P61-277
L’incendie de Miramichi de 1825 a été désignée événement historique national en 2025.
Importance historique : gigantesque feu de forêt qui a eu des répercussions environnementales considérables, modifiant profondément les écosystèmes et affectant les colons et les Mi'kmaq; estimé un des plus vastes efforts de secours de l’histoire d'avant la Confédération.
Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1
L’incendie de Miramichi de 1825
En octobre 1825, l’incendie de Miramichi brûle, selon les estimations, quelque 15 500 km2 dans le Nord-Est du Nouveau-Brunswick, ravageant des collectivités, tuant des centaines de personnes et laissant des milliers d’autres sans-abri. On estime à quelque 50 000 livres sterling la somme recueillie pour venir en aide à l’ensemble de la colonie, ce qui est considéré comme le plus vaste effort de secours de l’histoire canadienne avant la Confédération. Ces efforts renforcent les liens entre la colonie du Nouveau-Brunswick et la Grande-Bretagne, les États-Unis ainsi que les colonies du Haut et du Bas-Canada. Ce gigantesque feu de forêt a de vastes répercussions sur l’environnement au Nouveau-Brunswick, modifiant la composition de la forêt, détruisant des habitats et tuant faune et flore. Ces changements profonds et durables de l’écosystème ont un impact sur les colons et les Mi’gmaq, dont la vie et les moyens de subsistance sont étroitement liés aux terres et aux eaux de la région de Miramichi. La colonie du Nouveau-Brunswick, et particulièrement la région de Miramichi, est le plus grand fournisseur de bois de la Grande-Bretagne jusqu’à l’année record de 1825. Après l’incendie, l’exploitation forestière se déplace vers de nouveaux territoires, tandis que l’industrie de la région de Miramichi se tourne vers le commerce du bois transformé. Parallèlement, un mouvement renouvelé en faveur de l’agriculture de colonisation comme pratique économique stable se manifeste, bien que largement infructueux.
Après plusieurs mois inhabituellement chauds et secs, l’incendie de Miramichi brûle environ un cinquième de la superficie du Nouveau-Brunswick. Le 7 octobre, il ravage les principaux établissements en bordure de la rivière Miramichi. On estime que jusqu’à 500 personnes sont mortes, sur une population d’environ 8 500 personnes. Au fur et à mesure que les messages décrivant l’événement se répandent, des individus et des organisations d’autres colonies des Maritimes, du Haut et du Bas-Canada, des États-Unis et de la Grande-Bretagne envoient des dons aux victimes. Un comité de secours distribue des fonds et des provisions à plus de 3 000 personnes au cours des six mois suivants. Cependant, rien n’indique que de l’aide a été distribuée aux communautés mi’gmaqs locales, ce qui illustre bien les attitudes discriminatoires de l’époque.
L’incendie modifie radicalement l’écosystème et le mode de vie des Mi’gmaq et des colons de la région. Le saumon, une importante source de nourriture pour les gens de la région, et d’autres populations de poissons de la rivière Miramichi connaissent une forte baisse pendant plusieurs années. Les observateurs constatent que, dans certaines zones, le sol est devenu stérile. Dans la majeure partie du secteur touché, la nature se rétablit relativement rapidement, même si le feu a sensiblement modifié la composition de la forêt. Des essences comme le pin blanc, le hêtre et l’épinette sont en déclin, tandis que le sapin baumier, le peuplier et le bouleau jaune prospèrent.
La région de Miramichi ne retrouve jamais complètement le rythme d’exportation de bois qu’elle connaît en 1825. Cette année-là, le Nouveau-Brunswick exporte quelque 417 000 tonnes de bois, mais les exportations chutent aux deux tiers de ce chiffre en 1826 et restent à ce niveau pendant plus de dix ans. La région nord-ouest de Miramichi connaît cependant la plus forte baisse de production de bois de la colonie, laquelle passe de 42 560 à 7 930 tonnes. En raison du déclin des grands arbres comme le pin blanc, l’industrie délaisse la fabrication de mâts de navires et de bois équarri et se tourne vers la transformation des petits arbres en bois d’œuvre, tel que des planches et des madriers, dans les scieries locales. La zone de coupe se trouve désormais dans la partie la plus septentrionale de la colonie ainsi que dans le Haut et le Bas-Canada où les grands arbres abondent. Les détracteurs du commerce du bois se servent de la catastrophe pour dénoncer la nature vulnérable de l’industrie, tandis que d’autres personnes voient dans les terres nouvellement défrichées des possibilités agricoles. Néanmoins, la région de Miramichi continue de privilégier l’industrie forestière, produisant du bois d’œuvre dans les scieries, puis se tournant, à la fin du siècle, vers la production de pâtes et papiers.
La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.
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