Conservation du caribou
Parc national Wapusk
Le caribou, un animal indispensable aux communautés nordiques, joue un rôle essentiel dans l’écosystème du nord du Manitoba. Profondément valorisé au sein des cultures autochtones, le caribou demeure lié aux valeurs et aux modes de vie autochtones et continue de soutenir le bien-être de la communauté. Le caribou entre dans la fabrication de nourriture, de vêtements, d’outils et de bien d’autres choses. Cependant, dans une grande partie du Canada, de nombreuses populations de caribous sont en déclin. Le parc national Wapusk et des membres de la communauté régionale s’affairent à l’élaboration conjointe de stratégies en vue du maintien de troupeaux de caribous en santé dans la région.
Troupeaux du Manitoba
Les caribous de Wapusk appartiennent à l’une de deux unités désignables (UD), ou populations, soit la population de caribous de la toundra (UD 3) et la population de caribous migrateurs de l’Est (UD 4). Au sein de la population migratoire de l’est, le troupeau du cap Churchill est le caribou le plus fréquemment observé dans le parc national Wapusk. De la population de la toundra, le troupeau de Qamanirjuaq migre vers le nord du Manitoba et peut parfois être trouvé aussi loin au sud que le parc.

Troupeau du cap Churchill
Les données sur le troupeau du cap Churchill suggèrent que la taille de la population a fluctué entre 1 000 et 3 000 animaux au cours des 25 dernières années. Le troupeau du cap Churchill est un écotype unique de forêt-toundra dont une grande partie de l’aire se trouve dans le parc national Wapusk. Pendant l’hiver, le troupeau occupe la partie sud-ouest du parc, où la couverture de la forêt boréale offre un abri contre les conditions subarctiques rigoureuses. En été, ils migrent sur près de 200 kilomètres vers leurs zones de mise bas sur la toundra, situées près des côtes nord du parc au Cap Churchill.
Troupeau de Qamanirjuaq
Le troupeau de Qamanirjuaq est un plus grand troupeau dont la population était évaluée à 235 000 caribous en 2022. Bien qu’elle semble avoir une population saine, le troupeau est en déclin constant et significatif depuis plus de trois décennies, les estimations de la population suggérant près de 500 000 animaux en 1994. Ce troupeau occupe une vaste zone s’étendant du Manitoba, de la Saskatchewan, du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest, et met bas à proximité du lac Qamanirjuaq au Nunavut.
Menaces auxquelles les caribous font face
Les caribous dans le parc national Wapusk font face à une gamme de pressions provenant à la fois des activités humaines et des facteurs naturels. Les menaces potentielles comprennent le changement climatique, la perturbation de l’habitat, la récolte, les prédateurs, les feux de forêt, les maladies, les parasites et les changements des conditions environnementales, qui peuvent tous influencer la survie, le comportement et l’utilisation de l’habitat du caribou.
Changement climatique
Bien que les caribous soient résilients et se soient adaptés à vivre dans des climats rigoureux, ils ne sont pas à l’abri des effets du changement climatique. Certains changements sont déjà en cours, notamment une fonte des neiges plus précoce, un début d’hiver plus tardif et des températures plus chaudes. Au cours des prochaines décennies, on s’attend à ce que le changement climatique affecte les caribous de plusieurs façons. Par exemple, la hausse des températures est susceptible d’allonger la période de harcèlement des insectes. Lorsque les insectes sont abondants, les caribous forment souvent des groupes plus grands ou se déplacent vers des zones venteuses pour réduire leur exposition. Cette réponse peut augmenter la dépense énergétique et réduire le temps d’alimentation, ce qui peut affecter négativement l’état général.
On s’attend également à ce que le changement climatique augmente la fréquence et l’ampleur des feux de forêt. Les feux de forêt peuvent avoir des impacts importants en réduisant la couverture forestière dans les zones d’hivernage et en éliminant les lichens, une source alimentaire principale pour le caribou. Certaines études suggèrent que les lichens ne se rétablissent pas après des feux de forêt pendant près de 75 ans.
Récolte
La récolte du caribou est essentielle pour soutenir les communautés nordiques et les cultures autochtones. Les défis demeurent pour garantir que la récolte soit durable et réalisée selon des pratiques appropriées. L’impact exact de la récolte est inconnu; cependant, tant les connaissances scientifiques que les savoirs autochtones indiquent que réduire la pression de la récolte peut soutenir la récupération du troupeau.
Prédateurs
Au Canada, le loup est le principal prédateur du caribou. Dans le parc national Wapusk, on sait que les ours polaires, les grizzlis, les ours noirs, les lynx et les carcajous s’attaquent aussi aux caribous ou se nourrissent des animaux tués par d’autres facteurs.
Perte d’habitat

La perte d’habitat est largement reconnue comme l’un des principaux facteurs du déclin des populations de caribous. Les activités humaines telles que l’exploitation minière, l’exploitation forestière, le développement pétrolier et gazier, la transmission d’électricité, les établissements, les chalets, les routes et les sentiers peuvent perturber l’habitat du caribou. D’après certaines études, les caribous évitent ces divers types de perturbations sur une distance pouvant atteindre 23 kilomètres. Les aménagements linéaires tels que les routes, les sentiers et les lignes électriques peuvent modifier les schémas de déplacement, retarder la migration et augmenter la consommation d’énergie, ce qui peut réduire le temps que les caribous passent dans un habitat approprié. Les caribous sont particulièrement sensibles aux perturbations humaines, et les effets cumulatifs de la perte d’habitat sont considérés comme ayant contribué au déclin des populations partout au Canada.
Efforts de conservation
Protection de l’habitat
Le parc national Wapusk protège le paysage naturel, les écosystèmes et la biodiversité de la région naturelle des basses terres de la baie d’Hudson-James. En protégeant 11 475 kilomètres carrés, le parc contribue à la conservation d’importants terrains de mise bas, de routes migratoires et d’habitats d’hivernage pour le caribou. La protection du caribou et de son habitat protège également de nombreux autres plantes et animaux dans leur écosystème. Le parc national Wapusk soutient également la création d’aires protégées supplémentaires dans le nord du Manitoba, y compris des propositions d’aires protégées et conservées autochtones par le biais des Patrimoine naturel et Fonds de la nature du Canada. En collaboration avec les Canadiens, nous conserverons 30 % de nos terres et 30 % de nos océans d’ici 2030.
Recherche et surveillance
Parcs Canada mène une gamme d’activités de recherche et de surveillance pour mieux comprendre les populations de caribous dans le parc national Wapusk et l’écosystème plus large. Ces efforts sont réalisés en collaboration avec des partenaires autochtones, des communautés locales, des chercheurs universitaires et d’autres organismes, soutenant une approche commune de la collecte de connaissances et de la gestion.
La surveillance à Wapusk se concentre actuellement sur trois domaines principaux. Tout d’abord, un projet à grande échelle de caméras de sentier, réalisé en collaboration avec l’Université de la Saskatchewan et la Fédération des Métis du Manitoba, est utilisé pour mieux comprendre la distribution des caribous à travers l’élément paysager. Ces caméras aident à identifier quand et où les caribous sont présents, tout en fournissant des informations sur d’autres espèces sauvages et les schémas saisonniers d’utilisation.
Deuxièmement, des reconnaissances aériennes sont effectuées pour estimer la taille de la population et évaluer la composition de la population. Ces inventaires fournissent des informations importantes sur le recrutement en suivant la proportion de veaux au sein de la population à différents moments de l’année. Cela aide à indiquer si les populations sont stables, en augmentation ou en déclin au fil du temps.
Troisièmement, une initiative plus récente implique la collecte d’échantillons de crottes de caribou en collaboration avec des partenaires locaux et Environnement et Changement climatique Canada. Ce travail soutient l’analyse génétique pour mieux comprendre la structure des populations, la connectivité et les schémas de déplacement à travers la région.
Ensemble, ces efforts de surveillance fournissent une meilleure compréhension de l’écologie du caribou à Wapusk et contribuent à éclairer les décisions continues en matière de conservation et de gestion.
Atelier sur les caribous
Au sujet des ateliers

Pour donner lieu à la conservation réussie du caribou, les divers partenaires et les communautés doivent travaillent en collaboration, dans le cadre d’efforts coordonnés. Parcs Canada organise une série d’ateliers permettant de rassembler des partenaires autochtones (Cris, Dénés, Inuits et Métis), des intervenants du gouvernement (Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada, des représentants des gouvernements provinciaux et territoriaux), des chercheurs universitaires et des membres de la communauté locale en vue de faciliter le partage des connaissances autochtones et locales et des perspectives de la science occidentale concernant les caribous du parc national Wapusk et de l’écosystème du grand Wapusk. Le premier atelier a eu lieu en personne en février 2020, tandis que le deuxième s’est tenu virtuellement en février 2021.
L’objectif de ces ateliers consiste à nouer de nouveaux liens et à renforcer d’anciennes relations, à soulever les inquiétudes ainsi qu’à déterminer l’écart des connaissances et les mesures prioritaires menant à la surveillance et à la gestion efficaces des caribous.
Les systèmes de connaissances et les points de vue autochtones ont été intégrés à l’atelier, ce qui permet de présenter divers thèmes en vue de déterminer les priorités en matière de conservation. Les participants à l’atelier ont noté diverses façons de soutenir des méthodes de conservation biologiques et culturellement appropriées ainsi que des moyens de faire avancer la réconciliation par le biais d’efforts de conservation. Le parc national Wapusk est anxieux de continuer à perfectionner ce cadre de référence avec ses partenaires. Parcs Canada s’engage à faire de la planification en collaboration au niveau du paysage, à respecter les droits et les systèmes de connaissances des Autochtones, et à créer des occasions de gérance autochtone.

Participants à l’atelier
Ces anciens ont accueilli des participants des communautés et organisations suivantes :
- La Société pour la nature et les parcs du Canada – Section du Manitoba
- Environnement et Changement climatique Canada
- Première Nation crie de Fox Lake
- Gouvernement du Manitoba
- Gouvernement du Nunavut
- Association des Inuit de Kivalliq
- Fédération Métisse du Manitoba
- Première Nation Northlands Denesuline
- Nunavut Tunngavik Incorporated
- Parcs Canada
- Première Nation Sayisi Dene
- Gestion de la harde de caribous de Beverly et Qamanirjuaq
- Ville de Churchill
- Université de la Saskatchewan
- Première Nation de York Factory
Résultats de l’atelier
Les discussions de l’atelier ont porté sur la formulation de solutions et de mesures prises en collaboration afin d’assurer la protection des troupeaux de caribous du cap Churchill et de Qamanirjuaq. Cinq grands thèmes revêtant une importance primordiale pour la conservation réussie du caribou sont ressortis de l’atelier de 2021, soit :
- mobiliser les jeunes et les sensibiliser à ce sujet;
- obtenir un engagement réel de la part des gouvernements;
- favoriser la sensibilisation culturelle vis-à-vis des efforts déployés par les Autochtones;
- protéger l’habitat du caribou;
- faire de la surveillance et de la gestion en collaboration.
Diapositives infographiques 2020

Description de l'image

Description de l'image
Description de l'image

Description de l'image
Diapositives infographiques 2021

Description de l'image

Description de l'image
Description de l'image

Description de l'image
- Date de modification :