Recherche et surveillance

Parc national Wapusk

Les programmes de recherche et de surveillance sont d’importants outils pouvant être utilisés pour acquérir une meilleure connaissance des ressources et des processus écologiques du parc.

Les projets de recherche permettent aux scientifiques d’étudier les conditions et les espèces présentes dans le parc en vue de déterminer si elles sont uniques ou spécifiques à ce paysage ou si elles présentent des caractéristiques n’ayant jamais été observées ailleurs.

Les projets de recherche pour 2024-2025 comprennent :

Frédéric Bouchard (Université de Sherbrooke) : Reconstituer la dynamique des lacs et des tourbières du parc national Wapusk près de Churchill, Manitoba
Une personne se tient près d’un étang et lève le pouce en direction de la caméra. Il y a de l’herbe et des rochers en arrière-plan.
Photo : Frédéric Bouchard

Les études antérieures indiquent une réduction des niveaux d’eau, et dans certains cas, l’assèchement des lacs de la région de Wapusk/Churchill. On ne sait cependant pas si cette situation date du début de la période industrielle. Ce projet vise à comprendre si le dégel du pergélisol et les modèles d’écoulement de l’eau causés par le réchauffement climatique sont à l’origine de ces changements. Il vise également à déterminer si le transfert de carbone des écosystèmes terrestres vers les écosystèmes aquatiques augmente.

En août 2024, des échantillons ont été prélevés dans les étangs et les lacs, y compris leurs sédiments, du parc national Wapusk. Des prélèvements ont également été effectués dans les marais côtiers situés au nord-est, dans le plateau palsique intérieur et dans la forêt boréale d’épinettes au sud-ouest. L’eau du lac a été analysée afin de déterminer des propriétés physiques telles que la température, la conductivité, l’oxygène dissous et le pH. Des échantillons d’eau ont été prélevés afin de déterminer ses propriétés physico-chimiques. L’analyse permettra de mesurer sa teneur en sels nutritifs et en carbone organique dissous, et d’évaluer la stabilité des isotopes. Des carottes des sédiments du lac ont été collectées et seront datées afin de couvrir les derniers siècles. Cet échantillonnage par date permettra de comprendre les tendances au fil des siècles et de comparer les conclusions à des photographies aériennes et des images satellites.

Ces recherches se déroulent en collaboration avec :

  • Laure Gandois et Maialen Barret (Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement, France)
  • Sylvain Ferrant (Centre d’études spatiales de la biosphère, France)
  • Julien Arsenaul et Lucile Cosyn-Wexsteen (Département de géomatique appliquée, Université de Sherbrooke)
  • Michelle Garneau et Tiina Kolari (Département de géographie, UQAM)
Ryan Brook (Université de la Saskatchewan) : Recherches sur la faune et l’habitat sauvages, et stages estivaux de pratiques de terrain de l’Université de la Saskatchewan au parc national Wapusk
Quatre personnes sont debout dans un champ et tiennent un grand cadre carré tout en regardant à travers et en souriant à la caméra.
Étudiants avec un outil d’échantillonnage de la végétation, parc national Wapusk.
Photo : Ryan Brook

Depuis 2005, jusqu’à 20 étudiants de l’Université de la Saskatchewan participent chaque année au mois d’août à ce programme de stages de pratiques de terrain au parc national Wapusk. Les étudiants contribuent à des projets de recherche écologique de long terme en prenant des mesures de l’épaisseur de la couche active du pergélisol, de l’humidité du sol et de la couverture végétale, tout en menant des projets personnels.

Les études de 2024 ont porté sur les sujets suivants :

  • étude des schémas d’activité et des variations de coloris des loups gris (Canis lupus). Cette étude soutient l’élaboration de stratégies de conservation des populations de loups gris face aux défis environnementaux et humains;
  • identification des tendances de comportement du caribou (Rangifer tarandus) des crêtes côtières, ainsi que de la disponibilité et de la couverture végétales. Cette étude permet de repérer les grandes voies migratoires des populations de caribous en fonction de la disponibilité végétale et des comportements alimentaires;
  • relevé du ratio de jeunes par caribou et de la relation entre ce ratio et la couverture végétale afin de comprendre les tendances de comportement des populations;
  • étude des saulaies et des zones de repos diurnes de l’ours polaire (Ursus maritimus) afin de comprendre l’efficacité de ces habitats en tant que sources de refroidissement pour l’ours;
  • évaluation des changements au fil du temps de l’épaisseur de la couche active du pergélisol dans les marais côtiers et la couche végétale avoisinante. Cette étude permet d’évaluer les conséquences du dégel du pergélisol.
Alison Cassidy (Parcs Canada) : Initiative de conservation et de protection de la biodiversité de la basse terre de l’Hudson et de la baie James
Une personne s’agenouille dans un champ en tenant un bloc-notes.
Prélèvement d’une carotte de tourbe dans un transect traversant un étang en remplissage dans le parc national Wapusk.
Photo : Michelle Garneau

L’objectif de ce travail de recherche est de mieux comprendre la quantité de carbone captée dans l’air et stockée par les écosystèmes terrestres et côtiers de la région de la basse terre de l’Hudson et de la baie James. Élaboré en collaboration avec la direction du Conseil Mushkegowuk, la Première Nation Weenusk et le parc national Wapusk, ce projet comporte également le développement de systèmes de connaissances et l’élaboration de formations. Les résultats fourniront de l’information à l’appui de projets de création éventuelle de nouvelles aires marines nationales dans la région et de mise en place potentielle de mesures de conservation et de restauration à Wapusk.

Les travaux actuels portent principalement sur la collecte et l’analyse des résultats des deux premières périodes de prélèvements d’échantillons et la planification des travaux de la dernière période de 2025. Des prélèvements ont été effectués à divers endroits au sein et aux alentours de la baie de La Pérouse, dans les zones tourbières du parc ainsi que le long des rivières Hayes et Nelson, près du lieu historique national York Factory. Sur le terrain, des inventaires de la végétation et des relevés cartographiques, la collecte d’échantillons de couches de divers types de sols dégelés et gelés, des mesures chimiques et volumétriques de l’eau, la mesure des caractéristiques du pergélisol, ainsi que la prise d’images du paysage à l’aide de drones et de systèmes de télédétection ont été effectués. En laboratoire, des analyses des propriétés du sol ont été menées, et des calculs des taux d’accumulation et du volume total de carbone vont être effectués.

Douglas Clark (Université de la Saskatchewan) : Expansion de l’aire de répartition du grizzli : une approche axée sur les communautés

Au cours des dernières décennies, le grizzli a élargi son aire de répartition dans l’Arctique et la région subarctique du Canada. Les causes sont inconnues, bien que le réchauffement climatique puisse en faire partie. On ne connaît pas non plus les conséquences de cette expansion sur les populations humaines et les environnements des ours. Ces recherches sont menées dans les Territoires du Nord-Ouest, le nord du Manitoba et les régions du Nunavut en mettant en œuvre une combinaison d’activités menées par les communautés :

  1. consignation des savoirs traditionnels, locaux ainsi que de l’Inuit Qaujimajatuqangit, et observations continues afin de déterminer le contexte culturel, historique et géographique;
  2. prises d’images à distance pour mieux comprendre la répartition des grizzlis sur le territoire;
  3. collecte d’échantillons de poils et prélèvement de crottes afin de définir leur régime alimentaire, de déterminer leur origine (ADN) et de savoir si leur nombre augmente en proportion de l’agrandissement de leur aire de répartition.

Entre 2022 et 2024, des relevés de tanières ont été effectués au sein et autour du parc national Wapusk, le long des rivières Seal, Caribou, Churchill, Knife, Broad, Owl et Weir au printemps, avant l’arrivée des ours polaires. Deux tanières de la taille d’un ours qui ne ressemblaient pas à des tanières d’ours polaires ont été localisées en 2022. Deux autres, que l’on suppose être des tanières de grizzlis, ont été repérées, très proches l’une de l’autre, en 2023. Ces quatre tanières se situent à l’intérieur du parc. Des appareils à déclenchement automatique placés près des tanières trouvées en 2023 ont pris des photos d’un gros grizzli mâle, d’ours noirs et d’ours polaires. Cependant, aucun élément n’a permis d’établir avec certitude que ces ours utilisaient régulièrement ces tanières. Les poils bruns prélevés dans l’une de celles qui ont été localisées en 2022 n’ont pas pu être identifiés génétiquement parce que l’ADN s’était dégradé, ce qui se produit fréquemment dans les environnements chauds et très humides caractéristiques des tanières. Les poils restants de cet échantillon font actuellement l’objet d’analyses à l’aide de méthodes d’étude de leur microanatomie, afin de déterminer à quelle espèce ils appartiennent.

Les organismes locaux ainsi que les communautés jouent un rôle important dans la collecte et l’interprétation des données sur les grizzlis dans la région de Wapusk. Les communautés et les cogestionnaires des espèces sauvages évaluent la situation en continu afin de déterminer si les grizzlis représentent une menace, causent des nuisances ou ouvrent de nouvelles possibilités. Le but est aussi de comprendre les effets potentiels sur d’autres espèces sauvages. Lors d’un atelier organisé en mars 2024, des membres de la communauté ont déclaré que comprendre l’alimentation des grizzlis dans la région devrait être une priorité de recherche future. Nous continuons les travaux de collaboration dans cette optique. Nous essayons également de définir des méthodes permettant de distinguer plus efficacement, dans le parc et la région, les tanières de grizzlis de celles des ours polaires, qui sont bien plus fréquentes.

LeeAnn Fishback (Parcs Canada) : Inventaire des espèces de poissons du parc national Wapusk grâce à l’ADN environnemental
Une main portant un gant en latex bleu tient une coupelle transparente avec un filtre blanc contenant un liquide beige et de petites taches noires.

Le parc national Wapusk protège les paysages et les écosystèmes de la basse terre de l’Hudson. Des milliers d’étangs d’eau douce, de lacs, de rivières et de ruisseaux recouvrent ce territoire. Les connaissances traditionnelles et le savoir local ont permis d’établir l’existence de dix espèces de poissons à huit endroits différents. On ignore cependant l’étendue et la structure de la communauté piscicole.

L’objectif de ce projet est de faire un inventaire détaillé des espèces de poissons du parc à partir de l’ADN environnemental (ADNe), en effectuant des prélèvements d’ADNe dans les plus grands lacs et les principaux réseaux de rivières et de ruisseaux du parc. La surveillance des communautés de poissons est essentielle à l’évaluation de la santé écologique globale des systèmes aquatiques et de la vie terrestre qu’ils alimentent.

En 2024, Parcs Canada a terminé des évaluations des communautés de poissons des principaux réseaux de rivières et de ruisseaux du parc : rivière White Whale, ruisseau Thompson, rivière Broad, rivière Owl, ruisseau Rupert. Les résultats d’une étude pilote de 2023 et ceux de l’étude de 2024 orienteront les futures activités de prélèvement et permettront de cibler des emplacements afin de combler les lacunes de connaissances sur les assemblages et la diversité des poissons du parc.

LeeAnn Fishback (Parcs Canada) : Hydroécologie des lacs du parc national de Wapusk – Surveillance et recherche sur l’intégrité écologique durable
Quatre employés de Parcs Canada posent pour une photo devant un hélicoptère dans le parc national Wapusk.

L’échantillonnage des lacs dans le parc national Wapusk permet de suivre les résultats de deux principales causes du changement des écosystèmes aquatiques à l’intérieur des limites du parc :

  1. les changements dans le mouvement et la distribution de l’eau en raison du réchauffement climatique et des changements dans les régimes de précipitations;
  2. les changements du cycle des éléments nutritifs dans les lacs en raison de perturbations causées par la Petite Oie des neiges.

La composition de l’eau, mesurée à 16 lacs situés dans les principales écozones du parc (marais côtier, tourbière intérieure et forêt boréale d’épinettes), fournit des données pour évaluer les changements des conditions hydrologiques du lac. Afin de surveiller les conséquences des perturbations causées par la Petite Oie des neiges, 31 lacs sont surveillés dans la moitié nord du parc où les oies nichent et migrent. Les températures de l’air et de l’eau, le pH et la conductivité sont mesurés dans une gamme de lacs fortement perturbés ou non, et des échantillons sont prélevés pour la composition chimique et isotopique de l’eau. Cela permet à Parcs Canada de comprendre d’où vient l’eau et d’évaluer les changements dans la qualité de l’eau.

Ce projet soutient le transfert de connaissances entre les partenaires de recherche et Parcs Canada. Cela est réalisé par une formation directe et le développement de protocoles de surveillance. Il soutient aussi l’élaboration, la mise en œuvre, la durabilité et l’examen du Plan de surveillance de l’intégrité écologique du parc. Il contribue également à la compréhension des répercussions de la Petite Oie des neiges sur les habitats et d’autres espèces, ainsi qu’à l’élaboration d’une stratégie de gestion pour cette espèce surabondante.

Peter M. Kotanen (Université de Toronto) : Comprendre ce qui limite les invasions de plantes non indigènes dans les hautes latitudes
Un gros plan de plantain maritime dans l’herbe.
Plantago maritima
Photo : Peter M. Kotanen

Cette étude vise à comprendre pourquoi les plantes non indigènes ne sont pas répandues dans les écosystèmes du Nord et si les changements environnementaux pourraient accroître leur présence. Elle porte également sur les raisons pour lesquelles les plantes non indigènes sont limitées aux zones habitées et ne se développent pas dans l’habitat de la toundra et les limites forestières environnantes. La majeure partie de ce travail se déroule dans la ville de Churchill et au centre d’études sur le Nord de Churchill (Churchill Northern Studies Centre) situé à proximité. Les camps de recherche Nester One et Nester Two dans le parc national Wapusk, ainsi que les secteurs du lieu historique national Fort Prince-de-Galles (y compris le cap Merry), lieux de haute fréquentation, font partie de l’étude.

En juillet et en août 2024, quatre sorties ont été effectuées dans le parc pour rechercher des plantes non indigènes aux camps Nester One et Nester Two, en accordant une attention particulière à la recherche d’espèces bien établies à Churchill. Aucune plante non indigène n’a été trouvée. Ces résultats montrent assez clairement que les visiteurs de ces camps n’apportent pas actuellement de plantes envahissantes à Wapusk.

John Markham, Ph. D. (Université du Manitoba) : Influence de l’amélioration de la neige et des apports de nutriments par les renards arctiques sur les plantes de toundra à la lisière de l’Arctique
Vue aérienne d’un champ à moitié recouvert d’herbe verte et à moitié nue.
Une parcelle de Dryas integrifolia sur une parcelle fertilisée avec barrière montrant des signes de broutage hivernal par les lemmings.
Photo : John Markham

Les renards arctiques (Vulpes lagopus) agissent comme ingénieurs des écosystèmes dans les régions de la toundra à végétation basse et sans arbres. Ils augmentent les nutriments dans le sol près de leurs tanières grâce à leurs excréments et restes de proies, ce qui augmente la taille de la végétation. Cette végétation plus haute contient plus de nutriments qui se décomposent plus rapidement que la végétation d’autres régions de la toundra. La végétation plus haute retient aussi plus de neige en hiver, offrant un habitat unique tant pour les plantes que pour les animaux.

Cette recherche vise à comprendre les effets de l’augmentation des nutriments du sol et de l’épaisseur de la neige autour des tanières de renards. Des barrières pare-neige sont construites ou de l’engrais est ajouté dans les parcelles où les renards ont habituellement leurs tanières. L’épaisseur de la neige et la couverture végétale dans ces parcelles sont comparées entre elles et aux parcelles de contrôle sans barrières ni engrais. Les résultats montrent que certaines espèces produisent plus de fleurs et des feuilles plus grosses et plus minces lorsque de l’engrais et de l’engrais combiné à des barrières pare-neige sont ajoutés. Dans les parcelles avec engrais et barrières, on observe une augmentation du nombre de lemmings broutant sur les arbustes bas. Ces parcelles ont aussi été envahies par le seigle de mer, que l’on trouve généralement dans les tanières de renards et qui augmente la productivité des plantes. Les images des caméras de suivi ont montré que la faune est attirée par les parcelles fertilisées et s’y nourrit, surtout celles avec une accumulation d’herbe.

Comprendre comment les renards arctiques améliorent la biodiversité aidera à prédire comment la végétation pourrait réagir au déclin potentiel de la population et aux changements dans les nutriments du sol causés par les changements climatiques.

Tim Papakyriakou, Ph. D. (Université du Manitoba) : Évaluation de l’émission de carbone de la terre à l’océan à l’extrémité nord des basses terres de la baie d’Hudson
Une personne agenouillée dans un champ tient un petit appareil pendant qu’une seconde personne observe.
Photo : Alessia Guzzi

Ce projet contribue à la compréhension du recyclage et du transport du carbone dans la zone continue de pergélisol de la baie d’Hudson. Les rivières et ruisseaux provenant des hautes terres tourbières de l’intérieur, où le pergélisol est courant, transforment et transportent le carbone vers les systèmes des estuaires et des zones humides côtières. Ces zones stockent le carbone dans les sédiments et la végétation; ce qui pourrait fournir une source de carbone au système marin de la baie d’Hudson.

En juillet 2024, des échantillons d’eau ont été prélevés dans neuf stations fluviales et lacustres du parc national Wapusk. Ces échantillons fourniront une base de référence pour les propriétés organiques et inorganiques. Une analyse plus approfondie portera sur la compréhension des charges en carbone et en nutriments dans les rivières et ruisseaux dans l’ensemble du parc, en particulier les rivières Owl et Broad, ainsi que le débit de ces composantes des rivières vers la côte et la mer.

Le transport de carbone par l’eau de mer représente une perte majeure de carbone pour le système de tourbières terrestres. Ce projet vise à mesurer cette perte afin de mieux comprendre le cycle du carbone dans la région de la baie d’Hudson.

Tabatha Rahman (Université Laval) : Distribution et développement des fentes de glace et impact sur l’évolution du paysage dans les landes des basses terres de la baie d’Hudson, au nord du Manitoba
Une personne se tient debout jusqu’à la taille dans un étang tout en tenant une longue perche à la verticale.
La candidate au doctorat Tabatha Rahman jusqu’à la taille dans un plateau de tourbe dégradé, mesurant la profondeur des couches actives. Prise à quelques kilomètres à l’ouest du parc national Wapusk, près du chemin de fer de la baie d’Hudson.
Photo : Tabatha Rahman

Les landes du nord du Manitoba abritent une partie du pergélisol continu et de la glace de fente — un type de glace de sol qui se forme lors d’hivers particulièrement froids. La glace de fente des landes devrait fondre avec la poursuite du réchauffement climatique, ce qui aura des répercussions négatives sur le chemin de fer crucial de la baie d’Hudson et sur l’habitat vital de mise bas des ours polaires. Cependant, notre capacité à prédire et à atténuer les risques associés au dégel du pergélisol est limitée, puisque le volume et la distribution de la glace de fente sont inconnus. Cette recherche vise à déterminer le volume et la distribution de la glace de fente, ainsi que ses répercussions sur l’évolution du paysage dans les landes.

Les résultats indiquent que 88 % de la glace de fente des landes se trouvent sur des plateaux de tourbe, sur lesquels le chemin de fer de la baie d’Hudson a été bâti et où des ours polaires ont construit des tanières. La glace de fente représente 5,58 % de la couche supérieure de 2 m du pergélisol dans les plateaux de tourbe des landes. Ces fentes de glace sont situées au sommet du pergélisol, ce qui les rend vulnérables à son dégel. Le pergélisol, dans les régions recouvertes d’une tourbe épaisse (≥ 1 m), semble résistant au réchauffement climatique et aux incendies.

Robert Rockwell, Ph. D. (American Museum of Natural History) : Extension de l’aire de nidification de la Petite Oie des neiges dans le parc national Wapusk
Une image d’une caméra de surveillance montrant un grizzli piétinant des plumes blanches.
Photo : Permission du Robert Rockwell

Depuis 1969, la colonie de nidification de la Petite Oie des neiges à la baie de La Pérouse, dans le parc national Wapusk, est passée de 2 500 couples à plus de 75 000 couples. La superficie occupée par ces oies est passée d’une bande de 1 km de large le long d’une petite portion de la côte à plus de 400 km2 le long de la côte et à l’intérieur des terres jusqu’à la lisière des arbres. À mesure que le nombre d’oies utilisant la baie de La Pérouse pour la nidification et la halte migratoire printanière a augmenté, l’habitat s’est fortement dégradé en raison du comportement destructeur de la recherche de nourriture des oies et l’impact négatif qui en résulte sur les processus physiques. À mesure que l’habitat local se dégrade, de nombreuses oies se dispersent sur la côte ou vers l’intérieur des terres vers des habitats moins dégradés, ce qui cause une dégradation supplémentaire.

Des relevés aériens et au sol sont réalisés pour surveiller l’impact de l’habitat ainsi que la halte migratoire et la nidification des Oies des neiges dans le parc. Dans l’ensemble, 2024 a été une saison chaude avec une disparition précoce de la couverture neigeuse, et il y a eu un pic d’éclosion des Petites Oies des neiges et un envol des oisillons tout aussi précoce. La densité de nidification a diminué en 2024, comparativement à 2010.

Les résultats de cette étude sont à la base du plan conjoint du Canada et des États-Unis pour gérer les Petites Oies des neiges. Les données de l’étude aident également à gérer les dommages causés par la recherche de nourriture destructrice par les Petites Oies des neiges dans le parc. Les résultats des années passées ont alerté la direction du parc d’une grave situation concernant l’habitat à la pointe Thompson et cette surveillance continue permet de détecter des répercussions semblables.

Robert Rockwell, Ph. D. (American Museum of Natural History) : Écologie et impact sur les habitats des Oies des neiges à la baie de La Pérouse et sur la péninsule du cap Churchill
Quatre personnes se tiennent derrière un grand groupe d’oies des neiges dans un champ.
Photo : Permission du Robert Rockwell

Cette recherche à long terme (47 ans) porte sur les Petites Oies des neiges et leur interaction avec les écosystèmes associés aux basses terres de la baie d’Hudson, y compris le parc national Wapusk, et leurs répercussions sur ceux-ci. La recherche comprend des études annuelles sur les Oies de Ross, les Eiders à duvet, les Bruants des prés ainsi qu’une variété d’espèces de canards, d’oiseaux de rivage et de passereaux. Elle comprend également des études sur les interactions des Oies des neiges avec les prédateurs et les ressources végétales de la région. Les dommages causés à l’habitat par les Petites Oies des neiges, leur impact sur d’autres espèces et son rétablissement une fois abandonné, ainsi que la qualité de la nourriture des Petites Oies des neiges et la surveillance des prédateurs, sont évalués à la lumière des changements climatiques.

L’étude sur les exclos de rétablissement montre qu’il y a un potentiel de rétablissement à l’intérieur des exclos. Le plus grand rétablissement se trouve sur les sites ayant le moins de dommages à la végétation. Les données recueillies lors de l’étude de baguage ont montré que les oisillons semblaient plus robustes et plus gros que la moyenne, ce qui suggère qu’ils ont éclos tôt et qu’il y avait une correspondance entre la phénologie végétale et le pic de nutrition et d’abondance des espèces fourragères pour les oies en 2024.

Les résultats de cette étude sont à la base du plan conjoint du Canada et des États-Unis pour gérer les Petites Oies des neiges. Les résultats sont également utilisés par l’United States Fish and Wildlife Service et le Service canadien de la faune pour réévaluer le plan de gestion de la population de Petites Oies des neiges du centre du continent. Ils aident également à gérer les dommages causés par la recherche de nourriture destructrice par les Petites Oies des neiges dans le parc.

Julie Rogers (The Park School of Baltimore) : Surveillance à long terme de l’humidité du sol et de l’habitat des plantes vasculaires du pergélisol dans le parc national Wapusk et ses environs

Dans le programme ISAMR (International Student-Led Arctic Monitoring and Research), les étudiants et professeurs, principalement de Churchill et de Baltimore, participent à la recherche sur les changements climatiques. Cette recherche aide à comprendre les variations de l’épaisseur de la couche active du pergélisol, mesurées par l’épaisseur de la ligne de gel. L’épaisseur de la couche active devrait augmenter dans les régions arctiques à mesure que le climat se réchauffe et que le pergélisol se dégrade. Elle est liée aux changements de couverture végétale, d’humidité du sol, de pH, d’accumulation de neige et de microbiome. Il y a 14 sites de recherche dans le parc national Wapusk et 7 sites dans l’aire de gestion de la faune de Churchill, près du parc.

Depuis 5 ans, les étudiants de l’ISAMR voyagent avec le personnel de Parcs Canada pour visiter les sites de Wapusk afin de mesurer l’épaisseur de la couche active et la couverture végétale, et analyser des échantillons de sol. Les données montrent une grande différence dans la mesure de l’épaisseur de la couche active lorsqu’on compare les environnements de tourbières aux environnements marécageux. Il s’agit d’une tendance dans la région depuis 1998.

Ces données, combinées à la surveillance du pergélisol par Parcs Canada sur sept autres sites du parc, créent un ensemble de données à long terme. Cela aide à améliorer les efforts de surveillance pour suivre les changements de végétation et de pergélisol (épaisseur de la couche active) dus aux changements climatiques.

James Roth, Ph. D. (Université du Manitoba) : Examen des interactions du renard arctique avec le réseau alimentaire
Vue aérienne d’un nid d’oie des neiges dans un champ.
Tanière de renard depuis les airs.
Photo : Sean Johnson-Bice

Ce projet de surveillance à long terme a lieu dans et autour du parc national Wapusk. Il étudie les changements dans la façon dont les espèces interagissent dans les réseaux alimentaires arctiques. Les renards arctiques chassent les lemmings, les bernaches et les phoques. Les changements dans le nombre de ces espèces peuvent influencer la façon dont elles sont chassées par les renards. À mesure que les espèces du sud, comme les renards roux et les campagnols des prés, deviennent plus courantes sur la toundra, les modes de chasse et le succès des renards arctiques peuvent être affectés. Comprendre ces interactions aide à prédire les effets de la perte future d’espèces ou des changements environnementaux.

En 2024, des relevés ont été réalisés dans et autour du parc national Wapusk pour estimer le nombre de lemmings et de campagnols. La densité des nids des Bernaches du Canada a été estimée, tout comme la taille des couvées et la date de début de chaque nid. L’utilisation des tanières par le renard arctique et le renard roux dans le parc a été étudiée au printemps pour comprendre l’utilisation des tanières par les différentes espèces et en été pour mesurer le succès reproductif.

Les résultats montrent que le nombre de lemmings a continué de diminuer dans cette région depuis les années 1930. Cela se produit aussi dans plusieurs régions du Bas-Arctique, possiblement en raison d’une baisse de la qualité des neiges liée au réchauffement climatique. Cependant, une fonte des neiges plus précoce peut permettre aux bernaches de commencer à nicher plus tôt, ce qui réduit la prédation des nids et augmente le succès de l’éclosion.

James Roth, PhD. (Université du Manitoba) : Examen des interactions et des mouvements des renards entre la toundra et la taïga
Deux personnes sont agenouillées dans un champ de neige et tiennent un renard arctique.
Holly et Audrey travaillant sur un renard arctique capturé dans le parc national Wapusk, avril 2024.
Photo : Chloe Warret Rodrigues

L’expansion des renards roux (Vulpes vulpes) dans des zones autrefois occupées par les renards arctiques (Vulpes lagopus) peut menacer la survie des populations de renards arctiques. Ce projet utilise les informations de localisation provenant des colliers émetteurs à transmission par satellite posés sur des renards des deux espèces pour mieux comprendre cette menace. Les informations de localisation montrent comment les renards utilisent le paysage dans le parc national Wapusk et aux alentours.

En avril 2024, quatre renards ont été capturés dans le parc : trois renards roux et un renard arctique. Tous les renards ont été trouvés dans des tanières près de la station de recherche Nester 1. Des colliers émetteurs à transmission par satellite ont été posés sur les renards roux, mais pas sur le renard arctique en raison de sa petite taille. Un total de sept renards de 2023 et 2024 sont restés dans la zone d’étude pendant la période de reproduction ciblée, du 1er avril au 31 août. Tous les autres renards munis de colliers actifs ont quitté la zone du projet durant cette période.

Les prédateurs comme les renards jouent un rôle important dans les réseaux trophiques arctiques et subarctiques. Les variations du nombre et des types de prédateurs, ainsi que les changements dans leur utilisation des écosystèmes, peuvent aussi se répercuter sur d’autres espèces. Un environnement qui se réchauffe peut également permettre à des espèces d’élargir leur aire de répartition dans de nouveaux territoires comme la toundra arctique. Comprendre les interactions entre ces deux espèces pourrait aider à comprendre pourquoi des espèces normalement présentes dans la forêt boréale peuvent se trouver dans des écosystèmes plus nordiques de la toundra et les effets que cela pourrait avoir sur les écosystèmes du parc.

Jesse Shirton (Parcs Canada) : Soutenir la surveillance du pergélisol pour évaluer l’état du parc dans le parc national Wapusk, au Manitoba
Un employé de Parcs Canada en uniforme insère un tube métallique dans le sol.

Le parc national Wapusk protège le paysage et les écosystèmes des basses terres de la baie d’Hudson, une vaste zone humide située entre le Bouclier canadien et les rives sud de la baie d’Hudson et de la baie James. La présence de pergélisol dans cette région influence les fonctions biologiques et hydrologiques de ce terrain, notamment les bancs de tourbe surélevés qui fournissent du fourrage d’hiver pour les caribous et un habitat pour les ours polaires. Ce projet utilise les informations recueillies à partir de puits de pergélisol, de stations météorologiques, ainsi que d’échantillons de végétation et de sol pour surveiller les variations du dégel du pergélisol dans le parc.

Les puits de pergélisol recueillent des données de température sur tout le profil du sol jusqu’à des profondeurs de 10 m. Ces renseignements fournissent aux chercheurs des données de référence précieuses pour estimer l’étendue du pergélisol à une échelle spatiale plus grande.

Ce projet permet de mieux comprendre les processus touchés par le dégel du pergélisol. Les données climatiques à long terme sont également examinées afin de mieux comprendre les impacts des changements climatiques mondiaux sur les écosystèmes du parc. Le projet soutient aussi l’élaboration, la mise en œuvre, la durabilité et l’examen du Plan de surveillance de l’intégrité écologique du parc.

Jesse Shirton (Parcs Canada) : Eyes on the Skies – Surveillance des oiseaux de rivage de l’Arctique dans le parc national Wapusk
Une personne se tient sur une échelle près du sommet d’une tour de signalisation.

Les populations des oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique sont actuellement en déclin. Il existe d’importantes lacunes dans les connaissances concernant les habitudes migratoires des oiseaux de rivage. Cependant, des recherches montrent que le littoral du parc national Wapusk est essentiel pour plus d’une douzaine d’espèces d’oiseaux de rivage pendant leurs migrations.

En 2022, Parcs Canada a déployé deux tours MOTUS (Motus Wildlife Tracking System) dans le parc national Wapusk et une au lieu historique national York Factory. Ces tours soutiennent la désignation du littoral du parc comme aire de conservation des oiseaux de rivage. En plus de ces tours MOTUS, Erica Nol, PhD., de l’Université Trent a déployé une tour MOTUS saisonnière au camp de recherche Nester 1. Depuis leur déploiement, les tours ont détecté sept espèces différentes, dont le Bécasseau maubèche, une espèce en voie de disparition.

Ce projet permet à Parcs Canada de mieux comprendre comment les oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique utilisent le parc national Wapusk pendant leurs migrations printanières et automnales. Les données de suivi recueillies par les tours MOTUS sont disponibles sur le site www.motus.org. Elles comprennent des données sur les oiseaux du projet d’Erica Nol, ainsi que sur les oiseaux d’autres projets MOTUS nationaux et internationaux.

Jillian St. George (gouvernement du Manitoba) : Gestion de la Bernache du Canada subarctique et des Oies des neiges dans le parc national Wapusk
Une personne agenouillée tend une perche vers un groupe d’oies dans un enclos pendant qu’une autre personne regarde assise sur une chaise.
Photo : Jillian St. George

Ce projet se déroule à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du parc national Wapusk. Il est composé d’un relevé aérien visant à estimer la taille de la population d’oies du Canada du sud de la baie d’Hudson, ainsi que l’âge et le sexe des oies. Le projet prévoit aussi le baguage des adultes et des jeunes de l’Oie du Canada résidente incapable de voler (Branta canadensis maxima) et de la Petite Oie des neiges (Anser caerulescens caerulescens) afin d’estimer les taux de récolte et de survie. Ces activités sont menées chaque année par des chercheurs et des employés des États et provinces situés dans la voie migratoire du Mississippi, une importante route migratoire nord-sud pour les oiseaux en Amérique du Nord qui s’étend du sud du Mississippi jusqu’au nord de l’île de Baffin. Les résultats de ce projet fournissent des informations pour la gestion des populations d’oies sur cette route.

En 2024, 635 Bernaches du Canada adultes et 1 297 juvéniles ont été baguées sur la côte de la baie d’Hudson, au Manitoba, dont 1 909 Oies du Canada résidentes, 22 Oies géantes et 1 Bernache de Hutchins. Au début du mois de juin, un relevé aérien a été effectué le long des côtes de l’Ontario et du parc national Wapusk.

Les résultats de ce relevé montrent où et en quelle densité les Bernaches du Canada se reproduisent dans les zones côtières du parc national Wapusk. Les résultats du programme de baguage indiquent combien d’oies éclosent chaque année dans le parc et où elles grandissent. Le baguage des Petites Oies des neiges facilite la surveillance à long terme de la population et de l’habitat dans le parc, avec pour objectif à long terme de restaurer les habitats endommagés par cette population surabondante.

Russell Turner (Parcs Canada) : Candid Caribou : Documentation de l’utilisation de l’habitat migratoire par les caribous dans le parc national Wapusk
Vue aérienne de quatre caribous dans un champ.

Cette recherche utilise un réseau de caméras de surveillance pour surveiller la faune à Wapusk. Les caméras sont placées le long du bord est du parc, du cap Churchill à la rivière Broad. Elles sont déployées du nord au sud et réparties également dans les habitats de marais et de crêtes côtières. Les objectifs sont de documenter quand et où se trouvent les caribous toute l’année et de déterminer l’habitat que les caribous préfèrent dans leur aire de répartition estivale.

Après trois ans, 687 616 images ont été collectées pour l’analyse des données. Les images, associées aux connaissances autochtones et locales, ont montré comment les crêtes côtières de gravier surélevées constituent des routes migratoires importantes pour les caribous qui se dirigent vers leurs aires de vêlage.

En 2020 et 2021, Parcs Canada a organisé la série d’ateliers Beyond Borders Caribou (en anglais). Les ateliers ont offert un forum d’échange de connaissances, créant un espace pour relier la science occidentale et les systèmes de savoir autochtone sur un pied d’égalité, en élaborant conjointement des stratégies pour soutenir les troupeaux de caribous en santé dans le nord du Manitoba. La mise en place de ce projet a été l’un des résultats de cette série d’ateliers. L’utilisation de caméras de surveillance non invasives est un excellent outil pour recueillir des données et surveiller les populations d’animaux sauvages dans des environnements éloignés. Elle s’harmonise également avec le mandat et les priorités de recherche de Parcs Canada visant à mieux comprendre l’écologie du parc national Wapusk.

Russell Turner (Parcs Canada) : Surveillance des excréments (matières fécales) des caribous dans le parc national Wapusk
Quatre personnes bien emmitouflées se tiennent dans la neige, devant un hélicoptère.

Trois troupeaux de caribous différents se trouvent généralement dans le parc national Wapusk : le troupeau du cap Churchill et celui de l’île Penn, qui font partie de la population migratrice de l’Est, et le troupeau de caribous de Qamanirjuaq, qui fait partie de la population de la toundra. Cependant, on ignore comment et quand ces troupeaux utilisent le paysage. À l’aide d’échantillons d’excréments (matières fécales), l’objectif de cette recherche est de recueillir de l’ADN de caribous à différentes saisons et dans diverses régions afin de déterminer quel troupeau utilise quelle zone du parc et à quelle fréquence. L’ADN présent dans les excréments des caribous permet d’identifier les animaux individuels et peut aider à suivre les déplacements des troupeaux. Les échantillons soutiendront également la base de données nationale sur la recherche sur les caribous dans le cadre du groupe EcoGenomics Canada : https://www.ecogenomicscanada.ca (en anglais seulement).

En 2024, 171 échantillons ont été prélevés à 10 sites différents dans le parc et aux environs. L’ADN a été extrait des échantillons et expédié à des partenaires de recherche aux fins d’analyse génétique. Les résultats sont attendus à l’automne 2025. À la fin avril 2025, le plan est de prélever davantage d’échantillons d’ADN dans les aires de vêlage des caribous dans le parc.

Russell Turner (Parcs Canada) : Enquête sur la reproduction de l’oie des neiges de Wapusk : cartographie des colonies et estimation de l’abondance
Vue aérienne d’un groupe d’oies des neiges dans un champ.

Depuis de nombreuses années, le parc national Wapusk subit les effets négatifs d’une population trop abondante d’oies des neiges. La menace que représentent les oies des neiges pour l’intégrité écologique du parc, principalement en raison de leurs habitudes alimentaires destructrices qui modifient irréversiblement le paysage, est devenue de plus en plus évidente. On manque d’informations sur la répartition actuelle et la taille de la population reproductrice d’oies des neiges dans le parc. Des données provenant d’autres recherches donnent à penser que la densité de nidification a diminué avec l’évolution des conditions de l’habitat. À mesure que leur habitat se détériore, les oies se dispersent dans d’autres parties du parc.

Pour répondre à ces préoccupations, un relevé aérien a été réalisé en 2024 dans la partie nord du parc, où les oies sont les plus courantes. Le but du relevé était de photographier les oies nichant dans ces zones. On travaille actuellement à trier les milliers de photos du relevé et à les référencer selon leur emplacement dans le paysage. Le personnel de Parcs Canada comptera ensuite les nids sur les photos afin d’obtenir une estimation actualisée de la population reproductrice pour le parc.

Les résultats permettront de comprendre l’empreinte écologique actuelle de ces oiseaux migrateurs et de prédire les changements potentiels de leur nombre au fil du temps. Ces informations serviront à élaborer un plan de gestion des oies des neiges afin de répondre aux efforts actuels et à long terme de conservation et de gestion dans le parc national Wapusk.

 

Grâce à des évaluations répétées, les programmes de surveillance permettent aux scientifiques et aux gestionnaires d’établir si les systèmes changent au fil du temps, et si les éventuels changements sont liés à des processus naturels ou à l’activité humaine. La surveillance permet également aux gestionnaires du parc de déterminer l’efficacité des mesures de gestion.

L’un des aspects les plus importants de la recherche et de la surveillance est de communiquer les résultats et les données aux personnes extérieures au programme scientifique, dont les collectivités locales, ainsi que de transmettre à d’autres chercheurs l’information sur la recherche et la surveillance qui ont cours dans le parc.


Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2015-2016 (Version PDF, 4,2 Mo)

Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2011-2012 (Version PDF, 4 Mo)

Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2010-2011

Le plan directeur du parc national Wapusk souligne la responsabilité de Parcs Canada de maintenir et de surveiller l’intégrité écologique du parc. Des collaborations avec des universités, des organismes gouvernementaux et des organisations à but non lucratif améliorent notre capacité collective de mesurer les questions essentielles qui pourraient avoir des répercussions sur l’intégrité écologique du parc et de la région avoisinante, ainsi que de mieux comprendre ces questions.

Les responsables du Centre d’études nordiques de Churchill (CENC), le personnel de Parcs Canada et des chercheurs se sont rencontrés en janvier 2011, à Winnipeg, afin d’échanger des résultats de recherches scientifiques et d’élaborer des idées concernant les priorités en matière de recherche future dans la région de Churchill. À la suite de ce symposium couronné de succès, le CENC a travaillé en collaboration avec Parcs Canada afin de produire le Rapport annuel de 2011 sur la recherche et la surveillance du parc national Wapusk. Veuillez envoyer un courriel à Adresse courriel : manitoba@pc.gc.ca pour obtenir une copie du rapport, qui résume les recherches menées dans le parc et ses environs.


Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2009-2010 (Version PDF, 3,1 Mo)

Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2007-2008 (Version PDF, 2,45 Mo)

Les oiseaux du parc national Wapusk. 2009. Document hors-série no 1. (Version PDF, 3,3 Mo)

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