Personnage historique national de Peter Henderson Bryce (1853–1932)

Portrait du personnage historique national de Peter Henderson Bryce (1853–1932)
Portrait du Docteur Peter Henderson Bryce, 1920
© Topley Studio / Bibliothèque et Archives Canada / PA-042966

Peter Henderson Bryce a été désigné comme un personnage historique national en 2024.

Importance historique : médecin hygiéniste en chef du ministère des Affaires indiennes, critique du gouvernement et dénonciateur, joue un rôle essentiel dans la diffusion des connaissances médicales de pointe liées à la théorie des germes et à la prévention des maladies.

Plaque commémorative : pas de plaque installéeFootnote 1

Peter Henderson Bryce (1853-1932)

Docteur Peter Henderson Bryce joue un rôle de premier plan dans l’avancement et l’application des connaissances médicales sur la théorie des germes et la prévention de la propagation des maladies transmissibles en tant que secrétaire du Conseil provincial de la santé de l’Ontario (1882-1904) et en tant que médecin hygiéniste en chef du ministère fédéral de l’Intérieur (1904-1921) et des Affaires indiennes (1904-1914). Dans le cadre de son travail pour le ministère de l’Intérieur, Bryce contribue à orienter la politique sur l’immigration en utilisant des enquêtes médicales pour évaluer la santé des nouveaux arrivants. Il élabore conjointement une loi qui transforme la responsabilité du gouvernement fédéral en matière de santé ainsi que sa relation avec la population canadienne dans ce même domaine. Au ministère des Affaires indiennes, Bryce ne cesse d’attirer l’attention sur les conséquences fatales de la tuberculose dans les pensionnats indiens, un plaidoyer qui est largement ignoré par ses supérieurs.

Portrait du personnage historique national de Peter Henderson Bryce (1853-1932)
Peter Henderson Bryce en tant que secrétaire du Conseil provincial de la santé, vers les années 1800
© National Library of Medicine / Domaine public

Bryce naît en 1853 à Mount Pleasant, dans le Canada-Ouest. De 1876 à 1886, il obtient quatre diplômes de l’Université de Toronto, où il étudie des innovations révolutionnaires en bactériologie et devient médecin. Il entre ensuite dans la fonction publique en 1882 en tant que secrétaire du Conseil provincial de la santé de l’Ontario, où il synthétise des statistiques de l’état civil, consigne et signale des cas de maladies transmissibles, inspecte les conditions d’hygiène et coordonne les efforts de lutte contre les épidémies dans la province. Il rédige conjointement la Public Health Act de l’Ontario de 1884, une loi novatrice qui influence les codes sanitaires réglementaires dans le pays.

En 1904, il est nommé médecin hygiéniste en chef des ministères de l’Intérieur et des Affaires indiennes. Sa nomination coïncide avec une politique nationale visant à accroître l’immigration vers les territoires du nord-ouest du pays et les nouvelles provinces. Il est chargé de veiller à ce que les nouveaux arrivants répondent aux normes canadiennes du début du XXe siècle en matière de santé. Ses recherches quantitatives étayent la décision d’encourager l’immigration en provenance d’Europe continentale, en particulier d’Europe de l’Est, ce qui va à l’encontre des sentiments nativistes fondés sur la race, qui placent les Britanniques et les Américains au sommet d’une hiérarchie en tant qu’immigrants favorisés.

Dans son rôle comme médecin hygiéniste en chef du ministère des Affaires indiennes, Bryce utilise des mesures quantitatives dans ses rapports pour rendre compte de l’ampleur stupéfiante et mortelle des conséquences de la tuberculose chez les élèves du système des pensionnats indiens du pays. Son rapport spécial de 1907 souligne de façon poignante les erreurs commises dans la lutte contre la tuberculose dans ces écoles. Selon lui, la maladie s’est propagée en raison de la surpopulation, du manque de ventilation, de la malnutrition et du manque d’exercice. Bien qu’il ne s’oppose pas au système des pensionnats indiens, ses recommandations d’amélioration sont régulièrement rejetées par ses supérieurs. En 1914, des fonctionnaires des Affaires indiennes mettent fin à son travail pour le ministère. Il continue à travailler pour le ministère de l’Intérieur jusqu’à sa retraite en 1921. Un an plus tard, il publie The Story of a National Crime: Being a Record of the Health Conditions of the Indians of Canada, 1904–1921, une brochure de dénonciation qui souligne ses efforts pour améliorer la santé des élèves dans les pensionnats indiens ainsi que les obstacles dressés par des politiciens auxquels il s’est heurté. La réaction du public est limitée. Peter Henderson Bryce meurt dix ans plus tard, le 15 janvier 1932, lors d’un voyage aux Caraïbes.

La brochure de Peter Henderson Bryce (1853-1932) publiée en 1922 sur la santé des élèves dans les pensionnats indiens
Page couverture de la brochure de Peter Henderson Bryce The Story of a National Crime, publiée en 1922

« L’héritage de Bryce sensibilise la population canadienne aux nombreuses personnes autochtones et non autochtones qui ont tiré la sonnette d’alarme tout au long de l’histoire des pensionnats. Comme l’écrit le Saturday Night Magazine (23 novembre 1907) à propos du rapport de Bryce :

[l]es protestations des médecins enfouies dans des livres bleus et les plaintes des missionnaires perdues dans des casiers – à moins que l’opinion publique ne s’empare de la question et ne la mette sur le devant de la scène. Le Parlement s’intéressera alors rapidement à la question, les casiers livreront leur contenu poussiéreux, les médecins auront une foule de suggestions à faire et le scandaleux cortège d’enfants autochtones à l’école et au cimetière pourra peut-être cesser.

Le meilleur résultat que nous puissions obtenir en rendant hommage à Bryce est de faire passer au premier plan les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et les appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées. Les personnes présentes dans les pensionnats savaient mieux que quiconque, et un trop grand nombre d’entre elles n’ont rien fait. Nous pouvons changer cela aujourd’hui, si nous tirons des leçons du passé. »

Cindy Blackstock
Directrice exécutive de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada

« Les descendants de Peter Henderson Bryce remercient le gouvernement du Canada de l’avoir désigné comme personnage historique national. Il a été un défenseur précoce et courageux des questions sanitaires et sociales. »

Andy Bryce
Arrière-petit-fils de Peter Henderson Bryce, au nom de la famille Bryce

La présente fiche d’information a été rédigée au moment de l’annonce ministérielle en 2024.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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