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École de langue japonaise de Vancouver et le Japanese Hall

École de langue japonaise de Vancouver et le Japanese Hall, 1928. © Vancouver Japanese Language School and Japanese Hall

Pour la semaine du 29 avril 2024.

Le 2 mai 1953, l’École de langue japonaise de Vancouver et le Japanese Hall (pavillon japonais) rouvrent leurs portes en Colombie-Britannique. Seule école de langue japonaise de l’entre-deux-guerres ayant survécu aux expropriations et ayant rouvert après la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), l’École de langue japonaise de Vancouver illustre la résilience et la force de la collectivité canadienne d’origine japonaise.

L’École de langue japonaise de Vancouver (Vancouver Nippon Kyoritsu Go Gakko) est la première et la plus grande école de langue japonaise construite au Canada. Elle ouvre ses portes en 1906. Elle est située au 439, rue Alexander, dans le quartier de la rue Powell, où de nombreuses personnes d’origine japonaise vivent depuis la fin du XIXe siècle. Dans ce quartier, on attache une grande valeur à la bonne compréhension de la langue japonaise, celle ci étant la langue de travail dans de nombreuses entreprises de la collectivité et un moyen de perpétuer le patrimoine culturel japonais. Au départ, l’école donne des cours inspirés de modèles japonais sur un large éventail de sujets, toute la journée, mais en 1919, l’équipe se concentre sur un projet de cours en dehors des heures de classe normales, en voyant le tout comme un complément, au lieu d’une solution de rechange, à l’éducation offerte par l’école publique. L’école sert également de lieu d’éducation et de célébration de la culture japonaise, comptant une salle séparée qui deviendra un lieu de rassemblement important pour toute la communauté. L’École de langue japonaise de Vancouver et le Japanese Hall deviennent si populaires qu’en 1928, on décide de construire un nouveau bâtiment au 475, rue Alexander.

L’École de langue japonaise de Vancouver et le Japanese Hall ainsi que la collectivité qui les fréquentent se retrouvent devant un avenir incertain durant la Deuxième Guerre mondiale. En 1941, l’attaque des Japonais sur Pearl Harbor attise le racisme anti-asiatique et la peur que les Canadiens d’origine japonaise puissent appuyer les attaques ennemies sur la côte ouest de la Colombie Britannique. L’école ferme ses portes avant que le ministère de l’Éducation ne lui ordonne de le faire le 9 décembre. Puis, peu après le début d’année 1942, le gouvernement ordonne que 22 000 Canadiens d’origine japonaise soient expulsés des communautés côtières, les envoyant dans des camps d’internement et les dispersant dans tout le pays. Dans ces camps, il est interdit d’enseigner et d’apprendre la langue japonaise. Enfin, en 1943, le gouvernement saisit et vend des biens de Canadiens d’origine japonaise valant des millions de dollars, éliminant dans la rue les traces les plus visibles de la collectivité du quartier de la rue Powell.

Entre 1942 et 1952, le gouvernement loue l’école à bail, d’abord aux Forces armées canadiennes, puis au magasin Army and Navy. Le conseil d’administration réussit néanmoins à empêcher le transfert légal de la propriété, mais cela n’empêche pas le gouvernement, qui n’est pas le propriétaire légal de l’école, de vendre la moitié de la propriété et des installations en 1947. En 1953, après maintes années de pétitions, d’efforts menés par la collectivité locale et de collectes de fonds, le bâtiment devient l’une des rares propriétés à être restituées aux Canadiens d’origine japonaise après la guerre. La même année, la communauté amasse de l’argent pour restaurer le bâtiment dans le cadre d’efforts visant à reconstruire le quartier et à lui redonner son identité. Aujourd’hui, l’école comprend un centre de garde d’enfants autorisé et propose toujours des cours de langue japonaise, ce qui permet aux élèves de prendre part à des activités d’arts traditionnels et d’arts martiaux. Elle continue d’être un endroit prisé pour les événements et les célébrations communautaires.

Cérémonie de dévoilement de la plaque commémorative de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada en 2019. © Parcs Canada

L’École de langue japonaise de Vancouver a été désignée lieu historique national en 2019. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC) conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration de lieux historiques nationaux qui peuvent inclure une variété de sites historiques tels que des jardins, des ensembles de bâtiments et des paysages culturels.

Le Programme national de commémoration historique compte sur la participation des Canadiens et des Canadiennes pour désigner des lieux, des événements et des personnages historiques nationaux. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet qui sera examiné par la CLMHC. Voyez comment participer à ce processus.

Apprenez-en plus au sujet de l’approche de Parcs Canada sur l’histoire publique en consultant Le cadre pour l’histoire et la commémoration (2019) sur notre site web.
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