Recherche et surveillance
Parc national Wapusk
Les programmes de recherche et de surveillance sont d’importants outils pouvant être utilisés pour acquérir une meilleure connaissance des ressources et des processus écologiques du parc.
Les projets de recherche permettent aux scientifiques d’étudier les conditions et les espèces à l’intérieur du parc. Par exemple, ils permettent de déterminer si les conditions et les espèces sont uniques ou propres à cet élément paysager ou s’ils se comportent d’une manière qui n’a pas été documentée ailleurs ou qui n’a pas été observée auparavant dans le parc.
Les projets de recherche pour 2025-2026 comprennent :
Andrew Berry (forêt et arboretum de Bernheim) : Surveillance de la nidification de l’aigle royal dans le parc national Wapusk
Photo : Forêt et arboretum de Bernheim
Depuis 2015, la forêt et l’arboretum de Bernheim et ses partenaires suivent les aigles royaux qui nichent dans le parc national Wapusk. Cette collaboration internationale vise à mieux comprendre le comportement de ces rapaces. Ils migrent chaque année, depuis leur habitat hivernal de la forêt et l’arboretum de Bernheim situé au Kentucky. Le voyage se termine, pour l’été, sur leur territoire de nidification à Wapusk jusqu’à ce qu’ils migrent de nouveau au Kentucky pour l’hiver. Il reste encore de nombreuses questions en suspens en ce qui concerne leurs nids et leur comportement pendant leur séjour dans le parc, qui s’étend d’avril à octobre.
Nous utilisons la télémétrie GPS pour suivre la trajectoire des aigles pour la migration et les déplacements dans Wapusk et la grande région de Churchill. Des caméras de surveillance, installées dans les arbres près de leurs nids, permettent de fournir des données sur le comportement et le succès de reproduction. Nous avons suivi en continu Athena, une femelle adulte d’aigle royal, tout au long de 2025. Son émetteur a enregistré 21 003 emplacements GPS et consigné 6 455 milles (10 388 km) de parcours durant la saison 2025. Ce qui comprend les migrations à partir du Kentucky vers le Manitoba et le retour en hiver, ainsi que la saison de nidification en été. Athena a utilisé au moins 95 aires protégées aux États-Unis et au Canada. Ce qui souligne l’importance de grands paysages connectés. Ses mouvements à Wapusk témoignaient d’une fidélité constante au site du nid. Ces mouvements se sont concentrés sur les basses terres côtières, les zones de transition toundra-boréale, les lacs, les zones humides et la bordure des forêts.
La présente recherche contribue à la compréhension de l’écologie migratoire, de l’utilisation saisonnière des habitats et des défis de conservation au-delà des frontières internationales. Elle permet d’élargir les connaissances de Parcs Canada sur les aigles royaux dans le parc national Wapusk. Elle fournit également des données essentielles sur leur comportement migratoire et leur utilisation de l’habitat durant leur cycle annuel.
Frédéric Bouchard, Ph. D. (Université de Sherbrooke) : Reconstituer la dynamique des lacs et des tourbières du parc national Wapusk près de Churchill, Manitoba
Photo : Nicole Rogowsky
Des études antérieures ont documenté la baisse des niveaux d’eau dans les lacs du parc national Wapusk et de la région de Churchill. Certains lacs se sont asséchés. On ne sait cependant pas si cette situation date du début de la période industrielle. Ce projet vise à déterminer si ces niveaux d’eau plus bas sont le résultat du dégel du pergélisol et des changements dans les schémas d’écoulement causés par le réchauffement climatique récent. Il vise également à déterminer si le transfert de carbone des écosystèmes terrestres vers les écosystèmes aquatiques augmente.
De juin à août 2025, une sonde dans la rivière Broad a recueilli des données horaires sur les propriétés chimiques et physiques de l’eau. Cela incluait la température de l’eau, le niveau d’eau, le pH, la conductivité et la turbidité (la clarté de l’eau). La sonde mesurait aussi la teneur en carbone organique dissous de l’eau. Durant cette période, nous avons également recueilli trois échantillons d’eau pour analyse en laboratoire.
Ces recherches se déroulent en collaboration avec :
- Laure Gandois et Maialen Barret (Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement, France)
- Sylvain Ferrant (Centre d’études spatiales de la biosphère, France)
- Julien Arsenaul et Lucile Cosyn-Wexsteen (Département de géomatique appliquée, Université de Sherbrooke)
- Michelle Garneau et Tiina Kolari (Département de géographie, UQAM)
Ryan Brook, Ph. D. (Université de la Saskatchewan) : Recherches sur la faune et stages estivaux de pratiques de terrain de l’Université de la Saskatchewan au parc national Wapusk
Photo : Ryan Brook
Depuis 2005, des étudiants de l’Université de la Saskatchewan participent à ce programme de stages de pratiques de terrain au parc national Wapusk. Le programme accueille jusqu’à 20 étudiants chaque année. Les étudiants contribuent à des projets de recherche écologique de long terme en prenant des mesures de l’épaisseur de la couche active du pergélisol, de l’humidité du sol et de la couverture végétale, tout en menant des projets personnels. L’université maintient également 42 caméras de surveillance dans le parc pour documenter le comportement des caribous et des ours polaires.
Les études de 2025 ont porté sur les sujets suivants :
1. Caractérisation des schémas temporels et spatiaux des occurrences de la famille des ours polaires dans la région de Cape Churchill;
2. Évaluation des options pour la réintroduction du bœuf musqué (pas à Wapusk);
3. Quantification du moment d’arrivée et de départ des caribous migrateurs dans l’aire de répartition estivale;
4. Développement d’une approche quantitative pour mesurer la taille des ours polaires dans les photos de caméras de sentier;
5. Quantification de la production et de la disponibilité des baies pour les grizzlis;
6. Analyse de l’écologie des lichens et tardigrades;
7. Cartographie et évaluation de la présence de grenouilles dans les marais;
8. Détermination du comportement alimentaire des caribous dans l’habitat des marais.
Douglas Clark, Ph. D. (Université de la Saskatchewan) : Le projet des ours arctiques
Photo : Université de la Saskatchewan
Les gestionnaires de parcs et de faune à travers l’Arctique doivent comprendre pourquoi les ours polaires s’approchent des humains. Les raisons possibles incluent des activités humaines, un manque de glace de mer, ou une combinaison des deux. Ce manque de connaissances rend difficile la planification pour prévenir les conflits entre les ours polaires et les humains. Cela est particulièrement vrai avec les conditions de la glace de mer qui changent rapidement en raison du réchauffement du climat arctique.
Depuis 2011, des caméras de surveillance ont été installées à divers endroits dans le parc national Wapusk. Elles sont placées dans trois camps sur la côte ouest du parc, une station de recherche dans le parc, et des sites à l’extérieur choisis par les membres de la communauté. Les images capturées par ces caméras déterminent à quelle fréquence les ours polaires visitent certains sites, et pourquoi. De plus, des images satellites sont utilisées chaque année pour recueillir des informations sur les dates de rupture et de gel de la glace de mer.
Les résultats récemment publiés montrent des résultats inattendus. Plus le temps s’écoulait depuis la rupture de la glace de mer chaque année, plus les ours polaires visitaient souvent les sites d’étude. L’activité humaine ne faisait aucune différence. Ces visites ne venaient pas d’ours plus affamés qui étaient visiblement plus maigres, ce qui était ce à quoi on s’attendait. Au contraire, plus les ours passaient de temps hors de la glace, plus ils étaient susceptibles de s’approcher des sites d’étude. Cela signifie que la perte de glace de mer ne mène probablement pas à plus d’interactions entre les ours polaires et les humains, simplement parce que les ours sont plus maigres. Nous devons faire plus de recherches pour mieux comprendre ce qui pourrait faire évoluer les interactions vers des situations plus dangereuses.
Répondre à ces questions donne au parc national Wapusk, ainsi qu’à d’autres organismes de l’Arctique, une base solide pour planifier et mettre en œuvre des mesures de prévention des conflits entre les ours polaires et les humains, surtout alors que la banquise continue de changer.
Douglas Clark, Ph. D (Université de la Saskatchewan) : Faire face à l’évolution des relations entre les ours et les humains dans le cadre du réchauffement de l’Arctique
Ce projet en cours vise à acquérir des connaissances sur l’écologie des grizzlis et des ours polaires ainsi que sur les interactions entre les ours et les humains dans le parc national Wapusk et la région environnante. Nous sommes d’avis que les effets du changement climatique sont en partie à l’origine de modifications apparentes des zones côtières occupées par ces deux espèces d’ours, y compris des endroits où ils établissent leur tanière. À leur tour, ces changements dans l’écologie des ours pourraient avoir une incidence sur leurs interactions avec les humains. Les membres de la communauté de Churchill et des environs veulent comprendre quelles sont les répercussions des changements climatiques sur les ours et leurs écosystèmes. Ils veulent aussi savoir comment ces changements pourraient engendrer de nouveaux risques pour leurs communautés et leurs moyens de subsistance et de quelle manière réduire ces risques.
Nous avons établi des sites d’échantillonnage le long de la côte de la baie d’Hudson pour détecter les grizzlis, en utilisant des appareils photo autonomes et des systèmes de prélèvement de touffes de poils. Nous réalisons chaque année des relevés aériens des tanières des grizzlis et des ours polaires, puis mesurons les tanières pour comprendre si les changements climatiques ont une incidence sur elles et de quelle manière ils se font ressentir. Nous recueillons des échantillons de poils pour analyser l’alimentation et la parenté génétique. Nous surveillons également les changements dans la répartition de la neige et de la glace de mer ainsi que les périodes de gel et de dégel. Ces données nous aident à comprendre si ces facteurs contribuent à provoquer des changements dans la répartition des ours polaires et de leurs tanières.
En 2025, des contraintes logistiques ont limité l’activité sur le terrain à un projet pilote. Du 13 au 24 juin, nous avons déployé, à l’extrémité nord du parc, quatre systèmes de prélèvement de touffes de poils associés à des appareils photo autonomes. Aucun ours n’a été photographié, et aucun échantillon de poils d’ours n’a été récupéré, bien que nous ayons observé de nombreux renards et caribous curieux. Nous avons installé des systèmes de prélèvement de touffes de poils associés à des appareils photo dans les mêmes sites en avril 2026. Ils sont surveillés deux fois par semaine par le personnel de Parcs Canada. Des travaux similaires, menés en collaboration avec le Churchill Northern Studies Centre, sont également en cours à l’extérieur du parc.
LeeAnn Fishback (Parcs Canada) : Inventaire des espèces de poissons du parc national Wapusk grâce à l’ADN environnemental

Le parc national Wapusk protège les paysages et les écosystèmes de la basse terre de l’Hudson. Des milliers d’étangs d’eau douce, de lacs, de rivières et de ruisseaux recouvrent ce territoire. Les connaissances traditionnelles et locales ont confirmé la présence de 10 espèces de poissons à huit endroits différents. Il existe néanmoins un écart de connaissances concernant l’étendue et la structure de la communauté piscicole.
L’objectif de ce projet est de réaliser un inventaire détaillé des espèces de poissons présentes dans le parc. Pour ce faire, nous prélèverons des échantillons des plus grands lacs de Wapusk ainsi que des principaux systèmes fluviaux et de ruisseaux à l’aide de techniques d’ADNe. La surveillance des communautés de poissons est essentielle à l’évaluation de la santé écologique globale des systèmes aquatiques et de la vie terrestre qu’ils alimentent.
En 2024, Parcs Canada a réalisé des évaluations des communautés de poissons le long des principaux systèmes fluviaux et de ruisseaux du parc :
- Rivière White Whale
- Ruisseau Thompson
- Rivière Broad
- Rivière Owl
- Ruisseau Rupert
Les résultats d’une étude pilote en 2023, ainsi que ceux de 2024, ont fourni des renseignements sur les espèces de poissons présentes dans les plus grands lacs et plus grandes rivières de Wapusk. Ce travail a permis de documenter 13 espèces de poissons, dont la présence de trois espèces qui n’avaient jamais été enregistrées auparavant dans le parc.
En 2025, nous avons effectué un échantillonnage supplémentaire à l’extrémité nord du parc pour combler les lacunes spatiales dans l’échantillonnage. Nous avons aussi ciblé de petits ruisseaux et étangs à travers le parc pour des échantillons. Lorsque notre analyse sera terminée, le parc disposera d’information à une échelle spatiale plus complète à travers Wapusk et une plus grande variété d’habitats du poisson.
LeeAnn Fishback (Parcs Canada) : Hydroécologie des lacs du parc national de Wapusk – Surveillance et recherche sur l’intégrité écologique durable

L’échantillonnage des lacs dans le parc national Wapusk permet de suivre les résultats de deux principales causes du changement des écosystèmes aquatiques à l’intérieur des limites du parc :
1. les changements dans le mouvement et la distribution de l’eau en raison du réchauffement climatique et des changements dans les régimes de précipitations;
2. les changements du cycle des éléments nutritifs dans les lacs en raison de perturbations causées par la Petite Oie des neiges.
La composition de l’eau fournit des données permettant d’évaluer les changements dans les conditions hydrologiques. Nous suivons ces renseignements sur 16 lacs situés dans les principales écozones du parc (marais côtier, tourbière intérieure et forêt boréale d’épinettes). Pour évaluer les conséquences de la perturbation de la petite oie des neiges, nous surveillons 31 lacs dans la moitié nord du parc. Il s’agit de la région dans laquelle les oies nichent et migrent.
Nous observons aussi des lacs allant de non perturbés à très perturbés. Nous mesurons la température de l’air et de l’eau, le pH et la conductivité. Nous prélevons aussi des échantillons pour étudier la chimie de l’eau et la composition des isotopes. Cela permet à Parcs Canada de comprendre d’où vient l’eau et d’évaluer les changements dans la qualité de l’eau.
Ce projet soutient le transfert de connaissances entre les partenaires de recherche et Parcs Canada. Cela est réalisé par l’intermédiaire d’une formation directe et du développement de protocoles de surveillance. Il soutient aussi l’élaboration, la mise en œuvre, la durabilité et l’examen du Plan de surveillance de l’intégrité écologique du parc. Ce projet contribue également à la compréhension des impacts des oies des neiges sur les habitats et sur d’autres espèces. Les résultats soutiennent également l’élaboration d’une stratégie de gestion pour cette espèce surabondante.
Steven Mamet, Ph. D. (Université de la Saskatchewan) : Microclimat, manteau neigeux, dynamique de la limite des arbres et dégradation du pergélisol dans le parc national Wapusk (Manitoba)
En cours depuis 2004, cette recherche vise à établir un historique à long terme des conditions environnementales et écologiques. Nous utilisons ces recherches pour évaluer les récents changements liés au climat.
Nous recueillons des feuilles d’arbre et les analysons pour déterminer la rétention d’eau. Cela nous aide à évaluer les effets relatifs de la chaleur estivale et les facteurs de stress hivernaux sur la santé des arbres. Les stations permanentes d’observation du microclimat surveillent plusieurs paramètres météorologiques toute l’année. Les appareils photo de surveillance de la faune montés sur les stations fournissent des renseignements sur le manteau neigeux et la phénologie de la végétation. Nous effectuons également des relevés sur le terrain du manteau neigeux au milieu de l’hiver pour recueillir des renseignements sur les caractéristiques du manteau neigeux.
En 2025, nous avons échantillonné 12 sites de manteau neigeux au milieu de l’hiver. Les mesures comprenaient l’épaisseur, la densité, l’équivalent en eau de la neige, l’isolation thermique et la dureté du manteau neigeux. L’analyse des extrémités de branches prélevées selon un gradient d’exposition est en cours.
Nous continuons également à recueillir des données provenant des stations de surveillance climatique des lacs Mary et Roberge. À ces sites, les capteurs mesurent la profondeur de la neige, la pluie, la vitesse et la direction du vent, la température de l’air, l’humidité relative, la température du sol et du pergélisol près de la surface. Des appareils photo de surveillance de la faune installés en 2014 documentent les conditions neigeuses pendant l’hiver et le développement de la végétation pendant la saison sans glace.
Cet ensemble de données à long terme fournit une base de référence essentielle pour détecter et interpréter les changements relatifs à l’écosystème. Elle soutient Parcs Canada et d’autres organismes de conservation dans la compréhension des changements environnementaux en cours. Cela améliore également la capacité de modéliser et de prédire les changements futurs dans la région.
John Markham, Ph. D. (Université du Manitoba) : Influence de l’amélioration de la neige et des apports de nutriments par les renards arctiques sur les plantes de toundra à la lisière de l’Arctique
Les renards arctiques (Vulpes lagopus) agissent comme ingénieurs des écosystèmes dans les régions de la toundra à végétation basse et sans arbres. Ils augmentent les nutriments dans le sol près de leurs tanières grâce à leurs excréments et restes de proies, ce qui augmente la taille de la végétation. La litière de feuilles riche en nutriments se décompose plus rapidement que la végétation dans d’autres régions de la toundra. Cela crée des conditions plus productives pour la croissance végétative future. La végétation plus haute retient aussi plus de neige en hiver, offrant un habitat unique tant pour les plantes que pour les animaux.
Cette recherche vise à comprendre les effets de l’augmentation des nutriments du sol et de l’épaisseur de la neige autour des tanières de renards. Nous avons construit des clôtures de neige et/ou ajouté de l’engrais aux parcelles dans les zones où les renards établissent habituellement leur tanière. Nous avons ensuite comparé la profondeur de la neige et la couverture végétale dans ces parcelles. Nous les avons aussi comparés à des parcelles témoins sans clôtures ni engrais.
Nos résultats montrent que l’ajout d’engrais produit un effet. L’ajout d’engrais permet à certaines espèces de produire plus de fleurs et des feuilles plus grandes et plus minces. C’est vrai pour les parcelles avec ou sans clôture de neige. Nous avons observé une augmentation du nombre de lemmings broutant sur des arbustes bas dans des parcelles contenant à la fois engrais et clôtures. Ces parcelles ont également été envahies par le seigle de mer. Le seigle de mer augmente la productivité des plantes et se trouve souvent dans les tanières de renards. À l’aide de caméras de surveillance, nous avons observé que certains animaux sauvages, en particulier les oies, se nourrissent dans les parcelles fertilisées. D’autres exemples sont les lièvres arctiques et le lagopède, au cours des années où leur population est élevée.
Comprendre comment les renards arctiques améliorent la biodiversité aidera les chercheurs à prédire les effets sur la végétation. L’un d’eux est la façon dont la végétation pourrait réagir à un déclin potentiel de population. Un autre est la réaction aux changements dans les nutriments du sol causés par le changement climatique.
Emily A. McKinnon, Ph. D. (Université du Manitoba/Windsor) : Connectivité migratoire et biologie de la reproduction des oiseaux chanteurs subarctiques

Cette recherche vise à comprendre la résilience des écosystèmes nordiques face aux changements climatiques. En particulier, nous étudierons les oiseaux chanteurs aux latitudes nordiques. Les oiseaux chanteurs sont des modèles idéaux pour comprendre les changements environnementaux à l’échelle du paysage. Ils sont très mobiles, interagissant avec des prédateurs, des concurrents et des personnes partout dans le monde. Ils répondent aux conditions météorologiques et à l’abondance des ressources à grande échelle. Les oiseaux chanteurs relient aussi les écosystèmes terrestres et aquatiques.
Nous avons mené une étude pilote d’une saison durant l’été 2025 dans la région entourant le camp de recherche Nester 1 dans le parc national Wapusk. Elle a évalué l’abondance, la capturabilité et le statut de reproduction des oiseaux chanteurs. Les années à venir incluront des observations sur le terrain, le marquage des oiseaux chanteurs avec des bandes numérotées et colorées, ainsi que l’installation d’étiquettes de suivi. Cela aura lieu dans la région autour de Churchill, y compris dans le parc national Wapusk. Nous surveillerons aussi les nids d’oiseaux chanteurs pour évaluer la survie des oisillons. L’espèce principale qui sera étudiée est le plectrophane lapon (Calcarius lapponicus). Cette espèce niche à Wapusk, mais il n’y a actuellement aucune information sur sa migration pendant la saison hors reproduction.
Les résultats de la recherche nous aideront à comprendre comment les écosystèmes du Nord réagissent aux changements climatiques. De plus, des balises de suivi fourniront des données pour les cartes des lieux d’hivernage et des routes migratoires du plectrophane lapon. Ces balises nous permettront d’évaluer les menaces à l’année pour cette espèce. Ensemble, ces facteurs seront extrêmement précieux pour prioriser les actions de conservation dans le parc national Wapusk et d’autres aires protégées.
Janet Ng (Environnement et Changement climatique Canada) : Écologie des oiseaux de rivage nicheurs et migrateurs dans le parc national Wapusk
Le parc national Wapusk offre un habitat important de reproduction et de migration pour les oiseaux de rivage arctiques. Les habitats arctiques changent rapidement en raison des changements climatiques. De nombreuses espèces d’oiseaux de rivage nicheurs arctiques sont également en déclin rapide. Nous menons cette recherche pour développer un programme de surveillance des oiseaux de rivage. Elle contribuera à un programme de surveillance plus large qui suit les populations d’oiseaux de rivage aux niveaux régional et continental. Nous utiliserons le programme pour repérer et cartographier les habitats importants de migration et de reproduction à Wapusk. Le programme détectera également les changements en matière d’abondance et de répartition. Ces changements peuvent résulter des effets directs et indirects du changement climatique.
Nous tenterons aussi de déterminer où et quand les oiseaux de rivage font face aux plus grandes menaces pour leur reproduction et leur survie. Pour ce faire, nous étudions l’utilisation de l’habitat, les tendances des populations, le cycle de vie complet des espèces d’oiseaux en déclin, ainsi que les facteurs qui influencent chaque stade.
Un relevé aérien au printemps 2025 a observé des milliers d’oiseaux de rivage utilisant la côte du Manitoba pour la migration, y compris Wapusk. Une espèce que nous avons observée lors de cette enquête était le bécasseau maubèche en voie de disparition (sous-espèce de rufa).
Nous avons également réalisé des levés d’automne aux estuaires de la rivière Broad, de la rivière Owl et de la rivière Nelson. Nous avons observé 17 espèces d’oiseaux de rivage lors de leur migration vers le sud. Nous avons aussi recueilli des échantillons d’invertébrés benthiques que nous étudierons durant l’hiver.
Tim Papakyriakou, Ph. D. (Université du Manitoba) : Évaluation de l’émission de carbone de la terre à l’océan à l’extrémité nord des basses terres de la baie d’Hudson
Ce projet contribue à la compréhension du recyclage et du transport du carbone dans la zone continue de pergélisol de la région de la baie d’Hudson. Les rivières et ruisseaux provenant des hautes terres tourbières de l’intérieur, où le pergélisol est courant, transforment et transportent le carbone vers les systèmes des estuaires et des zones humides côtières. Ces zones stockent le carbone dans les sédiments et la végétation; ce qui pourrait fournir une source de carbone au système marin de la baie d’Hudson.
Il n’y a pas eu de travail de terrain pour ce projet en 2025. Nous avons effectué une analyse des échantillons d’eau recueillis dans et autour du parc en 2024. Cette analyse a comparé spatialement le pH, le carbone organique dissous (COD) et l’azote dissous total (ADT) dans trois zones d’étude dans les basses terres de la baie d’Hudson. Nous avons comparé les résultats des échantillons prélevés à Wapusk à ceux prélevés dans les rivières Winisk et Moose. Les résultats préliminaires montrent que les concentrations de COD et ADT sont plus élevées à Wapusk. C’est particulièrement vrai pour les sites d’échantillonnage de la rivière Owl, de la rivière Broad et du ruisseau Rupert. Nous n’avons pas encore interprété ces résultats. Nous prévoyons également d’analyser et d’interpréter les autres propriétés de l’eau grâce aux échantillons en 2026.
Le transport de carbone par l’eau de mer représente une perte majeure de carbone pour le système de tourbières terrestres. Ce projet vise à mesurer cette perte afin de mieux comprendre le cycle du carbone dans la région de la baie d’Hudson.
Tabatha Rahman (Université Laval) : Distribution et développement des fentes de glace et impact sur l’évolution du paysage dans les landes des basses terres de la baie d’Hudson, au nord du Manitoba
Photo : Alyce Morel
Les landes du nord du Manitoba abritent certains des pergélisols continus et de la glace de fente les plus au sud du Canada. La glace de fente est un type de glace de sol qui se forme lors d’hivers particulièrement froids. Avec la poursuite du réchauffement climatique, la glace de fente des landes risque de fondre. La perte de la glace de fente aura des impacts négatifs sur le chemin de fer de la baie d’Hudson et l’habitat vital de tanière des ours polaires.
Ce projet vise à déterminer le volume et la répartition de la glace de fente. Il étudie également les impacts de la glace de fente sur l’évolution du paysage dans les landes. Le fait de disposer de ces renseignements améliore notre capacité à prédire et à atténuer les risques. Ces données seront également utiles pour l’administration des infrastructures et la gestion de la faune.
Nos résultats montrent que 88 % de la glace de fente des landes se trouve sur des plateaux de tourbe. Dans l’ensemble, la densité des polygones de glace de fente augmente vers le nord, avec une baisse des températures de l’air.
Ces fentes de glace sont situées au sommet du pergélisol, ce qui les rend vulnérables à son dégel. L’augmentation de la température de l’air hivernal dans les landes a probablement contribué à une diminution de la croissance de la glace de fente au cours du siècle dernier. Cette tendance se poursuivra, alors que les températures continueront d’augmenter. Les résultats indiquent également que le pergélisol, dans les régions recouvertes d’une tourbe épaisse (≥ 1 m), semble résistant au réchauffement climatique et aux incendies.
Evan Richardson, Ph. D. (Environnement et Changement climatique Canada) : L’écologie, la dynamique des populations et l’état des ours polaires (Ursus maritimus) en lien avec les changements environnementaux
Photo : Joanie Kennah
Cette recherche, en cours depuis 1980, étudie l’écologie, la dynamique des populations, la santé et l’état des ours polaires dans l’ouest de la baie d’Hudson. Les techniques de recherche incluent le suivi par satellite ainsi que la collecte d’échantillons de sang, de cheveux, de griffes, de graisse et de peau. Nous assurons le suivi des renseignements sur l’utilisation de l’habitat des ours polaires, le moment de migration et l’étendue de la population. Nous évaluons également les changements dans les habitudes et les schémas de recherche de nourriture des ours polaires. De plus, nous recueillons de l’information sur la quantité de glace de mer régionale. Nous utilisons ces données pour modéliser les changements au fil du temps.
À l’avenir, nous prévoyons d’utiliser de nouveaux outils génétiques, actuellement en cours de développement, pour les ours polaires vieillissants. Ils évalueront les facteurs de stress potentiels tels que les contaminants et les facteurs pathologiques.
En mars 2025, nous avons prélevé des échantillons auprès de 15 groupes familiaux (44 ours au total) dans et autour du parc national Wapusk. Nous avons aussi vu 3 groupes familiaux portant des colliers installés en 2024. La femelle la plus âgée capturée au printemps avec ses petits avait 22 ans et la plus jeune avait cinq ans. La taille moyenne des portées était de deux petits. En août et septembre, nous avons manipulé 100 ours de toutes classes d’âge et de sexe. Sur une échelle d’adiposité à cinq points, la plupart des ours étaient dans la moyenne, suivis des ours gros et des ours minces.
Nous avons mis des colliers satellites GPS sur 10 ours polaires femelles adultes accompagnées de petits. Nous avons aussi retiré trois colliers qui étaient en service. De plus, nous avons recueilli 63 échantillons de sang (30cc), 52 échantillons de peau, 61 échantillons de graisse, 61 échantillons de poils, 62 échantillons de griffes et 100 prélèvements.
Ces recherches approfondissent les connaissances sur les changements dans la population d’ours polaires de l’ouest de la baie d’Hudson. Cela favorise la compréhension des obstacles au rétablissement potentiel de cette population. Ce travail contribue également à orienter des efforts de conservation efficaces.
Julie Rogers (The Park School of Baltimore) : Surveillance à long terme de l’humidité du sol et de l’habitat des plantes vasculaires du pergélisol dans le parc national Wapusk et ses environs
Dans le cadre du programme ISAMR (International Student-Led Arctic Monitoring and Research), étudiants et enseignants participent à la recherche sur les changements climatiques. Les participants viennent principalement de Churchill, au Manitoba, et de Baltimore, au Maryland. Cette recherche s’intéresse aux variations de l’épaisseur de la couche active du pergélisol, mesurées par l’épaisseur de la ligne de gel. L’épaisseur de la couche active devrait augmenter dans les régions arctiques à mesure que le climat se réchauffe et que le pergélisol se dégrade. Elle est liée aux changements de couverture végétale, d’humidité du sol, de pH, d’accumulation de neige et de microbiome. Le programme utilise des sites de recherche dans le parc national Wapusk et dans l’aire de gestion de la faune de Churchill, près du parc.
Depuis cinq ans, des étudiants de l’ISAMR se rendent à Wapusk avec le personnel de Parcs Canada. Une fois sur place, ils mesurent l’épaisseur de la couche active du pergélisol et la couverture végétale et analysent des échantillons de sol. Les données montrent une augmentation de l’épaisseur de la couche active du pergélisol dans les environnements de tourbière et de marécage depuis 2019. Elles indiquent également que l’épaisseur de la couche active du pergélisol est plus profonde dans les environnements de marais que dans les tourbières.
Ces données, combinées à la surveillance du pergélisol par Parcs Canada sur sept autres sites du parc, créent un ensemble de données à long terme. Cela aide à améliorer les efforts de surveillance pour suivre les changements de végétation et de pergélisol (épaisseur de la couche active) dus aux changements climatiques.
James Roth, Ph. D. (Université du Manitoba) : Examen des interactions du renard arctique avec le réseau alimentaire

Ce projet de surveillance à long terme a lieu dans et autour du parc national Wapusk. Il étudie les changements dans la façon dont les espèces interagissent dans les réseaux alimentaires arctiques. Les renards arctiques chassent les lemmings, les bernaches et les phoques. Les changements dans le nombre de ces espèces peuvent influencer la façon dont les renards les chassent. À mesure que les espèces du sud, comme les renards roux et les campagnols des prés, deviennent plus communes sur la toundra, cela peut affecter les habitudes de chasse et le succès des renards arctiques. Comprendre ces interactions aide à prédire les effets de la perte future d’espèces ou des changements environnementaux.
En 2025, nous avons réalisé des relevés à l’intérieur et autour du parc national Wapusk pour estimer le nombre de lemmings et de campagnols. Nous avons estimé la densité des nids, la taille de la couvée et la date de début de chaque nid de bernache du Canada. Au printemps, nous avons étudié l’utilisation des tanières du parc par le renard arctique et le renard roux afin de comprendre l’utilisation des tanières par les différentes espèces. Nous avons également sondé les tanières à la fin de l’été pour mesurer le succès reproductif.
Les résultats montrent que le nombre de lemmings a continué de diminuer dans cette région depuis les années 1930. Cela se produit aussi dans plusieurs régions du Bas-Arctique, possiblement en raison d’une baisse de la qualité des neiges liée au réchauffement climatique. Cependant, une fonte des neiges plus précoce pourrait permettre aux bernaches de commencer à nicher plus tôt. Cela réduit la prédation des nids et augmente le succès de l’éclosion.
James Roth, PhD. (Université du Manitoba) : Examen des interactions et des mouvements des renards entre la toundra et la taïga

Les renards roux (Vulpes vulpes) s’étendent vers des zones autrefois plus couramment occupées par les renards arctiques (Vulpes lagopus). Cela peut menacer la survie des populations de renards arctiques. Ce projet utilise les informations de localisation provenant des colliers émetteurs à transmission par satellite posés sur des renards des deux espèces pour mieux comprendre cette menace. Les informations de localisation montrent comment les renards utilisent le paysage dans le parc national Wapusk et aux alentours.
En avril 2025, 12 renards ont été capturés dans le parc : deux renards roux et dix renards arctiques. Tous les renards ont été trouvés dans des tanières près de la station de recherche Nester 1 et de la rivière Broad. Nous avons mis des colliers satellites sur tous les renards, sauf un qui avait déjà reçu un collier en 2024. Nous avons continué à surveiller les déplacements de trois renards dont les colliers de la saison de piégeage d’avril 2024 sont restés actifs. L’exploration préliminaire des données a révélé que certains renards roux à collier maintenaient des aires de répartition plus larges que les renards arctiques. Quelques renards roux ont fait de longs déplacements jusqu’à la ville de Churchill. Nous avons aussi observé quelques courtes excursions sur la glace de mer par des renards rouges, bien que les renards arctiques aient fait plus d’excursions sur la glace de mer.
Les prédateurs comme les renards jouent un rôle important dans les réseaux trophiques arctiques et subarctiques. Les variations du nombre et des types de prédateurs, ainsi que les changements dans leur utilisation des écosystèmes, peuvent aussi se répercuter sur d’autres espèces. Un environnement qui se réchauffe peut également permettre à des espèces d’élargir leur aire de répartition dans de nouveaux territoires comme la toundra arctique. Comprendre les interactions entre ces deux espèces pourrait aider à comprendre pourquoi des espèces normalement présentes dans la forêt boréale peuvent se trouver dans des écosystèmes plus nordiques de la toundra et les effets que cela pourrait avoir sur les écosystèmes du parc.
Jesse Shirton (Parcs Canada) : Eyes on the Skies – Surveillance des oiseaux de rivage de l’Arctique dans le parc national Wapusk

Les populations des oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique sont actuellement en déclin. Il existe d’importantes lacunes dans les connaissances concernant les habitudes migratoires des oiseaux de rivage. Cependant, des recherches montrent que le littoral du parc national Wapusk est essentiel pour plus d’une douzaine d’espèces d’oiseaux de rivage pendant leurs migrations.
En 2022, Parcs Canada a déployé trois tours Motus (système de suivi de la faune Motus). Deux se trouvent dans le parc national Wapusk et une se trouve dans le lieu historique national York Factory. Ces tours soutiennent la désignation du littoral du parc comme aire de conservation des oiseaux de rivage. Erica Nol, PhD., de l’Université Trent a également déployé une tour Motus saisonnière au camp de recherche Nester 1. Les tours ont détecté sept espèces différentes, dont le bécasseau maubèche, une espèce en voie de disparition.
Ce projet aide Parcs Canada à mieux comprendre comment les oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique utilisent le parc national Wapusk pendant leurs migrations printanières et automnales. Les données de suivi recueillies par les tours Motus sont disponibles sur le site www.motus.org. Elles comprennent des données sur les oiseaux du projet d’Erica Nol, ainsi que sur les oiseaux d’autres projets Motus.
Jesse Shirton (Parcs Canada) : Soutenir la surveillance du pergélisol pour évaluer l’état du parc dans le parc national Wapusk, au Manitoba

Le pergélisol est la base qui soutient les écosystèmes, la biodiversité et la fonction hydrologique du parc national Wapusk. Le parc national Wapusk existe à la transition entre le pergélisol continu et discontinu. C’est là que le pergélisol est le plus vulnérable au réchauffement climatique. Il est crucial de surveiller directement la température du sol à plusieurs profondeurs. Cela nous aide à comprendre comment les conditions du pergélisol peuvent évoluer. Ainsi, Parcs Canada exploite des stations de surveillance du pergélisol, appelées puits, depuis 2007. Les puits mesurent la température du sol à des profondeurs allant jusqu’à 11 mètres sous terre. Un réseau de capteurs de surface du sol et de température de l’air est jumelé aux puits. De plus, un réseau de stations météorologiques recueille des données météorologiques partout à Wapusk.
Cependant, depuis 2007, tous les puits de pergélisol sont tombés en panne. Les causes incluent le vieillissement de l’équipement et les dommages causés par la faune. Le réseau de capteurs de température de surface de l’air et du sol, initialement jumelés à ces puits, continue de fonctionner. Cela nous permet de combler les lacunes en matière de données. Cependant, contrairement aux puits, ces capteurs ne fournissent pas d’information sur la façon dont la profondeur du pergélisol change.
En juin 2025, Parcs Canada a installé deux nouveaux câbles de pergélisol dans la région côtière de Wapusk. Pour ce faire, Parcs Canada a collaboré avec un géologue retraité de la Commission géologique du Canada, qui a installé les puits de pergélisol originaux. Cependant, il n’existe actuellement aucun puits de pergélisol opérationnel dans la région intérieure des tourbières. Dans cette région, les impacts du dégel du pergélisol semblent plus importants et pourraient s’accélérer. Parcs Canada installera un nouveau puits de pergélisol en juin 2026 pour combler ce vide dans la région des tourbières.
Les données de ce projet soutiennent d’autres recherches dans le domaine. Ce travail couvre des sujets tels que la séquestration du carbone, les émissions de gaz à effet de serre et les changements spatiaux du pergélisol. Ces projets sont menés en collaboration avec des chercheurs universitaires et gouvernementaux. Ce projet aide également à comprendre comment le dégel du pergélisol dans un climat en réchauffement a une incidence sur les processus écologiques. L’étendue de ces informations représente un ensemble de données clé à long terme. Les données de ce projet contribuent également directement au programme de surveillance de l’intégrité écologique de Wapusk.
Jillian St. George (gouvernement du Manitoba) : Gestion des bernaches du Canada subarctiques et des oies des neiges dans le parc national Wapusk
Ce projet fait partie d’un programme annuel de suivi remontant aux années 1950. Ce programme se déroule à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du parc national Wapusk. Il est composé d’un relevé aérien annuel visant à estimer la taille de la population de bernaches du Canada du sud de la baie d’Hudson, ainsi que l’âge et le sexe des oies. Le projet inclut également le baguage des bernaches du Canada résidentes incapables de voler (Branta canadensis maxima) et des petites oies des neiges (Anser caerulescens caerulescens). Nous baguons les adultes et les jeunes pour estimer les taux de récolte et de survie. Ce projet fait partie d’un effort plus vaste dans la voie migratoire du Mississippi. Cette voie migratoire est une importante route migratoire d’oiseaux nord-sud s’étendant du sud du fleuve Mississippi jusqu’au nord de l’île de Baffin. Chaque année, des chercheurs et du personnel des États et provinces de cette région contribuent à l’étude. Les résultats de ce projet fournissent des informations pour la gestion des populations d’oies sur cette route.
En 2024, 635 bernaches du Canada adultes et 1 297 juvéniles ont été baguées sur la côte de la baie d’Hudson, au Manitoba, dont 1 909 bernaches du Canada résidentes, 22 oies géantes et une bernache de Hutchins. Au début du mois de juin, un relevé aérien a été effectué le long des côtes de l’Ontario et du parc national Wapusk.
En 2025, 641 bernaches du Canada adultes et 1 609 juvéniles ont été baguées sur la côte de la baie d’Hudson, au Manitoba, dont 2 250 bernaches du Canada résidentes, 23 oies géantes et 25 bernaches de Hutchins. Nous avons aussi installé des colliers GPS sur 10 bernaches du Canada résidentes pour recueillir des informations sur le moment de migration et les déplacements. Nous avons aussi bagué 936 petites oies des neiges : 700 adultes et 236 oisillons. Le relevé aérien des bernaches du Canada résidentes qui se reproduisent a eu lieu au-dessus de l’Ontario et du parc national Wapusk entre le 2 et le 5 juin.
Les résultats de ce relevé montrent où et en quelle densité les bernaches du Canada se reproduisent dans les zones côtières du parc national Wapusk. Les résultats du programme de baguage montrent combien d’oies éclosent chaque année dans le parc. Ils montrent aussi où les oies sont élevées. Le baguage des petites oies des neiges soutient la surveillance à long terme des populations et de l’habitat dans le parc. L’objectif à long terme est de rétablir les habitats endommagés par cette population surabondante. Les résultats sont également utilisés pour orienter les plans de gestion des bernaches du Canada et des oies des neiges dans la voie migratoire du Mississippi.
Russell Turner (Parcs Canada): Surveillance des excréments (matières fécales) des caribous dans le parc national Wapusk
Trois troupeaux de caribous différents se trouvent couramment dans le parc national Wapusk. Le troupeau de Cape Churchill et celui de l’île Penn proviennent de la population migratrice de l’Est. Le troupeau de caribous de Qamanirjuaq est issu de la population de la toundra. Cependant, on ignore comment et quand ces troupeaux utilisent le paysage. Cette recherche utilise des échantillons de crottes (fécaux) pour collecter l’ADN des caribous selon les saisons et les régions. Nous pouvons ensuite utiliser les échantillons pour déterminer quel troupeau utilise quelle zone du parc et à quelle fréquence. L’ADN présent dans les excréments des caribous permet d’identifier les animaux individuels et peut aider à suivre les déplacements des troupeaux. Les échantillons soutiendront également la base de données nationale sur la recherche sur les caribous dans le cadre du groupe EcoGenomics Canada (en anglais seulement).
En 2024, 171 échantillons ont été prélevés sur 12 sites différents dans le parc et aux environs. L’ADN a été extrait des échantillons et expédié à des partenaires de recherche aux fins d’analyse génétique. Nous prévoyons recevoir les résultats à l’été 2026. En mars 2026, le plan consiste à prélever davantage d’échantillons fécaux dans les aires de vêlage des caribous dans le parc.
Russell Turner (Parcs Canada): Enquête sur la reproduction de l’oie des neiges de Wapusk : cartographie des colonies et estimation de l’abondance
Depuis de nombreuses années, le parc national Wapusk subit les effets négatifs d’une population trop abondante d’oies des neiges. La menace que représentent les oies des neiges pour l’intégrité écologique du parc est devenue de plus en plus évidente. La principale préoccupation repose sur le fait que les habitudes alimentaires destructrices des oies des neiges modifient irréversiblement le paysage. On manque d’informations sur la répartition actuelle et la taille de la population reproductrice d’oies des neiges dans le parc. Des données provenant d’autres recherches donnent à penser que la densité de nidification a diminué avec l’évolution des conditions de l’habitat. À mesure que leur habitat se détériore, les oies se dispersent dans d’autres parties du parc.
En réponse à ces préoccupations, nous avons mené un relevé aérien en 2024 dans la partie nord de Wapusk, où les oies sont les plus courantes. Le but du relevé était de photographier les oies nichant dans ces zones. Des milliers de photos du relevé ont ensuite été triées et leurs emplacements géoréférencés sur le paysage. Le personnel de Parcs Canada est en train de compter les nids sur les photos afin d’obtenir une estimation actualisée de la population reproductrice pour le parc.
Nous utiliserons les résultats pour comprendre l’empreinte écologique actuelle de ces oiseaux migrateurs. Les résultats nous aideront aussi à prédire les changements potentiels de leurs chiffres au fil du temps. Cette information sera ensuite utilisée pour élaborer un plan de gestion de l’oie des neiges pour Wapusk. Le plan prendra en compte les efforts actuels et à long terme de conservation et de gestion dans le parc national Wapusk.
Russell Turner (Parcs Canada): Candid Caribou : Documentation de l’utilisation de l’habitat migratoire par les caribous dans le parc national Wapusk
Photo : Russell Turner, 2024.
Cette recherche utilise un réseau de caméras de surveillance pour surveiller la faune à Wapusk. Les caméras sont placées le long du bord est du parc, du cap Churchill à la rivière Broad. Elles sont déployées du nord au sud et réparties également dans les habitats de marais et de crêtes côtières. Les objectifs consistent à documenter quand et où les caribous se trouvent dans le parc tout au long de l’année. Nous visons aussi à repérer l’habitat que les caribous préfèrent dans leur aire de répartition estivale.
L’utilisation de caméras de surveillance non invasives est un excellent outil pour recueillir des données et surveiller les populations d’animaux sauvages dans des environnements éloignés. Cela s’harmonise également avec le mandat et les priorités de recherche de Parcs Canada visant à mieux comprendre l’écologie du parc national Wapusk.
Après trois ans, nous avons capturé plus de 130 000 images de caribous pour analyse. Les images, associées aux connaissances autochtones et locales, ont montré comment les crêtes côtières de gravier surélevées constituent des routes migratoires importantes pour les caribous qui se dirigent vers leurs aires de vêlage.
En 2020 et 2021, Parcs Canada a organisé la série d’ateliers Beyond Borders Caribou (en anglais). Les ateliers ont offert un forum d’échange de connaissances. Cet échange a créé un espace permettant de mêler la science occidentale et les systèmes de savoir autochtones à parts égales. Les participants ont ensuite codéveloppé des stratégies pour maintenir des troupeaux de caribous en bonne santé dans le nord du Manitoba. Ce projet a été l’un des résultats de la série d’ateliers.
Russell Turner (Parcs Canada): Surveillance aérienne des populations de caribous
Les relevés aériens nous aident à mieux comprendre combien de caribous sont présents dans le paysage et comment leurs populations évoluent au fil du temps. Lors de ces relevés du parc national Wapusk, les observateurs survolent des zones clés. Ils enregistrent le nombre de caribous qu’ils observent, ainsi que des renseignements sur la taille et la composition du groupe. Ces relevés sont souvent synchronisés avec des périodes importantes du cycle de vie des caribous. Cette synchronisation aide à donner une image plus claire de la reproduction et de la survie.
Les renseignements recueillis aident à suivre si les populations de caribous sont stables, en augmentation ou en déclin. Nous utilisons le nombre de petits pour estimer le recrutement, ce qui est un indicateur important de la santé de la population. Avec le temps, ces données favorisent une meilleure prise de décision à Wapusk et dans toute la région. Elles permettent de cerner les tendances, de comprendre les pressions sur la population et d’orienter les mesures de conservation.
En 2025, un relevé opportuniste sur les terrains de mise bas a observé plus de 1 300 caribous près de Cape Churchill. À l’automne 2025, un relevé systématique le long de la côte de la baie d’Hudson a documenté 140 caribous. Nous avons également enregistré des observations fortuites de loups et d’ours polaires.
Ce travail permet de mieux comprendre l’écologie du troupeau de caribous de Cape Churchill. Il peut aussi aider à orienter les décisions continues de conservation et de surveillance.
Steven Van Wilgenburg (Environnement et Changement climatique Canada) : Programme de surveillance des oiseaux terrestres boréaux
L’objectif principal de cette recherche est de mieux comprendre la distribution, l’abondance et les tendances des populations des oiseaux migrateurs à travers la zone boréale du Canada. Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) supervise la conservation de près de 400 espèces d’oiseaux migrateurs régulièrement présentes au Canada. Cependant, il existe d’importantes lacunes en matière d’information concernant les oiseaux dans la zone boréale. Cela s’explique par la faible couverture des relevés dans les régions éloignées du nord du Canada. Pour combler ces lacunes dans la couverture des relevés, ECCC a lancé de nouveaux relevés afin de déterminer l’état des populations d’oiseaux de la forêt boréale. Les membres régionaux du personnel effectuent des relevés dans la forêt boréale du Canada. Ils collaborent avec les communautés et organisations locales autant que possible.
À ce jour, nous avons déployé des dispositifs d’enregistrement automatisés à 45 endroits uniques à l’intérieur et autour du parc national Wapusk. En 2024, nous avons déployé des dispositifs d’enregistrement automatisés à 20 endroits pour consigner les communautés d’oiseaux en 2025. Nous avons déployé des dispositifs d’enregistrement automatisés à 25 autres emplacements en 2025. À l’automne 2025, nous avons remplacé les dispositifs d’enregistrement automatisés installés en 2024 à Lee Lake, Owl River, Hinterland et Thompson Creek. L’échange des unités nous permet de recueillir plusieurs années de données. Nous échangerons aussi les dispositifs d’enregistrement automatisés à Owl River et Athena à l’hiver 2025-2026.
Jusqu’à présent, nous avons détecté 88 espèces sur les enregistrements. Cela inclut 84 espèces d’oiseaux, deux espèces d’amphibiens et deux espèces de mammifères. Les espèces représentent un large éventail d’utilisations de l’habitat. La variété d’espèces comprend des oiseaux de forêt comme la paruline à croupion jaune et des espèces de zones humides comme le râle jaune. Elle inclut aussi des espèces associées aux habitats de toundra, comme le plectrophane de Smith et le plectrophane lapon. Nous avons également détecté 15 espèces d’oiseaux de rivage, le deuxième groupe d’oiseaux en déclin le plus rapide au Canada (L’état des populations d’oiseaux du Canada, 2024). Parmi les espèces détectées, huit sont actuellement classées soit par le COSEPAC, soit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), comme espèce préoccupante ou espèce menacée.
Le gouvernement du Canada utilise cette information de diverses façons : dans l’évaluation de l’état et des tendances des espèces, la mise en place des espèces en péril et la planification du rétablissement, ainsi que pour soutenir la planification locale de l’utilisation des terres, l’évaluation des impacts et la désignation des aires protégées. ECCC collabore également avec d’autres chercheurs pour utiliser ces données afin d’évaluer les risques à long terme pour les oiseaux migrateurs liés à des facteurs tels que le changement climatique.
Archives
2024-25
Frédéric Bouchard (Université de Sherbrooke) : Reconstituer la dynamique des lacs et des tourbières du parc national Wapusk près de Churchill, Manitoba
Les études antérieures indiquent une réduction des niveaux d’eau, et dans certains cas, l’assèchement des lacs de la région de Wapusk/Churchill. On ne sait cependant pas si cette situation date du début de la période industrielle. Ce projet vise à comprendre si le dégel du pergélisol et les modèles d’écoulement de l’eau causés par le réchauffement climatique sont à l’origine de ces changements. Il vise également à déterminer si le transfert de carbone des écosystèmes terrestres vers les écosystèmes aquatiques augmente.
En août 2024, des échantillons ont été prélevés dans les étangs et les lacs, y compris leurs sédiments, du parc national Wapusk. Des prélèvements ont également été effectués dans les marais côtiers situés au nord-est, dans le plateau palsique intérieur et dans la forêt boréale d’épinettes au sud-ouest. L’eau du lac a été analysée afin de déterminer des propriétés physiques telles que la température, la conductivité, l’oxygène dissous et le pH. Des échantillons d’eau ont été prélevés afin de déterminer ses propriétés physico-chimiques. L’analyse permettra de mesurer sa teneur en sels nutritifs et en carbone organique dissous, et d’évaluer la stabilité des isotopes. Des carottes des sédiments du lac ont été collectées et seront datées afin de couvrir les derniers siècles. Cet échantillonnage par date permettra de comprendre les tendances au fil des siècles et de comparer les conclusions à des photographies aériennes et des images satellites.
Ces recherches se déroulent en collaboration avec :
- Laure Gandois et Maialen Barret (Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement, France)
- Sylvain Ferrant (Centre d’études spatiales de la biosphère, France)
- Julien Arsenaul et Lucile Cosyn-Wexsteen (Département de géomatique appliquée, Université de Sherbrooke)
- Michelle Garneau et Tiina Kolari (Département de géographie, UQAM)
Ryan Brook (Université de la Saskatchewan) : Recherches sur la faune et l’habitat sauvages, et stages estivaux de pratiques de terrain de l’Université de la Saskatchewan au parc national Wapusk
Photo : Ryan Brook
Depuis 2005, jusqu’à 20 étudiants de l’Université de la Saskatchewan participent chaque année au mois d’août à ce programme de stages de pratiques de terrain au parc national Wapusk. Les étudiants contribuent à des projets de recherche écologique de long terme en prenant des mesures de l’épaisseur de la couche active du pergélisol, de l’humidité du sol et de la couverture végétale, tout en menant des projets personnels.
Les études de 2024 ont porté sur les sujets suivants :
- étude des schémas d’activité et des variations de coloris des loups gris (Canis lupus). Cette étude soutient l’élaboration de stratégies de conservation des populations de loups gris face aux défis environnementaux et humains;
- identification des tendances de comportement du caribou (Rangifer tarandus) des crêtes côtières, ainsi que de la disponibilité et de la couverture végétales. Cette étude permet de repérer les grandes voies migratoires des populations de caribous en fonction de la disponibilité végétale et des comportements alimentaires;
- relevé du ratio de jeunes par caribou et de la relation entre ce ratio et la couverture végétale afin de comprendre les tendances de comportement des populations;
- étude des saulaies et des zones de repos diurnes de l’ours polaire (Ursus maritimus) afin de comprendre l’efficacité de ces habitats en tant que sources de refroidissement pour l’ours;
- évaluation des changements au fil du temps de l’épaisseur de la couche active du pergélisol dans les marais côtiers et la couche végétale avoisinante. Cette étude permet d’évaluer les conséquences du dégel du pergélisol.
Alison Cassidy (Parcs Canada) : Initiative de conservation et de protection de la biodiversité de la basse terre de l’Hudson et de la baie James
Photo : Michelle Garneau
L’objectif de ce travail de recherche est de mieux comprendre la quantité de carbone captée dans l’air et stockée par les écosystèmes terrestres et côtiers de la région de la basse terre de l’Hudson et de la baie James. Élaboré en collaboration avec la direction du Conseil Mushkegowuk, la Première Nation Weenusk et le parc national Wapusk, ce projet comporte également le développement de systèmes de connaissances et l’élaboration de formations. Les résultats fourniront de l’information à l’appui de projets de création éventuelle de nouvelles aires marines nationales dans la région et de mise en place potentielle de mesures de conservation et de restauration à Wapusk.
Les travaux actuels portent principalement sur la collecte et l’analyse des résultats des deux premières périodes de prélèvements d’échantillons et la planification des travaux de la dernière période de 2025. Des prélèvements ont été effectués à divers endroits au sein et aux alentours de la baie de La Pérouse, dans les zones tourbières du parc ainsi que le long des rivières Hayes et Nelson, près du lieu historique national York Factory. Sur le terrain, des inventaires de la végétation et des relevés cartographiques, la collecte d’échantillons de couches de divers types de sols dégelés et gelés, des mesures chimiques et volumétriques de l’eau, la mesure des caractéristiques du pergélisol, ainsi que la prise d’images du paysage à l’aide de drones et de systèmes de télédétection ont été effectués. En laboratoire, des analyses des propriétés du sol ont été menées, et des calculs des taux d’accumulation et du volume total de carbone vont être effectués.
Douglas Clark (Université de la Saskatchewan) : Expansion de l’aire de répartition du grizzli : une approche axée sur les communautés
Au cours des dernières décennies, le grizzli a élargi son aire de répartition dans l’Arctique et la région subarctique du Canada. Les causes sont inconnues, bien que le réchauffement climatique puisse en faire partie. On ne connaît pas non plus les conséquences de cette expansion sur les populations humaines et les environnements des ours. Ces recherches sont menées dans les Territoires du Nord-Ouest, le nord du Manitoba et les régions du Nunavut en mettant en œuvre une combinaison d’activités menées par les communautés :
- consignation des savoirs traditionnels, locaux ainsi que de l’Inuit Qaujimajatuqangit, et observations continues afin de déterminer le contexte culturel, historique et géographique;
- prises d’images à distance pour mieux comprendre la répartition des grizzlis sur le territoire;
- collecte d’échantillons de poils et prélèvement de crottes afin de définir leur régime alimentaire, de déterminer leur origine (ADN) et de savoir si leur nombre augmente en proportion de l’agrandissement de leur aire de répartition.
Entre 2022 et 2024, des relevés de tanières ont été effectués au sein et autour du parc national Wapusk, le long des rivières Seal, Caribou, Churchill, Knife, Broad, Owl et Weir au printemps, avant l’arrivée des ours polaires. Deux tanières de la taille d’un ours qui ne ressemblaient pas à des tanières d’ours polaires ont été localisées en 2022. Deux autres, que l’on suppose être des tanières de grizzlis, ont été repérées, très proches l’une de l’autre, en 2023. Ces quatre tanières se situent à l’intérieur du parc. Des appareils à déclenchement automatique placés près des tanières trouvées en 2023 ont pris des photos d’un gros grizzli mâle, d’ours noirs et d’ours polaires. Cependant, aucun élément n’a permis d’établir avec certitude que ces ours utilisaient régulièrement ces tanières. Les poils bruns prélevés dans l’une de celles qui ont été localisées en 2022 n’ont pas pu être identifiés génétiquement parce que l’ADN s’était dégradé, ce qui se produit fréquemment dans les environnements chauds et très humides caractéristiques des tanières. Les poils restants de cet échantillon font actuellement l’objet d’analyses à l’aide de méthodes d’étude de leur microanatomie, afin de déterminer à quelle espèce ils appartiennent.
Les organismes locaux ainsi que les communautés jouent un rôle important dans la collecte et l’interprétation des données sur les grizzlis dans la région de Wapusk. Les communautés et les cogestionnaires des espèces sauvages évaluent la situation en continu afin de déterminer si les grizzlis représentent une menace, causent des nuisances ou ouvrent de nouvelles possibilités. Le but est aussi de comprendre les effets potentiels sur d’autres espèces sauvages. Lors d’un atelier organisé en mars 2024, des membres de la communauté ont déclaré que comprendre l’alimentation des grizzlis dans la région devrait être une priorité de recherche future. Nous continuons les travaux de collaboration dans cette optique. Nous essayons également de définir des méthodes permettant de distinguer plus efficacement, dans le parc et la région, les tanières de grizzlis de celles des ours polaires, qui sont bien plus fréquentes.
LeeAnn Fishback (Parcs Canada) : Inventaire des espèces de poissons du parc national Wapusk grâce à l’ADN environnemental
Le parc national Wapusk protège les paysages et les écosystèmes de la basse terre de l’Hudson. Des milliers d’étangs d’eau douce, de lacs, de rivières et de ruisseaux recouvrent ce territoire. Les connaissances traditionnelles et le savoir local ont permis d’établir l’existence de dix espèces de poissons à huit endroits différents. On ignore cependant l’étendue et la structure de la communauté piscicole.
L’objectif de ce projet est de faire un inventaire détaillé des espèces de poissons du parc à partir de l’ADN environnemental (ADNe), en effectuant des prélèvements d’ADNe dans les plus grands lacs et les principaux réseaux de rivières et de ruisseaux du parc. La surveillance des communautés de poissons est essentielle à l’évaluation de la santé écologique globale des systèmes aquatiques et de la vie terrestre qu’ils alimentent.
En 2024, Parcs Canada a terminé des évaluations des communautés de poissons des principaux réseaux de rivières et de ruisseaux du parc : rivière White Whale, ruisseau Thompson, rivière Broad, rivière Owl, ruisseau Rupert. Les résultats d’une étude pilote de 2023 et ceux de l’étude de 2024 orienteront les futures activités de prélèvement et permettront de cibler des emplacements afin de combler les lacunes de connaissances sur les assemblages et la diversité des poissons du parc.
LeeAnn Fishback (Parcs Canada) : Hydroécologie des lacs du parc national de Wapusk – Surveillance et recherche sur l’intégrité écologique durable
L’échantillonnage des lacs dans le parc national Wapusk permet de suivre les résultats de deux principales causes du changement des écosystèmes aquatiques à l’intérieur des limites du parc :
- les changements dans le mouvement et la distribution de l’eau en raison du réchauffement climatique et des changements dans les régimes de précipitations;
- les changements du cycle des éléments nutritifs dans les lacs en raison de perturbations causées par la Petite Oie des neiges.
La composition de l’eau, mesurée à 16 lacs situés dans les principales écozones du parc (marais côtier, tourbière intérieure et forêt boréale d’épinettes), fournit des données pour évaluer les changements des conditions hydrologiques du lac. Afin de surveiller les conséquences des perturbations causées par la Petite Oie des neiges, 31 lacs sont surveillés dans la moitié nord du parc où les oies nichent et migrent. Les températures de l’air et de l’eau, le pH et la conductivité sont mesurés dans une gamme de lacs fortement perturbés ou non, et des échantillons sont prélevés pour la composition chimique et isotopique de l’eau. Cela permet à Parcs Canada de comprendre d’où vient l’eau et d’évaluer les changements dans la qualité de l’eau.
Ce projet soutient le transfert de connaissances entre les partenaires de recherche et Parcs Canada. Cela est réalisé par une formation directe et le développement de protocoles de surveillance. Il soutient aussi l’élaboration, la mise en œuvre, la durabilité et l’examen du Plan de surveillance de l’intégrité écologique du parc. Il contribue également à la compréhension des répercussions de la Petite Oie des neiges sur les habitats et d’autres espèces, ainsi qu’à l’élaboration d’une stratégie de gestion pour cette espèce surabondante.
Peter M. Kotanen (Université de Toronto) : Comprendre ce qui limite les invasions de plantes non indigènes dans les hautes latitudes
Photo : Peter M. Kotanen
Cette étude vise à comprendre pourquoi les plantes non indigènes ne sont pas répandues dans les écosystèmes du Nord et si les changements environnementaux pourraient accroître leur présence. Elle porte également sur les raisons pour lesquelles les plantes non indigènes sont limitées aux zones habitées et ne se développent pas dans l’habitat de la toundra et les limites forestières environnantes. La majeure partie de ce travail se déroule dans la ville de Churchill et au centre d’études sur le Nord de Churchill (Churchill Northern Studies Centre) situé à proximité. Les camps de recherche Nester One et Nester Two dans le parc national Wapusk, ainsi que les secteurs du lieu historique national Fort Prince-de-Galles (y compris le cap Merry), lieux de haute fréquentation, font partie de l’étude.
En juillet et en août 2024, quatre sorties ont été effectuées dans le parc pour rechercher des plantes non indigènes aux camps Nester One et Nester Two, en accordant une attention particulière à la recherche d’espèces bien établies à Churchill. Aucune plante non indigène n’a été trouvée. Ces résultats montrent assez clairement que les visiteurs de ces camps n’apportent pas actuellement de plantes envahissantes à Wapusk.
John Markham, Ph. D. (Université du Manitoba) : Influence de l’amélioration de la neige et des apports de nutriments par les renards arctiques sur les plantes de toundra à la lisière de l’Arctique
Photo : John Markham
Les renards arctiques (Vulpes lagopus) agissent comme ingénieurs des écosystèmes dans les régions de la toundra à végétation basse et sans arbres. Ils augmentent les nutriments dans le sol près de leurs tanières grâce à leurs excréments et restes de proies, ce qui augmente la taille de la végétation. Cette végétation plus haute contient plus de nutriments qui se décomposent plus rapidement que la végétation d’autres régions de la toundra. La végétation plus haute retient aussi plus de neige en hiver, offrant un habitat unique tant pour les plantes que pour les animaux.
Cette recherche vise à comprendre les effets de l’augmentation des nutriments du sol et de l’épaisseur de la neige autour des tanières de renards. Des barrières pare-neige sont construites ou de l’engrais est ajouté dans les parcelles où les renards ont habituellement leurs tanières. L’épaisseur de la neige et la couverture végétale dans ces parcelles sont comparées entre elles et aux parcelles de contrôle sans barrières ni engrais. Les résultats montrent que certaines espèces produisent plus de fleurs et des feuilles plus grosses et plus minces lorsque de l’engrais et de l’engrais combiné à des barrières pare-neige sont ajoutés. Dans les parcelles avec engrais et barrières, on observe une augmentation du nombre de lemmings broutant sur les arbustes bas. Ces parcelles ont aussi été envahies par le seigle de mer, que l’on trouve généralement dans les tanières de renards et qui augmente la productivité des plantes. Les images des caméras de suivi ont montré que la faune est attirée par les parcelles fertilisées et s’y nourrit, surtout celles avec une accumulation d’herbe.
Comprendre comment les renards arctiques améliorent la biodiversité aidera à prédire comment la végétation pourrait réagir au déclin potentiel de la population et aux changements dans les nutriments du sol causés par les changements climatiques.
Tim Papakyriakou, Ph. D. (Université du Manitoba) : Évaluation de l’émission de carbone de la terre à l’océan à l’extrémité nord des basses terres de la baie d’Hudson
Ce projet contribue à la compréhension du recyclage et du transport du carbone dans la zone continue de pergélisol de la baie d’Hudson. Les rivières et ruisseaux provenant des hautes terres tourbières de l’intérieur, où le pergélisol est courant, transforment et transportent le carbone vers les systèmes des estuaires et des zones humides côtières. Ces zones stockent le carbone dans les sédiments et la végétation; ce qui pourrait fournir une source de carbone au système marin de la baie d’Hudson.
En juillet 2024, des échantillons d’eau ont été prélevés dans neuf stations fluviales et lacustres du parc national Wapusk. Ces échantillons fourniront une base de référence pour les propriétés organiques et inorganiques. Une analyse plus approfondie portera sur la compréhension des charges en carbone et en nutriments dans les rivières et ruisseaux dans l’ensemble du parc, en particulier les rivières Owl et Broad, ainsi que le débit de ces composantes des rivières vers la côte et la mer.
Le transport de carbone par l’eau de mer représente une perte majeure de carbone pour le système de tourbières terrestres. Ce projet vise à mesurer cette perte afin de mieux comprendre le cycle du carbone dans la région de la baie d’Hudson.
Tabatha Rahman (Université Laval) : Distribution et développement des fentes de glace et impact sur l’évolution du paysage dans les landes des basses terres de la baie d’Hudson, au nord du Manitoba
Photo : Tabatha Rahman
Les landes du nord du Manitoba abritent une partie du pergélisol continu et de la glace de fente — un type de glace de sol qui se forme lors d’hivers particulièrement froids. La glace de fente des landes devrait fondre avec la poursuite du réchauffement climatique, ce qui aura des répercussions négatives sur le chemin de fer crucial de la baie d’Hudson et sur l’habitat vital de mise bas des ours polaires. Cependant, notre capacité à prédire et à atténuer les risques associés au dégel du pergélisol est limitée, puisque le volume et la distribution de la glace de fente sont inconnus. Cette recherche vise à déterminer le volume et la distribution de la glace de fente, ainsi que ses répercussions sur l’évolution du paysage dans les landes.
Les résultats indiquent que 88 % de la glace de fente des landes se trouvent sur des plateaux de tourbe, sur lesquels le chemin de fer de la baie d’Hudson a été bâti et où des ours polaires ont construit des tanières. La glace de fente représente 5,58 % de la couche supérieure de 2 m du pergélisol dans les plateaux de tourbe des landes. Ces fentes de glace sont situées au sommet du pergélisol, ce qui les rend vulnérables à son dégel. Le pergélisol, dans les régions recouvertes d’une tourbe épaisse (≥ 1 m), semble résistant au réchauffement climatique et aux incendies.
Robert Rockwell, Ph. D. (American Museum of Natural History) : Extension de l’aire de nidification de la Petite Oie des neiges dans le parc national Wapusk
Depuis 1969, la colonie de nidification de la Petite Oie des neiges à la baie de La Pérouse, dans le parc national Wapusk, est passée de 2 500 couples à plus de 75 000 couples. La superficie occupée par ces oies est passée d’une bande de 1 km de large le long d’une petite portion de la côte à plus de 400 km2 le long de la côte et à l’intérieur des terres jusqu’à la lisière des arbres. À mesure que le nombre d’oies utilisant la baie de La Pérouse pour la nidification et la halte migratoire printanière a augmenté, l’habitat s’est fortement dégradé en raison du comportement destructeur de la recherche de nourriture des oies et l’impact négatif qui en résulte sur les processus physiques. À mesure que l’habitat local se dégrade, de nombreuses oies se dispersent sur la côte ou vers l’intérieur des terres vers des habitats moins dégradés, ce qui cause une dégradation supplémentaire.
Des relevés aériens et au sol sont réalisés pour surveiller l’impact de l’habitat ainsi que la halte migratoire et la nidification des Oies des neiges dans le parc. Dans l’ensemble, 2024 a été une saison chaude avec une disparition précoce de la couverture neigeuse, et il y a eu un pic d’éclosion des Petites Oies des neiges et un envol des oisillons tout aussi précoce. La densité de nidification a diminué en 2024, comparativement à 2010.
Les résultats de cette étude sont à la base du plan conjoint du Canada et des États-Unis pour gérer les Petites Oies des neiges. Les données de l’étude aident également à gérer les dommages causés par la recherche de nourriture destructrice par les Petites Oies des neiges dans le parc. Les résultats des années passées ont alerté la direction du parc d’une grave situation concernant l’habitat à la pointe Thompson et cette surveillance continue permet de détecter des répercussions semblables.
Robert Rockwell, Ph. D. (American Museum of Natural History) : Écologie et impact sur les habitats des Oies des neiges à la baie de La Pérouse et sur la péninsule du cap Churchill
Cette recherche à long terme (47 ans) porte sur les Petites Oies des neiges et leur interaction avec les écosystèmes associés aux basses terres de la baie d’Hudson, y compris le parc national Wapusk, et leurs répercussions sur ceux-ci. La recherche comprend des études annuelles sur les Oies de Ross, les Eiders à duvet, les Bruants des prés ainsi qu’une variété d’espèces de canards, d’oiseaux de rivage et de passereaux. Elle comprend également des études sur les interactions des Oies des neiges avec les prédateurs et les ressources végétales de la région. Les dommages causés à l’habitat par les Petites Oies des neiges, leur impact sur d’autres espèces et son rétablissement une fois abandonné, ainsi que la qualité de la nourriture des Petites Oies des neiges et la surveillance des prédateurs, sont évalués à la lumière des changements climatiques.
L’étude sur les exclos de rétablissement montre qu’il y a un potentiel de rétablissement à l’intérieur des exclos. Le plus grand rétablissement se trouve sur les sites ayant le moins de dommages à la végétation. Les données recueillies lors de l’étude de baguage ont montré que les oisillons semblaient plus robustes et plus gros que la moyenne, ce qui suggère qu’ils ont éclos tôt et qu’il y avait une correspondance entre la phénologie végétale et le pic de nutrition et d’abondance des espèces fourragères pour les oies en 2024.
Les résultats de cette étude sont à la base du plan conjoint du Canada et des États-Unis pour gérer les Petites Oies des neiges. Les résultats sont également utilisés par l’United States Fish and Wildlife Service et le Service canadien de la faune pour réévaluer le plan de gestion de la population de Petites Oies des neiges du centre du continent. Ils aident également à gérer les dommages causés par la recherche de nourriture destructrice par les Petites Oies des neiges dans le parc.
Julie Rogers (The Park School of Baltimore) : Surveillance à long terme de l’humidité du sol et de l’habitat des plantes vasculaires du pergélisol dans le parc national Wapusk et ses environs
Dans le programme ISAMR (International Student-Led Arctic Monitoring and Research), les étudiants et professeurs, principalement de Churchill et de Baltimore, participent à la recherche sur les changements climatiques. Cette recherche aide à comprendre les variations de l’épaisseur de la couche active du pergélisol, mesurées par l’épaisseur de la ligne de gel. L’épaisseur de la couche active devrait augmenter dans les régions arctiques à mesure que le climat se réchauffe et que le pergélisol se dégrade. Elle est liée aux changements de couverture végétale, d’humidité du sol, de pH, d’accumulation de neige et de microbiome. Il y a 14 sites de recherche dans le parc national Wapusk et 7 sites dans l’aire de gestion de la faune de Churchill, près du parc.
Depuis 5 ans, les étudiants de l’ISAMR voyagent avec le personnel de Parcs Canada pour visiter les sites de Wapusk afin de mesurer l’épaisseur de la couche active et la couverture végétale, et analyser des échantillons de sol. Les données montrent une grande différence dans la mesure de l’épaisseur de la couche active lorsqu’on compare les environnements de tourbières aux environnements marécageux. Il s’agit d’une tendance dans la région depuis 1998.
Ces données, combinées à la surveillance du pergélisol par Parcs Canada sur sept autres sites du parc, créent un ensemble de données à long terme. Cela aide à améliorer les efforts de surveillance pour suivre les changements de végétation et de pergélisol (épaisseur de la couche active) dus aux changements climatiques.
James Roth, Ph. D. (Université du Manitoba) : Examen des interactions du renard arctique avec le réseau alimentaire
Photo : Sean Johnson-Bice
Ce projet de surveillance à long terme a lieu dans et autour du parc national Wapusk. Il étudie les changements dans la façon dont les espèces interagissent dans les réseaux alimentaires arctiques. Les renards arctiques chassent les lemmings, les bernaches et les phoques. Les changements dans le nombre de ces espèces peuvent influencer la façon dont elles sont chassées par les renards. À mesure que les espèces du sud, comme les renards roux et les campagnols des prés, deviennent plus courantes sur la toundra, les modes de chasse et le succès des renards arctiques peuvent être affectés. Comprendre ces interactions aide à prédire les effets de la perte future d’espèces ou des changements environnementaux.
En 2024, des relevés ont été réalisés dans et autour du parc national Wapusk pour estimer le nombre de lemmings et de campagnols. La densité des nids des Bernaches du Canada a été estimée, tout comme la taille des couvées et la date de début de chaque nid. L’utilisation des tanières par le renard arctique et le renard roux dans le parc a été étudiée au printemps pour comprendre l’utilisation des tanières par les différentes espèces et en été pour mesurer le succès reproductif.
Les résultats montrent que le nombre de lemmings a continué de diminuer dans cette région depuis les années 1930. Cela se produit aussi dans plusieurs régions du Bas-Arctique, possiblement en raison d’une baisse de la qualité des neiges liée au réchauffement climatique. Cependant, une fonte des neiges plus précoce peut permettre aux bernaches de commencer à nicher plus tôt, ce qui réduit la prédation des nids et augmente le succès de l’éclosion.
James Roth, PhD. (Université du Manitoba) : Examen des interactions et des mouvements des renards entre la toundra et la taïga
Photo : Chloe Warret Rodrigues
L’expansion des renards roux (Vulpes vulpes) dans des zones autrefois occupées par les renards arctiques (Vulpes lagopus) peut menacer la survie des populations de renards arctiques. Ce projet utilise les informations de localisation provenant des colliers émetteurs à transmission par satellite posés sur des renards des deux espèces pour mieux comprendre cette menace. Les informations de localisation montrent comment les renards utilisent le paysage dans le parc national Wapusk et aux alentours.
En avril 2024, quatre renards ont été capturés dans le parc : trois renards roux et un renard arctique. Tous les renards ont été trouvés dans des tanières près de la station de recherche Nester 1. Des colliers émetteurs à transmission par satellite ont été posés sur les renards roux, mais pas sur le renard arctique en raison de sa petite taille. Un total de sept renards de 2023 et 2024 sont restés dans la zone d’étude pendant la période de reproduction ciblée, du 1er avril au 31 août. Tous les autres renards munis de colliers actifs ont quitté la zone du projet durant cette période.
Les prédateurs comme les renards jouent un rôle important dans les réseaux trophiques arctiques et subarctiques. Les variations du nombre et des types de prédateurs, ainsi que les changements dans leur utilisation des écosystèmes, peuvent aussi se répercuter sur d’autres espèces. Un environnement qui se réchauffe peut également permettre à des espèces d’élargir leur aire de répartition dans de nouveaux territoires comme la toundra arctique. Comprendre les interactions entre ces deux espèces pourrait aider à comprendre pourquoi des espèces normalement présentes dans la forêt boréale peuvent se trouver dans des écosystèmes plus nordiques de la toundra et les effets que cela pourrait avoir sur les écosystèmes du parc.
Jesse Shirton (Parcs Canada) : Soutenir la surveillance du pergélisol pour évaluer l’état du parc dans le parc national Wapusk, au Manitoba
Le parc national Wapusk protège le paysage et les écosystèmes des basses terres de la baie d’Hudson, une vaste zone humide située entre le Bouclier canadien et les rives sud de la baie d’Hudson et de la baie James. La présence de pergélisol dans cette région influence les fonctions biologiques et hydrologiques de ce terrain, notamment les bancs de tourbe surélevés qui fournissent du fourrage d’hiver pour les caribous et un habitat pour les ours polaires. Ce projet utilise les informations recueillies à partir de puits de pergélisol, de stations météorologiques, ainsi que d’échantillons de végétation et de sol pour surveiller les variations du dégel du pergélisol dans le parc.
Les puits de pergélisol recueillent des données de température sur tout le profil du sol jusqu’à des profondeurs de 10 m. Ces renseignements fournissent aux chercheurs des données de référence précieuses pour estimer l’étendue du pergélisol à une échelle spatiale plus grande.
Ce projet permet de mieux comprendre les processus touchés par le dégel du pergélisol. Les données climatiques à long terme sont également examinées afin de mieux comprendre les impacts des changements climatiques mondiaux sur les écosystèmes du parc. Le projet soutient aussi l’élaboration, la mise en œuvre, la durabilité et l’examen du Plan de surveillance de l’intégrité écologique du parc.
Jesse Shirton (Parcs Canada) : Eyes on the Skies – Surveillance des oiseaux de rivage de l’Arctique dans le parc national Wapusk

Les populations des oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique sont actuellement en déclin. Il existe d’importantes lacunes dans les connaissances concernant les habitudes migratoires des oiseaux de rivage. Cependant, des recherches montrent que le littoral du parc national Wapusk est essentiel pour plus d’une douzaine d’espèces d’oiseaux de rivage pendant leurs migrations.
En 2022, Parcs Canada a déployé deux tours MOTUS (Motus Wildlife Tracking System) dans le parc national Wapusk et une au lieu historique national York Factory. Ces tours soutiennent la désignation du littoral du parc comme aire de conservation des oiseaux de rivage. En plus de ces tours MOTUS, Erica Nol, PhD., de l’Université Trent a déployé une tour MOTUS saisonnière au camp de recherche Nester 1. Depuis leur déploiement, les tours ont détecté sept espèces différentes, dont le Bécasseau maubèche, une espèce en voie de disparition.
Ce projet permet à Parcs Canada de mieux comprendre comment les oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique utilisent le parc national Wapusk pendant leurs migrations printanières et automnales. Les données de suivi recueillies par les tours MOTUS sont disponibles sur le site www.motus.org. Elles comprennent des données sur les oiseaux du projet d’Erica Nol, ainsi que sur les oiseaux d’autres projets MOTUS nationaux et internationaux.
Jillian St. George (gouvernement du Manitoba) : Gestion de la Bernache du Canada subarctique et des Oies des neiges dans le parc national Wapusk
Ce projet se déroule à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du parc national Wapusk. Il est composé d’un relevé aérien visant à estimer la taille de la population d’oies du Canada du sud de la baie d’Hudson, ainsi que l’âge et le sexe des oies. Le projet prévoit aussi le baguage des adultes et des jeunes de l’Oie du Canada résidente incapable de voler (Branta canadensis maxima) et de la Petite Oie des neiges (Anser caerulescens caerulescens) afin d’estimer les taux de récolte et de survie. Ces activités sont menées chaque année par des chercheurs et des employés des États et provinces situés dans la voie migratoire du Mississippi, une importante route migratoire nord-sud pour les oiseaux en Amérique du Nord qui s’étend du sud du Mississippi jusqu’au nord de l’île de Baffin. Les résultats de ce projet fournissent des informations pour la gestion des populations d’oies sur cette route.
En 2024, 635 Bernaches du Canada adultes et 1 297 juvéniles ont été baguées sur la côte de la baie d’Hudson, au Manitoba, dont 1 909 Oies du Canada résidentes, 22 Oies géantes et 1 Bernache de Hutchins. Au début du mois de juin, un relevé aérien a été effectué le long des côtes de l’Ontario et du parc national Wapusk.
Les résultats de ce relevé montrent où et en quelle densité les Bernaches du Canada se reproduisent dans les zones côtières du parc national Wapusk. Les résultats du programme de baguage indiquent combien d’oies éclosent chaque année dans le parc et où elles grandissent. Le baguage des Petites Oies des neiges facilite la surveillance à long terme de la population et de l’habitat dans le parc, avec pour objectif à long terme de restaurer les habitats endommagés par cette population surabondante.
Russell Turner (Parcs Canada) : Candid Caribou : Documentation de l’utilisation de l’habitat migratoire par les caribous dans le parc national Wapusk

Cette recherche utilise un réseau de caméras de surveillance pour surveiller la faune à Wapusk. Les caméras sont placées le long du bord est du parc, du cap Churchill à la rivière Broad. Elles sont déployées du nord au sud et réparties également dans les habitats de marais et de crêtes côtières. Les objectifs sont de documenter quand et où se trouvent les caribous toute l’année et de déterminer l’habitat que les caribous préfèrent dans leur aire de répartition estivale.
Après trois ans, 687 616 images ont été collectées pour l’analyse des données. Les images, associées aux connaissances autochtones et locales, ont montré comment les crêtes côtières de gravier surélevées constituent des routes migratoires importantes pour les caribous qui se dirigent vers leurs aires de vêlage.
En 2020 et 2021, Parcs Canada a organisé la série d’ateliers Beyond Borders Caribou (en anglais). Les ateliers ont offert un forum d’échange de connaissances, créant un espace pour relier la science occidentale et les systèmes de savoir autochtone sur un pied d’égalité, en élaborant conjointement des stratégies pour soutenir les troupeaux de caribous en santé dans le nord du Manitoba. La mise en place de ce projet a été l’un des résultats de cette série d’ateliers. L’utilisation de caméras de surveillance non invasives est un excellent outil pour recueillir des données et surveiller les populations d’animaux sauvages dans des environnements éloignés. Elle s’harmonise également avec le mandat et les priorités de recherche de Parcs Canada visant à mieux comprendre l’écologie du parc national Wapusk.
Russell Turner (Parcs Canada) : Surveillance des excréments (matières fécales) des caribous dans le parc national Wapusk
Trois troupeaux de caribous différents se trouvent généralement dans le parc national Wapusk : le troupeau du cap Churchill et celui de l’île Penn, qui font partie de la population migratrice de l’Est, et le troupeau de caribous de Qamanirjuaq, qui fait partie de la population de la toundra. Cependant, on ignore comment et quand ces troupeaux utilisent le paysage. À l’aide d’échantillons d’excréments (matières fécales), l’objectif de cette recherche est de recueillir de l’ADN de caribous à différentes saisons et dans diverses régions afin de déterminer quel troupeau utilise quelle zone du parc et à quelle fréquence. L’ADN présent dans les excréments des caribous permet d’identifier les animaux individuels et peut aider à suivre les déplacements des troupeaux. Les échantillons soutiendront également la base de données nationale sur la recherche sur les caribous dans le cadre du groupe EcoGenomics Canada : https://www.ecogenomicscanada.ca (en anglais seulement).
En 2024, 171 échantillons ont été prélevés à 10 sites différents dans le parc et aux environs. L’ADN a été extrait des échantillons et expédié à des partenaires de recherche aux fins d’analyse génétique. Les résultats sont attendus à l’automne 2025. À la fin avril 2025, le plan est de prélever davantage d’échantillons d’ADN dans les aires de vêlage des caribous dans le parc.
Russell Turner (Parcs Canada) : Enquête sur la reproduction de l’oie des neiges de Wapusk : cartographie des colonies et estimation de l’abondance
Depuis de nombreuses années, le parc national Wapusk subit les effets négatifs d’une population trop abondante d’oies des neiges. La menace que représentent les oies des neiges pour l’intégrité écologique du parc, principalement en raison de leurs habitudes alimentaires destructrices qui modifient irréversiblement le paysage, est devenue de plus en plus évidente. On manque d’informations sur la répartition actuelle et la taille de la population reproductrice d’oies des neiges dans le parc. Des données provenant d’autres recherches donnent à penser que la densité de nidification a diminué avec l’évolution des conditions de l’habitat. À mesure que leur habitat se détériore, les oies se dispersent dans d’autres parties du parc.
Pour répondre à ces préoccupations, un relevé aérien a été réalisé en 2024 dans la partie nord du parc, où les oies sont les plus courantes. Le but du relevé était de photographier les oies nichant dans ces zones. On travaille actuellement à trier les milliers de photos du relevé et à les référencer selon leur emplacement dans le paysage. Le personnel de Parcs Canada comptera ensuite les nids sur les photos afin d’obtenir une estimation actualisée de la population reproductrice pour le parc.
Les résultats permettront de comprendre l’empreinte écologique actuelle de ces oiseaux migrateurs et de prédire les changements potentiels de leur nombre au fil du temps. Ces informations serviront à élaborer un plan de gestion des oies des neiges afin de répondre aux efforts actuels et à long terme de conservation et de gestion dans le parc national Wapusk.
Les programmes de surveillance permettent aux scientifiques et aux gestionnaires de parc, au moyen d’évaluations répétées, d’examiner les ressources et les processus écologiques et de déterminer si ces éléments changent au fil du temps et si ces changements sont liés à des phénomènes naturels ou pourraient être attribuables à l’impact humain. La surveillance permet également aux gestionnaires du parc de déterminer l’efficacité des mesures de gestion.
Un des aspects les plus importants de la recherche et de la surveillance est de communiquer les résultats et les renseignements aux personnes extérieures au programme scientifique, aux communautés locales, et d’aider à sensibiliser d’autres chercheurs à la recherche et à la surveillance en cours dans le parc.
Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2015-2016 (Version PDF, 4,2 Mo)
Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2010-2011
Le plan directeur du parc national Wapusk souligne la responsabilité de Parcs Canada de maintenir et de surveiller l’intégrité écologique du parc. Des collaborations avec des universités, des organismes gouvernementaux et des organisations à but non lucratif améliorent notre capacité collective de mesurer les questions essentielles qui pourraient avoir des répercussions sur l’intégrité écologique du parc et de la région avoisinante, ainsi que de mieux comprendre ces questions.
Les responsables du Centre d’études nordiques de Churchill (CENC), le personnel de Parcs Canada et des chercheurs se sont rencontrés en janvier 2011, à Winnipeg, afin d’échanger des résultats de recherches scientifiques et d’élaborer des idées concernant les priorités en matière de recherche future dans la région de Churchill. À la suite de ce symposium couronné de succès, le CENC a travaillé en collaboration avec Parcs Canada afin de produire le Rapport annuel de 2011 sur la recherche et la surveillance du parc national Wapusk. Veuillez envoyer un courriel à Adresse courriel : manitoba@pc.gc.ca pour obtenir une copie du rapport, qui résume les recherches menées dans le parc et ses environs.
Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2009-2010 (Version PDF, 3,1 Mo)
Rapport annuel sur la recherche et la surveillance 2007-2008 (Version PDF, 2,45 Mo)
Les oiseaux du parc national Wapusk. 2009. Document hors-série no 1. (Version PDF, 3,3 Mo)
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