Lieu historique national de la Mission-de-Notre-Dame-des-Victoires / Lac-La-Biche
La Mission de Notre-Dame-des-Victoires / Lac-La-Biche a été désignée lieu historique national en 1989.
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a revu cette désignation en 2024.
Motifs de la désignation
Fondée par les Oblats en 1853 et déplacée sur son site actuel en 1855-56 sur les territoires traditionnels des nêhiyawak (Cris) et d’autres Premières Nations et sur le territoire des Métis, cette mission a été créée pour convertir au christianisme les Premières Nations et les Métis qui se rendaient au poste de traite des fourrures situé à proximité et pour exercer un ministère auprès de la petite communauté de commerçants libres qui s’y trouvait.
Située à un endroit stratégique près des bassins hydrographiques des fleuves Churchill et Mackenzie, cette mission a joué, des années 1860 à 1889, un rôle déterminant en tant que point de transbordement du matériel destiné aux missions oblates du Nord, ce qui a permis à la congrégation d’étendre le territoire de ses missions.
À compter des années 1860, les Sœurs Grises de Montréal dirigent une école à la mission pour les enfants des Premières Nations, des Métis et des non-Autochtones. L’école commence à admettre des pensionnaires et figure parmi les premières expériences de l’Église catholique en matière d’éducation résidentielle dans le Nord-Ouest, à l’extérieur de la région de Winnipeg. Avec le temps, cette école commence à recevoir des fonds fédéraux, et en 1892, elle est considérée par le gouvernement fédéral comme une école industrielle indienne. Elle est déplacée en 1898. Un deuxième pensionnat pour les enfants autochtones et non-autochtones, dirigé par les Filles de Jésus, est situé en ce lieu de 1905 à 1963.
Les congrégations religieuses catholiques gèrent la majorité des pensionnats et jouent un rôle essentiel dans leur fonctionnement quotidien. Leur objectif est de convertir les enfants autochtones et de les assimiler à la culture euro-canadienne. Le système des pensionnats imposé aux Peuples Autochtones par le gouvernement fédéral pendant plus d’un siècle s’inscrit dans de vastes efforts d’assimilation visant à anéantir les cultures et les identités autochtones et à annihiler leurs histoires. Les témoignages des survivants apportent un éclairage essentiel sur les expériences dévastatrices vécues par les enfants autochtones dans les pensionnats, notamment les piètres conditions de vie, les abus physiques, émotionnels et sexuels, la négligence, la malnutrition, les travaux forcés, la suppression délibérée de leurs cultures et de leurs langues et la séparation forcée de leur famille et de leur communauté. Ces expériences ont eu des effets durables non seulement sur les survivants, mais aussi sur leur famille et leur communauté. En 2015, la Commission de vérité et réconciliation décrit les pensionnats comme une forme de génocide culturel.
Revue de la désignation
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada procède à un examen des personnes, des événements et des lieux historiques nationaux désignés pour déterminer leur lien avec l'histoire et l'héritage du système des pensionnats autochtones. Cet examen fait suite à l'appel à l’action 79 de la Commission de vérité et réconciliation, qui demande au gouvernement fédéral de commémorer l'histoire et l'héritage des pensionnats autochtones.
Des revues sont entreprises de façon continue pour veiller à ce que les désignations tiennent compte des études actuelles, des changements survenus dans la compréhension de l’histoire, ainsi que d’un éventail de voix, de points de vue et d’expériences de la société canadienne.
En 2024, cette désignation a fait l’objet d’une revue à cause de l’héritage colonial et de l’absence d’un aspect important de l’histoire dans le texte de la plaque commémorative et dans l’énoncé des objectifs de commémoration. Le texte original, approuvé en 1990, soulignait le rôle de la mission dans le développement de la traite des fourrures, du transport et des communications dans l’Ouest. Il ne mentionnait pas les écoles qui étaient exploitées au lieu, dont une école industrielle pour les enfants autochtones.
De nouveaux motifs de désignation ont été définis pour inclure le lien du lieu avec le système des pensionnats autochtones et pour préciser son rôle en tant que point de transbordement pour les missions oblates dans le Nord-Ouest. La plaque originale a été retirée et une nouvelle plaque sera préparée lorsque le temps et les ressources le permettront.
Sources : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbaux, juin 2022; décembre 2023.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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