Une grande partie de l’histoire du peuplement de Forillon est gravée dans les cimetières patrimoniaux.
Cimetières patrimoniaux
Parc national Forillon
Histoires gravées
L’occupation humaine du territoire de Forillon demeure aujourd’hui partiellement lisible, révélée par la présence de bâtiments patrimoniaux, d’objets de collections, de paysages culturels, de sites et vestiges archéologiques ainsi que de lieux de sépulture.
Au parc national Forillon, cinq cimetières rappellent l’histoire du peuplement de la péninsule de Forillon.
- « Vieux cimetière » patrimonial St. Matthew’s (Penouille)
- Cimetière patrimonial St. Peter’s (Petit-Gaspé)
- Cimetière patrimonial Grande Greve United Church (L’Anse-Saint-Georges)
- Cimetière patrimonial Saint-Augustin (L’Anse-Saint-Georges)
- Cimetière patrimonial d’Indian Cove (L’Anse-aux-Amérindiens)
Situer les cimetières
Situés en hauteur, au sommet de talus côtiers, ces cimetières surplombent la mer, rappelant le mode de vie « tourné vers la mer » des habitants. Ils illustrent la diversité des origines et des confessions religieuses, de même que la cohabitation et le métissage des familles pionnières. Enfin, ces endroits témoignent des pratiques funéraires et spirituelles de ces communautés.
On compte au moins 410 monuments et marques de sépulture lesquels sont associés à quatre confessions religieuses :
- anglicane (67 %),
- méthodiste et Église unie du Canada (24 %),
- catholique (9 %).
Les cimetières de Forillon abriteraient par ailleurs, selon les documents d’archives, au moins 544 sépultures sans marqueur supplémentaires (ces marqueurs ayant vraisemblablement disparu au fil du temps).
Des spécificités étonnantes!
De nombreuses marques de sépulture présentent un intérêt historique. Mentionnons, à titre d’exemples, celles de Xavier Blanchette et de son épouse Marie Fournier - propriétaires initiaux de la Maison Blanchette - au cimetière catholique Saint-Augustin; celles d’Alfred Henry Dolbel et de son épouse Lucy Ada Gavey - propriétaires initiaux de la Maison Dolbel-Roberts - au cimetière anglican St. Peter’s; celles de Charles D. Esnouf, premier gardien du phare de Cap-Gaspé, et de son épouse Agnes Skroder au cimetière de la Grande Greve United Church de L’Anse-Saint-Georges.
La plus ancienne marque de sépulture est celle de « Jean LeMessurier, fils de Nicolas, Natif de Guernesey », décédé en 1838. L’épitaphe, située au cimetière patrimonial d’Indian Cove (L’Anse-aux-Amérindiens), porte d’ailleurs la mention « Premier corps inhumé dans ce cimetière ».
Conserver les cimetières
Au fil des ans, les familles des défunts et Parcs Canada ont entretenu ces espaces et ces marques de sépulture au mieux de leurs connaissances et de leurs capacités. Or, ce patrimoine funéraire se trouve aujourd’hui menacé. Aux actuelles causes de détérioration des monuments funéraires s’ajouteront vraisemblablement, au cours des prochaines années, celles liées aux impacts des changements climatiques.
Parmi ces impacts anticipés, mentionnons : la multiplication des fissures ou éclatements de pierres en raison du gel-dégel; l’érosion des monuments accentuée par les fortes précipitations; les décollements de pierres causés par le poids de la neige et le tassement des sols; les bris causés par la chute de branches lors de tempêtes ou de vents violents; le rétrécissement de la bande de terre protégeant le cimetière de la mer en raison de l’érosion côtière.
Mieux comprendre pour mieux conserver
Devant ce constat, Parcs Canada intervient pour favoriser, au mieux de ses capacités, la documentation et la conservation de ces importants lieux de commémoration. Depuis 2021, des interventions - tant préventives que curatives - ont été menées sous les conseils d’experts en conservation : relevé géoradar par les archéologues, stabilisation et réparation de monuments, nettoyages, retraits de mousses, lichens, moisissures, etc.
Si les défis sont nombreux, les efforts de documentation et de conservation se poursuivent en concertation, lorsque possible, avec les représentants des familles et des communautés concernées. Comptant parmi les dernières traces d’occupation humaine dans plusieurs secteurs de Forillon, ces espaces demeurent des éléments significatifs du paysage culturel et des lieux de mémoire vivants qui contribuent à maintenir des liens au sein de communautés aujourd’hui dispersées.
Mettre en valeur les cimetières
Les cimetières patrimoniaux intéressent de plus en plus de visiteurs. Ces espaces paisibles, souvent verdoyants, offrent un cadre de recueillement et de contemplation. Accessibles à tous, les cimetières anciens se visitent tels des musées à ciel ouvert, des dépôts d’archives en plein air, des jardins paysagers propices au repos, à la réflexion, au souvenir. Certains y cherchent leurs ancêtres, d’autres souhaitent en apprendre davantage sur l’histoire locale, ou simplement s’y déposer en silence.
Nous souhaitons remercier le Regroupement de personnes expropriées de Forillon et leur descendance ainsi que les différentes communautés historiquement associées à ces cimetières pour leur précieuse collaboration.
Un site animé
En juillet et aout, des guides-interprètes du parc national Forillon accompagnent des visiteurs sur le site de l’église St. Peter’s, un joyau du patrimoine culturel de Forillon. Ils racontent l’histoire de la communauté anglicane qui a érigé ce lieu de culte et mettent en valeur ses caractéristiques architecturales uniques.
Plus d’information sur les activités d’interprétation au parc national Forillon
Visiter les cimetières
Depuis mai 2025, les personnes fréquentant ces lieux de sépulture trouveront des panneaux d’interprétation sur leur histoire. Ils en apprendront un peu plus sur les différentes confessions et les origines des défunts. S’ajoute à cela une invitation à respecter le caractère de ces endroits : « En ce lieu sacré, merci de circuler calmement, en silence, et de respecter l’intimité des visiteurs venus se recueillir. »

« Vieux cimetière » St. Matthew’s
Confession religieuse : Anglicane
Consécration : 1889
La présence du « Vieux cimetière » St. Matthew’s dans le paysage de Penouille s’inscrit en relation avec l’église et le « nouveau » cimetière St. Matthew’s, situés au nord du boulevard de Forillon.
Elle témoigne de l’implantation d’une communauté de confession anglicane sur le littoral sud de la péninsule de Forillon au 19e siècle. Les épitaphes rappellent les patronymes de ces familles fondatrices de Péninsule / Peninsula, dont les Annett, les Ascah, les Coffin, les Miller, les Mullin et les Phillips.

Cimetière patrimonial St. Peter’s
Confession religieuse : Anglicane
Consécration : 1859
La présence de l’église et du cimetière St. Peter’s dans le paysage de Petit-Gaspé témoigne de l’implantation d’une communauté de confession anglicane sur le littoral sud de la péninsule de Forillon au 19e siècle.
Les épitaphes rappellent les patronymes de familles qui ont jadis habité ce territoire, dont les Bartlett, les Dolbel, les Gavey, les Hotton et les Roberts, autrefois propriétaires de maisons et dépendances agricoles toujours présentes dans le secteur de Grande-Grave.

Cimetière patrimonial Grande Greve United Church
Confession religieuse : Méthodiste, puis Église unie du Canada à partir de 1925
Consécration : Inconnue
La présence de ce cimetière à L’Anse-Saint-Georges témoigne de l’implantation d’une communauté de confession méthodiste sur le littoral sud de la péninsule de Forillon au 19e siècle. Les épitaphes rappellent les patronymes de familles qui ont jadis habité ce territoire, dont les Esnouf, les Langlois, les Minchinton et les Simon.
Les familles d’origine anglo-normande venues s’établir sur la péninsule de Forillon dès 1817 constituent l’une des branches pionnières du mouvement méthodiste au Québec, voire au Canada.

Cimetière patrimonial Saint-Augustin
Confession religieuse : Catholique
Consécration : Vers 1850
Ce cimetière témoigne de l’implantation d’une communauté de confession catholique sur le littoral sud de la péninsule de Forillon dès le début du 19e siècle. Une première chapelle catholique aurait été construite à L’Anse-Saint-Georges vers 1800 par Augustin Lehouiller. Elle fut dédiée à Saint-Augustin.
Les épitaphes du cimetière rappellent l’implantation, la cohabitation et le métissage de familles catholiques francophones (Blanchette, Boulet, Leduc, Lemieux, Langlais, etc.) et anglophones (Roberts, Shaw, Smith, etc.) au fil du temps.

Cimetière patrimonial d’Indian Cove
Confession religieuse : Méthodiste
Consécration : Vers 1835
Ce cimetière à L’Anse-aux-Amérindiens (dite Indian Cove à l’époque) témoigne de l’implantation d’une communauté de confession méthodiste sur le littoral sud de la péninsule de Forillon au 19e siècle. Les épitaphes rappellent les patronymes de familles qui ont jadis habité ce territoire, dont les Bichard, les Bourgaize, les Langlois, les Lenfestey, Le Messurier (LeMesurier), les Roberts et les Simon.
Les familles d’origine anglo-normande venues s’établir sur la péninsule de Forillon dès 1817 constituent l’une des branches pionnières du mouvement méthodiste au Québec, voire au Canada.
Contribuer aux connaissances
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