Événement historique national de l'Entraînement pour la Première Guerre mondiale au Camp Sarcee

Group of army personnel in front of tent, circa 1914
Des soldats devant une tente au camp militaire Sarcee à « Sarcee City », Calgary, Alberta, vers 1914-1916
© Glenbow Library and Archives Collection / Libraries and Cultural Resources Digital Collections / University of Calgary / Byron Harmon fonds / NA-841-405

L'entraînement pour la Première Guerre mondiale au Camp Sarcee a été désigné événement historique national en 2025.

Importance historique : l’un des plus grands camps d’entraînement du pays établi en 1915 sur des terres récemment cédées par la Première Nation des Tsuut’ina (Sarcee) et qui a laissé des séquelles à long terme; lieu de commémoration important pour l’armée canadienne du XXe siècle.

Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1

Entraînement pour la Première Guerre mondiale au Camp Sarcee

Témoignant de l’engagement du Canada vis-à-vis de la préparation à la Première Guerre mondiale, le Camp Sarcee, l’un des plus grands camps d’entraînement militaire du pays, est établi par le gouvernement canadien en 1915 sur des terres récemment cédées par la Première Nation des Tsuut’ina (Sarcee) près de Calgary en Alberta. L’entraînement pour la Première Guerre mondiale au Camp Sarcee se poursuit jusqu’en 1918 et fait partie intégrante de l’effort de guerre canadien, plus de 45 000 Canadiens y étant initiés à la vie militaire avant d’être envoyés outre-mer. L’entraînement militaire à cette base rappelle par ailleurs les pressions subies par les Premières Nations lorsque des terres faisant partie de leur territoire traditionnel et promises à leur usage exclusif sont ensuite convoitées par l’État canadien à des fins militaires, ce qui a pour conséquence des conflits persistants. Pour la Nation Tsuut’ina, dont les anciennes terres de réserve sont devenues soudainement une base d’entraînement en 1915, le Camp Sarcee a laissé des séquelles à long terme. Les marqueurs en pierres indiquant les numéros de bataillon sur la colline appelée Signal Hill, non loin de là, rappellent de manière concrète le dur labeur des Canadiens qui se sont entraînés pour la guerre et constituent un lieu de commémoration important. La longue utilisation militaire des terres du Camp Sarcee, où s’entraînent à nouveau les soldats pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, atteste de l’importance des bases d’entraînement de la Première Guerre mondiale pour l’armée canadienne du XXe siècle.

À la suite du Traité no 7 en 1877, Bullhead (aussi connu sous les noms Chula, Petit Chef et Stamixo’tokan), chef de la Nation Tsuut’ina, et son peuple s’installent en 1883 dans une réserve de 283 km2 juste au sud-ouest de Calgary. C’est là que commence la difficile transition vers un nouveau mode de vie. Les colons ne tardent pas à tenter d’acquérir les terres de réserve des Tsuut’ina et, au début du XXe siècle, la milice canadienne en pleine expansion cherche aussi à les acquérir pour les utiliser comme terrains d’entraînement. Les Tsuut’ina accordent au ministère de la Milice et de la Défense l’accès à leurs terres pour des camps d’entraînement d’été en 1910 et en 1911. Bullhead s’oppose à la vente des terres de réserve, mais, après sa mort en 1911, les Tsuut’ina acceptent en 1913 de se départir d’une portion de quelque 7 km2 dans le coin nord-est de leur réserve. Des activités militaires limitées s’y poursuivent avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale en août 1914.

 

Army barracks quarters, circa 1916
Carte postale du camp Sarcee, lignes du 137e bataillon, Calgary, Alberta, 1916
© Glenbow Library and Archives Collection / Libraries and Cultural Resources Digital Collections / University of Calgary / Eva L. McDonough fonds / pa-3574-1
Army barracks, quarters, groups and formations of army personnel, 1915
Carte postale de soldats au camp Sarcee, Calgary, Alberta, 1915
© Glenbow Library and Archives Collection / Libraries and Cultural Resources Digital Collections / University of Calgary / Ralph William McKenzie fonds / pa-2527-4

 

Lorsqu’il devient évident que la guerre exige d’importants effectifs, le gouvernement construit à la hâte des camps d’entraînement régionaux partout au pays afin de préparer les Canadiens au service militaire. Seul grand camp d’entraînement pour la Première Guerre mondiale en Alberta, le Camp Sarcee joue un rôle important dans la mobilisation de renforts canadiens pour remplacer les lourdes pertes subies sur le front occidental. Au printemps 1915, la milice construit rapidement des routes, des services publics, des cabanes pour le quartier général et des champs de tir. Les campements de bataillons peuvent accueillir jusqu’à 15 000 soldats dans des tentes coniques montées en rangées droites. L’entraînement consiste en des marches au pas de route et en des exercices militaires, ainsi qu’en des exercices avec des armes légères comme des fusils, des baïonnettes et des grenades. Les soldats apprennent aussi les notions élémentaires associées aux signaux militaires et à la lecture de cartes. Parmi les tâches et les entraînements régimentaires, les soldats du Camp Sarcee construisent de grands marqueurs rocheux représentant le numéro de leurs bataillons en plaçant des pierres sur le flanc d’une colline voisine. Un numéro en pierre de cette époque, accompagné de plusieurs autres numéros recréés, se trouve encore aujourd’hui à proximité, dans le parc Battalion de Calgary. Après des semaines ou des mois d’entraînement, les soldats se rendent en Angleterre pour se préparer davantage avant de participer aux combats.

 

Army personel group walkin in a line, 1915
Des soldats marchent près du camp Sarcee, Calgary, Alberta, 1915
© Glenbow Library and Archives Collection / Libraries and Cultural Resources Digital Collections / University of Calgary / John Harold Owen fonds / pa-3417-12
Army barracks and tents, circa 1914
Des chevaux et des fournitures près des tentes du camp Sarcee à « Sarcee City », Calgary, Alberta, vers 1914-1916
© Glenbow Library and Archives Collection / Libraries and Cultural Resources Digital Collections / University of Calgary / Byron Harmon fonds / na-841-406
 

 

Après la guerre, l’armée apporte d’autres aménagements au Camp Sarcee et utilise une partie (44,7 km2) des champs de tir et terrains de manœuvre adjacents à la réserve à des fins d’entraînement. En 1951, le ministère de la Défense nationale obtient les terres du Camp Sarcee de la Couronne et y aménage la caserne Sarcee (Harvey). Cependant, l’intérêt croissant de la Nation Tsuut’ina pour le potentiel agricole des terres est incompatible avec l’augmentation des investissements militaires, et les Tsuut’ina affirment qu’ils n’ont pas reçu d’indemnisation juste pour la vente et la location des terres de réserve. Ils exigent que l’armée remette les terres en état et retire les munitions non explosées. Dans les années 1990, la base militaire située à Calgary ferme ses portes et l’entraînement cesse sur les terres des Tsuut’ina, lesquelles sont ensuite restituées à l’usage de la Première Nation.

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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