Personnage historique national d'Alexander Morris (1826-1889)

© William James Topley / Bibliothèque et Archives Canada / PA-025468
Alexander Morris a été désigné personnage historique national en 1971.
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a revu cette désignation en 2024.
Motifs de la désignation
Dès les années 1850, Morris écrit des discours et des essais faisant la promotion de l’expansion de la province unie du Canada vers le Nord-Ouest. Morris croit que le Canada a une responsabilité envers les Peuples Autochtones qui vivent sur ces territoires, une préoccupation rare de la part d’un partisan de l’expansion du pays.
Élu à l’Assemblée législative de la Province du Canada pour la première fois en 1861, Morris est un ardent défenseur de la Confédération et aide à former la Grande Coalition de 1864, laquelle unit les partis réformiste et conservateur pour la cause de l’union. Allié politique du premier ministre sir John A. Macdonald, ce dernier nomme Morris au sein de son Cabinet en 1869.
En tant que premier juge en chef du Manitoba de 1872 à 1873 et en tant que lieutenant-gouverneur du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest après 1873, Morris préside à la création des lois fondamentales et des institutions de base de la nouvelle province et les marque de son influence. Ses tentatives pour administrer un système qui donnerait aux Métis les garanties de terres qu’on leur a promises dans l’Acte du Manitoba (1870) restent, cependant, en grande partie vaines.
De 1873 à 1876, Morris agit comme commissaire aux traités lors de la négociation des traités numérotés avec les Premières Nations, soit les Traités nos 3, 4, 5 et 6. Alors que l’objectif des négociateurs des Premières Nations est d’établir une relation de réciprocité avec la Couronne et de trouver un moyen de protéger l’autonomie et l’avenir à long terme de leurs communautés, celui du gouvernement du Canada en est un d’expansion territoriale au profit des colons. Morris se trouve parfois pris entre les différentes priorités concurrentes et, à la fin de son mandat, il est la cible de critiques de la part de ses collègues du gouvernement qui le trouvent trop « généreux » pendant les négociations. Une fois les traités signés, Morris demande au gouvernement d’honorer rapidement les promesses faites par la Couronne. De plus, Morris joue un rôle important en s’assurant que le gouvernement inscrit dans les documents des traités les promesses faites oralement pendant les négociations des Traités nos 1 et 2. L’ouvrage qu’il écrit en 1880, intitulé The Treaties of Canada with the Indians, influence grandement les premiers récits écrits concernant les traités numérotés au Canada.
Revue de la désignation
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada procède à un examen des personnes, des événements et des lieux historiques nationaux désignés pour déterminer leur lien avec l'histoire et l'héritage du système des pensionnats autochtones. Cet examen fait suite à l'appel à l’action 79 de la Commission de vérité et réconciliation, qui demande au gouvernement fédéral de commémorer l'histoire et l'héritage des pensionnats autochtones.
Des revues sont entreprises de façon continue pour veiller à ce que les désignations tiennent compte des études actuelles, des changements survenus dans la compréhension de l’histoire, ainsi que d’un éventail de voix, de points de vue et d’expériences de la société canadienne.
En 2024, cette désignation a fait l’objet d’une revue à cause de l’héritage colonial et de l’absence d’un aspect important de l’histoire dans le texte de la plaque commémorative. Le texte original, approuvé en 1972, reconnaissait Morris comme un éminent avocat, écrivain et homme politique, et mentionnait son rôle dans la consolidation de l’emprise du Canada sur l’Ouest. Il ne mentionnait que brièvement le fait que Morris avait négocié cinq traités.
De nouveaux motifs de désignation ont été définis qui précisent le rôle de Morris dans la négociation des traités numérotés. La plaque originale sera enlevée. Une nouvelle plaque ne sera pas préparée, puisque la longueur limitée du texte d’une plaque ne permet pas de transmettre adéquatement la complexité de cette histoire.
Sources : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbaux, décembre 2022; juin 2023.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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