Mettre à profit le pouvoir du dialogue
Parc national Pukaskwa
Par Carly Robillard (narrateur) et Jean Fletcher
En tant que coordonnateur de l’interprétation, il nous incombe de créer des occasions qui permettent de relier de manière significative les différents visiteurs de nos sites. Cela peut s’avérer délicat lorsque vous incluez un dialogue, en particulier lorsque vous avez un groupe de personnes qui ont des points de vue différents sur un sujet.
Qu’est-ce que l’interprétation dialogique?
Lorsque l’on m’a demandé ce que j’allais apprendre pendant une semaine à Winnipeg, j’ai décrit l’interprétation dialogique comme « une technique relativement nouvelle pour favoriser l’appréciation d’un site. Vous déplacez l’accent pour inclure les expériences vécues par les visiteurs, afin de rendre le programme que vous proposez plus pertinent pour eux ».
Si cela vous semble être un exercice d’équilibriste complexe, vous n’êtes pas seul. Si l’adaptation d’un programme à votre public a toujours été un élément important de l’élaboration d’un programme agréable, l’art a surtout consisté à faire vivre l’expérience au visiteur. Le passage à un dialogue plus approfondi et ouvert peut être une perspective effrayante. Mais, comme nous tenons à créer des liens significatifs entre les visiteurs et nos lieux protégés, il est difficile d’ignorer le succès d’autres parcs et lieux historiques qui ont été les premiers à adopter cette approche.
C’est pourquoi Jean Fletcher (aire marine nationale de conservation du Lac-Supérieur) et moi-même, Carly Robillard (parc national Pukaskwa), avons saisi l’occasion d’approfondir cette technique. Pendant trois jours complets, nous avons participé à une séance de formation avec d’autres interprètes du centre du Canada pour découvrir les secrets d’un programme dialogique réussi et apprendre comment l’appliquer dans notre propre pratique.
C’est toujours extraordinaire de pouvoir passer du temps avec d’autres interprètes provenant de partout au pays pour discuter de ce travail qui nous passionne. Cela a été particulièrement vrai pour le cours d’interprétation dialogique 201 au lieu historique national de Lower Fort Garry. Beaucoup d’entre nous se plongeaient pour la première fois dans la technique et se posaient beaucoup de questions. L’exploration d’exemples réels de programmes basés sur la discussion était donc un thème clé de la formation. L’une des premières choses que nous avons faites a été de servir de premier auditoire pour un nouveau programme de dialogue au LHN de Lower Fort Garry, axé sur les thèmes de la sécurité et de la rébellion.
À une époque où les formations en ligne sont de plus en plus nombreuses, il était précieux de pouvoir vérifier en personne un programme dialogique de grande qualité. Cela nous a permis de mieux comprendre comment intégrer une conversation difficile dans les messages que nous essayons de faire passer, et comment poser les bonnes questions pour encourager une discussion réfléchie. Nous avons également pu consacrer du temps à l’atelier de nos propres programmes dialogiques avec nos collègues de Parcs Canada et recevoir leurs commentaires.
Nous avons quitté la formation en nous sentant inspirés et préparés à inclure davantage de dialogue dans les programmes de nos propres sites. Au parc national Pukaskwa, nous avons déjà commencé à élaborer nos programmes autour de simples discussions avec les visiteurs. À partir de là, nous serons mieux équipés pour approfondir l’approche à l’avenir.
Un grand merci aux hôtes du bureau national de Parcs Canada et du lieu historique national de Lower Fort Garry pour avoir organisé un atelier de trois jours aussi réussi. Nous nous réjouissons de pouvoir échanger nos idées lors de l’élaboration de nos prochains programmes d’interprétation.
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