Personnage historique national du Révérend George Millward McDougall (1821-1876)

© J. G. Parks / Glenbow Library and Archives Collection / Libraries and Cultural Resources Digital Collections / Université de Calgary / CU174988
Le révérend George Millward McDougall a été désigné personnage historique national en 1969.
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a revu cette désignation en 2024.
Motifs de la désignation
Le révérend George McDougall est un missionnaire influent qui joue un rôle prépondérant dans les premières missions méthodistes, dont le but est la conversion des Peuples Autochtones au christianisme dans l’ouest des Prairies dans le cadre du projet de colonisation. De son arrivée dans le Nord-Ouest en 1860, à la mission de Norway House, jusqu’à son décès en 1876, McDougall est une personnalité religieuse marquante dans la région. Il devient président du district Ouest de l’Église méthodiste, et s’occupe de l’administration, de la dotation et du soutien de la mission à Victoria, dans les Territoires du Nord-Ouest (l’Alberta d’aujourd’hui), qu’il a fondée en 1862, ainsi que d’autres missions à Woodville (lac Pigeon), au lac Whitefish et à Morleyville.
Patriote et nationaliste canadien, McDougall prône le colonialisme canadien dans l’Ouest, étant d’avis que les grandes plaines du Nord sont très prometteuses pour la colonisation agricole. Au cours de ses nombreux voyages dans la région, non seulement cherche-t-il à convertir les membres des Premières Nations au méthodisme, mais il les encourage aussi à abandonner les modes de vie traditionnels puisqu’il croit qu’ils auront à adopter l’agriculture et d’autres pratiques culturelles occidentales pour survivre au sein de la nouvelle économie. En 1866, McDougall retire Manitou Asinîy, une pierre sacrée et vénérée par les Premières Nations pour ses pouvoirs spirituels, de l’endroit où elle reposait sur une colline près de la rivière Battle, ce qui entraîne des conséquences néfastes. En 1875, le lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, Alexander Morris, demande à McDougall de rencontrer les Premières Nations de la région et de les informer que les représentants de la Reine allaient venir les rencontrer pour négocier un traité (le Traité n° 6).
McDougall estime que la culture autochtone, à bien des égards, est inférieure à la civilisation européenne. Cette croyance est commune à bien des leaders religieux et gouvernementaux de l’époque et constitue un élément central des politiques et pratiques qui existent depuis longtemps et qui auront des effets dévastateurs sur les communautés autochtones pendant de nombreuses générations. Plusieurs missions méthodistes associées à McDougall persistent et ces institutions religieuses sont intégrées à l’Église Unie du Canada. Après la mort de McDougall, les missions de Norway House et de Morley fondent ultérieurement des pensionnats pour les Autochtones, qui séparent les enfants de leur famille, les assimilent dans la société eurocanadienne, et annihilent leur culture et leurs langues.
Revue de la désignation
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada procède à un examen des personnes, des événements et des lieux historiques nationaux désignés pour déterminer leur lien avec l'histoire et l'héritage du système des pensionnats autochtones. Cet examen fait suite à l'appel à l’action 79 de la Commission de vérité et réconciliation, qui demande au gouvernement fédéral de commémorer l'histoire et l'héritage des pensionnats autochtones.
Des revues sont entreprises de façon continue pour veiller à ce que les désignations tiennent compte des études actuelles, des changements survenus dans la compréhension de l’histoire, ainsi que d’un éventail de voix, de points de vue et d’expériences de la société canadienne.
En 2024, cette désignation a fait l’objet d’une revue à cause de l’héritage colonial et de la terminologie désuète dans le texte de la plaque commémorative. Le texte original, approuvé en 1973, soulignait le travail de McDougall dans l’établissement de missions méthodistes dans le Nord-Ouest de 1860 à 1876, ainsi que son rôle dans la signature du Traité no 6. Il ne mentionnait pas les séquelles néfastes des missions méthodistes qu’il a fondées. Le texte original contenait en outre des termes désuets concernant les Peuples Autochtones.
De nouveaux motifs de désignation ont été définis qui mentionnent le rôle des missions méthodistes dans la transition des Premières Nations de leurs pratiques traditionnelles vers les pratiques agricoles et culturelles occidentales, ainsi que les effets de ces missions sur cette transition.
Sources : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbaux, juin 2023; décembre 2023.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
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