Ébauche du plan directeur, 2025
Lieu historique national d’Obadjiwan–Fort-Témiscamingue
Parcs Canada administre l’un des plus beaux et des plus vastes réseaux de lieux naturels et historiques protégés du monde. Son mandat consiste à protéger et à mettre en valeur ces lieux pour que puissent en profiter les générations d’aujourd’hui et de demain.
L’Agence Parcs Canada, conformément à la Loi sur l’Agence Parcs Canada, doit rédiger un plan directeur pour les lieux historiques nationaux qu’elle administre.
Vous pouvez consulter cette ébauche de plan directeur mis en ligne pour la consultation publique qui se déroulait du 14 juin au 14 juillet 2025.
Une version finale du plan directeur ainsi qu’un rapport seront publiés ultérieurement, faisant suite aux consultations qui se sont tenues en 2024 et 2025 auprès des parties prenantes et du grand public. Merci à celles et ceux ayant répondu à cette consultation de Parcs Canada.
1.0 Importance du lieu historique national d’Obadjiwan-Fort-Témiscamingue
Le lieu historique national d’Obadjiwan-Fort-Témiscamingue est situé dans le territoire traditionnel du peuple algonquin anishnabeg, dans la municipalité de Duhamel-Ouest en Abitibi-Témiscamingue. Il occupe un terrain de 27 hectares situé directement sur le bord du lac Témiscamingue à un endroit où les deux rives se rapprochent à moins de 350 mètres. Les principales installations se trouvent sur un espace dégagé à l’extrémité d’une pointe de terre avançant sur le lac. Le restant de la superficie du lieu, soit environ 80 % du terrain, est couverte par un boisé de cèdre exceptionnel, sacré pour les Algonquins Anishnabeg et connu sous le nom de « forêt enchantée » pour les non-autochtones.
Le lieu a été désigné d’importance nationale par la commission des lieux et monuments historiques du Canada en 1967 en tant que « Fort-Témiscamingue ». L’objectif était de commémorer le rôle de ce poste de traite dans le commerce des fourrures ainsi que la rivalité entre Français et Anglais pour l’exploitation du réservoir pelletier de la Baie d’Hudson. Le lieu est maintenant reconnu comme « Obadjiwan-Fort-Témiscamingue » suite à une revue de sa désignation en 2018. Celle-ci permet de souligner les liens importants du site avec la nation algonquine anishnabeg qui a utilisé le territoire pendant plusieurs millénaires et joué un rôle important dans la traite des fourrures. La désignation commémore également l’importance du site comme lieu de rassemblement autochtone au XIXe siècle pour la nation algonquine anishnabeg, en particulier pour la Première Nation Timiskaming.
L’histoire du lieu historique national s’étale sur plus de 6 000 ans. De nombreuses traces archéologiques témoignent d’une occupation antérieure à l’arrivée des Européens par des groupes nomades. Les artefacts découverts démontrent l’existence de vastes réseaux d’échange du peuple algonquin anishnabeg avec d’autres cultures autochtones établies à l’ouest du lac Supérieur, à la baie James, au lac Saint-Jean et au sud de l’Ontario. En 1720, un poste de traite de fourrures est construit par une compagnie française sur le site actuel du lieu historique national pour concurrencer les établissements anglais de la baie d’Hudson. La présence du poste permettait aux Français de profiter des réseaux d’échange algonquin anishnabeg pour y recueillir les fourrures et les échanger contre des produits européens. L’activité commerciale y fut florissante jusqu’à la conquête anglaise en 1760. Par la suite, divers marchands indépendants ont pris le relais. En 1795, la Compagnie du Nord-Ouest obtient le monopole de la traite, suivie par la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1821. Le poste de traite ferme ses portes en 1902 après environ 200 ans d’utilisation et est vendu à des propriétaires privés. En 1955, la communauté des pères Oblats de Marie-Immaculée achète à son tour l’ancien poste pour le conserver jusqu’en 1970, année de son acquisition par Parcs Canada.
Le site a acquis une importance spirituelle pour les peuples qui l’ont utilisé. Deux cimetières y ont été établis aux environs de 1838 : un cimetière catholique et un cimetière protestant. En 1998, une aire de sépultures autochtones a été accidentellement perturbée dans le cadre de travaux de mise en valeur. Cette aire de sépultures est maintenant protégée par un muret de pierres et des poteaux en cèdre afin d’éviter toute nouvelle perturbation. D’autre part, dans la culture algonquine anishnabeg, les êtres humains, les objets qu’ils ont créés, la faune et la flore ainsi que le milieu naturel sont intimement liés au Créateur. La pratique de la langue algonquine anishnabeg est également un acte spirituel et sacré. Le lieu historique national est encore considéré comme un endroit spirituel par les membres de la Nation.
Couvert en grande partie par un boisé, le lieu protège un milieu naturel diversifié où l’on dénombre une vingtaine de peuplements forestiers, dont la cédrière exceptionnelle. Le site abrite aussi plusieurs espèces végétales ayant un statut de protection pour la province de Québec ainsi que des espèces végétales d’importance pour les Algonquins Anishnabeg.
Le lieu historique national est ouvert au public pendant la saison estivale. La visite débute dans un centre d’accueil et d’interprétation, construit en 2000, dont l’architecture évoque la palissade d’un ancien fort de bois. L’aménagement intérieur rappelle l’ambiance d’un poste de traite. Une exposition y présente la présence millénaire du peuple algonquin anishnabeg, l’histoire du poste de traite de Fort-Témiscamingue, ainsi que l’importance du commerce de la fourrure. Une petite boutique de vente est intégrée à cette zone. À proximité du centre d’accueil, le centre d’animation permet d’accueillir des événements ou des activités ponctuelles. Après la visite du centre d’accueil, le public peut suivre un circuit extérieur sillonnant les vestiges du poste de traite, la plage, les cimetières et la forêt enchantée. Des panneaux d’interprétation ainsi que plusieurs scénographies historiques grandeur nature illustrent des scènes de vie du temps du poste de traite. Les visiteurs peuvent également profiter de la présence de guides-animateurs passionnés qui racontent les histoires du lieu. En saison estivale, en moyenne trois à quatre événements sont offerts au public en collaboration avec les partenaires algonquin anishnabeg et les partenaires non autochtones. Ceux-ci offrent également des ateliers d’artisanat et d’animation. Le lieu collabore, depuis 2016, avec l’organisme à but non lucratif « les Amis du Vieux-Fort », qui gère la boutique de souvenirs et contribue, lui aussi, à l’animation.
En termes de fréquentation, Obadjiwan-Fort-Témiscamingue accueille en moyenne 6950 visiteurs annuellement. La majorité de la clientèle est canadienne et provient de la province de Québec (plus de 80 %) et de l’Ontario. La situation géographique du lieu fait que les visiteurs proviennent de deux bassins distincts de population. D’une part, la clientèle régionale, d’Abitibi-Témiscamingue et de la nation algonquine anishnabeg, parcourant moins de deux cents kilomètres (58 %). D’autre part, la clientèle des régions métropolitaines, plus éloignées, principalement Montréal, mais aussi Toronto et Ottawa et parcourant des distances supérieures à quatre cents kilomètres (30 %) et devant être hébergée dans la région pour pouvoir profiter de ses attraits.
2.0 Contexte de planification
Le gouvernement du Canada devient propriétaire du lieu historique national en 1970. Après plusieurs campagnes de fouilles archéologiques destinées à mettre au jour les vestiges des bâtiments du poste de traite, le lieu est ouvert au public. Les premiers visiteurs sont accueillis dans des installations temporaires, dont un centre d’interprétation aménagé sous une immense toile en 1974. Rapidement, le milieu non autochtone témiscamien se mobilise pour soutenir l’aménagement du lieu. Après la tenue d’audiences publiques, un premier plan directeur est déposé en 1990. Une campagne de levée de fonds régionale permet de récolter 500 000 $ pour compléter l’investissement de 2,3 millions de dollars du gouvernement du Canada destiné à la mise en valeur du lieu historique.
En 1998, lors de travaux d’aménagement, des sépultures autochtones sont accidentellement perturbées. Les travaux sont arrêtés et un dialogue est entamé pour protéger ce lieu sacré. Un accord de principe entre Parcs Canada et la Première Nation de Timiskaming est conclu en 2000 en vue de négocier une entente de patrimoine fiduciaire. Cet accord vise le transfert d’une demie indivise de la propriété du lieu historique dans un patrimoine fiduciaire administré par huit fiduciaires qui auront un rôle continu dans la gestion du lieu historique. Les travaux d’aménagement reprennent une fois l’accord de principe conclu et des installations permanentes sont construites. Le rôle du peuple algonquin anishnabeg s’accroît et des membres de la Première Nation de Timiskaming s’impliquent dans des activités d’animation. En 2007, un nouveau plan directeur est déposé, dans lequel on précise notamment la nécessité de revoir l’objectif de commémoration du lieu historique national (pour intégrer l’important rôle des Autochtones) et de poursuivre la négociation de l’entente de patrimoine fiduciaire.
En 2019, l’entente de patrimoine fiduciaire est signée et une participation indivise de 50 % dans le lieu historique est transférée à l’Obadjiwan Corporation. Cette entente fait du lieu historique national d’Obadjiwan–Fort-Témiscamingue le premier lieu historique national au Canada à être détenu en copropriété. En consensus avec la Première Nation de Timiskaming, le milieu non autochtone témiscamien et Parcs Canada, un comité de huit membres est formé pour convenir des orientations du lieu historique : quatre membres sont nommés par l’Obadjiwan Corporation et quatre sont nommés par Parcs Canada. Sur ces quatre fiduciaires, Parcs Canada conserve un siège et cède les autres à des représentants non autochtones du milieu témiscamien. Les premières rencontres du comité fiduciaire ont lieu en 2021. Le comité se réunit au moins deux fois par an et voit à la gestion stratégique du lieu historique national, tandis que la gestion opérationnelle demeure la responsabilité de Parcs Canada. Depuis les premières rencontres, le comité fiduciaire s’avère être une table de dialogue et de coopération qui renforce les relations entre les communautés autochtones et non autochtones du Témiscamingue. Le comité permet ainsi de renouveler une tradition d’échange et de collaboration entre les peuples qui se rassemblent à cet endroit depuis plus de 6 000 ans.
Carte 1 : Contexte régional
Carte 1 : Contexte régional Contexte local — Version textuelle
Cette carte montre la localisation exacte du lieu historique national d’Obadjiwan-Fort-Témiscamingue à Ville-Marie, Abitibi -Temiscamingue, Québec, dans un contexte régional. Elle montre la frontière entre le Québec et l’Ontario et une partie de frontière des Etats-Unis, plus au sud. Elle montre que le lieu historique national d’Obadjiwan-Fort-Témiscamingue est très proche de la frontière de l’Ontario, le lac Temiscamingue les séparant.
Elle indique les grandes villes de Montréal, Ottawa et Toronto, le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs.
Elle indique aussi les villes plus locales de Ville-Marie, Notre-Dame-du-Nord, Première Nation Timiskaming, Val d’Or, Rouyn-Noranda, Amos, La Sarre, situées au Québec. Elle indique les villes plus locales de North-Bay, Temiscaming, Sudbury, Teminscaming Shores, situées en Ontario.
Ainsi la carte se repatit ainsi :
- 50 % montre la province du Québec au nord-ouest du fleuve St-Laurent — haut de la carte;
- 30 % montre une partie de la province de l’Ontario (d’Est en Ouest puis au nord : Ottawa, Toronto, Sudbury, Temiscaming Shores) — gauche de la carte;
- 20 % montre les Etats-Unis à la frontière sud du Grand Montréal – bas — droite de la carte.
Elle montre aussi les grands axes routiers au Québec et en Ontario pour rejoindre le lieu historique national d’Obadjiwan-Fort-Témiscamingue :
- au Québec, la route 117 qui part de Montréal et se rend dans le nord du Québec ainsi que les routes 17, 11 et 101 en Ontario.
La carte inclut une légende, en bas à droite qui indique les mots Canada , États-Unis, frontières, autoroutes, villes et une échelle de 0 à 100 km, juste en haut de la légende, le point cardinal NORD pointe vers le haut.
Carte 2 : Contexte local
Carte 2 : Contexte local — Version textuelle
Cette carte présente la superficie de l’ensemble du site et ses points d’intérêts. Le site est une pointe de terre qui pénètre dans le lac Temiscamingue. Elle inclut une légende numérotée détaillant l'emplacement des bâtiments du lieu et certaines infrastructures :
- Cour des ancêtres
- Canoterie : hangar et atelier de fabrication de canots
- Tipi traditionnel
- Rendez-vous des voyageurs
- Magasin
- Maison du chef de poste
- Laiterie-glacière
- Mat et la maison du commis
- Maisons du personnel
- Four à pain
- Atelier de menuiserie
- Forge
L’identifiant du lieu historique est aussi inclus en 3 langues : français, anglais et algonquin anishnabeg.
La légende décrit aussi :
- le sentier de la forêt enchantée;
- les chemins permettant de circuler et découvrir l’ensemble du site;
- les bâtiments;
- les scénographies;
- les champs;
- les zones boisées.
3.0 Élaboration du plan directeur
Le présent plan directeur a été élaboré en collaboration étroite avec le comité fiduciaire. Les membres ont été consultés et ont approuvé chaque étape du processus. Les premières rencontres ont permis de faire ressortir trois thèmes principaux qui seront traités dans le plan directeur :
Le modèle de gestion collaborative en comité fiduciaire
Ce modèle de gestion est unique au Canada et Parcs Canada reconnaît l’exemplarité du fonctionnement du comité. Cette approche constitue un atout, car elle facilite le dialogue et la prise de décision entre les divers intervenants. Plusieurs éléments devront toutefois être pris en compte de façon à pérenniser ce mode de gestion; il faudra notamment, mettre au point un modèle de financement commun des initiatives du comité fiduciaire et maintenir à long terme la représentativité, l’engagement et l’esprit de collaboration de ses membres.
Le positionnement du lieu historique national au sein de l’offre touristique régionale et nationale
Le lieu historique national se trouve à une période charnière à la suite des récents changements dans son statut : gestion collaborative; nouveaux motifs de désignation intégrant un volet autochtone; changements dans les habitudes de voyages touristiques. C’est l’occasion de revoir le positionnement du lieu historique pour en maximiser le potentiel d’attractivité réel et de bien répondre aux attentes des publics cibles. Le nouveau positionnement devra permettre de renforcer l’ancrage régional du lieu historique (région du Témiscamingue), mais aussi son importance auprès du peuple algonquin anishnabeg afin que les membres de la Nation renforcent leurs liens avec le lieu et s’y rendent régulièrement. Enfin, l’approche devra contribuer à attirer les visiteurs des régions métropolitaines éloignées tels que Montréal, Ottawa et Toronto ainsi que des pôles urbains à proximité.
La conservation et la mise en valeur des ressources culturelles et naturelles
Le patrimoine culturel constitue l’essence même du lieu historique national d’Obadjiwan—Fort-Témiscamingue. Il est essentiel de protéger et de mettre en valeur les ressources patrimoniales, notamment les vestiges archéologiques et les objets de collection, mais aussi les éléments de patrimoine intangible liés à l’importance spirituelle du lieu pour les peuples qui l’ont fréquenté. À ce jour, la mise en valeur du volet naturel du lieu historique dans l’offre d’expérience a été limitée. Dans un contexte de changements climatiques, il pourrait s’avérer nécessaire de mettre en place de mesures de suivi et de conservation particulières pour améliorer la résilience du lieu historique. Le partage de l’ensemble des connaissances qui ont été et qui seront acquises devient également un élément clé des actions du site.
4.0 Vision
La vision ci-dessous représente les aspirations pour le lieu historique national pour les 10 à 15 prochaines années. Respectueuse du passé, elle exprime le futur souhaité et guidera le comité fiduciaire chargé de la gestion stratégique du lieu, de même que les collaborateurs et les partenaires, dans leurs décisions et orientations. La vision présentée ci-dessous reflète donc les résultats escomptés de la mise en œuvre de l’orientation de gestion proposée dans le présent plan :
Gardien d’un paysage majestueux et empreint de spiritualité, témoin de plus de 6 000 ans d’histoires, de collaboration et d’échanges culturels, le lieu historique national d’Obadjiwan—Fort-Témiscamingue est reconnu comme lieu de convergence, de partenariat et de réconciliation entre les Premières Nations et les non-Autochtones.
Les histoires millénaires du lieu sont racontées de façon intégrée et non parallèle d’une collectivité à l’autre. Les diverses perspectives sont présentées sur un pied d’égalité. Les différentes langues utilisées au fil du temps, soit l’Anishnabemowin, le langage algonquin anishnabeg, le français et l’anglais, sont utilisées tant à l’oral que par écrit. Les pratiques et les connaissances culturelles, spirituelles et scientifiques des diverses communautés liées au lieu historique national sont respectées et intégrées aux approches de gestion et de mise en valeur.
La richesse du patrimoine culturel, matériel et immatériel est protégée pour les générations actuelles et futures. Les visiteurs découvrent la valeur du lieu, véhiculée par les peuples qui l’ont façonné. L’importance spirituelle du lieu historique national d’Obadjiwan—Fort-Témiscamingue est comprise, vivante, et présentée respectueusement au public. Le milieu naturel, qui accueille le lieu historique, est protégé et sa valeur, tant culturelle et spirituelle qu’historique et scientifique est partagée.
Accessible et inclusif, le lieu historique national d’Obadjiwan—Fort-Témiscamingue est un lieu patrimonial vivant et animé qui attire de nombreux visiteurs. Les communautés locales perpétuent leur connexion avec l’endroit et s’y rassemblent régulièrement. La gestion collaborative du lieu, dont la responsabilité est partagée par les membres du comité fiduciaire, est reconnue et célébrée. Celle-ci perdure, et l’esprit d’ouverture et de collaboration est respecté par les membres actuels et futurs du comité. Les diverses communautés et institutions représentées par le comité fiduciaire, tant autochtones que non autochtones, maintiennent un engagement constant de façon à assurer la viabilité et la pérennité de l’approche de gestion collaborative du lieu historique.
La population non autochtone du milieu témiscamien, la nation algonquine anishnabeg et Parcs Canada collaborent pour faire rayonner le lieu historique ainsi que pour développer et mettre en place une offre touristique attractive tout en respectant les capacités des parties représentées au comité fiduciaire. Grâce à une bonne connaissance des attentes et des intérêts des visiteurs, la promotion et l’offre d’expériences sont adaptées aux clientèles cibles du lieu historique national. Celui-ci accueille des visiteurs provenant de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, du territoire traditionnel algonquin anishnabeg, et des régions urbaines et métropolitaines du Québec et de l’Ontario.
5.0 Stratégies clés
Dans cette section :
- Stratégie clé 1 : Un lieu de convergence et de collaboration, dont la vitalité reflète les aspirations des communautés qui lui sont liées
- Stratégie clé 2 : Un lieu phare qui, par son rayonnement, attire les habitants du Témiscamingue, les membres de la Nation algonquine Anishnabeg de l’ensemble du territoire traditionnel, les touristes des régions métropolitaines et urbaines du Québec et de l’Ontario
- Stratégie clé 3 : Un lieu patrimonial vivant et protégé, mettant en scène la diversité des cultures qui l’ont façonné et la nature qui l’accueille
Le plan directeur du lieu historique national d’Obadjiwan—Fort-Témiscamingue comprend trois stratégies clés. Celles-ci décrivent les grandes approches devant guider la gestion du lieu au cours des dix prochaines années afin de concrétiser, à plus long terme, la vision souhaitée. Des objectifs plus précis correspondent à chacune de ces stratégies clés et des cibles y sont associées afin de mesurer les progrès au cours des années à venir.
Stratégie clé 1
Un lieu de convergence et de collaboration, dont la vitalité reflète les aspirations des communautés qui lui sont liées.
Cette stratégie mise sur les possibilités qu’offre le nouveau modèle de gestion du lieu historique national, selon l’entente de patrimoine fiduciaire, notamment en ce qui concerne la collaboration entre le milieu non autochtone témiscamien, la Première Nation de Timiskaming et Parcs Canada. La mise en place du comité fiduciaire, dans une atmosphère de respect et d’ouverture, a donné lieu à la création d’une plateforme d’échanges et de prise de décisions, permet de multiplier les possibilités de collaboration pour faire vivre et rayonner le lieu historique national, et entraîne des retombées positives pour la communauté du Témiscamingue et pour les partenaires autochtones. Pour assurer la pérennité de ce modèle, il sera nécessaire que la culture de respect et d’échange ainsi que celle d’engagement soient maintenues dans le temps, peu importe les membres qui feront partie du comité. Par conséquent, ce dernier devra assurer une continuité ainsi qu’une représentativité adéquate du milieu non autochtone témiscamien, de la Nation algonquine Anishnabeg et de Parcs Canada. Il sera également nécessaire d’atteindre une certaine viabilité financière afin d’avoir les fonds nécessaires à la mise en œuvre des initiatives du comité fiduciaire. Ainsi, chacun devra s’engager à contribuer à une stratégie de financement et de génération de revenus commune.
Dans un deuxième temps, la stratégie mise sur la vocation comme lieu de rassemblement du lieu historique national. Le site est important tant pour la Nation algonquine Anishnabeg que pour le milieu non autochtone témiscamien étant donné que les deux communautés se sont fortement investies dans son développement. Il est donc nécessaire que celles-ci puissent y présenter leurs cultures et y perpétuer leurs savoirs et traditions, et ce, notamment par la tenue d’une diversité d’activités destinées au grand public ou, plus simplement, aux membres des communautés environnantes. Par ailleurs, le lieu historique poursuivra ses efforts pour rendre les installations plus inclusives et accessibles afin de permettre à une diversité accrue de visiteurs de le découvrir et de l’apprécier, sans égard à l’habileté, à la culture ou au genre.
Objectif 1.1
La gestion collaborative du lieu historique national est consolidée et pérenne.
Cibles
- En continu, le niveau de représentativité régionale et l’esprit de collaboration du comité fiduciaire se perpétuent.
- Le comité fiduciaire se réunit au minimum 2 fois par an.
- Tous les deux 2 ans, le comité fiduciaire tient une ou plusieurs rencontres visant à informer et à consulter les partenaires autochtones, les partenaires du milieu témiscamien non autochtone ainsi que le public relativement aux orientations de gestion du lieu historique national.
- À compter de 2027, le développement de nouvelles initiatives par le comité fiduciaire, en collaboration avec Parcs Canada, est soutenu par une stratégie de financement et de génération de revenus commune.
Objectif 1.2
La vocation de lieu de rassemblement est renforcée.
Cibles
- Selon la capacité opérationnelle, le lieu historique accueille annuellement une ou plusieurs initiatives variées offertes par des partenaires autochtones ou des partenaires du milieu témiscamien non autochtone.
- En continu, le niveau d’inclusivité et d’accessibilité du site est pris en compte dans le cadre des opérations et du développement du lieu historique national.
Stratégie clé 2
Un lieu phare qui, par son rayonnement, attire les habitants du Témiscamingue, les membres de la Nation algonquine Anishnabeg de l’ensemble du territoire traditionnel, les touristes des régions métropolitaines et urbaines du Québec et de l’Ontario.
Cette stratégie vise à renforcer le pouvoir d’attraction du lieu historique national en vue de fidéliser les visiteurs de la région ainsi que les membres de la Nation algonquine anishnabeg et d’attirer de nouvelles clientèles. Ceci passe par une meilleure compréhension des besoins, des attentes et des comportements des clientèles existantes et potentielles pour mieux orienter les stratégies de promotion et l’offre d’expériences. La collaboration avec les partenaires du milieu touristique favorisera une mise en commun de l’expertise en matière d’analyses de clientèles et une intégration du lieu historique à une stratégie promotionnelle porteuse et cohérente avec l’approche régionale. La collaboration avec les partenaires de la Nation algonquine Anishnabeg contribuera à attirer les membres de la Nation afin qu’ils cultivent un sentiment d’appartenance à l’égard du lieu historique et qu’ils l’utilisent régulièrement.
Parallèlement, l’offre d’expériences sera renouvelée et adaptée pour mieux répondre aux attentes des clientèles cibles et favoriser la récurrence des visites des gens de la région et des membres de la Nation algonquine Anishnabeg. La collaboration et le partenariat avec d’autres institutions touristiques ou muséales permettront d’intégrer le lieu aux circuits touristiques principaux de la région.
Enfin, des expériences alternatives en ligne seront développées en complément des campagnes promotionnelles pour rejoindre des clientèles situées à bonne distance du lieu historique, en particulier dans les régions métropolitaines et urbaines du Québec et de l’Ontario. Ainsi, un premier contact virtuel avec le lieu historique pourra susciter chez ces clientèles l’envie de s’y rendre en personne à l’occasion d’un déplacement touristique dans la région ou initier un déplacement spécifique pour découvrir de visu le site.
La mise en œuvre de cette stratégie permettra d’augmenter la fréquentation moyenne du lieu historique national et de générer des retombées positives tant pour la Nation algonquine Anishnabeg que pour le milieu non autochtone témiscamien.
Objectif 2.1
L’offre d’expériences est plus diversifiée et mieux adaptée aux besoins des clientèles.
Cibles
- En continu, les publics cibles du lieu et leurs attentes sont définis en collaboration avec le milieu touristique et les partenaires autochtones.
- D’ici 2028, au moins 3 expériences de visite, nouvelles ou renouvelées, sont mises en œuvre pour mieux répondre aux besoins et aux attentes des publics cibles.
Objectif 2.2
En collaboration avec les partenaires du milieu témiscamien et les Autochtones, le lieu est mieux positionné comme produit d’appel régional et son rayonnement est élargi.
Cibles
- En continu, les actions promotionnelles visant les clientèles cibles du lieu sont menées en collaboration.
- D’ici 2030, un ou plusieurs partenariats porteurs, avec d’autres lieux ou associations touristiques ou culturelles, sont mis en œuvre ou consolidés pour attirer un nombre accru de visiteurs.
- D’ici 2035, au moins 2 expériences alternatives (virtuelles, publications, partenariats) permettent de faire rayonner le lieu historique en dehors de ses limites et de rencontrer de nouveaux publics éloignés.
Objectif 2.3
La fréquentation moyenne du lieu historique national augmente.
Cible
- D’ici 2035, la moyenne de fréquentation sur 10 ans du lieu historique national augmente de 10 % par rapport à 2024 (passant ainsi de 6 975 à 7 672 visiteurs).
Stratégie clé 3
Un lieu patrimonial vivant et protégé, mettant en scène la diversité des cultures qui l’ont façonné et la nature qui l’accueille.
Cette stratégie vise à mieux communiquer, honorer et faire découvrir les différentes perspectives et histoires des peuples qui ont façonné le lieu historique national. Pour ce faire, des activités ou expériences de visites seront mises en œuvre à l’initiative tant de la Nation algonquine Anishnabeg que du milieu non autochtone. L’utilisation de la langue algonquine anishnabeg sera renforcée afin de bien faire ressortir les trois langues qui ont été pratiquées dans ce lieu : l’anishnabeg, le français et l’anglais.
En outre, la stratégie vise à poursuivre les efforts en matière de conservation des ressources culturelles les plus significatives. En fonction de nouvelles données historiques, ethnologiques ainsi que des savoirs traditionnels algonquins anishnabeg, l’inventaire des ressources culturelles sera mis à jour pour refléter, entre autres, les nouveaux motifs de désignation définis pour le lieu historique en 2018. La protection et la mise en valeur de la diversité du patrimoine culturel du lieu historique national (d’origine autochtone, française ou anglaise) en seront ainsi améliorées.
Enfin, le milieu naturel sera mieux pris en compte, tant pour l’importance de sa biodiversité que pour sa valeur culturelle. Des inventaires de la faune et de la flore seront réalisés afin d’établir une base de connaissances qui facilitera l’élaboration et la mise en œuvre d’une approche efficace de conservation et de résilience du lieu historique aux changements climatiques. Cette démarche intégrera aussi bien les connaissances traditionnelles autochtones que les informations scientifiques et historiques. La tenue d’activités ou d’expériences de visite axées sur le milieu naturel permettront de sensibiliser le public tant à sa valeur environnementale que culturelle.
Objectif 3.1
La culture et les perspectives de la Nation Algonquine Anishnabeg sont honorées, communiquées et intégrées à l’expérience du visiteur.
Cibles
- Annuellement, une ou plusieurs expériences de visite visant à honorer et à mettre en valeur les cultures, les savoirs et les valeurs de la Nation Algonquine Anishnabeg au lieu historique sont offertes.
- D’ici 2028, l’Anishnabemowin, la langue Algonquine Anishnabeg sera intégrée à l’expérience de visite.
Objectif 3.2
Les cultures et les perspectives de la communauté du Témiscamingue sont honorées, communiquées et intégrées à l’expérience du visiteur.
Cible
- Annuellement, une ou plusieurs expériences de visite visant à honorer et à mettre en valeur les cultures, les savoirs et les valeurs des communautés liées au lieu historique sont offertes à l’initiative de ces communautés ou en collaboration avec celles-ci.
Objectif 3.3
Les ressources culturelles illustrant l’importance patrimoniale du lieu historique, qu’elles soient bâties, paysagères, archéologiques, matérielles ou immatérielles, sont mieux connues et protégées.
Cibles
- D’ici 2030, l’inventaire et l’évaluation des ressources culturelles du lieu historique sont actualisés en collaboration avec les partenaires et en fonction des nouvelles données.
- D’ici 2035, l’état des ressources culturelles se maintient et leur valeur est communiquée au public et aux visiteurs.
Objectif 3.4
Le milieu naturel est davantage connu, protégé et mis en valeur en intégrant les savoirs scientifiques ainsi que les savoirs autochtones.
Cibles
- D’ici 2030 l’inventaire et l’évaluation du milieu naturel sont mis à jour en collaboration avec le milieu scientifique et les partenaires autochtones.
- À compter de 2028, des expériences intégrées à l’offre de services permettent au public de profiter du milieu naturel et de prendre conscience de l’importance de celui-ci.
- D’ici 2035, les pratiques de gestion du milieu naturel visent à accroître la résilience du lieu historique aux changements climatiques.
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