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Nahnebahwequay (1824-1865)

Nahnebahwequay © The Grey Roots Archival Collection

Pour la semaine du 19 juin 2023.

Le 19 juin 1860, Nahnebahwequay rencontre la reine Victoria à Londres, en Angleterre, pour contester le traitement discriminatoire réservé à la Première Nation non cédée des Chippewas de Nawash dans ce qui est alors le Canada-Ouest (et qui deviendra plus tard l’Ontario). Son périple transatlantique expose au grand jour l’effritement des droits culturels, politiques et économiques des Peuples Autochtones sous le régime colonial britannique.

Fille de Myawekeshigoqua (Mary ou Polly), du clan de la Loutre, et de Tyatiquob (Bunch Sunegoo), du clan de l’Aigle, Nahnebahwequay voit le jour en 1824 dans la plaine de la rivière Credit (l’actuelle ville de Mississauga), au Haut-Canada. Outre son nom autochtone, qui signifie « femme honnête », elle reçoit le nom chrétien de Catherine Brown. À partir de l’âge de 2 ans, elle vit dans une mission nouvellement fondée à la rivière Credit, où sont réunies environ 200 personnes, dont des Ojibwés convertis au méthodisme et des missionnaires.

Nahnebahwequay épouse le prédicateur William Sutton en 1839 et fonde une famille à la mission de la rivière Credit, avant de déménager dans la péninsule Saugeen pour s’établir sur une parcelle de 200 acres (environ 81 ha) concédée par la Première Nation non cédée des Chippewas de Nawash. Ce faisant, elle renonce à son statut de Mississauga de la mission de la rivière Credit et se joint à la Première Nation de Nawash.

De 1852 à 1857, Nahnebahwequay et sa famille multiplient les déplacements dans la région des Grands Lacs avant de retourner dans la péninsule Saugeen. Pendant son absence, le ministère des Indiens a pressé des membres de la bande de céder la réserve de Nawash, qui s’étend sur 10 000 acres (4 047 ha) sur la côte Ouest de la baie d’Owen Sound. Nahnebahwequay croit fermement que ces particuliers n’étaient pas habilités à céder la réserve, qui appartient à la Première Nation. Le ministère des Indiens refuse de revendre le territoire à la Première Nation et retire par la suite à Nahnebahwequay le droit de toucher sa part des rentes versées à la bande, arguant qu’elle a perdu son statut d’« Indienne » en épousant un homme d’ascendance européenne. Après un plaidoyer infructueux devant l’Assemblée législative du Canada, Nahnebahwequay entreprend de présenter ses doléances à la reine Victoria.

Elle se rend à Londres à titre de déléguée des Anishanaabe du lac Supérieur et de la baie Georgienne, qui l’ont élue comme représentante diplomatique en 1859. Sa force et son courage se révèlent dans sa détermination à entreprendre ce voyage dangereux alors qu’elle est enceinte de près de neuf mois. Nahnebahwequay en appelle aux normes culturelles britanniques pendant son audience auprès de la reine Victoria; par exemple, elle porte une tenue européenne et met l’accent sur ses croyances chrétiennes. La Couronne lui garantit une enquête sur le traitement des Premières Nations du Canada-Ouest, mais cette promesse reste lettre morte.

Sans se laisser décourager, Nahnebahwequay poursuit sa lutte pour le territoire et les droits de pêche des Premières Nations. Le ministère des Indiens finira par autoriser Nahnebahwequay et sa famille à acheter leur terre sur la péninsule Saugeen, mais uniquement au nom de William Sutton. Les autres membres de la Première Nation de Nawash ne se voient cependant pas accorder le même privilège, et Nahnebahwequay perçoit cette démarche des autorités comme une tentative de la museler. Même après avoir obtenu gain de cause pour elle-même, Nahnebahwequay continuera de défendre les droits fonciers des Autochtones jusqu’à sa mort, en septembre 1865, dans le canton de Sarawak, qui fait partie du comté de Grey, en Ontario.

Nahnebahwequay a été désignée personnage d’importance historique nationale en 2021. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC) conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration des personnages d’importance historique nationale – des personnes qui ont contribué de manière exceptionnelle et durable à l’histoire du Canada.

Le Programme national de commémoration historique compte sur la participation de la population pour la mise en candidature de lieux, d’événements et de personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent soumettre un sujet à l’examen de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Voyez comment participer à ce processus.

Apprenez-en plus au sujet de l’approche de Parcs Canada sur l’histoire publique en consultant Le cadre pour l’histoire et la commémoration (2019) sur notre site web.
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