Lieu historique national de l’Église-anglicane-St. John

© Parcs Canada, Judith Dufresnes
L'église anglicane St. John a été désignée lieu historique national en 2026.
Importance historique : à l’époque de la Révolution et des guerres napoléoniennes, cette église bâtie à la manière de Wren et Gibbs représente l’influence anglicane sur l’expression religieuse des Planters et définit la société émergente de la nouvelle colonie britannique.
Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1
Église anglicane St. John
Construite entre 1804 et 1812, l’église anglicane St. John, située à Port Williams en Nouvelle-Écosse, est associée à l’arrivée de colons de la Nouvelle-Angleterre après 1760, un groupe historiquement désigné comme les « Planters ». Cette petite église paroissiale vernaculaire en bois, bâtie dans le style classique britannique à la manière de Wren et Gibbs, reflète les goûts architecturaux de l’évêque Charles Inglis et les efforts qu’il déploie pour répandre l’anglicanisme dans son diocèse en y construisant des églises. Son clocher élaboré, son chœur distinct attaché au bâtiment principal et sa fenêtre palladienne sont des caractéristiques représentatives des églises de l’ère Inglis. L’église et son cimetière rural typique sont remarquablement bien conservés.
À partir de 1760, environ 8000 protestants anglophones de la Nouvelle-Angleterre, appelés les Planters, s’établissent dans la colonie britannique de la Nouvelle-Écosse, à Mi’kma’ki. Les Planters constituent la première vague importante de migrants anglophones à s’installer dans ce qui allait devenir le Canada. Cette migration regroupe des fermiers, des pêcheurs et des marchands de la Nouvelle-Angleterre, accompagnés de leurs familles, de leurs domestiques et de personnes d’ascendance africaine réduites en esclavage contraintes de les suivre. Elle a lieu peu après la Déportation des Acadiens et s’inscrit dans la politique coloniale britannique visant à repeupler et reconfigurer la colonie de la Nouvelle-Écosse. Cette migration renforce la revendication britannique sur Mi’kma’ki, les terres autochtones qui avaient été violemment contestées pendant plus d’un siècle. En 1760, les Planters de la Nouvelle-Angleterre demandent et obtiennent un mandat royal du roi George III pour établir une paroisse de l’Église d’Angleterre dans le canton de Cornwallis afin de prendre possession des terres à la suite de la Déportation des Acadiens en 1755.

© Parcs Canada, Judith Dufresnes
Après l’établissement de la nouvelle paroisse anglicane de Cornwallis, la première église anglicane St. John est construite vers 1770. Il s’agit de l’une des rares églises établies en Nouvelle‑Écosse avant la création du diocèse de Nouvelle-Écosse par l’Église d’Angleterre en 1787. Ce diocèse est le premier diocèse anglican en Nouvelle‑Écosse et comprend la paroisse de Cornwallis. Faute d’espace, un nouvel emplacement situé à deux kilomètres de la première église est choisi en 1802 pour construire une plus grande église. Cette église est conçue par le colonel John Burbidge et construite à un coût total de 10 000 dollars entre 1804 et 1812.
L’église représente l’influence anglicane sur l’expression religieuse des Planters. Son prestige et sa longévité témoignent des efforts fructueux de l’élite coloniale et du gouvernement britanniques pour établir un diocèse anglican dans un territoire où s’imposent de nombreuses sectes protestantes dynamiques et populaires des Planters en Nouvelle-Écosse. À l’époque de la Révolution et des guerres napoléoniennes, qui placent la Nouvelle-Écosse en conflit direct avec les États de la Nouvelle-Angleterre, cette culture religieuse aux multiples facettes et très active définit la société émergente de la nouvelle colonie britannique.

© Parcs Canada, Judith Dufresnes

© Parcs Canada, Judith Dufresnes
L’église St. John est toujours active et compte parmi les plus anciennes églises anglicanes continuellement en activité en Nouvelle-Écosse. Elle se trouve toujours sur la terre originale de 1760 qui a été cédée à la paroisse par le gouverneur de la Nouvelle-Écosse. Les deux églises anglicanes St. John ont vu le jour grâce aux efforts d’hommes éminents d’Halifax, et de familles privilégiées de Planters.
« La désignation de l’Église anglicane St John, qui est l’une des églises en activité les plus anciennes de la Nouvelle-Écosse, à titre de lieu historique national, est le fruit d’efforts que je mène depuis dix ans. Ma famille est étroitement liée à cette église depuis son ouverture, le jour de Noël 1810. À titre de membre de la sixième génération de ma famille associée à l’Église anglicane St John, je me réjouis de savoir qu’elle est désormais reconnue comme lieu historique national. Cette désignation est un hommage durable aux Planters de la Nouvelle-Angleterre, qui ont fondé l’Église anglicane St John dans ma collectivité après avoir reçu un mandat royal du roi George III, en 1760. »
La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2026.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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