Lieu historique national de l’Édifice-D.A. Gillies

L'édifice D. A. Gillies utilisé comme bureau de poste, vers 1906
L’édifice D. A. Gillies utilisé comme bureau de poste, Arnprior, Ontario, vers 1906
© Crédits inconnus / Collection Reverend Woodhouse / Bibliothèque et Archives Canada / C-002996

L’édifice D. A. Gillies a été désigné comme un lieu historique national en 2024.

Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1

L’édifice D. A. Gillies

Construit de 1896 à 1898 selon les plans de Thomas Fuller, architecte en chef du Dominion, le bâtiment sert d’abord de bureau de poste et de douane pour la ville d’Arnprior, en Ontario. L’édifice D. A. Gillies évoque le programme fédéral de cette époque, lequel vise à créer des bâtiments gouvernementaux partout au pays dans des structures attrayantes et bien situées. Sa hauteur de deux étages et demi, l’utilisation de matériaux de haute qualité, sa conception qui illustre l’éclectisme pittoresque de son époque et une libre utilisation d’éléments du renouveau historique, son emplacement bien en vue et son aménagement intérieur font du bâtiment un excellent exemple de l’ensemble de l’œuvre de Fuller et de la conception de la fin de l’époque victorienne ainsi qu’un symbole des aspirations du Dominion. D. A. Gillies, un défenseur du patrimoine de la région, sauve le bâtiment de la démolition puis sa vocation est changée dans le cadre d’un projet visant à souligner le centenaire du Canada en 1967. Le bâtiment devient ainsi un exemple du nouveau mouvement de conservation du patrimoine de cette décennie.

Situé au 35, rue Madawaska, au cœur d’Arnprior, sur le territoire traditionnel non cédé du peuple Algonquin Anishinaabe, l’édifice D. A. Gillies est un important point de repère local. Le bâtiment présente une silhouette et une ligne de faîte dynamiques, ainsi qu’une tour d’horloge octogonale qui s’élève du coin sud-ouest. Cette dernière est flanquée de façades à peu près symétriques, chacune dotée d’une grande lucarne murale à pignon. Les murs du bâtiment présentent un éventail coloré de pierres calcaires et de grès et allient des détails tels que des ouvertures en arc, des encorbellements, des cordons et des lettres sculptées qui donnent une impression à la fois dynamique et attrayante.

L'édifice D.A. Gillies utilisé comme bureau de poste, Arnprior, Ontario, 1927
L’édifice D. A. Gillies utilisé comme bureau de poste, 1927
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-057549

Fuller, né et formé en Angleterre, est une figure marquante dans l’évolution de l’architecture canadienne au XIXe siècle. De sa fondation en pierre calcaire locale aux ornements en grès rouge de Nouvelle-Écosse, en passant par sa haute tour d’horloge, ce bâtiment incarne l’approche architecturale que Fuller adopte également pour d’autres édifices gouvernementaux similaires dans tout le pays. Ceux-ci sont conçus de manière à regrouper un bureau de poste et de douane au rez-de-chaussée, d’autres bureaux fédéraux à l’étage et des espaces résidentiels dans les combles. La fusion de divers types de motifs d’inspiration médiévale européenne fait de ce bâtiment un exemple de ce que l’on appelle le « style du Dominion canadien », l’une des premières tentatives de créer une approche architecturale typiquement canadienne, qui est en grande partie le fruit du travail de Fuller.

Tout au long du XXe siècle, la majorité des bureaux de poste conçus par Fuller sont démolis. L’édifice d’Arnprior connaît presque le même sort après la construction d’un nouveau bureau de poste en 1963. Il est toutefois sauvé grâce aux efforts de conservation de gens de la région. Préoccupés par la perte de l’histoire architecturale locale, le bûcheron David A. Gillies et son épouse Jessie Gillies achètent le bâtiment et le vendent à la Ville d’Arnprior pour un dollar, avec la promesse qu’il servira d’institution culturelle. Le bâtiment est converti en bibliothèque ainsi qu’en musée (l’Arnprior and District Museum) dans le cadre du projet de la collectivité visant à marquer le centenaire de la Confédération canadienne en 1967. Une nouvelle bibliothèque est ouverte sur un terrain voisin en 1991, mais le musée continue d’occuper l’édifice D. A. Gillies et utilise ce point de repère local pour présenter l’histoire d’Arnprior et de la région environnante.

« Que ce soit comme bureau de poste, bibliothèque ou musée, l’édifice D. A. Gillies apporte une énorme valeur historique à notre communauté prospère. Au nom du conseil municipal, je me réjouis de la désignation de l’édifice D. A. Gillies comme lieu historique national par le gouvernement du Canada et je me réjouis de son brillant avenir en tant que symbole le plus reconnaissable de la ville d’Arnprior. »

Lisa McGee
Mairesse d’Arnprior

« L’édifice D. A. Gillies a toujours été un centre communautaire. En tant que bureau de poste, il reliait Arnprior au reste du monde, et en tant que bibliothèque, musée et centre d’archives, connectait les voisins à leurs histoires. Je suis reconnaissante au gouvernement du Canada pour cette désignation de lieu historique national, car il s’agit d’un témoignage puissant de l’investissement communautaire remarquable dans cet édifice emblématique qui continue d’être un centre d’attraction pour le rassemblement, la narration et la planification collaborative pour l’avenir. »

Dre Emily Stovel
Gestionnaire de la culture et conservatrice, Arnprior and District Museum

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2025.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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