Personnage historique national de Nahnebahweequay (1824-1865)
© The Grey Roots Archival Collection
Nahnebahweequay a été désignée personnage historique national en 2021.
Importance historique : leader et activiste dans la lutte pour les droits fonciers des Premières Nations au milieu du XIXe siècle.
Plaque commémorative : sera installée au Marina Park, 15 Front St S, Mississauga, OntarioFootnote 1
Nahnebahweequay (Catharine Sutton) (1824-1865)
Toute sa vie, cette Mississauga (Ojibwe) prête sa voix à la lutte pour les droits des Premières Nations. Elle est témoin de l’acharnement du gouvernement colonial à déposséder et déplacer de force les Anishinaabeg de leurs terres, du lac Supérieur à la baie Georgienne. Elle grandit à la mission méthodiste Crédit puis milite pour les titres ancestraux autochtones et contre la perte du statut des femmes des Premières Nations par le mariage à un non-autochtone. Ses lettres et discours poignants lui valent un appui international. En signe de résistance aux autorités coloniales, elle se rend à Londres pour plaider devant la reine Victoria en 1860.
Nahnebahweequay (Catharine Sutton) (1824-1865)
Gii gtaamgozi ow Mississauga anishnaabe kwe ji wiidokwaad Nishnaabeg gi kendmowaad edbendmowaad. Nahnebahweequay gii kendaan ge wgii waabdaan gii zaag jiwebnindwaa ge gii mkamind waa aki omaa Anishnaabewin Gchi-Gami gopii Mnido Gami. Methodist Credit Mission wgii kwignaawon, pane gii miigaazo wiidokwaad wiij anishnaabe kwewon gaa wnit-towaad anishnaabe dbendaagoziwin ge iw aki endendaagwak. Noojiwiyaa wgii wiidokaagoon gaa pich go ntaa giigdood ge gii ntaa ziibiiged. Gii jaa odii London 1860 gii wii wiindamowaad niw Queen Victoria ezhi mji doonwind ow anishnaabe.
Nahnebahweequay (Catharine Sutton) (1824-1865)
Nahnebahweequay a prêté sa voix à la lutte pour les droits des Premières Nations au milieu du XIXe siècle, époque où les politiques coloniales visaient à déplacer de force les Peuples Autochtones de leurs territoires et les en déposséder. Le pouvoir d’influence et l’activisme dont elle fait preuve tout au long de sa vie sont d’autant plus remarquables qu’elle doit faire face à des restrictions juridiques supplémentaires imposées aux femmes autochtones par les gouvernements coloniaux. Son expérience est représentative des efforts déployés par les Premières Nations pour obtenir du soutien et présenter leurs doléances à la Couronne au milieu de l’ère victorienne. Reconnue pour son éloquence, elle bénéficie d’un soutien international en donnant des conférences publiques. En signe de résistance aux autorités coloniales, elle se rend à Londres en Angleterre où elle plaide pour les titres ancestraux des Premières Nations, présentant son recours directement devant la reine Victoria en 1860. En remettant en question les concepts coloniaux associés aux femmes autochtones, notamment en refusant d’incarner les stéréotypes attribués aux Autochtones lors de ses conférences publiques, elle lutte pour faire reconnaître l’agentivité des femmes autochtones dans les affaires économiques et politiques, telle qu’elle existe dans la société anishinaabe.

Nahnebahweequay est née en 1824 sur les plaines de la rivière Credit, fille de Myawekeshigoqua (Mary ou Polly) du clan de la Loutre et de Tyatiquob (Bunch Sunegoo) du clan de l’Aigle. À partir de l’âge de deux ans, elle vit à la mission de Credit, un établissement d’environ 200 personnes, dont des Mississauga (Ojibwes) convertis au méthodisme, des missionnaires, des interprètes et des enseignants. Nahnebahweequay, qui signifie « femme honnête », est baptisée Catharine Brown. En 1839 elle rencontre et épouse William Sutton, prédicateur méthodiste laïque originaire du Lincolnshire. Ensemble, ils fondent une famille. Au milieu des années 1840, cependant, lorsque la Couronne refuse d’accorder les titres fonciers à la mission Credit, le couple déménage à la péninsule Saugeen, sur les rives du lac Huron, où la bande Nawash leur accorde 200 acres et des titres fonciers.
La famille Sutton quitte la région temporairement de 1852 à 1857 pour soutenir des missions dans le nord de l’Ontario et au Michigan. À cette époque, Nahnebahweequay est témoin de l’acharnement du gouvernement colonial à déposséder et déplacer de force les Anishinaabeg de leurs terres, du lac Supérieur à la baie Georgienne. En effet, le gouvernement fait de plus en plus pression sur la bande Nawash pour que celle-ci lui cède ses terres. En 1857, certains membres de la bande signent un traité cédant les titres fonciers, que le ministère des Affaires indiennes s’apprête à vendre. Avec d’autres membres de la bande, Nahnebahweequay s’oppose à cette mesure et affirme que les signataires du traité n’avaient pas l’autorité nécessaire pour céder les terres en question. Le ministère offre alors à Nahnebahweequay et à d’autres familles qui se trouvent dans une situation semblable l’occasion de racheter leurs terres. Après coup, le ministère des Affaires indiennes invalide cependant l’achat en se fondant sur une règle qui interdit la vente de terres à des « Indiens ». À la même occasion, le ministère affirme qu’en tant que femme mariée à un homme blanc, Nahnebahweequay est inéligible aux compensations annuelles pour ces terres.

De gauche à droite : Stephen Dasko, Edebwed Ogichidaa Kwe/Valarie King, Darin Wybenga, Claire Sault, Charles Sousa, Jonathan Arnold
© Parcs Canada

© Parcs Canada

© Parcs Canada
En signe de résistance aux autorités coloniales, Nahnebahweequay se rend à Londres pour plaider devant la reine Victoria en 1860. Dans ses écrits et ses discours subséquents, elle a de bons mots pour la reine tout en exprimant sa frustration qu’aucune solution ne soit trouvée pour ses doléances et celles de son peuple. Après son retour en Amérique du Nord, Nahnebahweequay continue de défendre les droits fonciers et les droits de pêche des Premières Nations. Le ministère des Affaires indiennes autorise éventuellement sa famille à acheter ses terres, mais uniquement au nom de William Sutton.
Nahnebahweequay est frustrée par la situation puisque d’autres membres de la bande Nawash n’ont pas cette possibilité. Elle considère également qu’il s’agit d’une tentative du gouvernement de la faire taire. Nahnebahweequay continue néanmoins de défendre les droits fonciers des Premières Nations. Après la naissance de son dernier enfant en 1864, la santé de Nahnebahweequay se détériore graduellement puis elle meurt d’une crise d’asthme en septembre 1865.
La présente fiche d’information a été rédigée au moment du dévoilement de plaque en 2025.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
Obtenir plus d'informations sur la façon de participer à ce processus
- Date de modification :