Herpétofaune
Parc national Forillon
L’herpétofaune compte deux groupes d'animaux vertébrés soit les amphibiens (grenouilles, crapauds, salamandres, etc.) et les reptiles (tortues, lézards, serpents, etc.).
Ces classes d'animaux sont encore très peu étudiées. Ils jouent pourtant un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes. Ils contrôlent notamment des populations d’insectes piqueurs ou ravageurs et ils sont aussi des proies de choix pour beaucoup d'oiseaux et de mammifères carnivores.
Les amphibiens et les reptiles sont très sensibles aux changements dans leur habitat. Pour cette raison, ils peuvent nous en dire long sur l'état de santé d'un écosystème comme une forêt, un lac ou un ruisseau. Nos scientifiques leur portent une attention particulière lorsqu'ils font de la surveillance écologique. Ils les qualifient d'ailleurs d'espèces "parapluies".

Photo : Pierre Etcheverry - Wildest Moods
Espèce parapluie
Une espèce parapluie est souvent un animal ou une plante qui occupe un vaste territoire et dont la protection entraine celle d'autres espèces qui y cohabitent.
Par exemple, en préservant des étangs de castors du parc, nous sauvegardons une foule d'autres espèces comme des grenouilles, libellules, nénufars et plusieurs petits mammifères et oiseaux qui s'y alimentent et s'y abreuvent.
Ainsi, plusieurs espèces bénéficient du parapluie protecteur du castor!
Surveillance écologique
Faire de la surveillance écologique c’est observer l’état de santé d’un secteur du parc, un peu à la manière d’un médecin qui suit son patient. Dans les milieux aquatiques du parc, on mesure par exemple la température des cours d’eau et les populations d'invertébrés benthiques, on fait aussi un suivi des poissons et des ponceaux. Les données recueillies, une fois analysées, orientent l’équipe de la conservation dans ses interventions sur le terrain.
La surveillance écologique est une étape importante du travail de conservation à Forillon.
Portrait de l’herpétofaune
L’équipe de la conservation des ressources naturelles du parc a dressé un portrait des amphibiens et des reptiles observés sur le territoire en 2022.
Ce que fait ce portrait :
- il dresse la liste des espèces d’amphibiens et de reptiles;
- il identifie les meilleurs sites de reproduction et de ponte pour les différentes espèces;
- il montre comment leur population est répartie au parc;
- il évalue l’abondance de chaque espèce.
Les espèces répertoriées
Selon les observations de 2022, le parc abrite 9 espèces d'amphibiens et de reptiles.
Parmi les amphibiens, du plus commun au plus rare, on trouve ceux-ci :
- Crapaud d’Amérique
- Rainette crucifère
- Grenouille des bois
- Grenouille verte
- Grenouille du Nord
- Salamandre maculée
- Salamandre cendrée
- Triton vert
Parmi les reptiles, on a répertorié uniquement la couleuvre rayée lors de l'étude.
Une intruse?
En septembre 2025, une randonneuse a photographié un animal qui était passé sous le radar de nos chercheurs : une couleuvre à collier du Nord. Présent principalement au sud du Québec, ce reptile de taille modeste était loin de son aire de répartition naturelle. Les trois spécimens observés par la randonneuse étaient de petite taille, soit moins de 25 cm. La couleuvre à collier du Nord, comme son nom l’indique, est reconnaissable à son joli collier jaune clair qui tranche avec son dos uni gris foncé ou bleuté. Tout comme la couleuvre rayée, elle n'est pas venimeuse.
Si vous voyez un animal, un insecte ou une plante qui vous intrigue, partagez votre observation avec un employé ou au moyen de l'application mobile iNaturalist. Ces informations nous sont très utiles.
Un projet d'étude plutôt discret
Généralement de petite taille, souvent cachés, nocturnes et discrets, les amphibiens et les reptiles posent certains défis aux chercheurs. Difficile de connaitre avec précision les espèces présentes dans un milieu donné, leur abondance ou leurs tendances démographiques. Mais, en diversifiant leurs méthodes, nos scientifiques peuvent récolter des données fiables.
Les salamandres et les tritons sont très difficiles à voir. Ces amphibiens requièrent une fouille active sur le terrain. Il faut scruter le sol délicatement, soulever des roches et décortiquer des arbres morts en forêt ou dans des ruisseaux. Des abris artificiels en planche de pin ont aussi été installés le long de ruisseaux pour recréer des microhabitats propices aux salamandres.
Les chercheurs notent les animaux vus par hasard au parc par des journées ensoleillées comme pendant des nuits pluvieuses. Ils comptabilisent les amphibiens et reptiles observés sur les sentiers, les chemins forestiers ou les routes bordant le parc, et cela inclut les cas de mortalités routières.
L'oreille musicale
Pour les grenouilles, crapauds et rainettes, les chercheurs font de l’écoute active. Ces animaux sont particulièrement en voix au printemps, pendant la période de reproduction. Le chant résonne des mètres à la ronde. Les chercheurs en profitent alors pour parcourir leur route d’écoute, faisant de courtes escales avec leur enregistreuse, du soir à la tombée de la nuit. En complément aux routes d'écoute, des appareils peuvent aussi être installés sur des sites plus reculés pendant plusieurs jours. De retour au bureau, les chercheurs écoutent chaque chant entendu et l'associent à la bonne espèce. Il faut avoir une bonne oreille : le chant de la grenouille verte rappelle un peu le son d'une corde que l'on pince ou le bruit d'un ressort. Celui du crapaud d'Amérique est une longue plainte grave et rauque, qu'on définit comme un trille monotone. Cette route d'écoute ressemble presque à une tournée de concerts!
Sites populaires
En général, les amphibiens recensés préférent les plans d’eau calmes comme les lacs, les étangs ou les marécages. Ils fréquentent aussi les cours d'eau calmes et leurs environs.
Au parc, trois endroits se démarquent par le nombre d’espèces observées :
- le secteur des étangs de castor à l’est du parc;
- le secteur de la vallée de L’Anse-au-Griffon au centre nord;
- le secteur du Lac-au-Renard à l’ouest du parc.



Pour voir l’herpétofaune
Peu nombreux, petits et la plupart du temps cachés, les amphibiens et les reptiles ne sont pas aussi faciles à observer que les oiseaux, par exemple.
Vous pourriez cependant tomber sur une couleuvre rayée prenant un bain de soleil le long d’un sentier ou, si vous marchez près d’un étang par une journée pluvieuse, vous pourriez surprendre une salamandre maculée en pleine escapade.
Plus spectaculaire, la chorale des anoures pendant la période de reproduction attire l’oreille. Surtout actives à la tombée de la nuit en début d’été, ces grenouilles, rainettes et crapauds s’époumonnent autour des plans d’eau des sentiers Le Portage ou Le Castor. Ces endroits sont accessibles au public.
Aimez-les de loin!
Nous déconseillons fortement aux visiteurs de circuler sur des territoires non balisés en quête de ces animaux. Restez dans les sentiers pour une randonnée sécuritaire pour vous et respectueuse pour les espèces fragiles.
Plus d'information sur les bonnes pratiques en photographie au parc national Forillon
Liens connexes
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